Nous vivons à une époque où l’information circule à une vitesse folle. Chaque seconde, un tweet, un post Instagram, une vidéo virale viennent nourrir notre soif de savoir. Pourtant, parmi cette déferlante médiatique, il est une réalité cruelle qui glisse dans l’oubli : la faim. 735 millions de personnes souffrent de ce fléau en silence. Mais qui en parle ? Des centaines de millions de bouches affamées et, pourtant, pas un mot, pas une bribe de titre accrocheur. La faim, cette plaie ancienne de l’humanité, est absente de l’actualité, comme si elle n’avait plus d’importance.
L’Invisibilité du Mal
En 2023, la faim est le grand absent des journaux, des débats publics, des conversations autour des tables. On nous vend des guerres, des crises politiques, des scandales et des drames à la pelle, mais la faim, elle, ne fait pas sensation. Elle n’a pas le glamour morbide d’une catastrophe naturelle, ni le potentiel explosif d’une guerre civile. La faim est silencieuse, lente, elle ronge les corps sans bruit, détruit les familles sans fracas. Et dans le monde des médias, ce qui n’explose pas n’existe pas.
Les victimes de la faim ne meurent pas dans des éclats spectaculaires qui pourraient faire la une d’un journal. Elles s’éteignent doucement, jour après jour, invisibles aux yeux d’une société mondialisée qui tourne son regard ailleurs. Des enfants, des femmes, des hommes dont les ventres vides ne dérangent plus personne. La faim, cette inhumanité pure, ne fait plus recette. A-t-on tellement perdu le sens de la compassion qu’on préfère détourner les yeux plutôt que de reconnaître cette horreur moderne ?
Une crise oubliée, mais tellement réelle
Ne vous méprenez pas : la faim ne résulte pas d’un manque de nourriture. C’est ce qui est le plus terrible à mes yeux. La planète produit suffisamment pour nourrir ses 8 milliards d’habitants. Le problème réside dans la répartition des ressources, dans les conflits qui empêchent la circulation des vivres, dans les inégalités criantes qui privent les plus vulnérables de l’accès à ce droit fondamental : se nourrir.
En Afrique subsaharienne, des millions d’enfants se couchent le ventre vide non parce que les cultures manquent, mais parce que les gouvernements corrompus et les conflits incessants rendent impossible l’acheminement des denrées. En Syrie, au Yémen, en Ukraine, des milliers d’hectares de terres autrefois fertiles sont aujourd’hui réduits en cendres par les bombes. Là où la famine s’installe, ce n’est pas parce que la terre refuse de donner, mais parce que l’homme choisit de détruire.
Et puis, il y a le climat. Chaque année, les sécheresses deviennent plus sévères, les inondations plus dévastatrices, réduisant à néant les efforts des agriculteurs. Les terres meurent, et avec elles, les peuples. Pourtant, à chaque sommet international, ce sont des promesses vides qui sont faites, des engagements non tenus, tandis que les vents secs balaient les cultures mourantes.
Le gaspillage : insulte suprême
Ironie de l’histoire : pendant que des millions d’humains meurent de faim, un tiers de la production alimentaire mondiale est jetée. Oui, vous avez bien lu : un tiers. Imaginez la montagne de nourriture que cela représente. Imaginez les vies que cela pourrait sauver. Mais non, chaque jour, des tonnes de nourriture finissent dans les décharges parce que, quelque part, dans un supermarché lointain, une pomme était légèrement tachée, une boîte de conserve avait dépassé sa date limite d’un jour ou parce qu’un consommateur n’avait pas fini son assiette au restaurant.
Nous gaspillons sans vergogne tandis que d’autres meurent de ne pas avoir une seule bouchée. Ce n’est plus seulement une question d’indifférence. C’est une insulte pure et simple aux millions de vies brisées par la faim. Et pire encore : nous le savons. Nous savons que nous gaspillons, nous savons que nos habitudes de consommation tuent des vies. Mais rien ne change. Comme si, après tout, ce n’était pas vraiment notre problème.
Le véritable crime ? notre Silence assourdissant
Voilà le vrai scandale. La faim n’est pas seulement un drame, elle est un crime. Un crime de négligence, un crime de complaisance, un crime collectif dont nous sommes tous complices. Les politiques mondiales, les grandes entreprises, les consommateurs, nous portons tous la responsabilité de ce fléau. Pourtant, nous restons silencieux. Nous avons choisi de ne pas voir, de ne pas entendre. Parce que c’est plus facile ainsi. Parce que la faim est une douleur lointaine, une tragédie qui se joue à des milliers de kilomètres, là où nous n’aurons jamais à poser les pieds.
Mais détrompez-vous : la faim n’est pas une abstraction. Elle est réelle, présente, et elle se cache parfois même à nos portes. Dans nos villes, des familles peinent à mettre de la nourriture sur la table, tandis que nous, les yeux rivés sur nos écrans, continuons à consommer et à gaspiller, aveugles à cette souffrance qui nous entoure.
Un Monde qui se prétend solidaire
On nous dit souvent que nous vivons dans une société plus connectée, plus empathique, plus solidaire. Vraiment ? Si nous étions réellement si préoccupés par les autres, pourquoi la faim continue-t-elle de tuer des millions de personnes chaque année ? Pourquoi n’en faisons-nous pas une priorité absolue, un combat mondial ?
Parce que la vérité est là : nous préférons nous occuper de ce qui nous distrait, de ce qui nous permet de fuir la réalité. La faim, elle, ne nous amuse pas. Elle nous dérange, elle nous rappelle à quel point l’humanité peut être cruelle. Alors, nous l’ignorons, nous la reléguons à l’arrière-plan, en espérant qu’elle disparaisse toute seule.
Faire front, ou se taire à jamais
Il est temps de se réveiller. La faim est là, sous nos yeux, et elle ne disparaîtra pas d’elle-même. C’est à nous, à chaque individu, de faire front, de refuser ce silence assourdissant, d’exiger des actions concrètes, d’agir pour une meilleure répartition des richesses, pour la lutte contre le gaspillage, pour une aide humanitaire renforcée. Si nous n’agissons pas, si nous restons complices par notre inaction, alors nous devrons accepter d’être jugés sévèrement par les générations futures. Non pas pour avoir échoué, mais pour avoir choisi de ne rien faire.
Le silence tue. Il est temps de le briser.
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