France : Les perles de notre ministre de l'Economie et des Finances (Mai 2017 - Septembre 2024)
Les primes olympiques
8 Août 2024
On marche sur la tête
154 milliards € de déficit en 2023 (5,5 % du PIB) envolés dans les abîmes budgétaires, mais ça, c’était juste l’échauffement. Pour 2024, on nous promettait une significative accalmie à 4,4 %. Ah, la douce naïveté des promesses ! La vérité crue ? Le gouffre s’agrandit encore à date : 5,6 %, soit 156,8 milliards € de dette supplémentaire. En d’autres termes, on continue de se noyer, mais avec le sourire et on continue sur cette lancée.
La France croule sous une dette monumentale à plus de 3.000 milliards € contre 680 en 2000, mais qu’à cela ne tienne, Bruno le Maire, en bon illusionniste, continue de distribuer des millions qu’il n’a pas. Dernière trouvaille ? Il se dit « prêt à défiscaliser les primes des athlètes pour leurs médailles olympiques ». Incompréhensible ? Absolument. D’autant plus que, dans un geste déjà kafkaïen, en 2023, ces mêmes primes ont été revalorisées pour compenser… leur fiscalisation. Une gymnastique budgétaire qui défie toute logique.
Montant des primes
| Type de médaille | Montant avant revalorisation (€) | Montant après revalorisation (€) |
|---|---|---|
| Médaille d’or | 50 000 | 65 000 |
| Médaille d’argent | 20 000 | 25 000 |
| Médaille de bronze | 13 000 | 15 000 |
Quand l’amnésie frappe fort la droite
Le 5 août, c’est David Douillet qui a ouvert le bal : l’ancien champion olympique de judo s’indigne que les primes des athlètes soient fiscalisées. « Un scandale », dit-il. Oubliant, sans doute, que cette fiscalisation avait été décidée… en 2011, lorsqu’il était ministre des Sports sous Sarkozy. Dans la foulée, Olivier Marleix, député LR et monsieur Finances, s’empresse de surenchérir, annonçant fièrement vouloir déposer une loi pour exonérer ces primes.
Mais qui finance les dispositifs et équipements publics dont nos athlètes profitent gratuitement ? Cet « effort fiscal » n’est-il pas une contribution équitable à l’effort général. Mais voilà que Bruno Le Maire, maître de l’incohérence, propose de tout effacer. Revaloriser pour compenser l’impôt, puis envisager de le supprimer ? On marche vraiment sur la tête. J’ai envie enfin de lui retourner son propos » Lorsqu’on a des résultats aussi exceptionnels… toute contribution au budget est précieuse et sert l’intérêt général ».
Rappel Historique du déficit budgétaire
Quel résultat par président par rapport au 3% maximal de déficit imposé par le traité de Maastricht?
De 1960 à 1974, la France a connu un équilibre budgétaire voire un excédent à l’exception de l’année 1968 avec un déficit de – 1,4% du PIB. Les chiffres depuis sont inquiétants et reflètent une dégradation continue :
- Sous le septennat de Valery Giscard d’Estaing (1974-1981) ce seuil de déficit n’a jamais été atteint.
- Sous François Mitterrand (1981-1995) 4 fois en 14 ans de mandat dont 3 sous des gouvernements de droite victimes notamment de la récession mondiale de 1993.
- Sous Jacques Chirac (1995-2007) 7 fois en 12 ans de pouvoir sous des gouvernements de droite.
- Sous Nicolas Sarkozy (2007-2012) 4 fois sur 5. Lors de la crise financière mondiale, le déficit explose, passant de -3,3 % à -7,2 % en 2009.
- Sous François Hollande (2012-2017) 5 fois sur 5, mais avec une tendance à la réduction continue.
- Sous Emmanuel Macron (2017 à aujourd’hui) 6 fois sur 8. Avec la pandémie de Covid-19, le déficit atteint un niveau historique de -9 % du PIB, conséquence des dépenses extraordinaires pour soutenir l’économie (plans de relance, aides d’urgence). Depuis le déficit semble hors de contrôle.
Historique du solde budgétaire français
Le graphique ci-dessous témoigne de la difficulté persistante de la France à maîtriser ses finances publiques. Après chaque crise, le déficit reste élevé et ne parvient pas à repasser sous le seuil de 3 % du PIB sur le long terme. La gestion des déficits est structurellement problématique, exacerbée par des chocs économiques majeurs qui tendent à se multiplier, tandis que les efforts pour réduire le déficit ne parviennent jamais à atteindre un équilibre, de surcroît durable.




