FRANCE 2030 FICHE OBJECTIF 10 - EXPLORER ET VALORISER LES FONDS MARINS
mise à jour le 11 Juillet 2025
France 2030 : Fiche Objectif 10
Explorer et valoriser les fonds marins
Poids du secteur des fonds marins et économie bleue (estimation fin 2024)
Chiffre d’affaires (2023-2024) :
Entre 60 et 120 milliards d’euros
- 60 Mds € pour les secteurs maritimes traditionnels (industrie, pêche, énergie, transport, hors tourisme)
- Jusqu’à 120 Mds € en incluant le tourisme littoral, les services et les filières émergentes.
Emplois directs/indirects :
Entre 350,000 et 500,000 emplois directs
- 350,000 pour les secteurs maritimes “cœur”
- Jusqu’à 500,000 en incluant l’ensemble de l’économie bleue (services, tourisme littoral, énergie renouvelable, biotechnologies, etc.).
Les emplois indirects/induits sont estimés à plusieurs centaines de milliers supplémentaires, selon les études.
Sources : Cluster Maritime Français, Ifremer, SGMer.
Pourquoi c’est crucial ?
Les fonds marins représentent une frontière inexplorée, détenant des ressources minérales stratégiques, une biodiversité unique et des potentiels inestimables pour la science, l’énergie et la médecine. Pour la France, avec le deuxième plus grand domaine maritime mondial, maîtriser l’exploration et la valorisation durable de ces espaces est essentiel pour sa souveraineté économique et scientifique, sa contribution à la connaissance des océans et sa capacité à développer des solutions innovantes face aux défis climatiques et environnementaux.
La France se positionne comme l’un des rares pays capables d’explorer ses propres grands fonds marins de manière indépendante. Les investissements France 2030 soutiennent le développement de technologies à double usage (civil/défense), dans un contexte de tensions croissantes sur les métaux critiques. L’approche reste prudente face aux risques écologiques. Une doctrine de souveraineté écologique reste à formaliser pour harmoniser exploration, préservation et innovation.
Pilotage du projet
Le projet est piloté par le SGPI, en coordination étroite avec la ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité, de la Forêt, de la Mer et de la Pêche (Agnès Pannier-Runacher), le ministre de l’Économie, des Finances et de la Souveraineté industrielle et numérique (Éric Lombard), et la ministre d’État, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche (Élisabeth Borne, délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche : Philippe Baptiste). Les opérateurs majeurs incluent l’Ifremer, le CNRS, et la DGA pour les aspects de défense et de sécurité sous-marine.
Enjeux critiques
- Maîtrise technologique : Développer des robots sous-marins autonomes, des capteurs avancés et des systèmes d’imagerie pour l’exploration des grands fonds.
- Connaissance scientifique : Cartographier les fonds marins, identifier de nouvelles espèces et comprendre les écosystèmes profonds pour une gestion durable.
- Accès aux ressources : Évaluer le potentiel des ressources minérales (nodules polymétalliques, sulfures hydrothermaux) et biologiques (molécules innovantes) de manière responsable.
- Protection de l’environnement : Mettre en place des régulations strictes et des technologies à faible impact pour préserver les écosystèmes fragiles des grands fonds.
Risques majeurs
- Impacts environnementaux irréversibles : Risque de dommages permanents aux écosystèmes marins profonds en cas d’exploitation non maîtrisée.
- Compétition géopolitique : Course aux ressources des grands fonds entre grandes puissances, risquant de fragiliser la gouvernance internationale.
- Coûts de développement élevés : Les technologies d’exploration et d’exploitation des fonds marins sont extrêmement coûteuses et nécessitent des investissements massifs.
- Manque de cadre réglementaire international : L’absence d’un cadre juridique clair et contraignant pour l’exploitation des grands fonds peut entraîner des dérives.
- Absence de doctrine claire entre exploration et extraction : Le vide juridique actuel alimente une incertitude qui dissuade les investissements industriels ou provoque des oppositions sociétales croissantes.
- Retard sur la cartographie systématique des ZEE françaises : Faute de moyens humains et de mobilisation coordonnée, l’objectif de couverture exhaustive d’ici 2030 est difficilement atteignable.
- Dépendance technologique partielle aux composants étrangers : Plusieurs capteurs de haute précision et composants critiques sont encore importés (notamment depuis les États-Unis ou le Japon), ce qui fragilise l’autonomie stratégique.
- Manque de financement pérenne pour les start-ups DeepTechBleue : Plusieurs jeunes pousses actives dans la robotique subaquatique ou les capteurs environnementaux quittent le programme faute de relais d’investisseurs ou de commandes publiques structurantes.
Tableau de suivi
| Indicateur | Cible 2030 | Réalisation mi-2025 | % d’atteinte |
|---|---|---|---|
| Surface cartographiée des fonds marins français | 50% | 15% | 30% |
| Nombre de brevets en technologies sous-marines | 100 | 25 | 25% |
| Investissements publics/privés en exploration profonde | 1 milliard € | ≈ 200 M€ | 20% |
Événements et faits marquants – S1 2025
Avancées
- Mise en service du nouveau ROV (Remotely Operated Vehicle) « Abyssal Explorer » (janvier 2025) : Capable d’opérer jusqu’à 6000 mètres de profondeur.
- Test réussi de l’AUV (Autonomous Underwater Vehicle) Victor 6000 (mars 2025) : Campagne d’exploration autonome au large des Antilles.
- Découverte de nouvelles espèces hydrothermales (mars 2025) : Lors d’une mission conjointe Ifremer-CNRS dans l’océan Indien.
- Partenariat Ifremer–Naval Group (mai 2025) : Développement d’un véhicule autonome de très grande profondeur.
- Lancement d’un appel à projets « Technologies sous-marines du futur » (avril 2025) : Pour soutenir les innovations dans les capteurs et l’autonomie.
- Données de biodiversité inédites (février–juin) : 1,400 espèces recensées sur la dorsale médio-atlantique.
Stagnations
- Débat international sur l’exploitation minière des fonds marins : Absence de consensus sur les régulations, freinant les investissements.
- Retard sur la cartographie complète des ZEE (Zone Économique Exclusive) françaises : Objectif 40 % en 2025 non atteint à mi-année.
- Manque de navires de recherche hauturiers : La flotte française est vieillissante et insuffisante pour couvrir l’immensité du domaine maritime.
- Pas encore de feuille de route interministérielle sur l’accès aux ressources minières sous-marines.
Reculs
- Retrait de certains acteurs privés : Face à l’incertitude réglementaire et aux coûts élevés de l’exploration profonde.
- Critiques d’ONG (Organisations Non Gouvernementales) (Greenpeace, Bloom) : Risques de dérives extractivistes sans cadre environnemental clair.
- Incident technique sur un prototype de drone sous-marin : Retardant les tests de nouvelles technologies d’exploration autonome.
- Sortie de deux PME (Petites et Moyennes Entreprises) innovantes du programme DeepTechBlue faute de financement de suivi.
Acteurs principaux
| Acteur | Rôle ou contribution principale |
|---|---|
| Ifremer | Recherche océanographique, exploration, gestion des ressources, données biologiques, cartographie sous-marine |
| Naval Group | Technologies sous-marines, défense, systèmes autonomes, développement de technologies duales (défense et civil) |
| Genavir | Opérateur de la flotte océanographique française |
| TotalEnergies | Énergies marines, exploration offshore (hydrocarbures, EMR) |
| Cluster Maritime Français | Fédération des acteurs de l’économie maritime |
| CNRS | Recherche fondamentale en biologie, géologie et climatologie |
| SHOM | Cartographie marine de la ZEE française |
| IRD | Recherche écologique et conservation marine |
| Marine nationale | Opérations logistiques et surveillance en haute mer |
Concurrence internationale
| Pays | Acteurs leaders / projets emblématiques | Atouts spécifiques |
|---|---|---|
| 🇺🇸 États-Unis | NOAA, Ocean Infinity | Leadership technologique, financement public-privé, exploration scientifique et militaire. |
| 🇨🇳 Chine | CAS, Shanghai Ocean Institute | Volontarisme stratégique, flottes robotisées, programme ambitieux d’exploration des grands fonds, accès aux ressources. |
| 🇳🇴 Norvège | Equinor, NIVA | Approche durable et écosystémique intégrée, expertise en offshore, technologies pétrolières et gazières adaptables, gestion durable. |
| 🇯🇵 Japon | JAMSTEC, Mitsubishi Heavy Industries | Maîtrise technologique, robotique sous-marine avancée, recherche scientifique avancée, exploration minérale. |
Focus détaillé
- Cartographie des grands fonds : L’objectif est de cartographier l’intégralité du domaine maritime français d’ici 2030, essentiel pour la connaissance, la gestion et la défense.
- Biotechnologies marines profondes : Recherche de molécules et d’organismes uniques pour des applications pharmaceutiques, cosmétiques ou industrielles, dans le respect de la biodiversité.
- Énergies marines renouvelables (EMR) en eaux profondes : Développement de technologies pour l’éolien flottant et l’énergie houlomotrice, exploitant le potentiel énergétique des océans.
Verdict : probabilité de réussite (2030)
Diagnostic : La France possède une expertise scientifique reconnue et un vaste domaine maritime, mais la valorisation des fonds marins est un défi technologique et réglementaire majeur. La réussite dépendra de la capacité à concilier exploration et protection environnementale, à attirer les investissements et à jouer un rôle moteur dans la gouvernance internationale.
Tendance :
Stable à inférieureLeviers d’accélération / recommandations
Recherche & Développement / Autonomie Technologique
- Investir massivement dans la R&D : Soutenir le développement de technologies de rupture pour l’exploration et la surveillance sous-marine.
- Renforcer l’autonomie technologique : Soutien à la relocalisation de composants critiques (capteurs, logiciels embarqués, batteries à haute pression).
Gouvernance & Coordination
- Promouvoir une gouvernance internationale forte : Œuvrer pour un cadre réglementaire clair et protecteur pour l’exploitation des grands fonds.
- Élaborer une doctrine nationale sur les grands fonds : À la croisée des enjeux scientifiques, environnementaux et économiques, cette doctrine devra être interministérielle et assortie d’un calendrier opérationnel.
- Créer une structure de coordination inter-agences (Ifremer–SHOM–Marine nationale) : Pour accélérer la cartographie et mutualiser les ressources techniques.
Financement & Soutien aux Acteurs
- Mettre en place un fonds d’amorçage DeepTechBleue : Doté d’au moins 100 millions €, il viendrait en appui des start-ups et PME innovantes pour passer les caps critiques du développement.
Infrastructures & Capacités Opérationnelles
- Renforcer la flotte océanographique : Moderniser et étendre les capacités des navires de recherche et des engins sous-marins.
Communication & Coopération
- Déployer des campagnes de communication pédagogique : Mieux expliquer les bénéfices attendus (connaissance, souveraineté, innovations biomimétiques) afin de renforcer l’acceptabilité sociale du programme.
- Activer des coopérations scientifiques bilatérales (notamment avec le Japon et la Norvège) : Pour bénéficier de retours d’expérience sans compromettre l’indépendance stratégique.
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