Le monde a besoin de cette encyclique de Léon XIV. Il ne semble pas prêt à la recevoir. | SAPERE
Analyse · Doctrine & Géopolitique · 2026

Le monde a besoin de cette encyclique de Léon XIV.
Il ne semble pas prêt à la recevoir.

Magnifica Humanitas face à un écosystème que personne ne sait encore gouverner.

Le 25 mai 2026, depuis la salle des Bénédictions du Vatican, Léon XIV présente Magnifica Humanitas : première encyclique consacrée à l’intelligence artificielle. Le texte est signé dix jours plus tôt, au 15 mai 2026, cent trente-cinquième anniversaire de Rerum Novarum. Ce que Léon XIII (r. 1878-1903) a accompli face à la révolution industrielle, Léon XIV l’accomplit face à la révolution numérique : l’analogie est revendiquée, explicite, programmatique. En se plaçant dans cette filiation, Léon XIV s’expose à être lu à l’aune de ce que son prédécesseur de nom a effectivement produit.

Deux adversaires qui n’ont pas la même forme

Magnifica Humanitas affronte un objet que Rerum Novarum n’a jamais eu à cartographier. Ce n’est pas une question de courage. C’est une question de nature de l’adversaire. Rerum Novarum avait en face d’elle le patron d’usine, la logique du capital contre le travail, le conflit de classes que Marx venait de cartographier. L’adversaire avait une adresse, une nationalité, un bilan comptable. Il était assignable. On pouvait lui imposer une loi. Les États-nations européens existaient, légifèraient, pouvaient être contraints. La transformation sociale que Léon XIII appelait de ses voeux avait des acteurs disponibles pour la porter : syndicats naissants, partis ouvriers chrétiens, parlements en formation.

Magnifica Humanitas nomme un pouvoir d’un type inédit : celui des acteurs privés transnationaux « souvent dotés de ressources et de capacités d’intervention supérieures à celles de nombreux gouvernements ». Ce n’est pas la modestie du texte. C’est son diagnostic le plus lucide. L’adversaire de 2026 est partout et nulle part. Distribué sur quatre continents, gouverné par des législations incompatibles, il déborde les cadres nationaux de régulation les plus ambitieux.

En 1891, l’Église avait un adversaire avec une adresse. En 2026, elle en a un avec une adresse IP.

La lucidité sans véritable levier

Précisément parce que Magnifica Humanitas affronte un objet plus vaste, elle se retrouve dans une position que Rerum Novarum n’a jamais connue : celle d’un texte dont l’ambition analytique dépasse les instruments de gouvernance mondiale disponibles pour le recevoir. Léon XIII avait en face de lui des États-nations souverains, capables de légiférer, de contrôler, de sanctionner. Le repos dominical pouvait devenir une loi. Le droit syndical pouvait être inscrit dans un code du travail. La chaîne entre le texte pontifical et la transformation sociale était courte, et des acteurs concrets (partis chrétiens-démocrates, syndicats catholiques, législateurs) s’en sont emparés comme d’un outil.

Ce que l’encyclique Magnifica Humanitas réclame
Ce que le monde offre en 2026
Armes autonomes

« Établir des règles communes au niveau international »

Réalité

Aucun traité international. Prolifération des systèmes létaux autonomes de l’Ukraine à l’Iran.

Travail et automatisation

« Mesures vérifiables de protection de l’emploi »

Réalité

Aucune norme internationale contraignante. En Argentine, des sociétés zéro salarié sont déjà en cours de légalisation.

Gouvernance mondiale

« Règles communes » pour encadrer un pouvoir privé transnational

Réalité

Washington réduit l’examen de sécurité de 90 à 30 jours, sur la base du volontariat. Même l’État le plus puissant du monde n’a pas voulu, ou réussi, à contraindre ses propres champions.

L’analogie avec Rerum Novarum est une arme à double tranchant : elle donne à Magnifica Humanitas la stature d’un texte fondateur, et lui impose en retour les attentes d’un texte qui a changé le monde.

Ce que le texte réussit malgré tout

Il serait inexact d’en rester là. Magnifica Humanitas accomplit quelque chose que peu de textes institutionnels osent formuler avec cette netteté. Trois affirmations méritent d’être pesées pour ce qu’elles valent.

Sur la technologie

« La technologie n’est pas neutre, car elle prend le visage de ceux qui la conçoivent, la financent, la régulent et l’utilisent. »

Une rupture nette avec le mythe techno-libéral de l’outil indifférent aux rapports de force.

Sur la guerre

« Il n’existe aucun algorithme capable de rendre la guerre moralement acceptable. »

Un refus sans nuance de déléguer la décision létale à des systèmes autonomes, dans un monde où cette délégation progresse.

Sur l’ordre mondial

« La mondialisation a produit un multipolarisme désordonné et conflictuel. »

Un diagnostic que peu d’institutions multilatérales se permettent d’énoncer aussi crûment sur elles-mêmes.

On objectera que Rerum Novarum parlait lui aussi à un monde qui n’était pas prêt : syndicats faibles, droit social embryonnaire, États peu disposés à contraindre le capital. La différence n’est pas de nature. Elle est d’échelle : il a fallu quarante ans et deux guerres mondiales pour que ses propositions deviennent du droit positif. Ce que Magnifica Humanitas attend, c’est la construction des institutions qui pourront la recevoir : un traité international sur les systèmes d’armes autonomes, une agence multilatérale de régulation des modèles de fondation, des mécanismes de responsabilité opposables aux acteurs privés transnationaux. Ces institutions n’existent pas encore. Certaines sont en gestation. D’autres restent à inventer. Cette construction n’appartient pas au pape. Elle appartient aux États, aux entreprises technologiques et aux sociétés civiles qui choisiront d’en faire quelque chose.

La boussole est magnifique. La carte reste à dessiner. Et cette fois, le Vatican ne peut pas la dessiner seul.

Fait majeur

Magnifica Humanitas, signée le 15 mai 2026 et publiée le 25 mai, est la première encyclique catholique consacrée à l’IA. Léon XIV la date volontairement au 135e anniversaire de Rerum Novarum pour revendiquer une filiation doctrinale avec Léon XIII.

Mécanisme central

Magnifica Humanitas va plus loin que Rerum Novarum sur le diagnostic : l’adversaire est transnational, diffus, sans adresse nationale. Mais cette lucidité même devient son problème structurel : l’encyclique suppose, pour être traduite en acte, une architecture de gouvernance mondiale de l’IA que le monde de 2026 n’a pas encore construite.

Catalyseur

La montée en puissance de l’IA militaire (systèmes d’armes autonomes), la crise du multilatéralisme, l’automatisation accélérée du travail et la concentration du pouvoir technologique dans un petit nombre d’acteurs privés transnationaux forment le contexte d’urgence qui justifie le texte.

Verrouillage actuel

Le Vatican n’a ni levier réglementaire sur les grandes entreprises technologiques, ni autorité contraignante sur les États producteurs d’IA. L’encyclique est une ressource morale et symbolique puissante, mais elle ne crée aucune institution nouvelle, aucun seuil chiffré, aucun mécanisme de sanction. Le vrai travail reste devant elle.

Un pape américain contre l’empire américain

Robert Prevost, né à Chicago en 1955, est le premier ressortissant américain à être élu pape, en mai 2025. Sa nationalité avait été considérée comme un obstacle quasi rédhibitoire avant le conclave : depuis la Guerre froide, le Saint-Siège maintenait un principe de distance vis-à-vis de la puissance hégémonique mondiale. Léon XIV a renversé cette logique par son existence même.

Mais ce qu’il a produit avec Magnifica Humanitas est plus subtil encore. Lire l’encyclique comme un texte théologique universel, c’est manquer sa dimension de positionnement dans la politique intérieure américaine. Le texte critique frontalement le capitalisme technologique de la Silicon Valley, dénonce la militarisation de l’IA portée par le budget du Pentagone, et met en cause la déréglementation accélérée sous l’administration Trump. Il ne les nomme pas. Mais le lecteur américain, lui, entend très bien.

La date de publication n’est pas neutre non plus. Le 25 mai 2026 tombe à quelques semaines du premier anniversaire de l’élection de Léon XIV, et dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Rome sur les questions migratoires et commerciales. Publier une encyclique qui consacre un chapitre entier à la « banalisation de la guerre » et à la « crise du multilatéralisme » en ce moment précis n’est pas un accident de calendrier pastoral.

La main de François dans le texte

Les commentateurs du Grand Continent, dont le vaticaniste Jean-Benoît Poulle, soulignent la continuité profonde avec le magistère de François. L’image de la « Maison commune », le concept de développement intégral, la critique des « seigneurs de la tech » : autant de thèmes forgés sous le pontificat précédent, que Léon XIV reprend, amplifie et systématise. Magnifica Humanitas est aussi un document de continuité, ce qui explique en partie son caractère moins tranchant sur le plan institutionnel : il hérite d’une méthode dialogique qui privilégie la persuasion morale sur la contrainte normative.

La vraie rupture avec François réside ailleurs : dans le choix de l’IA comme sujet central, là où son prédécesseur abordait surtout l’environnement et les migrations. En choisissant l’IA, Léon XIV entre dans un débat où les acteurs principaux sont américains, chinois et européens, et où l’Église catholique, forte de 1,4 milliard de fidèles, peut prétendre à une influence morale de premier plan si elle choisit de la mobiliser avec précision.

Ce que le général Durieux ne dit qu’à demi-mot, et que Gautier dit tout haut

Les commentaires du général Benoît Durieux, intégrés dans l’édition du Grand Continent, constituent un contrepoint militaire instructif. Durieux salue la lucidité du pape sur la « banalisation de la guerre » et sur les systèmes d’armes létales autonomes. Mais il pointe discrètement une tension : si le Vatican reconnaît le droit à la légitime défense, il doit reconnaître le droit des États à s’équiper, ce qui implique une industrie de l’armement. Comment critiquer le « complexe militaro-industriel » sans désarmer ceux qui doivent se défendre ? La question reste ouverte dans l’encyclique, et Durieux, homme de l’institution militaire française, ne la referme pas.

Louis Gautier, ancien secrétaire général de la défense et de la sécurité nationale, dit dans Les Échos du 3 juin 2026 ce que Durieux ne peut pas écrire. Son titre : « Misérable humanité ». Son argument d’ouverture : « Pas plus que le concile de Latran de 1139 ne parvint à interdire les carreaux d’arbalète, l’encyclique de Léon XIV ne désarmera l’IA. » La formule est cinglante. Elle est aussi historiquement fondée.

Gautier rappelle la séquence implacable du droit du désarmement : les armes chimiques interdites en 1925, sept ans après la fin de la Grande Guerre ; le traité de non-prolifération signé en 1968, vingt-trois ans après Hiroshima ; la convention prohibant le napalm adoptée cinq ans après la fin du Vietnam. À chaque fois, la règle arrive après la catastrophe, quand le remords s’en mêle. Et même ces règles tardives se défont : en 2025, la Finlande, la Lettonie, l’Estonie, la Lituanie et la Pologne ont annoncé leur intention de se retirer de la Convention d’Ottawa de 1997 prohibant les mines antipersonnel, sous la pression de la menace russe.

Cette séquence est l’argument le plus dur contre la promesse de Magnifica Humanitas sur les systèmes d’armes autonomes. L’encyclique dit qu’« il n’existe aucun algorithme capable de rendre la guerre moralement acceptable ». Gautier répond, sans le nommer, que la guerre n’a jamais attendu l’accord moral pour se moderniser. L’IA est déjà, selon lui, « le cortex de la guerre » : elle intervient du renseignement stratégique à la délivrance autogérée des tirs, de l’Ukraine à l’Iran.

Le dialogue entre les deux textes est instructif. Durieux tient la position de l’institution : prudent, nuancé, respectueux du texte pontifical. Gautier tient la position du stratège lucide : l’encyclique est moralement juste et militairement inopérante. Entre les deux, la thèse de cet article trouve sa place exacte : le problème n’est pas que Léon XIV ait tort sur le fond. C’est que le monde dans lequel il écrit n’a pas encore construit les instruments pour lui donner raison.

Le tiers absent : Pékin

Magnifica Humanitas diagnostique un « multipolarisme désordonné et conflictuel ». Ce multipolarisme a un troisième pôle que l’encyclique ne nomme pas davantage que les entreprises technologiques américaines : la Chine. Or le modèle chinois de gouvernance de l’IA est la négation exacte de ce que le texte pontifical appelle de ses voeux. Pékin ne sépare pas l’IA civile de l’IA militaire. Il ne distingue pas l’innovation technologique du contrôle social. La surveillance algorithmique des populations, la fusion civilo-militaire du renseignement, le contrôle numérique des comportements et l’intégration de l’IA dans la guerre cognitive : autant de réalités que Magnifica Humanitas condamnerait sans hésiter si elle les nommait.

Mais l’encyclique ne peut pas nommer Pékin sans nommer Washington, et nommer Washington sans nommer la Silicon Valley. Ce silence n’est pas de la lâcheté diplomatique : c’est la condition même du magistère universel. Un pape qui parle à 1,4 milliard de fidèles répartis sur tous les continents ne peut pas choisir son camp dans la rivalité sino-américaine. Ce faisant, il illustre malgré lui le problème qu’il diagnostique : l’impossibilité d’une gouvernance mondiale de l’IA tient précisément à ce que les deux puissances dominantes du système international n’ont aucun intérêt commun à en construire une. L’encyclique appelle à un traité. La fracture numérique sino-américaine rend ce traité structurellement improbable.

Huit promesses sans garant

L’encyclique ne nomme pas. Je vais le faire à sa place. Non par goût de la polémique, mais parce que je ne sais plus lire un communiqué de ces entreprises sans entendre, derrière chaque engagement solennel, la même mécanique de capture. Voici ce qu’ils promettent. Voici ce qu’ils taisent.

Promesse 1

« Une abondance d’intelligence »

Comme on promettait jadis l’abondance d’énergie. Les centres de données mondiaux ont consommé 484 TWh en 2025, soit huit fois la production totale de la Suisse. Une requête IA consomme dix fois plus d’énergie qu’une recherche classique. Sans jamais dire qui contrôlera réellement le robinet.

Promesse 2

« Une IA sûre »

C’est eux qui définissent seuls ce que « sûr » veut dire, en dehors de tout mandat démocratique.

Promesse 3

« Vous protéger des risques »

Les risques qu’ils créent eux-mêmes, en échange d’un droit implicite à restructurer nos économies et nos institutions. Au Mexique, les data centers d’Amazon et de ses concurrents ont asséché les nappes phréatiques de Querétaro : les habitants n’ont plus accès à l’eau courante que deux jours par semaine.

Promesse 4

« La transparence »

Tout en installant des boîtes noires au coeur des décisions publiques et des infrastructures critiques.

Promesse 5

« L’ouverture »

Alors que la concentration de puissance de calcul n’a jamais été aussi forte. OpenAI, Google DeepMind, Meta : trois acteurs, une hégémonie. La valeur combinée des six principales entreprises d’IA atteint 11,000 milliards de dollars. L’Europe, malgré son AI Act, dépend à plus de 80 % de fournisseurs extra-européens pour ses infrastructures. Son niveau maximal de souveraineté numérique ne couvrira que 1 % des besoins de l’État.

Promesse 6

« Des chartes d’éthique »

Avec refus obstinément de mécanismes contraignants. Le Rome Call for AI Ethics de 2020, signé par Microsoft et IBM : six principes louables, zéro sanction possible.

Promesse 7

« Servir l’humanité »

Leur horizon concret reste la rente de plateforme et la dépendance généralisée.

Promesse 8

« Un futur gouvernable »

Tout en rendant chaque jour un peu plus difficile la tâche de ceux qui devraient le gouverner.

Aucune de ces promesses n’est fausse en soi. Aucune n’est assortie d’un garant, d’un mécanisme de recours, d’une sanction possible.

C’est précisément cet adversaire-là que Magnifica Humanitas tente de circonscrire sans pouvoir le nommer. Non par faiblesse intellectuelle, mais parce que nommer implique de pouvoir sanctionner. Et sanctionner suppose des institutions que le monde n’a pas encore construites. L’encyclique pose la question. La réponse appartient à d’autres.

Pendant ce temps, l’Argentine légifère l’inverse

Pendant que le pape appelle à des garde-fous, le président argentin Javier Milei soumet au Congrès un projet de loi créant un statut de « société automatisée » : des entreprises fonctionnant exclusivement avec des intelligences artificielles, sans conseil d’administration, sans assemblée d’actionnaires, sans aucun travailleur humain. Zéro salarié. Zéro responsabilité pénale identifiable en cas de fraude ou d’erreur systémique. Buenos Aires veut devenir le paradis mondial de l’IA dérégulée, en captant les capitaux effrayés par la régulation européenne et américaine.

Ce n’est pas un cas marginal. C’est la démonstration que la carte que le Vatican ne peut pas dessiner seul est déjà en train d’être dessinée ailleurs, dans le sens exactement inverse de Magnifica Humanitas. L’encyclique arrive dans un monde qui ne l’attend pas. Dans certains pays, il légifère activement contre elle.

1891

Léon XIII publie Rerum Novarum le 15 mai. Le texte, rédigé en réponse directe à la question ouvrière, propose un salaire juste, le droit à la propriété, la légitimation des associations de travailleurs. Pie XI le qualifiera de « Grande Charte de l’action sociale des chrétiens ».

1931

Quarantième anniversaire : Pie XI publie Quadragesimo Anno, qui systématise la doctrine sociale et introduit le principe de subsidiarité. La tradition des encycliques sociales anniversaires s’installe.

1991

Centième anniversaire : Jean-Paul II publie Centesimus Annus, qui intègre la chute du communisme soviétique et questionne les dérives du capitalisme libéral. Le texte reconnaît l’économie de marché tout en réaffirmant ses limites éthiques.

2015

François publie Laudato Si’, première encyclique entièrement consacrée à l’écologie. Le texte introduit la « Maison commune » comme métaphore de la responsabilité planétaire partagée. Léon XIV en héritera directement.

Février 2020

Le Vatican signe le « Rome Call for AI Ethics » avec Microsoft et IBM, puis en 2021 avec la FAO. Premier engagement institutionnel du Saint-Siège sur la gouvernance des algorithmes : six principes (transparence, inclusion, responsabilité, impartialité, fiabilité, sécurité). Le texte reste non contraignant, mais il amorce le positionnement doctrinal que Magnifica Humanitas systématisera six ans plus tard.

2023

François publie Laudate Deum, prolongement écologique de Laudato Si’, et intervient lors du G7 en Italie sur la gouvernance de l’IA. C’est la première fois qu’un pape prend la parole devant les sept grandes puissances industrielles sur ce sujet. Le cadre doctrinal de Magnifica Humanitas est désormais esquissé.

Janvier 2025

L’administration Trump annonce le projet « Stargate », consortium privé de 500 milliards de dollars pour l’infrastructure d’IA aux États-Unis, et abroge plusieurs directives fédérales encadrant les systèmes d’armes autonomes. Le contexte réglementaire qui préoccupe Léon XIV se durcit au moment même où il rédige l’encyclique.

Pivot 8 mai 2025

Élection de Robert Prevost sous le nom de Léon XIV : premier pape américain de l’histoire. Le choix du nom est immédiatement lu comme une référence à la longue lignée des papes Léon, figures diplomatiques et doctrinales majeures à travers seize siècles d’histoire. La nationalité du nouveau pape rend sa future critique du capitalisme technologique américain d’autant plus remarquable.

Avril 2026

Premier grand voyage de Léon XIV en Afrique subsaharienne. Il y aborde sans détour la corruption des élites locales et les effets de la déréglementation technologique sur les économies du Sud. Le pape signale qu’il ne détournera pas le regard des problèmes politiques contemporains, y compris ceux que pose son pays d’origine.

15 mai 2026

Signature de Magnifica Humanitas, choisie précisément pour coïncider avec le 135e anniversaire de Rerum Novarum. La date est un acte rhétorique avant d’être un fait administratif.

25 mai 2026

Publication et présentation officielle de Magnifica Humanitas. Le Grand Continent publie le texte intégral avec commentaires du vaticaniste Jean-Benoît Poulle, du général Benoît Durieux et de plusieurs spécialistes. Le monde catholique et les cercles de gouvernance technologique sont invités à répondre.


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