Les Forces et les Failles · Données arrêtées au 6 octobre 2026

Malaisie

Asie du Sud-Est

La Malaisie tient un passage obligé du commerce des puces ; sa liberté de choix dépend de ce qu’elle parviendra à concevoir elle-même.

3,4/5Résilient sous contrainteTrajectoire depuis 2020+32En amélioration
Ce score mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni la qualité du pays.

34,4 millions d’habitants en 2026, selon l’institut national de statistique. Des usines de puces à Penang, deux ports géants sur le détroit de Malacca, du gaz et du pétrole en mer de Chine méridionale : la Malaisie est l’un des carrefours de l’économie asiatique. Elle négocie avec Washington, Pékin et le Golfe sans choisir de camp. Sa fragilité tient à une dette publique désormais au-dessus de 70 % du PIB et à une industrie dont les décisions technologiques les plus structurantes se prennent encore souvent hors du pays.1-2

Le diagnostic
Un carrefour industriel et maritime

Les appuis sont nombreux et répartis : puces, gaz, ports, diplomatie. La conception des produits et les règles technologiques restent fixées ailleurs.

La dynamique
Monter en gamme, alourdir la dette

L’électronique et la diversification énergétique progressent depuis 2020. La dette publique dépasse 70 % du PIB et les apprentissages scolaires reculent.

Le point de bascule
Concevoir davantage, sécuriser les passages

Le prochain gain viendra des puces conçues sur place et d’un détroit tenu sûr. Sinon, les choix décisifs resteront à Washington, Pékin, Singapour ou Taipei, et dans les grands groupes qui y siègent.

Tester n’est pas concevoir

Puces et composantsChine, Taïwan, SingapourMachines et intrantsTest à Penang, KulimAssembler, tester, emballerUsines surtout étrangèresClientsSingapour, États-UnisChine, EuropeRègles américainesPermis sur les puces d’IACondition du marchéConception localeObjectif nationalEncore à démontrerLA CHAÎNE DES PUCES ET CE QUI LA GOUVERNE

Les flèches du haut suivent les biens : les composants entrent, les puces testées repartent vers les clients. Le test avancé est une compétence stratégique, que peu de pays réunissent ; il ne donne pas encore le même contrôle que la conception. À gauche, la règle américaine pèse sur l’usine ; à droite, la flèche pointillée marque la montée vers la conception, qui reste un objectif. La position malaisienne vaut tant que les deux côtés de la chaîne ont besoin d’elle.2-3

Le poids et les marges

Les millésimes diffèrent selon la disponibilité. Les montants sont arrondis.
PIB nominal · 2025
417,9 Mds €
33e rang parmi les 186 économies renseignées par la Banque mondiale, hors agrégats. Dollars courants convertis au cours moyen de 2025 de la BCE. Série et calcul du rang
PIB en PPA · 2025
1,493 Mds $ int.
29e rang parmi 185 économies renseignées ; 0,71 % du total mondial. La parité de pouvoir d’achat corrige les différences de prix ; ce dollar international est une unité de comparaison et ne se convertit pas. Source WDI
Exportations · monde · 2025
≈ 1,4 %
Part des exportations mondiales de marchandises, 23e exportateur. Montant OMC arrondi : 333 milliards d’euros, commerce intra-européen inclus dans le total mondial. OMC, mars 2026
Importations · monde · 2025
≈ 1,3 %
Part des importations mondiales de marchandises, 24e importateur. Montant OMC arrondi : 301 milliards d’euros, selon le même tableau. OMC, mars 2026
Électronique · exportations · 2025
44,3 %
Part des produits électriques et électroniques dans les exportations totales, rapport de deux montants du DOSM. Le bulletin donne 51,3 % des exportations manufacturières. DOSM
Intérêts · recettes · 2025
16,3 %
Part des recettes fédérales consacrée au service de la dette, contre 15,6 % en 2024. Elle dit ce qu’il reste à l’État une fois ses créanciers payés. Ministère des Finances
Pétrole · recettes · 2025
17,5 %
Part des recettes pétrolières dans les recettes fédérales, contre 41,3 % en 2009. La rente pèse désormais moins que l’impôt sur les sociétés et les ménages. Budget 2026

Singapour achète, la Chine fournit

Marchandises, année civile 2025. La part est celle du partenaire dans les exportations ou les importations totales de la Malaisie, publiée par le DOSM.
Les cinq premiers clients de la Malaisie
RangPaysCe qu’il achètePart
1SingapourÉlectronique d’abord, puis machines et carburants15,5 %
2États-UnisÉlectronique, machines, instruments, gants14,5 %
3ChineÉlectronique, carburants, minerais11,8 %
4Union européenneÉlectronique, chimie, huile de palme8,0 %
5Hong KongÉlectronique presque seule6,0 %
Taïwan achète pour 18,2 milliards d’euros, en hausse de 31,2 % en un an, et le Japon pour 15,8 milliards : ces deux clients sont hors des cinq premiers. La France reçoit 0,38 % des exportations malaisiennes, 22e client, surtout de l’électronique et des carburants.
Les cinq premiers fournisseurs de la Malaisie
RangPaysCe qu’il vendPart
1ChineÉlectronique, machines, véhicules24,3 %
2SingapourÉlectronique, carburants raffinés10,5 %
3TaïwanPuces et composants, machines10,0 %
4États-UnisÉlectronique, machines, aéronautique9,2 %
5Union européenneÉlectronique, machines, instruments, véhicules6,8 %
Le Japon fournit pour 13,8 milliards d’euros, hors des cinq premiers. La France est 19e fournisseur, avec 0,8 % des importations : aéronautique d’abord, puis machines, électronique et médicaments.
Les parts et les rangs sont ceux du DOSM, sur des exportations de 332,4 milliards d’euros et des importations de 301,0 milliards, convertis au cours moyen de 2025. Les produits viennent d’UN Comtrade, en chapitres de la nomenclature douanière, et décrivent chaque relation de l’intérieur : le total Comtrade diffère de celui du DOSM, si bien qu’aucun montant par produit et par pays n’est tiré de ce croisement. Une même puce peut entrer de Taïwan, être testée à Penang et repartir vers Singapour ou les États-Unis : ces flux se répondent et ne s’additionnent pas.

Ce qui a changé depuis 2020

Un point de départ commun ; la dernière observation est indiquée pour chaque série.
Les neuf flèches portent aussi sur la période ouverte en 2020. Une flèche stable peut réunir des progrès et des reculs qui se compensent. Aucun score SAPERE rétrospectif n’est inventé.

Ce qui tient, ce qui fragilise

La note décrit le niveau actuel ; la flèche compare à 2020.
Vue d’ensemble : niveau et tendance depuis 2020+
Les niveaux se lisent en colonnes sur ordinateur et en blocs sur téléphone.
Niveau↘ En recul→ Stable↗ En progrès
Solidement ancré4,0 à 5,0
Résilient sous contrainte3,0 à 3,9
→Autonomie stratégique 3,6→Démographie et capital humain 3,4→Défense et sécurité 3,3→Gouvernance et institutions 3,3→Innovation et savoir 3,2
↗Industrie et technologie 3,8↗Énergie et ressources 3,6↗Diplomatie, influence et information 3,5
Sous tension structurelle2,5 à 2,9
→Économie et finance 2,9
Fragile et dépendant1,5 à 2,4
Défaillance critique1,0 à 1,4

Piliers les plus critiques, du plus bas au plus haut : Économie et finance (2,9), Innovation et savoir (3,2), Défense et sécurité (3,3).

IÉconomie et financeSous tension structurelle→Une croissance saine, une dette qui franchit le seuil.
Pourquoi 2,9 ?
Ce qu’on observe

Dette des administrations publiques de 70,7 % du PIB en 2025 (FMI) ; dette fédérale de 64,7 % à la fin juin 2025 ; croissance moyenne de 4,6 % et inflation de 1,9 % sur 2023-2025 ; service de la dette à 16,3 % des recettes fédérales en 2025.5-9

Ce que dit la règle

Une dette supérieure à 70 % du PIB, lue selon la définition du FMI retenue pour toute la série, suffit à placer le pilier entre 2,5 et 2,9.

Le jugement SAPERE

2,9, en haut de la bande : la charge d’intérêts reste supportable et les réserves couvrent plus de quatre mois d’importations. Avec la seule dette fédérale, le pilier monterait vers 3,3.

Ce qui tient
La croissance réelle moyenne atteint 4,6 % sur 2023-2025 et l’inflation moyenne 1,9 %. L’activité progresse sans emballement des prix.
Les trois grandes agences notent le pays dans la catégorie d’investissement, entre A- et BBB+, avec des perspectives stables.
Ce qui fragilise
La dette des administrations publiques dépasse 70 % du PIB en 2025 ; la seule dette fédérale, 64,7 % à la fin juin 2025, reste une mesure plus étroite.
Le service de la dette absorbe 16,3 % des recettes fédérales en 2025, contre 15,6 % l’année précédente : une part croissante du budget part aux créanciers.
Tendance depuis 2020. La croissance passe de -5,46 % en 2020 à 5,17 % en 2025 ; la dette des administrations publiques monte de 67,7 à 70,7 % du PIB. La reprise et l’alourdissement de la dette se compensent : la flèche reste stable.
IIIndustrie et technologieRésilient sous contrainte↗Une industrie électronique de premier rang, sous capitaux étrangers.
Pourquoi 3,8 ?
Ce qu’on observe

Haute technologie à 58,63 % des exportations manufacturières en 2024 ; produits manufacturés à 72,75 % des exportations de marchandises en 2025 ; électronique à 44,3 % des exportations totales en 2025 ; manufacture proche de 22 % du PIB.2,10-13

Ce que dit la règle

Une industrie fonctionnelle, une spécialisation réelle et des dépendances gérées placent le pilier entre 3,0 et 3,9 ; sans champions nationaux qui conçoivent, outillent et brevettent, le niveau haut reste fermé.

Le jugement SAPERE

3,8, en haut de la bande : le seuil de haute technologie est dépassé de loin, mais la conception reste concentrée chez des groupes étrangers.

Ce qui tient
Plus de la moitié des exportations manufacturières relève de la haute technologie, et les produits manufacturés dominent les ventes de marchandises.
Petronas, groupe public intégré du puits à la pétrochimie, et plusieurs sous-traitants malaisiens de l’assemblage et du test des puces forment une base nationale réelle.
Ce qui fragilise
Un retournement du cycle des semi-conducteurs toucherait d’un coup la première filière du pays.
Les grandes usines d’assemblage et de test de Penang et de Kulim appartiennent pour l’essentiel à des groupes américains, européens et asiatiques qui décident de leurs investissements ailleurs.
Tendance depuis 2020. La haute technologie dans les exportations manufacturières passe de 53,81 % en 2020 à 58,63 % en 2024. La part manufacturière du PIB reste proche de 22 %. La montée en gamme est réelle, sans changement de propriétaire des usines.
IIIDémographie et capital humainRésilient sous contrainte→Une population formée, des apprentissages qui reculent.
Pourquoi 3,4 ?
Ce qu’on observe

38,5 % d’une classe d’âge inscrite dans le supérieur ; chômage des 15-24 ans stable autour de 12 % depuis 2020 ; scores PISA en recul de 32 points en mathématiques entre 2018 et 2022 ; fécondité de 1,54 enfant par femme en 2024.14-19

Ce que dit la règle

Une croissance démographique maîtrisée et un investissement éducatif réel placent le pilier entre 3,0 et 3,9 ; un capital humain qui recule ferme le niveau haut.

Le jugement SAPERE

3,4 : population active nombreuse, école généralisée et santé présente sur tout le territoire ; le recul des apprentissages, plus d’une année et demie perdue en mathématiques selon ISIS Malaysia, empêche de monter.

Ce qui tient
L’indice de développement humain atteint 0,819, au 67e rang mondial ; la mortalité infantile est de 7 pour mille.
Le chômage des 15-24 ans reste stable autour de 12 % depuis 2020, et 38,5 % d’une classe d’âge est inscrite dans le supérieur.
Ce qui fragilise
Les scores PISA reculent de 32 points en mathématiques, 27 en lecture et 21 en sciences entre 2018 et 2022.
La fécondité est passée sous le seuil de renouvellement : le vieillissement arrivera avant que les revenus aient rejoint ceux des pays riches.
Tendance depuis 2020. La fécondité baisse de 1,68 enfant par femme en 2020 à 1,54 en 2024 ; l’espérance de vie passe de 76,06 ans à 76,82 ans sur la même période. Les deux mesures vont en sens opposés, au-dessus du seuil de très basse fécondité : la flèche reste stable. Les apprentissages scolaires mesurés reculent, sans faire basculer ce bilan.
IVDiplomatie, influence et informationRésilient sous contrainte↗Une diplomatie de passeur, qui a imposé un sommet.
Pourquoi 3,5 ?
Ce qu’on observe

Sommet ASEAN-Golfe-Chine réuni à Kuala Lumpur le 27 mai 2025 ; 10e rang de l’Asia Power Index 2025 ; influence diplomatique Lowy de 58,8 sur 100 en 2025, contre 47,1 en 2020 ; accord Thaïlande-Cambodge du 26 octobre 2025 suspendu quinze jours plus tard.20-26

Ce que dit la règle

Une influence régionale réelle, des leviers exploités et au moins un thème imposé à l’agenda régional placent le pilier entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,5, au milieu de la bande : le thème imposé est établi, mais aucun média malaisien à portée transfrontalière n’est documenté et la médiation entre la Thaïlande et le Cambodge n’a pas tenu.

Ce qui tient
La Malaisie occupe le 10e rang de l’Asia Power Index 2025 du Lowy Institute, en gain d’une place, et le 35e du Global Soft Power Index 2026.
La présidence de l’ASEAN en 2025 a produit deux actes datés : le sommet ASEAN-CCG-Chine du 27 mai et l’admission du Timor oriental le 26 octobre.
Ce qui fragilise
L’accord de paix entre la Thaïlande et le Cambodge signé à Kuala Lumpur le 26 octobre 2025 est suspendu par Bangkok quinze jours plus tard.
La liberté de la presse recule au 95e rang de RSF en 2026, contre 88e en 2025 : la fragilité du pluralisme médiatique limite la portée des récits que le pays projette à l’extérieur.
Tendance depuis 2020. L’indice Lowy de puissance en Asie note l’influence diplomatique de la Malaisie à 47,1 sur 100 en 2020 et à 58,8 en 2025 (édition 2025), soit 11,7 points, au-delà du seuil de 2 points retenu par SAPERE. La présidence de l’ASEAN en 2025, tournante, ne fonde pas la flèche ; l’échec de la médiation thaïlando-cambodgienne rappelle les limites de cette influence.
VÉnergie et ressourcesRésilient sous contrainte↗Un exportateur d’énergie, un réseau sollicité par les centres de données.
Pourquoi 3,6 ?
Ce qu’on observe

Charbon à 44,6 %, gaz à 33,8 % et hydraulique à 17,5 % de l’électricité en 2025 ; 5e exportateur mondial de gaz naturel liquéfié en 2023 (EIA) ; 22,3 % des entreprises déclarent des coupures en 2024.27-32

Ce que dit la règle

Un mix où aucune source ne pèse la moitié, une dépendance aux importations contenue et des coupures sous le seuil d’un quart retenu pour la série placent le pilier entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,6, haut dans la bande : le pays est à l’équilibre énergétique et exporte du gaz ; le niveau haut exigerait une autosuffisance nette et une transition plus avancée.

Ce qui tient
Charbon, gaz et hydraulique se partagent l’électricité : trois sources d’appui, aucune majoritaire.
La Malaisie est le 5e exportateur mondial de gaz naturel liquéfié en 2023 selon l’EIA, et ses importations nettes d’énergie sont proches de zéro.
Ce qui fragilise
22,3 % des entreprises déclarent des coupures en 2024, un niveau très supérieur à celui de la Thaïlande, à 13 %.
La capacité des centres de données passe d’environ 10 mégawatts en 2021 à 1,3 gigawatt en 2024 : le raccordement au réseau, et non la production, devient le goulot.
Tendance depuis 2020. La part du charbon dans l’électricité recule de 51,1 % en 2020 à 44,6 % en 2025. Le mix se diversifie : progrès, sous la pression nouvelle des centres de données.
VIDéfense et sécuritéRésilient sous contrainte→Un territoire tenu, une mer surveillée par d’autres.
Pourquoi 3,3 ?
Ce qu’on observe

Conflit faible ou inactif selon ACLED ; dépense militaire de 1,04 % du PIB en 2025 ; garde-côtes chinois aux Luconia Shoals, 257 jours-navires en 2025 après 364 en 2024 ; contrat de missiles NSM annulé par la Norvège le 14 mai 2026.33-38

Ce que dit la règle

Aucun conflit interne de haute intensité et une chaîne de commandement nationale non fragmentée placent le pilier entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,3, au bas de la bande : une dépense faible, les retards d’équipement et la présence continue de garde-côtes chinois dans la zone économique exclusive empêchent de monter.

Ce qui tient
ACLED classe le pays au niveau de conflit faible ou inactif ; aucune insurrection armée ne dispute le contrôle du territoire.
Les fournisseurs d’armes sont dispersés : Chine 37,2 %, Norvège 21,7 %, États-Unis 16,5 %, Turquie 10,8 %, Italie 8,1 % sur 2021-2025 au registre du SIPRI.
Ce qui fragilise
La dépense militaire représente 1,04 % du PIB en 2025, soit 4,4 milliards d’euros.
Des garde-côtes chinois stationnent aux Luconia Shoals, au large du Sarawak, 257 jours-navires en 2025 après 364 en 2024.
Tendance depuis 2020. Aucun conflit interne depuis 2020 ; la pression chinoise en mer reste continue, avec un redéploiement partiel vers les Philippines en 2025. Stable.
VIIInnovation et savoirRésilient sous contrainte→Une recherche active, qui descend peu jusqu’à la production.
Pourquoi 3,2 ?
Ce qu’on observe

34e rang de l’indice mondial de l’innovation 2025 (OMPI), contre 33e en 2020 ; recherche à 1,01 % du PIB en 2022 ; 1,218 chercheurs par million d’habitants ; 883 brevets de résidents en 2021.39-40

Ce que dit la règle

Une recherche active, quelques pôles d’excellence et une production scientifique significative placent le pilier entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,2, dans le bas de la bande : la recherche produit des résultats, mais les brevets de résidents restent rares et la conception des puces se fait surtout ailleurs.

Ce qui tient
L’indice mondial de l’innovation de l’OMPI place la Malaisie dans le premier quart des pays classés.
Universités et organismes publics entretiennent une recherche active, avec des chercheurs en nombre.
Ce qui fragilise
Les brevets de résidents restent rares : la production de savoir se convertit peu en propriété intellectuelle nationale.
La conception des puces assemblées dans le pays se fait surtout ailleurs, ce qui limite l’apprentissage technologique.
Tendance depuis 2020. Le rang à l’indice de l’OMPI passe du 33e en 2020 au 34e en 2025 ; la dépense de recherche passe de 0,95 à 1,01 % du PIB. Stable.
VIIIGouvernance et institutionsRésilient sous contrainte→Une justice qui condamne, une grâce qui adoucit.
Pourquoi 3,3 ?
Ce qu’on observe

Najib Razak condamné le 26 décembre 2025 à 15 ans de prison dans l’affaire 1MDB ; grâce conditionnelle vers la résidence surveillée le 18 septembre 2026 ; parti du Premier ministre battu à Johor en juillet 2026 ; Freedom House : 53/100.41-48

Ce que dit la règle

Des institutions qui fonctionnent au-delà des personnes, avec alternance, tribunaux qui arbitrent et presse qui enquête malgré des fragilités, placent le pilier entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,3, sous le milieu de la bande : l’exécution des décisions de justice cède en partie à la prérogative de grâce, l’espace médiatique se resserre et la crise du Negeri Sembilan pèse.

Ce qui tient
La Haute Cour condamne Najib Razak le 26 décembre 2025 à 15 ans de prison et 2,45 milliards d’euros d’amende dans l’affaire 1MDB, et rejette le 22 décembre l’addendum royal invoqué pour sa résidence surveillée.
L’alternance est acquise depuis 2018 ; en juillet 2026, le parti du Premier ministre perd l’élection de l’État de Johor, 8 sièges sur 56 ; le 1er août, sa coalition perd le Negeri Sembilan, où son parti ne garde que 2 sièges sur 36.
Ce qui fragilise
Le 18 septembre 2026, une grâce conditionnelle permet à Najib Razak de purger le reste de sa première peine en résidence surveillée, après une première réduction en 2024.
La loi sur la sécurité en ligne, l’interdiction des réseaux sociaux aux moins de 16 ans depuis le 1er juin 2026 et les poursuites pour sédition encadrent davantage la parole publique.
Fin septembre 2026, la Malaisie, qui n’a pas adhéré à la convention de 1951 sur les réfugiés, renvoie 1,479 ressortissants birmans vers un pays en guerre ; le HCR n’a pas pu vérifier que ces départs étaient librement consentis.
Tendance depuis 2020. Le pays a connu trois Premiers ministres entre 2020 et 2022, puis un gouvernement stable depuis novembre 2022. L’IPC passe de 51 à 52/100. Les condamnations progressent ; la grâce et le resserrement de la parole publique tirent dans l’autre sens : stable.
IXAutonomie stratégiqueRésilient sous contrainte→Des dépendances réparties, une liberté de choix qui coûte.
Pourquoi 3,6 ?
Ce qu’on observe

Recettes pétrolières à 17,5 % des recettes fédérales en 2025, contre 41,3 % en 2009 ; premier client, Singapour, à 15,5 % des exportations en 2025 ; électronique à 44,3 % des exportations ; réserves de 4,7 mois d’importations.2,49-52

Ce que dit la règle

Le pilier est la moyenne de cinq sous-indicateurs, plafonnée à 2,5 dès que deux sont à 2 ou moins ; aucun ne l’est ici, et des dépendances gérées placent la moyenne entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,6 : moyenne de cinq notes (recettes 4, exportations 4, sécurité 4, réserves 3, décision 3), sans plafond ; la capacité de refus existe, mais elle s’exerce quand le coût baisse, comme l’a montré l’accord commercial avec Washington.

Ce qui tient
Les recettes pétrolières ne pèsent plus que 17,5 % des recettes fédérales en 2025, contre 41,3 % en 2009 ; le dividende de Petronas en représente 5 à 6 % en 2026.
Aucun débouché ne dépasse la moitié des exportations : le premier client, Singapour, en reçoit 15,5 % en 2025.
Ce qui fragilise
L’électronique fournit 44,3 % des exportations : une seule filière porte près de la moitié des recettes extérieures.
L’accord commercial signé avec Washington le 26 octobre 2025 alignait le pays sur les contrôles américains à l’exportation, avant d’être déclaré nul par le ministre du Commerce le 15 mars 2026.
Tendance depuis 2020. Les recettes pétrolières reculent, les fournisseurs d’armes se dispersent, les réserves baissent de 6,27 à 4,45 mois d’importations entre 2020 et 2024. Stable.

Un carrefour et ses conditions

Trois forces
FORCE 01 · Atout stratégique

La puce passe par Penang

Depuis les années 1970, les fabricants mondiaux assemblent et testent leurs puces en Malaisie. Ce savoir-faire accumulé, les fournisseurs qui l’entourent et les ingénieurs qu’il forme rendent le pays difficile à remplacer du jour au lendemain. Quand Washington et Pékin se disputent la chaîne des semi-conducteurs, cette position devient une monnaie d’échange : chacun a besoin que les usines de Penang continuent de tourner.

FORCE 02 · Atout en construction

Un budget sevré de la rente

En 2009, le pétrole finançait plus de deux cinquièmes du budget fédéral ; en 2025, moins d’un cinquième. L’État a déplacé son financement vers l’impôt, ce qui le rend moins vulnérable au prix du baril. Le gain se paie en impopularité, avec la réforme des subventions aux carburants, et il reste inachevé tant que la dette ne recule pas.

FORCE 03 · Atout stratégique

Parler à tout le monde

En moins d’un an, Kuala Lumpur accueille un sommet qui réunit l’ASEAN, le Golfe et la Chine, signe un accord commercial avec Washington et commande des missiles à Séoul, Ankara et Paris. Cette pluralité n’est pas de l’indécision : elle garantit qu’aucun partenaire ne peut couper seul un approvisionnement vital. Elle suppose en retour d’accepter des pressions de tous les côtés.

Trois failles

Les points donnent le poids de chaque faille, de ● (mineur) à ●●●●● (majeur) ; la mention qui suit dit son horizon : court terme, moyen terme ou structurel.

FAILLE 01 · ●●●● · Structurel

Une seule filière, deux maîtres

L’électronique porte près de la moitié des exportations, et elle dépend de deux capitales qui ne s’entendent pas. Les composants arrivent de Chine et de Taïwan, les commandes et les technologies viennent des États-Unis. Un contrôle américain sur les puces d’intelligence artificielle, un droit de douane ou une rétorsion chinoise touche la même usine : la Malaisie a dû créer en 2025 un permis pour les puces américaines qui transitent par son sol. Le 1er octobre 2026, la justice américaine inculpe encore un chef d’entreprise accusé d’avoir fait passer par la Malaisie et Singapour, en 2023 et 2024, plus de 300 millions de dollars de serveurs d’IA vers la Chine, environ 266 millions d’euros.

FAILLE 02 · ●●● · Moyen terme

Le seuil de la dette

La dette publique franchit 70 % du PIB au sens du FMI, et le service de la dette absorbe une part croissante des recettes. Elle n’annonce pas de crise imminente : la croissance est solide, les agences maintiennent leurs notes et la seule dette fédérale recule en 2026. Elle réduit en revanche la marge pour financer en même temps l’industrie, la marine, le réseau électrique et l’école, dont les résultats reculent.

FAILLE 03 · ●●● · Structurel

La justice juge, la grâce corrige

Les tribunaux ont condamné un ancien Premier ministre pour le détournement de plus de 470 millions d’euros du fonds souverain 1MDB. La prérogative de grâce a ensuite allégé deux fois sa première peine, alors que son parti siège dans la coalition au pouvoir. Le message envoyé aux élites est ambigu : la condamnation reste possible, son exécution se négocie.

Qui décide, qui peut peser

À l’intérieur

La Malaisie est une monarchie constitutionnelle fédérale. Le roi, élu pour cinq ans parmi les neuf souverains des États malais, est Sultan Ibrahim, de Johor.

Anwar Ibrahim dirige depuis novembre 2022 un gouvernement d’union qui associe sa coalition réformiste, l’UMNO de l’ancien parti dominant et les partis de Sabah et du Sarawak. Les États gardent des compétences sur la terre, l’eau et, au Sarawak, une part de la rente pétrolière.42-43

Décision rapide

Le gouvernement fédéral fixe le budget, les grands projets et la politique industrielle, avec une administration qui délivre sur tout le territoire.

Décision lente

Les équilibres d’une coalition hétérogène, les compétences des États et la prérogative royale ralentissent ou infléchissent les arbitrages sensibles. Au Negeri Sembilan, une crise de succession ouverte en avril 2026 gagne le gouvernement de l’État : en septembre, le conseil exécutif reconnaît un prétendant contre le souverain, qui le révoque le 20 ; le parquet général valide la révocation et le Premier ministre soutient le souverain. Début octobre, l’État n’a qu’un ministre en chef, sans conseil exécutif. The Vibes

L’épreuve concrète

L’exécution des décisions de justice dans l’affaire 1MDB et la consolidation budgétaire avant les prochaines élections générales. Recours du barreau

À l’extérieur

Singapour, la Chine et les États-Unis tiennent chacun un bout de la chaîne : le premier achète et investit, la deuxième fournit, les troisièmes commandent et fixent les règles technologiques. Les capitaux installés viennent d’abord de Singapour et de Hong Kong, relais de capitaux d’origines diverses.2,53

De quoi le pays dépend-il ?

Des composants chinois et taïwanais, des clients américains et singapouriens, des règles d’exportation fixées à Washington, du charbon importé pour ses centrales et du riz importé, qui dépasse en 2024 la production nationale.

Quelles alternatives ?

Plusieurs fournisseurs d’armes, un commerce réparti entre de nombreux partenaires, un gaz et un pétrole nationaux, des accords régionaux larges.

Choc externe actif

La hausse du pétrole liée aux tensions sur le détroit d’Ormuz puis, depuis l’été, sur celui de Bab el-Mandeb renchérit le kérosène et les engrais ; le droit américain de 10 % sur le travail forcé s’applique depuis juillet 2026. Time Section 301

Ce que Kuala Lumpur peut opposer

Sa position sur le détroit de Malacca, la place de Penang dans la chaîne mondiale des puces et un gaz exportable.

Ce qui amortit

Des réserves de 4,7 mois d’importations, un excédent courant et une notation d’investissement stable. Bank Negara Malaysia

Dépendances extérieures : appréciation SAPERE du coût d’une substitution, de 1 à 5 points
Dépendances extérieures de Malaisie, de 1 à 5 points : plus un acteur est proche du centre, plus la dépendance envers lui est forte.Chine, dépendance 4 sur 5 (forte), domaines : Composants, réseau, mer ; États-Unis, dépendance 4 sur 5 (forte), domaines : Débouché, règles technologiques ; Singapour, dépendance 3 sur 5 (notable), domaines : Débouché, capital, circulation ; Taïwan, dépendance 2 sur 5 (modérée), domaines : Puces et composants ; Japon, dépendance 2 sur 5 (modérée), domaines : Investissement industriel ; France, dépendance 2 sur 5 (modérée), domaines : Marine et aéronautique ; Russie, dépendance 1 sur 5 (marginale), domaines : Engrais.Malaisie4🇨🇳 Chine4🇺🇸 États-Unis3🇸🇬 Singapour2🇹🇼 Taïwan2🇯🇵 Japon2🇫🇷 France1🇷🇺 Russie

Plus un acteur est proche du centre, plus la dépendance envers lui est forte ; l’épaisseur du trait suit le nombre de points.

  1. Chineforte
    • Composants
    • Réseau
    • Mer

    Premier fournisseur, troisième client, constructeur des premiers patrouilleurs, équipementier du second réseau 5G avec Huawei et ZTE. Ses garde-côtes stationnent dans la zone économique exclusive. Des entités des groupes Ant et Alibaba détiennent 46 % du premier portefeuille de paiement mobile.

    2,36,54-55
  2. États-Unisforte
    • Débouché
    • Règles technologiques

    Deuxième client, troisième investisseur déclaré avec 10,6 % du stock en 2024, et siège de plusieurs des groupes qui exploitent les usines de test de Penang. Washington fixe les règles d’exportation des puces d’IA que la Malaisie applique par permis depuis 2025, et le droit de 10 % au titre du travail forcé.

    2-3,53,56
  3. Singapournotable
    • Débouché
    • Capital
    • Circulation

    Premier client, deuxième fournisseur, premier investisseur déclaré avec 24,7 % du stock en 2024. Des centaines de milliers de Malaisiens franchissent chaque jour la chaussée de Johor.

    2,53
  4. Taïwanmodérée
    • Puces
    • Composants

    Troisième fournisseur, 10,0 % des importations, dont une large part de puces : les usines de test malaisiennes ne tournent pas sans elles.

    2,4
  5. Japonmodérée
    • Investissement industriel

    Quatrième investisseur avec 10,2 % du stock déclaré en 2024, présent dans l’électronique et l’automobile.

    Limite Dépendance durable, sans prise sur une fonction vitale.

    53
  6. Russiemarginale
    • Engrais

    Premier fournisseur d’engrais en 2025, 29 % des achats, devant la Chine. Une prise sur l’huile de palme et le riz, remplaçable à un coût.

    4
  7. Francemodérée
    • Marine
    • Aéronautique

    Naval Group a conçu les navires de combat littoral et fourni les deux sous-marins Scorpène ; MBDA doit armer ces navires en missiles VL MICA. Troisième fournisseur de médicaments, 6 % des achats.

    4,37,57

Le niveau de dépendance combine poids commercial, dépendance technologique, exposition financière et levier politique ; il ne mesure pas le volume des échanges et ne présume aucune coercition déjà exercée. Aucun programme du Fonds monétaire international n’est actif : le guichet budgétaire n’est pas une prise extérieure en Malaisie.

Deux rives, un détroit

La Malaisie se partage entre une péninsule dense et deux États de Bornéo ; sa richesse passe par le détroit de Malacca et, de plus en plus, par les centres de données.

  • Ports
    29,17 millionsde conteneurs standard à Port Klang et Tanjung Pelepas en 2025

    Deux grands ports sur le détroit de Malacca

    La prospérité dépend d’un passage sûr et prévisible. Au large de Johor, 42 transbordements de pétrole iranien ont été recensés depuis février 2026.

    58-59
  • Rail
    92,62 %d’avancement de la ligne de la côte est en février 2026

    Une ligne construite par un groupe chinois

    Son ouverture jusqu’à Port Klang est prévue pour janvier 2027 ; la liaison urbaine vers Singapour est attendue pour la fin de 2026. Ce sont encore des objectifs.

    60
  • Télécoms
    2réseaux 5G : l’un équipé par Ericsson, l’autre par Huawei et ZTE

    La 5G partagée entre deux blocs

    Starlink dispose aussi d’une licence de dix ans. Le tracé des câbles sous-marins reste mal connu.

    54,61
  • Centres de données
    1,3 GWde capacité en 2024, contre 10 MW en 2021

    Un maillon de la guerre technologique

    Johor accueille les projets refusés par Singapour. Faute d’eau et de raccordements, l’État freine les demandes étrangères et soumet à permis le transit des puces américaines.

    3,32

L’argent venu d’ailleurs ne donne pas toujours le contrôle

La Malaisie attire massivement les capitaux étrangers. En 2025, environ 13,6 milliards d’euros d’investissements directs étrangers sont entrés dans le pays, en hausse de 41,2 %. Les services en reçoivent l’essentiel.

Singapour et Hong Kong sont les premières origines déclarées. Mais ces places servent de relais à des capitaux venus d’ailleurs, notamment de Chine : le poids réel de la Chine est plus élevé qu’il n’y paraît.

La vraie question est donc : que reste-t-il en Malaisie ? Des ingénieurs formés, des fournisseurs locaux et la maîtrise des étapes les plus avancées renforcent durablement le pays.

Le test décisif porte sur les puces : leur conception et leur gravure, que ces investissements n’ont pas encore amenées sur place.6253

Voisins de terre, voisins de mer

Thaïlande Rail de Padang Besar Détroit de Malacca Port Klang, Tanjung Pelepas Brunei Enclavé dans le Sarawak Luconia Shoals Garde-côtes chinois Contours Natural Earth · Equal Earth, méridien central 110° E · Singapour en symbole ponctuel Thaïlande Sumatra Kalimantan Philippines SingapourMALAISIE
SingapourRelié par deux ponts, bientôt par une ligne urbaine, il est le premier client et le premier investisseur déclaré, et il emploie chaque jour des frontaliers venus de Johor. La Malaisie lui vend une part de son eau ; la dépendance circule dans les deux sens.
ThaïlandeSeule frontière terrestre de la péninsule, franchie par le rail à Padang Besar. Les provinces du Sud thaïlandais, à majorité malaise, portent une insurrection de faible intensité que Kuala Lumpur contribue à médier.
IndonésieVoisine sur Bornéo et de l’autre côté du détroit de Malacca. Elle partage avec la Malaisie la garde du détroit et exporte chaque saison sèche les fumées de ses incendies.
BruneiEnclavé dans le Sarawak, il partage avec la Malaisie une frontière réglée en 2009 et des gisements en mer exploités en commun.

Carte de situation sans classement des voisins. Singapour, trop petit à cette échelle, est figuré par un symbole ponctuel à ses coordonnées. Les contours simplifiés ne représentent ni les zones maritimes, ni la revendication philippine sur le Sabah, ni les revendications chinoises en mer.36,58,63

Ce qui changerait la donne

01

La conception s’installe

Des puces sont conçues en Malaisie par des équipes malaisiennes, et pas seulement assemblées et testées. La valeur retenue sur place change d’échelle.

02

La dette repasse sous le seuil

La dette publique revient durablement sous 70 % du PIB, grâce à la croissance et à la réforme des subventions, sans sacrifier l’école.

03

Le réseau suit les centres de données

Les raccordements, l’eau et les énergies renouvelables suivent la demande. Le boom numérique devient un atout plutôt qu’une contrainte.

04

Les jugements s’exécutent

Les peines prononcées contre les responsables du scandale 1MDB sont exécutées sans nouvel allègement, et la Cour d’appel tranche le recours du barreau.

05

La mer reste ouverte

La Malaisie continue d’exploiter ses gisements en mer malgré la présence chinoise, sans incident armé, et Malacca reste libre de passage.

06

L’école remonte

Les résultats des élèves repartent à la hausse, avant que le vieillissement ne réduise la population active.

Trois chemins possibles

Hypothèses conditionnelles, sans probabilité ni note future.
Favorable

Le pays des puces monte d’un cran

La conception de puces s’installe, les centres de données trouvent leur électricité, la dette recule sous le seuil. Kuala Lumpur traite toujours avec Washington, Pékin et le Golfe, et les jugements de l’affaire 1MDB s’exécutent.

Central

L’atelier prospère sous contrainte

L’électronique croît avec la demande liée à l’intelligence artificielle, mais la conception reste ailleurs. La dette se stabilise autour du seuil. La Malaisie absorbe règles américaines et pression chinoise au cas par cas, sans rupture ni alignement.

Défavorable

La chaîne se tend des deux côtés

Un durcissement américain sur les puces coïncide avec une rétorsion chinoise et un retournement du cycle électronique. Les recettes baissent quand le service de la dette augmente. Le pays doit choisir un camp au moment où il en a le moins les moyens.

Comprendre l'échelle de robustesse, du plus solide au plus fragile
  1. Solidement ancré4,0 à 5,0 · Capacités prouvées sur la durée. Le pays absorbe les chocs sans risque de basculement.
  2. Résilient sous contrainte3,0 à 3,9 · Forces et faiblesses en tension, mais le système tient par ses propres moyens.
  3. Sous tension structurelle2,5 à 2,9 · Le pilier tient grâce à une béquille : une rente, un partenaire, un corridor. Il cède si elle cède.
  4. Fragile et dépendant1,5 à 2,4 · Vulnérabilité profonde. La fonction est assurée, mais sans maîtrise réelle des moyens.
  5. Défaillance critique1,0 à 1,4 · Risque d'effondrement de la fonction. Autorité ou capacité contestée sur l'essentiel.

L'échelle mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni le potentiel. Le niveau de chaque pilier découle mécaniquement de son évaluation sur cinq points, selon les bornes ci-dessus.

Méthodologie et sources+

Ce que le score mesure. Il répond à une seule question : dans quelle mesure le pays peut-il encaisser un choc ? Ni la richesse, ni la croissance, ni la qualité du gouvernement, prises séparément, ne donnent la réponse.

Un pays riche peut avoir un score bas s'il ne tient que par une rente ; un pays moins riche, un score honorable s'il dispose de capacités propres et de dépendances qu'il maîtrise. Une note ne bouge pas sur une impression : il faut un fait daté et vérifiable sur l'un des neuf piliers.

L'échelle, de 1 à 5. De 4,0 à 5,0, solidement ancré : le pays absorbe un choc sans vaciller. De 3,0 à 3,9, résilient sous contrainte. De 2,5 à 2,9, sous tension structurelle : le pays tient par une béquille, et cède si elle cède. De 1,5 à 2,4, fragile et dépendant : la fonction est assurée, mais sans maîtrise des moyens. De 1,0 à 1,4, défaillance critique.

Les notes de pilier. Chaque pilier reçoit une appréciation documentée, posée directement au dixième sur une échelle de cinq : un jugement argumenté, et non le produit d'une formule, sauf pour le pilier IX, dont la note est la moyenne de cinq sous-indicateurs, ramenée à 2,5 au plus dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins. Le calcul du score ne commence qu'ensuite.

Quand une donnée manque. Un pilier qu'aucune source primaire ne documente n'est pas noté, et la fiche le dit. Le total est alors rapporté au poids des piliers réellement notés : une note absente ne compte ni pour ni contre le pays.

Le score perd en couverture, donc en degré de confiance, mais il reste sur la même échelle et avec les mêmes poids que les autres. Au-delà de trois piliers sans note, aucun score n'est calculé. La règle vaut pour toutes les fiches de la série.

Grille SAPERE v3. Les neuf notes sont des appréciations argumentées, posées au dixième ; le niveau global suit le score arrondi. Le pilier I relève de la branche « dette supérieure à 70 % du PIB », la dette étant mesurée pour toute la série selon la définition des administrations publiques du FMI.

Comment on arrive à 3,4. On multiplie la note de chaque pilier par son poids, puis on additionne : on obtient 3,3885, qui s’arrondit au dixième le plus proche.

Pilier IX. Recettes 4 ; exportations 4 ; sécurité 4 ; réserves 3 ; décision 3. Moyenne : 3,6, sans plafond, car aucun sous-indicateur n’est à 2 ou moins. Règle commune aux fiches de la série : la note du pilier IX est la moyenne arithmétique des cinq sous-indicateurs, plafonnée à 2,5 dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins.

Les comparaisons partent de 2020. Le PIB et le commerce sont des flux annuels ; les réserves et l’investissement accumulé sont des stocks. Les prévisions restent séparées des observations.

Conversions en euros. Les montants en ringgits et en dollars sont convertis aux taux de référence de la BCE : moyenne de 2025 pour les flux de 2025 (1 euro pour 4,83 ringgits ou 1,13 dollar) ; cours de la date pour les stocks et les montants datés, et cours du 25 septembre 2026 pour les contrats, amendes et dépenses récents. Le dollar international de la parité de pouvoir d’achat n’est pas converti. BCE

Les neuf piliers, et ce que chacun pèse. Ils ne comptent pas à égalité : quatre d'entre eux portent à eux seuls 54 % de la note.

La pondération ne récompense pas le prestige d'un domaine, mais sa capacité à entraîner ou à fragiliser les autres : l'économie, l'industrie, la défense et la gouvernance conditionnent le reste. Elle est la même pour toutes les fiches de la série, ce qui rend les scores comparables entre eux.

PilierLe domainePoids dans la note
IÉconomie et finance13,5 %
IIIndustrie et technologie13,5 %
IIIDémographie et capital humain9 %
IVDiplomatie, influence et information9 %
VÉnergie et ressources9 %
VIDéfense et sécurité13,5 %
VIIInnovation et savoir9 %
VIIIGouvernance et institutions13,5 %
IXAutonomie stratégique10 %

Ce que mesure chaque pilier

Posséder du pétrole, une armée nombreuse ou une jeunesse abondante est un potentiel. Les neuf piliers regardent ce que le pays sait en faire, c'est-à-dire la différence entre ce qu'il possède et ce qu'il sait faire de ce qu'il possède.

I · Économie et finance

Ce qui est regardé : la croissance, l'inflation, la dette, les réserves, l'accès au crédit. Pourquoi : un État qui ne peut plus emprunter, payer ses fournisseurs ni honorer ses échéances encaisse mal le premier choc venu.

II · Industrie et technologie

Ce qui est regardé : ce que le pays fabrique, transforme et répare lui-même. Pourquoi : exporter une matière première et importer les machines, c'est laisser la valeur se créer ailleurs. L'industrie transforme une ressource en capacité.

III · Démographie et capital humain

Ce qui est regardé : l'école, la santé, l'accès à l'eau, l'emploi, la structure par âge, le départ des compétences. Pourquoi : une jeunesse nombreuse est une force si elle est formée et employée. Sinon elle devient une pression de plus sur l'État.

IV · Diplomatie, influence et information

Ce qui est regardé : les alliances, les médiations, le poids dans les organisations, l'image du pays et sa capacité à faire circuler une information crédible. Pourquoi : tout ne se règle pas par l'argent ou par les armes. Savoir convaincre, négocier et se faire entendre donne des marges qu'un poids économique ne donne pas.

V · Énergie et ressources

Ce qui est regardé : l'accès à l'électricité, la fiabilité du réseau, la dépendance aux carburants importés, le mix énergétique et la maîtrise des ressources stratégiques. Pourquoi : avoir une ressource et pouvoir s'en servir sont deux choses. Un pays peut produire du pétrole et importer son carburant, avoir des barrages et laisser des provinces sans courant.

VI · Défense et sécurité

Ce qui est regardé : le contrôle réel du territoire, y compris dans le cyberespace, l'état du matériel, la logistique, les dépendances extérieures. Pourquoi : une force qu'on ne peut ni ravitailler ni déployer ne protège pas. On mesure une capacité, pas un inventaire.

VII · Innovation et savoir

Ce qui est regardé : la recherche, les universités, les brevets, la formation, le maintien des talents. Pourquoi : acheter une technologie n'est pas la maîtriser. L'industrie sait produire, l'innovation sait inventer.

VIII · Gouvernance et institutions

Ce qui est regardé : l'efficacité de l'administration, l'état de droit, la corruption, les contre-pouvoirs, la continuité des règles, les inégalités et la cohésion sociale. Pourquoi : des ressources ne deviennent de la robustesse que si un État sait les administrer, si ses décisions survivent à ceux qui les prennent, et si la société qu'il gouverne n'est pas fracturée.

IX · Autonomie stratégique

Ce qui est regardé : d'où viennent les recettes publiques, à qui le pays vend, de qui dépend sa sécurité, combien de mois d'importations ses réserves couvrent, et s'il peut refuser une pression extérieure. Pourquoi : aucun pays n'est indépendant. La question est de savoir si ses dépendances se négocient, ou si elles décident à sa place.

Aucun pilier ne suffit seul, et c'est le principe : une économie solide finance une armée, une industrie réduit les importations, de bonnes institutions transforment une rente passagère en infrastructures. À l'inverse, deux ou trois faiblesses profondes peuvent annuler plusieurs atouts.

La tendance portée par chaque pilier ajoute la seconde information. Elle distingue un pays fragile qui se redresse d'un pays mieux noté qui commence à céder.

Le climat n'est pas un dixième pilier : il agit à travers les autres. Une sécheresse touche d'un coup l'agriculture, l'électricité, les comptes publics et la santé.

SAPERE ne demande donc pas « quel pays est le plus puissant ? », mais : si quelque chose se dérègle demain, qu'est-ce qui continue de fonctionner, qu'est-ce qui cède, et de quoi le pays dépend-il pour tenir ?

Limites du relevé. La longueur actuelle du réseau routier (la dernière série consolidée date de 2016), la longueur navigable des fleuves du Sarawak, les effectifs militaires récents, la cartographie des câbles sous-marins, l’émigration qualifiée et les classements d’universités restent n.d. Le rang régional porte sur les onze fiches de l’Asie du Sud-Est notées sous la grille v3.

Comment lire la trajectoire depuis 2020. Trajectoire depuis 2020 : +32 · En amélioration. Le score de robustesse dit où en est le pays aujourd’hui. La trajectoire dit dans quel sens il évolue depuis 2020.

Pour chacun des neuf piliers, on compare la situation de 2020 à la dernière donnée disponible. Un pilier qui progresse compte +1, un pilier stable 0, un pilier qui recule −1.

Chaque pilier pèse autant que dans le score : l’économie, l’industrie, la défense et la gouvernance comptent davantage que les autres. On additionne, puis on ramène le total sur une échelle qui va de −100 (les neuf piliers reculent) à +100 (les neuf progressent).

Le chiffre indique une direction, pas une vitesse : une petite avancée et une transformation profonde comptent de la même façon. Un résultat proche de 0 peut vouloir dire que rien ne bouge, ou que des progrès et des reculs s’équilibrent ; les flèches de chaque pilier, dans la matrice, le précisent.

Les libellés : à partir de +50, en nette amélioration ; de +15 à +49, en amélioration ; de −14 à +14, stable, ou contrasté quand au moins deux piliers progressent et deux reculent ; de −15 à −49, en dégradation ; à partir de −50, en nette dégradation.

Ici : 3 piliers progressent, 6 sont stables.

Les références, dans l’ordre du texte

  1. DOSM, estimations de la population courante 2026, 31 juillet 2026
  2. DOSM, commerce extérieur, bulletin de décembre 2025 et annuel 2025
  3. Techwire Asia, permis sur les puces d’IA américaines, septembre 2025
  4. UN Comtrade, Malaisie déclarante, 2025, chapitres du SH par partenaire
  5. Banque mondiale, WDI, croissance réelle, série depuis 2020
  6. Banque mondiale, WDI, inflation, série depuis 2020
  7. FMI, Perspectives de l’économie mondiale, avril 2026, dette des administrations publiques
  8. Ministère des Finances, service de la dette en part des recettes 2025, Malay Mail, 10 octobre 2025
  9. Bank Negara Malaysia, réserves internationales au 30 juin 2026
  10. Banque mondiale, WDI, haute technologie / exports manufacturés, série depuis 2020
  11. Banque mondiale, WDI, manufactures / exports de marchandises, série depuis 2020
  12. Banque mondiale, WDI, industrie manufacturière / PIB, série depuis 2020
  13. The Star, commerce 2025 et circuits intégrés, 20 janvier 2026
  14. PNUD, développement humain, données pays, Malaisie
  15. ISIS Malaysia, recul des scores PISA 2018-2022, juillet 2024
  16. Banque mondiale, WDI, chômage des 15-24 ans, série depuis 2020
  17. Banque mondiale, WDI, scolarisation dans le supérieur, série depuis 2020
  18. Banque mondiale, WDI, fécondité, série depuis 2020
  19. Banque mondiale · Espérance de vie à la naissance, 2020 et 2024
  20. Lowy Institute, Asia Power Index 2025, Malaisie
  21. Brand Finance, Global Soft Power Index 2026
  22. ISEAS, Fulcrum, l’initiative malaisienne du sommet ASEAN-CCG-Chine, 22 juillet 2025
  23. The Diplomat, admission du Timor oriental à l’ASEAN, 26 octobre 2025
  24. East Asia Forum, suspension de l’accord de Kuala Lumpur, 19 novembre 2025
  25. RSF, classement 2026, Malaisie
  26. Lowy Institute · Asia Power Index, édition 2025, influence diplomatique, séries 2020 et 2025
  27. Ember, production d’électricité de la Malaisie
  28. EIA, analyse pays Malaisie, novembre 2024
  29. Banque mondiale, WDI, importations nettes d’énergie, série depuis 2020
  30. Banque mondiale, enquêtes auprès des entreprises, Malaisie 2024
  31. USGS, Mineral Commodity Summaries 2026, terres rares
  32. Techwire Asia, politique des centres de données, mars 2026
  33. ACLED, indice des conflits
  34. SIPRI, base des dépenses militaires
  35. SIPRI, base des transferts d’armes, 2021-2025
  36. AMTI-CSIS, patrouilles des garde-côtes chinois en 2025, 29 janvier 2026
  37. Naval News, premier essai en mer du navire de combat littoral, janvier 2026
  38. USNI News, annulation norvégienne du contrat NSM, 14 mai 2026
  39. OMPI, indice mondial de l’innovation 2025, Malaisie
  40. Banque mondiale, WDI, recherche / PIB, série depuis 2020
  41. Al Jazeera, condamnation de Najib Razak dans l’affaire 1MDB, 26 décembre 2025
  42. Malay Mail, grâce conditionnelle de Najib Razak, 18 septembre 2026
  43. Malay Mail, résultats de l’élection de l’État de Johor, 11 juillet 2026
  44. The Diplomat, la coalition d’Anwar Ibrahim perd l’élection du Negeri Sembilan, août 2026
  45. Al Jazeera, près de 1,500 migrants renvoyés de Malaisie en Birmanie malgré les mises en garde de l’ONU, 5 octobre 2026
  46. Transparency International, IPC corruption 2025, Malaisie
  47. World Justice Project, indice de l’État de droit 2025, Malaisie
  48. Freedom House, Freedom in the World 2026, Malaisie
  49. Ministère des Finances, recettes fédérales, Budget 2026, section 2
  50. The Star, dividende de Petronas et recettes fédérales, 7 juillet 2026
  51. Malay Mail, l’accord commercial avec les États-Unis déclaré nul, 15 mars 2026
  52. Banque mondiale, WDI, réserves en mois d’importations, série depuis 2020
  53. FMI, positions d’investissement direct par économie partenaire (CDIS), Malaisie, 2020-2024
  54. DatacenterDynamics, U Mobile retient Huawei et ZTE, 16 avril 2025
  55. The Edge Malaysia, actionnariat de TNG Digital, 5 août 2025
  56. Media Selangor, droit de 10 % au titre de la Section 301, juillet 2026
  57. Defence Security Asia, contrats de missiles du salon DSA, avril 2026
  58. The Star, records de Port Klang et de Tanjung Pelepas en 2025, 2 janvier 2026
  59. Arab News et AP, transbordements de pétrole iranien au large de Johor, 13 mai 2026
  60. The Star, avancement de la ligne ferroviaire de la côte est, 16 mars 2026
  61. MalaysiaNow, licence de Starlink, 25 juillet 2023
  62. DOSM, statistiques de l’investissement direct étranger 2025, 24 juin 2026
  63. Natural Earth, contours administratifs 1:110 millions
SAPERE · Les Forces et les Failles · Asie du Sud-EstCadre d’évaluation SAPERE 2.2, grille v3

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