Veille Citoyenne : Alerte N°5 : Exonération des pénalités fiscales de Vivendi/Bolloré
Mise à jour du 18 juillet 2025
Exonération Vivendi / Bolloré
Remise de pénalités fiscales de 320 millions d’euros
Date de la décision : Mars–Juillet 2025
Décision clé : le privilège fiscal
Le ministère de l’Économie a confirmé que le groupe Vivendi, contrôlé par Vincent Bolloré, s’est vu exonérer d’une pénalité fiscale de 320 millions d’euros, dans le cadre d’un redressement de 2,4 milliards d’euros portant sur des montages fiscaux anciens, notamment liés à des activités remontant aux années 2000.
Ministère impliqué
- Ministère de l’Économie et des Finances : Éric Lombard
Enjeux stratégiques
- Équité fiscale : Relance le débat sur la justice fiscale dans un contexte de recherche massive d’économies publiques.
- Consentement à l’impôt : Rupture d’égalité perçue entre les contribuables ordinaires et les grands groupes.
- Effet de précédent : Risque de multiplication des demandes de remises similaires par d’autres acteurs économiques.
Analyse de la légalité
Conformité formelle : La décision est formellement légale, car validée par la Commission nationale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires (CGI).
Le redressement principal de 2,4 milliards d’euros a été payé. L’exonération porte sur les majorations qui auraient pu être appliquées.
Précisions sur les pénalités fiscales :
- 40 % : Appliqué en cas de manquement délibéré (mauvaise foi, intention d’éluder l’impôt).
- 80 % : Réservé aux manœuvres frauduleuses, abus de droit ou activité occulte.
Dans le cas de Vivendi/Bolloré, l’exonération de 320 millions d’euros correspond à la non-application ou à la remise des pénalités associées à ce redressement.
Bénéficiaires
- • Vivendi et Vincent Bolloré : Évitent 320M€ de pénalités.
- • Restructurations : Maintien de marges financières pour la concentration des médias.
Contreparties
Aucune contrepartie explicite exigée. Pas de déclaration de transparence renforcée. Le dispositif reste opaque en dépit des sommes concernées.
Risques identifiés
• Délégitimation de l’impôt : Sentiment d’impunité des grandes fortunes.
• Atteinte à la crédibilité : Affaiblissement du principe d’égalité fiscale de l’administration.
• Indignation sociale : Choc de l’opinion face aux efforts demandés aux services publics (hôpital, école).
Influences
- • Lobbying d’affaires via les relais juridiques du groupe Bolloré.
- • Proximité historique avec les réseaux de pouvoir médiatiques.
- • Appui discret de cabinets d’avocats fiscalistes.
Réactions
NFP/RN : Dénonciation d’une « République à deux vitesses » et du « système des copains ».
Médias : De « socialement explosif » (Le Monde) à « passe-droits fiscaux » (Marianne).
Vigilance citoyenne : recommandations
- Suivi Commission : Suivre les débats sur les finances à l’Assemblée et au Sénat.
- Publication des avis : Exiger la transparence anonymisée des avis de la Commission fiscale.
- Information : S’informer via Solidaires Finances publiques et les médias d’investigation.
Note sur la Commission des remises gracieuses :
La commission nationale compétente est la Commission nationale des impôts directs et des taxes sur le chiffre d’affaires (Art. 1651 H du CGI).
- Un président, conseiller d’État.
- Deux représentants de l’administration fiscale (grade inspecteur).
- Trois représentants des contribuables (dont un expert-comptable).
Le détail nominatif n’est pas public, mais son principe de parité et d’indépendance est garanti par le règlement.
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