L’Élection présidentielle de Sadi Carnot de 1887 : une République fragile face à ses défis
Scandales, divisions politiques, populisme galopant : tout semble conspirer contre un régime encore fragile. Jules Grévy, président sortant, réélu facilement deux ans plus tôt, quitte son poste sous les huées, emporté par une affaire qui a secoué jusqu’aux fondations du régime. La France républicaine n’est pas une terre paisible. Depuis 1873, une instabilité chronique ronge le pays : 24 gouvernements se sont succédé en 14 ans !. Et soudain, dans ce chaos, émerge Sadi Carnot. Ce Polytechnicien, républicain convaincu, va diriger la France au cœur des années les plus bouillonnantes de la Troisième République, dans un contexte où chaque jour ressemblera à un test de survie pour les institutions. Sera-t-il vraiment l’homme de la situation ? Beaucoup l’espèrent. Certains en doutent.
Une élection sous pression
Le scandale des décorations éclate en octobre 1887. Daniel Wilson, gendre du président Jules Grévy, est accusé de monnayer la Légion d’honneur. Des décorations vendues entre 25,000 et 100,000 francs de l’époque, soit jusqu’à 3 millions d’euros d’aujourd’hui. Certains rêvent grand. Le scandale, relayé avec virulence par la presse, dont le Figaro, expose au grand jour les pratiques d’un régime gangréné par le népotisme. Wilson est poursuivi. Le général Caffarel, impliqué dans les transactions, est déshonoré. Et le chef de l’État Jules Grévy, bien qu’épargné juridiquement, ne peut sauver sa présidence. Après avoir résisté plusieurs semaines, il démissionne le 2 décembre 1887 sous la pression du Parlement.
Mais ce scandale ne se résume pas à une affaire de corruption. Il symbolise un malaise plus profond : la méfiance d’un peuple envers ses élites. Une méfiance qui ouvre la voie aux tribuns populistes et à une radicalisation des clivages politiques. Il marque aussi un tournant dans le rôle de la presse : jamais auparavant elle n’avait exercé une telle influence sur l’opinion publique, illustrant l’émergence salutaire d’une presse d’investigation.
Les prétendants en lice
Sous la 3ème République, le chef de l’Etat ne se choisit pas dans les urnes, mais dans les couloirs feutrés du Parlement. À Versailles, les députés et sénateurs se partagent ce privilège, loin du tumulte populaire parisien. Un choix pensé pour protéger la République des dérives autoritaires passées, mais qui ne fait qu’amplifier son image d’un régime réservé aux élites, déconnecté des réalités du peuple. Et si cette élection symbolisait moins une volonté de stabilité qu’une peur viscérale du suffrage universel ? Une République sous cloche, au bord de l’explosion. Le 3 décembre 1887, le Congrès composé alors de 852 députés et sénateurs se réunit à Versailles, pour désigner le successeur de Grévy. Huit tours de scrutin sont prévus si nécessaire. Mais ils seront inutiles, car cinq noms émergent dès le premier tour.
Le scrutin est tendu. On raconte que lors du vote, une panne de lumière aurait plongé temporairement la salle dans l’obscurité, déclenchant des plaisanteries acerbes sur la « République des ténèbres ». Au premier tour Sadi Carnot (Républicain modéré) arrive en tête avec 303 voix (35,69 % des suffrages des Sénateurs et Députés).
Jules Ferry (1832-1893)
Avocat et homme politique français, est l’une des figures majeures de la Troisième République. Républicain opportuniste, il est surtout connu pour avoir promulgué les lois scolaires rendant l’instruction obligatoire, gratuite et laïque, ce qui lui vaut le titre de "père de l'école républicaine". Deux fois président du Conseil, il joue également un rôle clé dans l’expansion coloniale française, qu’il considère comme une mission civilisatrice, suscitant des critiques tant chez les radicaux que les conservateurs. Lors de l’élection présidentielle de 1887, il obtient 212 voix au premier tour, mais son impopularité auprès des radicaux et ses positions coloniales controversées l’empêchent de rassembler les suffrages nécessaires pour aller plus loin.
Général Felix Gustave Saussier (1828-1905)
Commandant militaire respecté, soutenu par les monarchistes et une partie des conservateurs, en quête d’un chef autoritaire. Cet ancien élève de Saint-Cyr gravit les échelons de l'armée grâce à son rôle dans la guerre de Crimée, la campagne d'Italie et la guerre franco-prussienne. Commandant militaire de Paris, il bénéficie d'une forte popularité. Sa candidature symbolise une tentative de retour à un exécutif fort dans une République marquée par l’instabilité.
Charles de Freycinet (1828-1923)
Figure centrale de la Troisième République. Ancien élève de Polytechnique, il mène une brillante carrière d'ingénieur avant d'entrer en politique. Républicain modéré, il occupe à plusieurs reprises le poste de président du Conseil et est connu pour son pragmatisme. Il est l’architecte du « Plan Freycinet », un vaste programme de modernisation des infrastructures françaises, notamment le développement des chemins de fer et des canaux. Un candidat consensuel, mais sans grand charisme.
Félix Antoine Appert (1817-1891)
Ce général français et une figure influente du milieu militaire sous la Troisième République. Engagé dans diverses campagnes, il se distingue notamment lors de la guerre de Crimée et de la guerre franco-prussienne, où il joue un rôle stratégique dans l'organisation des défenses. Conservateur dans ses convictions politiques, il se présente comme un candidat respecté mais sans ambitions démesurées pour la présidence en 1887, obtenant 72 voix au premier tour. Sa carrière est marquée par un sens strict de la discipline et un attachement aux valeurs de l'ordre républicain.
Au second tour, Carnot l’emporte avec 616 voix, contre 188 pour Saussier.
La procédure de l’élection illustre également une autre singularité de la Troisième République : le président, élu indirectement, dispose de pouvoirs limités comparés à ceux du président du Conseil, une situation souvent perçue comme une faiblesse structurelle du régime parlementaire.
Pourquoi Carnot ? Sa victoire est surtout le fruit de calculs parlementaires et de la peur d’élire un candidat trop clivant. Le choix de la raison, dira-t-on. Mais aussi celui d’une certaine frilosité politique. Il rassure le plus grand nombre. Il n’attise ni passions ni haines. Était-ce vraiment le meilleur choix pour sauver la République ? Certains y voient une décision pragmatique, d’autres une simple absence de vision.
Mais qui est donc ce nouveau chef de l’État, que Georges Clemenceau soutient d’une pique cinglante : « Je vote pour le plus bête » ? Une phrase acérée, typique de l’humour mordant et du franc-parler de Clemenceau, souvent interprétée comme un commentaire sur le caractère inoffensif de Carnot plutôt qu’un réel jugement de valeur. En fait, un homme discret, sans grandes envolées ni coups de théâtre, mais animé par une méthode rigoureuse et appliquée.
Un héritage taillé dans la pierre républicaine
Né en 1837 à Limoges, il est le petit-fils de Lazare Carnot, l’organisateur de la victoire » de 1793, et le fils de Lazare-Hippolyte Carnot, républicain intransigeant. Même son prénom, emprunté au poète persan Saadi de Shiraz, semble prédestiné à l’équilibre entre rigueur et philosophie. Mais rien, dans son éducation scientifique à Polytechnique et à l’École des Ponts et Chaussées, ne semblait le préparer à l’arène politique. Et pourtant, l’Histoire frappe à sa porte dès 1870. Pendant la guerre franco-prussienne, il organise la défense du Havre, se forgeant une réputation de rigueur et de patriotisme. Élu député républicain modéré en 1871, il grimpe patiemment les échelons. Ministre des Travaux publics, puis ministre des Finances avant d’accéder à la charge suprême.
Une société en tension
La France que va présider Sadi Carnot est marquée par des inégalités criantes. Les 10 % les plus riches détiennent 54 % des richesses nationales, une concentration qui rappelle étrangement la situation contemporaine, où les mêmes 10 % possèdent 47 % des richesses. Mais ces chiffres ne sont qu’une partie de l’histoire. Par ailleurs, les campagnes, souvent ignorées dans les récits de la République industrielle, restent marquées par une pauvreté endémique et une absence de services publics. La fracture entre ville et campagne s’accentue.
Sous son mandat les tensions sociales continueront d’enflamer la France. La révolution industrielle bat son plein, mais son coût humain est immense. Dans les ateliers, les forges, les mines, les ouvriers s’épuisent pour des salaires dérisoires. Douze, quatorze heures par jour, souvent dans des conditions effroyables. Des pièces mal ventilées, des machines dangereuses, aucun filet de sécurité en cas d’accident. La moindre blessure peut précipiter une famille entière dans la misère. Et pourtant, ces laborieux au mérite spectaculaire tiennent. Jusqu’à ce que la colère explose.
Les grèves se multiplient. Anzin, Decazeville, noms qui résonnent comme des appels au secours. Un triste détail revient souvent dans les récits de cette époque : des ouvriers qui brûlent leurs chaussures lors des rassemblements pour symboliser leur épuisement et leur précarité. Un acte désespéré, transformé en caricature féroce par une presse bourgeoise qui moque éhontement ces « gueux » En 1891, à Fourmies, dans le Nord, des ouvriers en grève réclament une journée de travail de huit heures, un droit encore utopique. La manifestation est pacifique, mais la réponse de l’État est brutale. L’armée intervient. Des coups de feu éclatent. Neuf morts, dont deux enfants de 11 et 13 ans. Un bain de sang qui soulève l’indignation nationale, mais laisse la République indifférente. Combien de morts faudra-t-il encore avant que ces ouvriers soient entendus ? C’est vraiment insupportable. Et dire que cette réalité a à peine plus d’un siècle, c’était donc hier. En 1892, les Bourses du Travail, fers de lance du syndicalisme naissant, deviennent un point de ralliement pour les ouvriers en quête de droits. Mais, les conservateurs bloquent tout. Face à cette colère, profitant de leur majorité au Parlement, ils opposent une résistance implacable, inhumaine ! devrais-je dire.
Heureusement, certains politiciens radicaux, menés par des figures comme Léon Bourgeois, luttent et réclament un impôt progressif sur le revenu pour alléger le fardeau des plus pauvres. Mais ces réformes, qui pourraient changer la vie des ouvriers, sont systématiquement rejetées. « Pas question de briser l’équilibre budgétaire ! » s’exclament les notables, tout en accumulant des fortunes personnelles. Cela vous rappelle sans doute une actualité très récente.
La République : liberté, égalité… oubliés par nos dirigeants. Le président Carnot, quant à lui, reste en retrait. Certes, son rôle, limité par la Constitution, ne lui permet pas de s’impliquer directement dans les grandes réformes sociales. Mais son silence, pour beaucoup, équivaut à une approbation tacite. La République, née des idéaux de 1789, semble sourde aux appels de la base. Les ouvriers crient à l’injustice. Les conservateurs prêchent la patience. Et entre les deux, Carnot, immobile, regarde la tempête gronder.
Mais les tensions sociales ne se limitent pas aux conflits entre ouvriers et conservateurs. En arrière-plan, un autre mouvement émerge avec une radicalité terrifiante : l’anarchisme. Refusant aussi bien le socialisme réformiste que le capitalisme, les anarchistes prônent la destruction de l’ordre bourgeois par des actes spectaculaires. De 1892 à 1894, la France sera secouée par une série d’attentats : bombes dans les immeubles parisiens, explosion à la Chambre des députés, et finalement, l’assassinat de Carnot. Cette « propagande par le fait », comme ils l’appellent, plonge le pays dans une atmosphère de peur et entraîne des lois répressives, les fameuses « lois scélérates », qui cibleront anarchistes et socialistes indistinctement.
Une République gangrénée par les scandales
Les tensions sociales et politiques sont aggravées par une série de scandales financiers qui ternissent un peu plus l’image de la République. L’affaire de Panama, révélée en 1892, est emblématique. La faillite de la Compagnie de Panama, dirigée par Ferdinand de Lesseps, entraîne la ruine de milliers de petits épargnants. Pire encore, des députés sont accusés d’avoir touché des pots-de-vin pour voter une loi en faveur de l’entreprise. Ce scandale met en lumière une collusion alarmante entre politiques et milieux d’affaires. Bien que les procès n’aboutissent qu’à de rares condamnations, la République perd un peu plus la confiance populaire.
Ces crises, cumulées au scandale des décorations de 1887, alimentent un climat d’antiparlementarisme. Elles marquent aussi une rupture générationnelle : les figures jeunes et non compromises, comme Raymond Poincaré ou Jean Jaurès, commencent à émerger pour prendre le relais.
Le spectre du boulangisme
Cette situation explique le mouvement que certains qualifient de « menace » qui s’est dessiné dès le milieu des années 1880 en France. Le général Georges Boulanger, ancien ministre de la Guerre, devient l’idole des foules. Il incarne le rêve d’un homme providentiel. Monarchistes, Bonapartistes et souvent ouvriers désabusés trouvent en lui un point de ralliement. Ses promesses sont simples : punir les élites corrompues, rétablir l’ordre, et venger l’humiliation de 1870 face à l’Allemagne. On pourrait dire que le boulangisme est autant un symptôme qu’un catalyseur des divisions sociales et politiques de l’époque. Sadi Carnot, conscient du danger, reste comme toujours en retrait, et laisse le parlement prendre des mesures coercitives : interdiction des candidatures multiples, adoption du scrutin d’arrondissement, pour diluer l’impact des vagues boulangistes, puis force le général à s’exiler en 1889 en Belgique. Ce dernier se suicidera deux ans plus tard.
Le symbole du progrès
Et pourtant, il y a aussi des moments de grandeur. En 1889, pour le centenaire de la Révolution française, Carnot inaugure la Tour Eiffel, symbole éclatant d’une modernité triomphante. L’Exposition universelle, avec ses machines gigantesques et son optimisme technologique, célèbre une France pionnière et rassemble plus de 32 millions de visiteurs du monde entier. Mais derrière les ors de l’événement se cache une fracture : les colonies sont exposées comme des curiosités exotiques, rappelant le poids de l’empire sur les épaules de la République.
Sur la scène internationale, Carnot réussit un coup diplomatique : il scelle l’alliance inédite franco-russe, un accord militaire qui sort la France de son isolement depuis la défaite de 1870. Entre les bals à l’Élysée et les signatures de traités, il trace lentement une République moderne, mais encore profondément divisée.
Un président prudent
Comme nous l’avons vu, Sadi Carnot incarne une présidence de modération. Ni interventionniste, ni totalement passif, il cherche à maintenir l’équilibre entre des factions de plus en plus irréconciliables. Son presque septennat sera une période d’absences de grandes réformes, d’absence de ruptures spectaculaires dont le pays aurait pourtant bien besoin. Juste une stabilité, parfois bancale, dans un contexte de crises. Cette neutralité a un prix. Pour les radicaux, il manque de courage. Pour les opportunistes, il manque d’ambition. Et pour les ouvriers, il manque d’humanité. Ainsi les réformes sociales restent bloquées par les conservateurs. La lutte contre la corruption sera lente et hésitante. Carnot ne sera pas un homme d’audace, mais il n’en avait peut-être pas le luxe. Malgré tout, il tiendra bon. Sous son mandat, la République traverse la tempête sans sombrer. Mais elle restera vulnérable. Le 24 juin 1894, alors qu’il assiste à une exposition à Lyon, Carnot est poignardé par Sante Caserio, un boulanger anarchiste de 20 ans. Le geste est brutal, symbolique : il incarne le rejet viscéral de l’ordre bourgeois. Quelques heures plus tard, Carnot meurt, premier chef d’État français assassiné depuis Henri IV en 1610. Le choc est immense. Funérailles nationales, panthéonisation… La France pleure cet homme. Carnot, c’est l’histoire d’un homme de consensus qui n’a jamais cherché à briller, mais qui, dans la tempête, a tenu la barre.
Aujourd’hui encore, il incarne cette tension entre grandeur et modestie, entre rêve républicain et réalité politique. Et peut-être, dans cette simplicité, réside sa véritable leçon : parfois, pour sauver un régime, il suffit de savoir rester debout.
Chronologie
1879 Janvier 30 – Élection de Jules Grévy
Jules Grévy est élu président de la République après la démission de Patrice de Mac-Mahon. Il est élu avec 563 voix par le Congrès. Son principal adversaire Alfred Chanzy, un militaire, obtient 99 voix. Jules Grevy incarne une République modérée, marquée par des avancées dans la laïcité et les libertés publiques.
1881 Août 21 – Élections législatives
Ces élections marquent un triomphe des républicains modérés et radicaux, qui renforcent leur majorité au Parlement. Les républicains obtiennent 457 sièges sur 532, tandis que les monarchistes conservent 75 sièges. Cette victoire permet au gouvernement de Jules Ferry de poursuivre ses réformes majeures, notamment dans le domaine scolaire et colonial.
1885 Octobre 4 – Élections législatives
Les républicains remportent la majorité avec 383 sièges : 176 pour les républicains opportunistes et 135 pour les radicaux. Les monarchistes et bonapartistes progressent néanmoins avec 201 sièges. Le recul des opportunistes affaiblit le gouvernement, tandis que les radicaux, menés par Georges Clemenceau, renforcent leur influence.
1885 Décembre 28 – Réélection de Jules Grévy
Jules Grévy entame un second mandat après une réélection largement soutenue par 457 députés et sénateurs sur 589. Le répubilcain radical Henri Brisson obtient quant à lui 68 suffrages. Toutefois, des scandales politiques et des divisions au sein du régime affaibliront sa présidence.
1887 Octobre – Scandale des décorations
Daniel Wilson, gendre de Jules Grévy, est accusé de vendre des décorations de la Légion d’honneur. Le scandale éclate dans la presse et déclenche une crise politique majeure, qui aboutit à la démission de Grévy le 2 décembre 1887.
1887 Décembre 3 – Élection de Sadi Carnot
Le Congrès élit Sadi Carnot à la présidence de la République au second tour de scrutin avec 616 suffrages. Le républicain conservateur, Félix Gustave Saussier rassemble quant à lui 188 voix.
1887 Décembre 12 – 1888 Mars 30 – Pierre Tirard président du Conseil
Républicain modéré. Réforme des finances publiques et gestion de la transition après la démission de Jules Grévy.
1888 Avril 3 – 1889 Février 14 – Charles Floquet devient le nouveau président du Conseil
Républicain radical. Renforcement de la politique républicaine face à la montée du boulangisme. Réforme des libertés publiques.
1888 – Montée du boulangisme
Le général Georges Boulanger devient une figure centrale du mécontentement populaire. Ses discours enflamment les foules, rassemblant monarchistes, bonapartistes, et ouvriers désabusés, menaçant les institutions républicaines.
1889 Février 22 – 1890 Mars 15 – Pierre Tirard à nouveau président du Conseil
1889 Mai 6 – Inauguration de la Tour Eiffel et Exposition Universelle de Paris
La Tour Eiffel, conçue par Gustave Eiffel, est inaugurée lors de l’Exposition universelle de Paris. Cet événement majeur célèbre le centenaire de la Révolution française et met en lumière les avancées technologiques et industrielles de la France. Attirant 32 millions de visiteurs en six mois, la France affiche alors son leadership en termes de modernité et d’innovation.
1889 Septembre 22 – Élections législatives
Ces élections se déroulent dans le contexte de l’effondrement du boulangisme. Les républicains conservent 366 sièges, tandis que les monarchistes, bonapartistes et boulangistes décroissent à 210 sièges. Le mode de scrutin d’arrondissement, récemment adopté, limite l’impact des mouvements populistes.
1890 – Début des tensions sur la réforme fiscale
Des débats houleux émergent au Parlement sur l’introduction d’un impôt progressif sur le revenu. Les radicaux, favorables à cette réforme, se heurtent à l’opposition des conservateurs.
1890 Mars 17 – 1892 Février 27 – Charles de Freycinet est désigné président du Conseil
Républicain modéré. Expansion des infrastructures ferroviaires et renforcement des alliances diplomatiques.
1891 Août 27 – Alliance franco-russe
Une étape décisive est franchie dans la diplomatie française avec la conclusion de l’alliance franco-russe. Ce partenariat stratégique renforce la sécurité de la France face à la Triple Alliance (Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie).
1892 Février 15 – Extension des lignes de chemin de fer
Le gouvernement soutient une extension majeure du réseau ferroviaire, avec des investissements massifs pour connecter les zones rurales et industrielles. Ce développement favorise la croissance économique et l’unité nationale.
1892 Février 27 – 1892 Décembre 6 – Émile Loubet président du Conseil
Républicain modéré. Gestion des débuts du scandale de Panama. Initiatives en faveur de l’éducation et des infrastructures rurales.
1892 – Scandale de Panama
Un vaste scandale de corruption éclate autour du financement du canal de Panama, impliquant de nombreux parlementaires. Cette affaire amplifie la défiance envers les élites et les institutions républicaines.
1892 Mars 11 – Premier attentat de Ravachol
Ravachol, célèbre figure de l’anarchisme, dépose une bombe dans un immeuble de la rue de Clichy à Paris, visant des magistrats impliqués dans la répression de mouvements ouvriers. L’attentat cause d’importants dégâts matériels mais aucune victime directe. Cet événement marque le début d’une série d’attentats liés à la « propagande par le fait ».
1892 Avril 27 – Attentat au restaurant Véry
Ravachol frappe de nouveau en déposant une bombe dans le restaurant Véry à Paris, fréquenté par des figures de l’élite judiciaire. L’attentat fait plusieurs blessés et choque l’opinion publique, renforçant la peur des anarchistes.
1892 Décembre 6 – 1893 Janvier 11 – Alexandre Ribot devient le nouveau président du Conseil
Républicain modéré. Gestion de la crise politique du scandale de Panama et politique étrangère mesurée.
1893 Avril 4 – 1893 Décembre 3 – Charles Dupuy succède à Alexandre Ribot à la présidence du Conseil
Républicain modéré. Répression des troubles sociaux et mise en œuvre de réformes administratives.
1893 Juillet 12 – Réorganisation budgétaire
Sous l’impulsion de Carnot, une réforme budgétaire est adoptée pour limiter les déficits et garantir une gestion rigoureuse des finances publiques. Cette mesure contribue à stabiliser l’économie dans un contexte de tensions sociales.
1893 Août 20 – Élections législatives
Ces élections marquent une percée historique des socialistes, qui obtiennent 50 sièges. Les républicains conservent la majorité avec 462 sièges, mais le Parlement devient plus fragmenté. Les tensions sociales croissantes reflètent une France en mutation, où les grèves et les revendications ouvrières s’intensifient.
1893 Décembre 3 – 1894 Mai 30 – Jean Casimir-Perier, nouveau président du Conseil
Républicain modéré. Politique d’apaisement social et gestion des tensions dans le contexte des attentats anarchistes.
1893 Décembre 9 – Attentat à la Chambre des Députés
L’anarchiste Auguste Vaillant lance une bombe artisanale dans l’hémicycle de la Chambre des Députés à Paris. Bien que l’explosion cause quelques blessures, elle ne fait aucune victime mortelle. Cet acte déclenche un débat sur la répression des mouvements anarchistes et conduit à l’adoption des « lois scélérates ».
1894 Mai 30 – 1895 Janvier 26 – Charles Dupuy à nouveau président du Conseil
Républicain modéré. Politique d’apaisement social et gestion des tensions dans le contexte des attentats anarchistes.
1894 Juin 24 – Assassinat de Sadi Carnot
Lors d’une cérémonie à Lyon, le président Carnot est poignardé par Sante Geronimo Caserio, un anarchiste italien. Cet événement marque un tournant dans la lutte contre le terrorisme anarchiste.
1894 Juin 27 – Élection de Jean Casimir-Perier
Trois jours après l’assassinat de Carnot, Jean Casimir-Perier, républicain opportuniste, est élu président par le Congrès avec 451 voix sur 851 votants. Le républicain radical, Henri Brisson, est arrivé second avec 195 suffrages.
1894 Juin 25 – Décision d’organiser des funérailles nationales.
Le gouvernement annonce que des obsèques nationales auront lieu à Paris en hommage au président défunt, conformément à son statut de chef d’État.
1894 Juin 30 – Arrivée du corps de Sadi Carnot à Paris.
Le cercueil présidentiel est transporté de Lyon à Paris dans un cortège solennel, accueilli par une foule nombreuse et émue.
1894 Juillet 1 – Messe solennelle à Notre-Dame de Paris.
Une cérémonie religieuse est célébrée en présence des plus hautes autorités de l’État, de dignitaires étrangers et d’une foule immense. La cathédrale, richement décorée, devient le lieu d’un hommage solennel. Après la messe, une imposante procession parcourt les rues de Paris. Une foule considérable se rassemble pour rendre un dernier hommage au président assassiné.
1894 Juillet 1 – Inhumation au Panthéon.
Le corps de Sadi Carnot est inhumé au Panthéon, rejoignant les grandes figures honorées par la République française. Ce moment incarne l’unité nationale et la résilience républicaine face aux troubles de l’époque.
Ce qu'il faut retenir
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Contexte politique fragile : La Troisième République est marquée par une instabilité chronique (24 gouvernements en 14ans) et des scandales politiques majeurs, comme l’affaire des décorations, qui force Jules Grévy à démissionner en 1887. Ce climat alimente la méfiance envers les élites et favorise les poussées populistes.
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Élection sous tension : Le président de la République est élu par un Congrès de députés et sénateurs réunis à Versailles. En 1887, après un scrutin tendu, Sadi Carnot est élu au second tour avec 616 voix (74,49 %). Ce choix, fruit de compromis parlementaires, reflète une peur d’un candidat trop clivant dans un contexte de crise.
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Blocages politiques : Les conservateurs dominants au Parlement bloquent les réformes sociales, malgré les appels des radicaux pour des mesures comme un impôt progressif sur le revenu. Ce statu quo aggrave les tensions sociales, exacerbées par des grèves et des manifestations.
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Menace populiste : Le général Boulanger incarne une alternative populiste, séduisant à la fois nationalistes, monarchistes et ouvriers désabusés. Bien que Carnot reste en retrait, le Parlement prend des mesures pour contenir ce mouvement, notamment en interdisant les candidatures multiples et en réformant le système électoral.
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L’ombre de l’anarchie : Entre 1892 et 1894, une vague d’attentats anarchistes secoue la République, avec des cibles emblématiques comme la Chambre des députés et le président Carnot lui-même, assassiné en 1894. Ces actes terroristes déclenchent une répression sévère, marquée par les "lois scélérates".
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Symbole du progrès : Malgré les crises, des succès éclatants émergent sous Carnot, comme l’inauguration de la Tour Eiffel pour l’Exposition universelle de 1889, visitée par plus de 32 millions de personnes, et la signature de l’alliance franco-russe, qui sort la France de son isolement diplomatique.
FAQ
Comment les prédécesseurs de Sadi Carnot ont-il incarnés la fonction présidentielle ?
Adolphe Thiers (1871-1873) : Le fondateur pragmatique
Adolphe Thiers fut le premier président de la Troisième République, élu en 1871 en pleine crise nationale après la défaite contre la Prusse. Thiers incarna un rôle plus proche de celui d’un chef de gouvernement que d’un président impartial :
- Rôle clé dans la reconstruction : Il fut essentiel dans le rétablissement de l’ordre après la Commune de Paris (1871) et dans le redressement financier pour payer l’indemnité de guerre à l’Allemagne.
- Départ forcé : Sa vision républicaine modérée, jugée incompatible avec les espoirs monarchistes encore forts à l’époque, précipita sa démission en 1873.
Patrice de Mac Mahon (1873-1879) : L’homme du compromis monarchiste
Maréchal de France et monarchiste convaincu, Patrice de Mac Mahon incarna un président militaire, attaché à l’idée d’une restauration monarchique.
- Le « septennat » : Son mandat de sept ans fut conçu pour offrir le temps nécessaire à une possible restauration royale, mais le compromis monarchique échoua face à la montée des républicains.
- Crise institutionnelle : La crise du 16 mai 1877, où Mac Mahon tenta de dissoudre la Chambre des députés pour contrer la domination républicaine, marqua son mandat. Son échec affirma la supériorité parlementaire sur l’exécutif.
Jules Grévy (1879-1887) : Le président discret
Premier président républicain durablement installé, Jules Grévy incarna une présidence effacée et légaliste, en ligne avec la Constitution qui limitait les pouvoirs du chef de l’État.
- Républicanisation du régime : Sous son mandat, la République consolida ses bases face aux monarchistes déclinants. Les institutions républicaines devinrent pleinement légitimes.
- Neutralité politique : Grévy adopta un rôle d’arbitre, respectant scrupuleusement les prérogatives du Parlement et du gouvernement.
- Scandale des décorations : Sa présidence s’acheva dans l’humiliation, lorsque son gendre, Daniel Wilson, fut impliqué dans une affaire de trafic de légions d’honneur, menant à sa démission en 1887.
Leur vision commune de la fonction
Tous ces prédécesseurs partageaient une approche de la fonction présidentielle en retrait, conforme à l’esprit parlementaire de la Constitution de 1875. Cependant :
- Thiers et Mac Mahon tentèrent, avec des degrés différents, de renforcer l’autorité présidentielle, ce qui provoqua des tensions avec le Parlement.
- Grévy, au contraire, incarnait pleinement la présidence faible souhaitée par les républicains modérés, une tradition que Sadi Carnot poursuivit avec quelques nuances.
Quels sont les pouvoirs du président français sous la 3ème République ?
La Constitution de la Troisième République (adoptée entre 1875 et 1877) établissait un régime parlementaire où le président de la République occupait une position subordonnée par rapport aux chambres parlementaires. Voici les principaux pouvoirs conférés au président par cette Constitution, souvent limités par la pratique et le contexte politique :
1. Un rôle représentatif et symbolique
Le président de la République était le chef de l’État, mais son rôle était principalement symbolique. Il incarnait la continuité et la neutralité de l’État sans pour autant dominer la vie politique. Son rôle était d’assurer l’unité du régime républicain et la stabilité des institutions.
2. Les pouvoirs exécutifs : limités et encadrés
Nomination du président du Conseil et des ministres : Le président avait le pouvoir de nommer le président du Conseil (équivalent au Premier ministre), mais cette nomination devait tenir compte des majorités parlementaires. En pratique, c’était souvent une formalité, car le président devait choisir un président du Conseil capable de rassembler une majorité dans les chambres.
Contresignature des actes du gouvernement : Tous les actes présidentiels devaient être contresignés par un ministre pour être valides, ce qui limitait considérablement son indépendance d’action. Par exemple, il ne pouvait promulguer une loi ou signer un décret sans cette contresignature.
Droit de grâce : Le président avait le pouvoir de gracier des condamnés, un des rares actes qu’il pouvait prendre seul sans intervention du Parlement.
3. Les pouvoirs législatifs : très restreints
Promulgation des lois : Le président était chargé de promulguer les lois votées par les deux chambres (la Chambre des députés et le Sénat). Il devait promulguer une loi dans les délais impartis (habituellement un mois après son adoption par le Parlement).
Droit de dissolution : Le président disposait d’un droit de dissolution de la Chambre des députés, mais cette prérogative était encadrée par des conditions strictes. La dissolution ne pouvait être exercée qu’avec l’approbation du Sénat, ce qui la rendait très difficile à mettre en œuvre. Ce pouvoir ne fut pratiquement jamais utilisé.
Convocation et clôture des sessions parlementaires : Le président pouvait convoquer ou ajourner les sessions parlementaires. Toutefois, cette prérogative était surtout formelle, car le calendrier des travaux parlementaires était largement décidé par les chambres.
4. Un rôle dans les relations internationales
Représentation de la France à l’étranger : Le président de la République représentait la France dans les affaires diplomatiques. Il était chargé de négocier et de ratifier les traités internationaux, mais ces derniers devaient être approuvés par le Parlement pour entrer en vigueur.
Commandant en chef des armées : Le président était théoriquement le chef des armées, mais son autorité réelle en matière militaire était limitée. Les décisions stratégiques dépendaient en grande partie du gouvernement et du Parlement.
5. Une dépendance totale envers le Parlement
Responsabilité devant les chambres : Bien que le président de la République ne soit pas responsable politiquement devant le Parlement (contrairement au gouvernement), sa position dépendait de la majorité parlementaire. S’il s’opposait trop frontalement au Parlement, il risquait une paralysie institutionnelle ou une crise politique majeure.
Élection indirecte : Le président n’était pas élu par le peuple, mais par le Congrès (réunion de la Chambre des députés et du Sénat), ce qui renforçait sa dépendance aux élus.
6. Une présidence faible en pratique
En théorie, la Constitution conférait au président un rôle important, notamment grâce à ses pouvoirs de nomination et de dissolution. Cependant, dans la pratique, son pouvoir était considérablement réduit :
- La domination du Parlement, et particulièrement de la Chambre des députés, marginalisait le président.
- Les crises politiques fréquentes et la méfiance des républicains envers toute forme d’autoritarisme limitaient son rôle.
- La coutume voulait que le président reste en retrait des débats politiques, laissant au président du Conseil le soin de diriger le gouvernement.
Conclusion : Un président arbitre plus qu’acteur
Dans la Troisième République, le président était avant tout un arbitre, chargé d’assurer la stabilité des institutions, mais son rôle réel dépendait largement de la situation politique et de la personnalité du titulaire du poste. Sous Sadi Carnot, cette fonction se réduisit principalement à un rôle de modérateur dans une République marquée par des tensions sociales et politiques intenses.
Pourquoi l'interdiction des candidatures multiples et l'adoption du scrutin d’arrondissement ont elles réduites l'influence du mouvement Boulangiste ?
L’interdiction des candidatures multiples et l’adoption du scrutin d’arrondissement ont joué un rôle clé dans la dilution de l’impact des vagues boulangistes en France. Voici comment ces réformes ont affaibli ce mouvement populiste :
1. Interdiction des candidatures multiples : un coup porté à la stratégie de Boulanger
- La tactique boulangiste : Le général Georges Boulanger, chef de file du mouvement, exploitait les candidatures multiples pour amplifier sa visibilité et renforcer sa popularité. Il se présentait simultanément dans plusieurs circonscriptions lors des élections partielles et, lorsqu’il remportait plusieurs sièges, cela lui permettait de symboliser une adhésion nationale.
- Conséquence de l’interdiction : En 1889, une loi interdit cette pratique, limitant ainsi Boulanger à se présenter dans une seule circonscription. Cela réduit considérablement sa capacité à mobiliser des soutiens dans plusieurs régions en même temps, affaiblissant son image de leader national.
2. Scrutin d’arrondissement : un morcellement des votes populistes
- Le contexte avant la réforme : Avant 1889, les élections législatives se faisaient au scrutin de liste départemental, où les candidats pouvaient obtenir un soutien plus large, favorisant des personnalités charismatiques comme Boulanger.
- Changement du mode de scrutin : Avec l’adoption du scrutin uninominal d’arrondissement, chaque circonscription élit un seul député, ce qui favorise les candidats enracinés localement et rend plus difficile pour un mouvement comme le boulangisme de capitaliser sur une vague de popularité nationale.
- Impact sur les boulangistes : Cette réforme force les boulangistes à fragmenter leurs efforts, car ils doivent mobiliser des ressources et des soutiens dans de nombreuses petites circonscriptions. Cela affaiblit leur capacité à construire un mouvement homogène et à traduire une popularité nationale en succès électoral.
3. Dilution de l’effet plébiscitaire
- Le boulangisme était porté par un fort désir de plébiscite, jouant sur l’idée d’un soutien populaire massif. Les réformes limitent cette dynamique en réduisant les opportunités de transformer des victoires électorales en démonstrations spectaculaires de force.
Résultat global
Ces mesures affaiblissent la stratégie électorale du boulangisme et réorientent la dynamique politique en faveur des partis républicains. Les élections législatives de 1889, après l’entrée en vigueur de ces réformes, illustrent leur efficacité : seuls 44 députés boulangistes sont élus, contre 366 républicains, marquant la fin du mouvement comme force politique majeure.
Quelles furent les principales dispositions prévues par les lois de 1893-1894 pour lutter contre les anarchistes ?
Les « lois scélérates de 1893-1894 » sont un ensemble de textes législatifs adoptés sous la Troisième République pour réprimer les activités anarchistes, dans un contexte marqué par une série d’attentats terroristes. Leur surnom vient de leurs détracteurs, qui les considéraient comme une menace pour les libertés publiques.
Les trois lois scélérates :
Lois du 11 décembre 1893 :
- Objectif : Réprimer la propagande anarchiste.
- Mesures principales :
- Toute provocation au vol, au meurtre, ou à l’incendie, même si elle ne mène pas à des actes, devient un délit puni de prison.
- Les publications écrites ou orales jugées incitantes à de tels actes peuvent être censurées ou interdites.
- Conséquences : Cette loi élargit les motifs d’arrestation, même en l’absence d’acte concret.
Loi du 18 décembre 1893 :
- Objectif : Réformer la procédure judiciaire pour les attentats anarchistes.
- Mesures principales :
- Les actes terroristes sont jugés par des tribunaux correctionnels (sans jury populaire), afin d’accélérer les procès.
- Les anarchistes arrêtés peuvent être condamnés plus rapidement, sans le recours à un jury d’assises, souvent plus clément.
Loi du 28 juillet 1894 :
- Objectif : Sanctionner toute apologie de l’anarchie.
- Mesures principales :
- Toute apologie de l’anarchie dans la presse ou lors de discours publics est pénalisée.
- Les personnes jugées coupables risquent des peines de prison ou d’amendes.
Impact des lois :
- Atteinte aux libertés publiques :
- Ces lois permettent de poursuivre non seulement les anarchistes responsables d’attentats, mais aussi les écrivains, journalistes ou militants exprimant des idées anarchistes, même sans appel explicite à la violence.
- Elles visent indirectement les socialistes et d’autres opposants politiques en amalgamant leurs idées avec celles des anarchistes.
- Répression politique et sociale :
- De nombreux militants anarchistes, mais aussi des innocents, sont arrêtés et emprisonnés sous prétexte d’incitation à des actes violents.
- La presse anarchiste et parfois même républicaine critique l’État pour son empiètement sur les libertés fondamentales.
Une législation controversée :
Si les lois scélérates ont permis de contenir, temporairement, les attentats anarchistes, elles sont restées une tache sur la Troisième République, symbolisant l’usage excessif de la répression pour répondre à une crise politique et sociale. Leur surnom de « scélérates » reflète la perception qu’elles ont davantage nui aux principes démocratiques qu’à l’anarchie elle-même.
En savoir plus
« Histoire des présidents de la République : Vingt-quatre hommes et la France » par Maxime Tandonnet.
« Les présidents de la République » par Vincent Cuvellier
Rapport 2024 sur les riches en France – selon l’Observatoire des Inégalités.
Historique des résultats des élections présidentielles Françaises
Liste des Présidents du Conseil des Ministres depuis 1815 en France
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