Le Lesotho n’est pas dénué d’atouts : son eau alimente le Gauteng, Letšeng produit des diamants d’exception et le textile a donné un salaire régulier à des dizaines de milliers de familles. En 2024/25, les réserves se sont renforcées, le budget a dégagé un excédent et la dette a reculé.
Mais ces ressources ne créent pas encore assez d’emplois ni d’autonomie. Le textile reste suspendu aux décisions de Washington ; les perturbations de l’aide américaine ont fragilisé les soins alors qu’environ 260,000 personnes vivent avec le VIH. Le 8 juillet 2025, le Premier ministre par intérim a déclaré un état de catastrophe sur le chômage des jeunes jusqu’au 30 juin 2027.
L’Afrique du Sud structure la vie économique : importations, routes, monnaie, eau et travail migrant. Les envois de fonds reçus, majoritairement depuis ce voisin, représentaient 19,8 % du PIB en 2024/25. Le Lesotho possède de vrais actifs, mais ne les relie pas encore en une économie diversifiée.
| Pays | Produits | Valeur et part |
|---|---|---|
| Afrique du Sud | Eau, laine, mohair, textile | ~575 M $ · 58,0 % |
| Belgique | Diamants | ~236 M $ · 23,8 % |
| États-Unis | Vêtements | ~146 M $ · 14,7 % |
| Allemagne | Textile, divers | ~7 M $ · 0,7 % |
| Eswatini | Produits régionaux | ~6 M $ · 0,7 % |
| Pays | Produits | Valeur et part |
|---|---|---|
| Afrique du Sud | Aliments, carburants, biens courants | ~1,46 Md $ · 78,6 % |
| Chine | Machines, textile, électronique | ~193 M $ · 10,4 % |
Avec la phase II du Lesotho Highlands Water Project, les royalties pourraient atteindre près de 10 % du PIB à moyen terme : une projection, non un acquis.
Peu de petits États disposent d’un levier aussi concret sur un voisin beaucoup plus puissant.
Les réserves se sont renforcées et la dette a reculé.
Le problème n’est plus seulement de trouver l’argent, mais de savoir l’investir.
Cet atout est rare, mais cyclique : le prix moyen réalisé est passé de 1,390 $ par carat en 2024 à 1,105 $ en 2025.
Quelques pierres exceptionnelles peuvent peser sur cette moyenne annuelle, et la mine a réduit ses effectifs.
Le textile a en plus offert un salaire régulier à des dizaines de milliers de femmes.
Le pays a donc une base humaine.
Il lui manque les entreprises capables de la faire progresser.
Le loti suit le rand, les routes sortent toutes chez le voisin et les recettes douanières sont régionales.
Une crise sud-africaine traverse la frontière sans demander de visa.
La menace tarifaire américaine de 50 %, puis le tarif de 15 % et l’incertitude sur l’accès préférentiel ont accru l’incertitude, parmi d’autres facteurs de baisse des commandes.
Dans le même temps, les coupes d’aide ont désorganisé des programmes sanitaires.
L’état de catastrophe sur le chômage des jeunes, déclaré le 8 juillet 2025 jusqu’au 30 juin 2027, mesure l’ampleur du choc.
Les projets manquent de préparation, les procédures ralentissent et la rente reste dans les comptes au lieu de devenir routes, écoles ou irrigation.
Maseru tient mieux que les villages de montagne.
Les jeunes formés partent ou attendent.
Les ménages restent dépendants des salaires publics et des revenus gagnés en Afrique du Sud.
La tuberculose reste l’une des plus fréquentes au monde : 664 cas estimés pour 100,000 habitants en 2023, dont 50 % associés au VIH.
Les progrès sanitaires sont réels, mais la dépendance à l’aide extérieure demeure forte.
Les interruptions de financement américain menacent des services essentiels, surtout loin de Maseru.
Ruptures de soins malgré l’accord sanitaire signé avec Washington en décembre 2025.
Électrification limitée à 4,000 raccordements par an, contre plus de 45,000 nécessaires pour l’accès universel en 2030.
Blocage des réformes constitutionnelles ou retour des tensions civilo-militaires.
Programme européen de 119 M€ converti en eau, énergie, assainissement et gouvernance.
Royalties de l’eau transformées en projets achevés dans les districts ruraux.
Financements VIH sécurisés et reprise de Letšeng.
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