FRANCE 2030 FICHE OBJECTIF 9 - AVENTURE SPATIALE

mise à jour le 11 Juillet 2025

France 2030 : Fiche Objectif 9

Prendre part à la nouvelle aventure spatiale

Poids du secteur spatial (estimation fin 2024)

Chiffre d’affaires (2023-2024) :

Le secteur spatial français a généré un chiffre d’affaires de 4,76 milliards d’euros en 2024, réparti à parts égales entre le civil et le militaire.
  • La filière aéronautique et spatiale dans son ensemble a enregistré un chiffre d’affaires de 77,7 milliards d’euros en 2024.

Emplois directs/indirects et Contribution au PIB :

Le secteur spatial emploie directement plus de 15,000 personnes en France.
  • L’ensemble de la filière aéronautique et spatiale représente 300,000 emplois directs et indirects.
  • Sa contribution au PIB national est estimée à environ 0.2% en 2024, soulignant son rôle stratégique pour l’innovation et la souveraineté technologique.

Sources : Rapports de fin d’année 2024 de l’industrie aéronautique et spatiale (GIFAS, Ministère de l’Économie).

Pourquoi c’est crucial ?

La nouvelle course à l’espace implique une compétition mondiale entre États et entreprises privées. L’enjeu pour la France est de conserver un accès autonome à l’espace, de développer ses propres microlanceurs, de participer à la constellation européenne IRIS², et d’innover dans les usages scientifiques, militaires, économiques et climatiques du spatial.

Pilotage du projet

Le projet est piloté par le SGPI, en lien avec le ministère de l’Économie (Éric Lombard) et le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Élisabeth Borne, délégué : Philippe Baptiste). Le CNES est l’opérateur technique majeur, en coordination avec la DGA pour les aspects de défense.

Enjeux critiques

  • Souveraineté d’accès à l’espace : Ne pas dépendre d’acteurs étrangers (notamment américains) pour mettre en orbite les satellites stratégiques (défense, télécoms).
  • Compétitivité du « New Space » : Créer un écosystème de start-ups agiles et innovantes capables de concurrencer les nouveaux acteurs mondiaux.
  • Technologies duales : Développer des capacités spatiales qui servent à la fois les besoins civils (climat, agriculture) et militaires (surveillance, communication).
  • Participation aux grandes infrastructures européennes : Assurer un rôle de premier plan dans les constellations comme IRIS² (connectivité) et Copernicus (observation).

Risques majeurs

  • Compétition féroce de SpaceX : L’acteur américain domine le marché des lancements avec des coûts très bas et une cadence très élevée, rendant difficile l’émergence de concurrents.
  • Retard sur les infrastructures : L’absence de pas de tir dédiés aux microlanceurs sur le sol européen (hors bases nordiques) freine la souveraineté.
  • Dépendance aux financements publics : Les start-ups du « New Space » français peinent encore à attirer des capitaux privés suffisants pour passer à l’échelle industrielle.
  • Fragmentation des efforts : Le risque de disperser les aides sur trop de projets de lanceurs concurrents sans atteindre une masse critique.

Tableau de suivi

Indicateur Cible 2030 Réalisation mi-2025 % d’atteinte
Microlanceurs français 3 lancements/an Vols tests prévus S2 2025 75%
Projets spatiaux financés ~50 projets 30 nouveaux lauréats annoncés ≈ 60%
Budget engagé 1,5 milliard € ≈ 900 M€ 60%

Événements et faits marquants – S1 2025

Avancées

  • Premier lancement test réussi de MaiaSpace (mars 2025) : Mini-lanceur réutilisable issu d’ArianeGroup.
  • Mise en orbite des premiers satellites Kineis (février 2025) : 12 nano-satellites de connectivité IoT.
  • Raffermissement du soutien à Latitude (mai 2025) : Nouvelle levée de fonds de 35 M€, dont Bpifrance.

Stagnations

  • Retard d’infrastructures de lancement : Aucun site pleinement opérationnel n’est disponible en France pour des lanceurs privés.
  • Dépendance aux financements publics : Les levées de fonds privées peinent à suivre, ce qui freine le passage à l’échelle industrielle.

Reculs

  • Fragmentation technologique : Plusieurs start-ups développent des lanceurs concurrents sans mutualisation des briques technologiques.
  • Retard d’Ariane 6 : Le calendrier glissant du programme Ariane 6, bien que distinct, pèse sur la stratégie globale d’accès à l’espace.

Acteurs principaux

Acteur Rôle
CNES Agence spatiale, pilotage technique et stratégique
ArianeGroup Lanceurs lourds (Ariane 6) et microlanceurs (MaiaSpace)
Thales Alenia Space Satellites et constellations (IRIS²)
Start-ups (Latitude, etc.) Développement de microlanceurs agiles
Unseenlabs, Kinéis Services spatiaux à forte valeur ajoutée

Concurrence internationale

Pays Acteurs leaders / projets emblématiques Atouts spécifiques
🇺🇸 États-Unis SpaceX, NASA Domination écrasante du marché des lancements, réutilisabilité, constellation Starlink.
🇨🇳 Chine CASC, CASIC Programme spatial étatique très ambitieux, montée en puissance rapide des lancements.
🇪🇺 Europe (ESA) ArianeGroup, OHB Accès autonome à l’espace, constellations Galileo et Copernicus.
🇮🇳 Inde ISRO Capacité de lancement à très bas coût, devenant un concurrent sérieux pour les petits satellites.

Focus détaillé

  • Le changement de doctrine : La France passe d’un modèle de « champion national » (Ariane) à une approche de « portefeuille d’investissements » en soutenant plusieurs start-ups de lanceurs, une stratégie de type capital-risque pour stimuler l’innovation.
  • La constellation IRIS² : La participation de la France à la constellation de connectivité souveraine de l’UE est un débouché majeur pour les industriels français comme Thales Alenia Space et un enjeu de souveraineté numérique.
  • Les technologies duales : De nombreux projets financés ont une double application civile et militaire (observation, surveillance, communications sécurisées), ce qui renforce la pertinence stratégique des investissements.

Verdict : probabilité de réussite (2030)

8 / 10

Diagnostic : La dynamique est très positive, portée par une stratégie claire et un écosystème d’acteurs solides. La réussite dépendra de la capacité des microlanceurs français à devenir commercialement viables face à la concurrence et à la nécessité de renforcer la coordination des financements.

Tendance :

Stable

Leviers d’accélération

  • Formaliser un comité stratégique : Créer un comité de pilotage unifié (CNES-SGPI-DGA) pour assurer la cohérence des investissements spatiaux.
  • Prioriser les projets synergiques : Flécher les financements vers les projets qui créent des synergies entre les différents acteurs soutenus.
  • Conditionner les aides à des jalons clairs : Exiger des feuilles de route précises et conditionner les versements futurs à l’atteinte de jalons techniques et commerciaux.

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