Comores
Les Comores ne manquent pas d'appuis. Elles manquent de moyens pour les transformer en autonomie.
Près de 883,000 habitants en 2025, selon la Banque mondiale. Premier producteur mondial d'ylang-ylang, l'archipel se tient au seuil nord du canal du Mozambique.
Pourtant, cinquante ans après l'indépendance, une panne de centrale, une chute du prix des épices ou une décision prise à Paris peuvent encore désorganiser le pays.
La diaspora finance les ménages, l'arrimage à l'euro protège la monnaie, les bailleurs soutiennent le budget et des partenaires financent les infrastructures. Ces appuis protègent contre les crises les plus graves, sans construire une puissance autonome.
L'industrie, la diplomatie et l'énergie avancent depuis 2020, portées par l'investissement public et les premières centrales solaires. La gouvernance recule, sous l'effet d'une concentration du pouvoir. Les cinq autres piliers restent stables.
Faute de recettes propres, une grande partie des investissements structurants dépend d'un bailleur, d'un prêt ou d'un partenaire extérieur. Le problème n'est pas seulement budgétaire : il réduit la liberté politique du pays.
Ce qui entre, ce qui sort, et par où
Ce qui décrit le modèle
Ce que l'archipel vend, ce qu'il achète
| Produit | Ce qu'il apporte | Variation 2024 |
|---|---|---|
| Girofle | Souvent le premier poste de recettes | −25,6 % |
| Ylang-ylang | La visibilité mondiale de l'archipel | +37,5 % |
| Vanille | Une rente très volatile | −63,1 % |
Dynamiques depuis 2020
Où le pays tient, où il cède
Les neuf piliers en un coup d'œil · niveau et tendance depuis 2020+
IÉconomie et financeSous tension structurelle→La croissance repart ; l'État, lui, reste pauvre en recettes.+
IIIndustrie et technologieFragile et dépendant↗Des produits rares, transformés ailleurs.+
IIIDémographie et capital humainSous tension structurelle→Une diaspora qui soutient les familles, et des diplômés qui partent.+
IVDiplomatie, influence et informationFragile et dépendant↗Beaucoup de portes d'entrée, peu de capacités propres.+
VÉnergie et ressourcesFragile et dépendant↗Le solaire arrive ; le diesel domine encore.+
VIDéfense et sécuritéSous tension structurelle→Pas de guerre, mais pas de moyens en mer.+
VIIInnovation et savoirFragile et dépendant→Des compétences qui se forment, et s'en vont.+
VIIIGouvernance et institutionsFragile et dépendant↘Plus stable qu'autrefois, moins capable de se corriger.+
IXAutonomie stratégiqueFragile et dépendant→Des partenaires diversifiés, mais des leviers propres encore limités.+
Comprendre l'échelle de robustesse, du plus solide au plus fragile+
- Solidement ancré4,0 à 5,0 · Capacités prouvées sur la durée. Le pays absorbe les chocs sans risque de basculement.
- Résilient sous contrainte3,0 à 3,9 · Forces et faiblesses en tension, mais le système tient par ses propres moyens.
- Sous tension structurelle2,5 à 2,9 · Le pilier tient grâce à une béquille : une rente, un partenaire, un corridor. Il cède si elle cède.
- Fragile et dépendant1,5 à 2,4 · Vulnérabilité profonde. La fonction est assurée, mais sans maîtrise réelle des moyens.
- Défaillance critique1,0 à 1,4 · Risque d'effondrement de la fonction. Autorité ou capacité contestée sur l'essentiel.
L'échelle mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni le potentiel. Le niveau de chaque pilier découle mécaniquement de son évaluation sur cinq points, selon les bornes ci-dessus.
Trois appuis, trois fractures
L'ylang-ylang, une domination mondiale mal valorisée
Les Comores sont le premier producteur mondial d'ylang-ylang, dont l'huile entre dans de nombreux parfums de luxe. Le climat, les sols volcaniques et le savoir-faire d'Anjouan forment une barrière difficile à reproduire.
L'enjeu n'est plus de vendre davantage de fleurs, mais de distiller, certifier et négocier sur place pour garder une part de la valeur.
La diaspora, cinquième île des Comores
La communauté installée en France, notamment à Marseille, et à Mayotte, finance une part décisive de la consommation, de la construction, des études et des soins. En période de crise, les envois augmentent et amortissent le choc.
Cette force est ambiguë : elle protège les familles, mais elle permet aussi à l'économie de fonctionner sans créer assez d'emplois productifs.
Une monnaie stable malgré une économie fragile
L'arrimage du franc comorien à l'euro interdit une politique monétaire autonome, mais protège l'archipel des dévaluations et des emballements inflationnistes.
Les réserves de change forment un coussin inhabituel pour un pays aussi dépendant de l'extérieur : c'est l'anomalie positive du dossier.
Une économie qui importe presque tout
Riz, farine, volaille, carburants, médicaments et équipements viennent de l'extérieur ; le pain, fait de farine importée, est devenu l'aliment le plus consommé de l'archipel.
À la moindre rupture logistique ou financière, la dépendance se voit dans les prix et les pénuries.
Un État qui collecte trop peu pour agir seul
L'État ne peut ni entretenir ses infrastructures, ni financer durablement la santé et l'éducation, ni absorber seul une catastrophe.
Mayotte, dossier intérieur autant qu'extérieur
Moroni revendique l'île, que la France administre comme département ; entre les deux, des milliers de personnes prennent chaque année la mer en kwassa-kwassa.
Fin août 2026, Paris envisage de conditionner l'aide au développement à la lutte contre l'immigration, et Moroni dénonce une « condescendance insupportable », rapporte Comores Infos.
Qui tient le pays, du dedans et du dehors
À l'intérieur
Les Comores sont une république fédérale présidentielle, mais le pouvoir est fortement concentré autour du président Azali Assoumani et de son parti.
Celui-ci a remporté 31 des 33 sièges de l'Assemblée en 2025, selon le ministère français des Affaires étrangères, lors d'un scrutin boycotté par une grande partie de l'opposition, rapporte Jeune Afrique.
L'histoire depuis l'indépendance reste marquée par les coups d'État, les rivalités entre les îles et la faiblesse des contre-pouvoirs.
À l'extérieur
Les transferts de la diaspora dépassent les recettes publiques internes : ils font vivre les ménages, et l'État indirectement, par la consommation et les importations qu'il taxe.
Le 8 juin 2026, Moroni a transmis à la France la présidence de la Commission de l'océan Indien, qui a fait de l'intégration de Mayotte sa priorité, à laquelle les Comores se sont toujours opposées.
| Levier | Acteur | Emprise | Ce qu'il contrôle |
|---|---|---|---|
| Monnaie, diaspora et aide | France | ●●●●● | La monnaie arrimée à l'euro, les transferts de la diaspora, l'aide, la sécurité, et la politique de Mayotte, des visas et des expulsions. |
| Financements et infrastructures | États du Golfe | ●●●● | Arabie saoudite et Émirats : financements, commerce, soutien diplomatique, et les centrales solaires inaugurées en septembre 2026. |
| Budget et réformes | Institutions multilatérales | ●●●● | Le FMI, la Banque mondiale, l'Union européenne et la Banque africaine de développement, qui financent et conditionnent les réformes. |
| Infrastructures | Chine | ●●● | Bâtiments publics, routes, eau, santé et équipements, difficiles à entretenir avec les moyens locaux. |
| Région et télécommunications | Région | ●●● | Les organisations de l'océan Indien et d'Afrique de l'Est, et l'opérateur mobile dominant, propriété du groupe malgache Axian. |
Ce que la géographie impose
Ce qui changerait la donne
L'ylang-ylang se transforme sur place
Distiller, certifier, conditionner et négocier davantage dans l'archipel, pour que la valeur du luxe mondial y reste en partie.
La facture énergétique baisse vraiment
Solaire, géothermie, stockage et réseaux rénovés limiteraient les groupes électrogènes et les importations de carburant.
Les réserves tombent sous quatre mois d'importations
Le coussin qui protège l'archipel d'un choc bref disparaîtrait, et avec lui l'anomalie positive du dossier.
Les recettes fiscales dépassent durablement 10 % du PIB
L'État commencerait à financer lui-même une part de ses services, et à décider sans attendre un bailleur.
Paris durcit Mayotte
Des retours forcés massifs ou une aide conditionnée à la lutte contre l'immigration frapperaient à la fois les familles, les transferts et la relation bilatérale.
La diaspora investit
Orienter une part des transferts vers des entreprises et des projets productifs, plutôt que vers la seule consommation.
À cinq ans · 2026-2031
Les chantiers laissent des capacités
Les investissements liés aux Jeux améliorent les infrastructures et le tourisme. L'énergie, la fiscalité et la transformation agricole progressent durablement.
Les routes et les équipements deviennent plus résistants aux cyclones.
Une stabilité assistée
L'archipel tient grâce à la diaspora, à l'ancrage monétaire et aux partenaires, sans encore réduire ses dépendances essentielles.
C'est la trajectoire qui se réalise si personne ne décide rien.
Le choc qui frappe tout à la fois
Le programme financier se dégrade, les exportations agricoles reculent et la dette devient plus difficile à servir.
Un cyclone majeur, une crise énergétique ou un durcissement autour de Mayotte provoque une contraction durable.
Un archipel protégé par d'autres, et qui doit apprendre à se protéger lui-même
La grille note ici un pays dont presque toutes les protections sont réelles, et presque aucune n’est entièrement sous son contrôle. Elle ne récompense pas les appuis : elle mesure ce qu’il resterait si l’un d’eux cédait.
Le diagnostic est falsifiable. Le premier fait qui commencerait à démentir la trajectoire centrale ne serait ni un nouveau financement ni une nouvelle inauguration : ce serait une hausse durable des recettes fiscales, le seul chiffre qui dise que l’État commence à décider seul.
Les Comores ont des appuis de toutes parts ; il leur manque encore le moyen de s’en passer.
Méthodologie et sources
Ce que le score mesure. Il répond à une seule question : dans quelle mesure le pays peut-il encaisser un choc ? Ni la richesse, ni la croissance, ni la qualité du gouvernement, prises séparément, ne donnent la réponse.
Un pays riche peut avoir un score bas s'il ne tient que par une rente ; un pays moins riche, un score honorable s'il dispose de capacités propres et de dépendances qu'il maîtrise. Une note ne bouge pas sur une impression : il faut un fait daté et vérifiable sur l'un des neuf piliers.
L'échelle, de 1 à 5. De 4,0 à 5,0, solidement ancré : le pays absorbe un choc sans vaciller. De 3,0 à 3,9, résilient sous contrainte. De 2,5 à 2,9, sous tension structurelle : le pays tient par une béquille, et cède si elle cède. De 1,5 à 2,4, fragile et dépendant : la fonction est assurée, mais sans maîtrise des moyens. De 1,0 à 1,4, défaillance critique.
Les notes de pilier. Chaque pilier reçoit une appréciation documentée, posée directement au dixième sur une échelle de cinq : un jugement argumenté, et non le produit d'une formule, sauf pour le pilier IX, dont la note est la moyenne de cinq sous-indicateurs, ramenée à 2,5 au plus dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins. Le calcul du score ne commence qu'ensuite.
Quand une donnée manque. Un pilier qu'aucune source primaire ne documente n'est pas noté, et la fiche le dit. Le total est alors rapporté au poids des piliers réellement notés : une note absente ne compte ni pour ni contre le pays.
Le score perd en couverture, donc en degré de confiance, mais il reste sur la même échelle et avec les mêmes poids que les autres. Au-delà de trois piliers sans note, aucun score n'est calculé. La règle vaut pour les 54 fiches de la série.
Comment on arrive à 2,2. On multiplie chacune des neuf notes par le poids du tableau ci-dessous, et on additionne les résultats : le total brut vaut 2,1980.
C'est le seul chiffre de la fiche que l'on arrondit, au dixième le plus proche, ce qui donne 2,2 sur 5. La bande où le pays est rangé se lit sur ce chiffre arrondi, jamais sur le brut. La règle vaut pour les 54 fiches de la série.
Les neuf piliers, et ce que chacun pèse. Ils ne comptent pas à égalité : quatre d'entre eux portent à eux seuls 54 % de la note.
La pondération ne récompense pas le prestige d'un domaine, mais sa capacité à entraîner ou à fragiliser les autres : l'économie, l'industrie, la défense et la gouvernance conditionnent le reste. Elle est la même pour les 54 fiches de la série, ce qui rend les scores comparables entre eux.
| Pilier | Le domaine | Poids dans la note |
|---|---|---|
| I | Économie et finance | 13,5 % |
| II | Industrie et technologie | 13,5 % |
| III | Démographie et capital humain | 9 % |
| IV | Diplomatie, influence et information | 9 % |
| V | Énergie et ressources | 9 % |
| VI | Défense et sécurité | 13,5 % |
| VII | Innovation et savoir | 9 % |
| VIII | Gouvernance et institutions | 13,5 % |
| IX | Autonomie stratégique | 10 % |
Ce que mesure chaque pilier
Posséder du pétrole, une armée nombreuse ou une jeunesse abondante est un potentiel. Les neuf piliers regardent ce que le pays sait en faire, c'est-à-dire la différence entre ce qu'il possède et ce qu'il sait faire de ce qu'il possède.
I · Économie et finance
Ce qui est regardé : la croissance, l'inflation, la dette, les réserves, l'accès au crédit. Pourquoi : un État qui ne peut plus emprunter, payer ses fournisseurs ni honorer ses échéances encaisse mal le premier choc venu.
II · Industrie et technologie
Ce qui est regardé : ce que le pays fabrique, transforme et répare lui-même. Pourquoi : exporter une matière première et importer les machines, c'est laisser la valeur se créer ailleurs. L'industrie transforme une ressource en capacité.
III · Démographie et capital humain
Ce qui est regardé : l'école, la santé, l'accès à l'eau, l'emploi, la structure par âge, le départ des compétences. Pourquoi : une jeunesse nombreuse est une force si elle est formée et employée. Sinon elle devient une pression de plus sur l'État.
IV · Diplomatie, influence et information
Ce qui est regardé : les alliances, les médiations, le poids dans les organisations, l'image du pays et sa capacité à faire circuler une information crédible. Pourquoi : tout ne se règle pas par l'argent ou par les armes. Savoir convaincre, négocier et se faire entendre donne des marges qu'un poids économique ne donne pas.
V · Énergie et ressources
Ce qui est regardé : l'accès à l'électricité, la fiabilité du réseau, la dépendance aux carburants importés, le mix énergétique et la maîtrise des ressources stratégiques. Pourquoi : avoir une ressource et pouvoir s'en servir sont deux choses. Un pays peut produire du pétrole et importer son carburant, avoir des barrages et laisser des provinces sans courant.
VI · Défense et sécurité
Ce qui est regardé : le contrôle réel du territoire, y compris dans le cyberespace, l'état du matériel, la logistique, les dépendances extérieures. Pourquoi : une force qu'on ne peut ni ravitailler ni déployer ne protège pas. On mesure une capacité, pas un inventaire.
VII · Innovation et savoir
Ce qui est regardé : la recherche, les universités, les brevets, la formation, le maintien des talents. Pourquoi : acheter une technologie n'est pas la maîtriser. L'industrie sait produire, l'innovation sait inventer.
VIII · Gouvernance et institutions
Ce qui est regardé : l'efficacité de l'administration, l'état de droit, la corruption, les contre-pouvoirs, la continuité des règles, les inégalités et la cohésion sociale. Pourquoi : des ressources ne deviennent de la robustesse que si un État sait les administrer, si ses décisions survivent à ceux qui les prennent, et si la société qu'il gouverne n'est pas fracturée.
IX · Autonomie stratégique
Ce qui est regardé : d'où viennent les recettes publiques, à qui le pays vend, de qui dépend sa sécurité, combien de mois d'importations ses réserves couvrent, et s'il peut refuser une pression extérieure. Pourquoi : aucun pays n'est indépendant. La question est de savoir si ses dépendances se négocient, ou si elles décident à sa place.
Aucun pilier ne suffit seul, et c'est le principe : une économie solide finance une armée, une industrie réduit les importations, de bonnes institutions transforment une rente passagère en infrastructures. À l'inverse, deux ou trois faiblesses profondes peuvent annuler plusieurs atouts.
La tendance portée par chaque pilier ajoute la seconde information. Elle distingue un pays fragile qui se redresse d'un pays mieux noté qui commence à céder.
Le climat n'est pas un dixième pilier : il agit à travers les autres. Une sécheresse touche d'un coup l'agriculture, l'électricité, les comptes publics et la santé.
SAPERE ne demande donc pas « quel pays est le plus puissant ? », mais : si quelque chose se dérègle demain, qu'est-ce qui continue de fonctionner, qu'est-ce qui cède, et de quoi le pays dépend-il pour tenir ?
Les points d'attention assumés : les chiffres de la diaspora varient selon la définition retenue et se lisent comme des ordres de grandeur ; les données portent sur la dernière année disponible, indiquée quand les séries ne sont pas synchrones.
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Le paradoxe comorien tient en une phrase : le pays possède de vraies protections, mais presque aucune n’est entièrement sous son contrôle. La diaspora finance les ménages, l’arrimage du franc comorien à l’euro protège la monnaie, les bailleurs soutiennent le budget et les partenaires étrangers financent les infrastructures. Ces appuis protègent le pays contre les crises les plus graves. Ils ne construisent pas encore une puissance autonome.
L’archipel dispose pourtant d’atouts rares. Il domine le marché mondial de l’ylang-ylang, contrôle une vaste zone maritime, se trouve à l’entrée du canal du Mozambique et appartient simultanément aux espaces africain, arabe, islamique, francophone et india-océanique. Mais l’ylang-ylang est encore peu transformé sur place, la pêche demeure sous-équipée et les ports ne jouent pas encore le rôle que leur position autoriserait.
La note de 2,2/5 décrit un pays qui tient grâce aux autres. Une baisse durable des transferts, une crise avec la France, un choc climatique ou une rupture des approvisionnements ferait rapidement apparaître la faiblesse de ses capacités propres.
Score SAPERE 2.2 : somme pondérée de neuf piliers, sur 5. Pondérations : économie 13,5 %, industrie 13,5 %, démographie 9 %, diplomatie 9 %, énergie 9 %, défense 13,5 %, information et innovation 9 %, institutions 13,5 %, autonomie 10 %. Le score brut de 2,1980 est arrondi à 2,2.
Échelle à cinq niveaux : 1,0-1,4 en défaillance ; 1,5-2,4 fragile ; 2,5-2,9 sous tension ; 3,0-3,9 résilient ; 4,0-5,0 solidement ancré. Les cinq niveaux apparaissent toujours, même lorsqu’aucun pilier ne s’y trouve.
Pilier IX · Autonomie stratégique : méthode de calcul. P09 = 2,0/5. A fiscal = 1 : recettes fiscales d’environ 8 % du PIB, budget adossé aux bailleurs et aux transferts. B exportations = 1 : girofle, ylang-ylang et vanille, trois produits de niche aux prix très volatils. C sécurité = 2 : pas de conflit armé, mais surveillance maritime et secours largement externalisés. D réserves = 4 : couverture d’environ 8,4 mois d’importations, qui procure un véritable coussin face à un choc extérieur bref. E décisionnel = 2 : partenaires diversifiés, mais une décision prise à Paris sur Mayotte, les visas ou l’aide peut provoquer un choc. Règle commune aux 54 fiches de la série : la note du pilier IX est la moyenne arithmétique des cinq sous-indicateurs, plafonnée à 2,5 dès que deux d’entre eux au moins sont à 2 ou moins. Moyenne : (1+1+2+4+2)/5 = 2,0. Ici quatre le sont, A, B, C et E : le plafond s’applique, mais la moyenne brute lui étant déjà inférieure, il reste sans effet sur la note.
Sources principales : FMI, rapport Article IV 2025 publié en février 2026 ; Banque mondiale ; Banque centrale des Comores ; Direction générale du Trésor ; OMC et CNUCED ; Banque africaine de développement ; Union interparlementaire ; Commission de l’océan Indien ; ministère chinois des Affaires étrangères. Les chiffres de diaspora varient selon la définition retenue et doivent être lus comme des ordres de grandeur.
I · Économie et finance
II · Industrie et technologie
III · Démographie et capital humain
IV · Diplomatie, influence et information
V · Énergie et ressources
VI · Défense et sécurité
VII · Innovation et savoir
VIII · Gouvernance et institutions
IX · Autonomie stratégique
Le pays sur SAPERE · Comores
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