Suisse
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La Suisse a dit trois fois non. Le prochain vote engagera son avenir européen.
Le 28 septembre 2026, de nuit, les conseillers nationaux de l'Union démocratique du centre (UDC) se rassemblent sur la place Fédérale, à Berne. Leur mot d'ordre : « Le danger vient du Palais fédéral ! » La veille, leur initiative sur la neutralité a été balayée dans tous les cantons.
Le même jour, le Conseil des États ouvre le débat sur les accords avec l'Union européenne. Deux jours plus tard, il réclame une double majorité, du peuple et des cantons, pour le cœur de ces accords.
En 2026, le peuple suisse a désavoué trois fois son premier parti. Ces refus ne font pas encore un oui à l'Europe. L'avenir européen du pays se jouera aussi dans les cantons, où une minorité d'électeurs peut bloquer la majorité.
Ce récit a deux compagnons : la mesure, dans Les Forces & les Failles de la Suisse, et la forme de sa puissance, dans l'Anatomie de puissance de la Suisse.
de non à la neutralité stricte, le 27 septembre 2026, dans les 26 cantons. Le pays garde le droit de sanctionner Moscou.
le vote du Conseil des États, le 30 septembre, qui réclame la double majorité pour le volet « stabilisation » des accords européens. Le Conseil national doit encore se prononcer.
de oui national : le minimum qu'il faudrait atteindre pour gagner aussi les cantons, selon une estimation du Temps. La loi ne fixe aucun seuil ; tout dépend de la géographie du vote.
Trois idées reçues
Ce que l'on croit savoir de Berne.
La Suisse est neutre, donc à l'écart.
En réalité
Depuis le 28 février 2022, elle reprend les sanctions européennes contre la Russie.
Moscou l'a inscrite dès le mois suivant sur sa liste des pays et territoires « inamicaux », aux côtés des 27 États de l'Union. Le 27 septembre 2026, sept votants sur dix ont refusé de lui lier les mains.
Neutre ne veut pas dire hors d'atteinte. Le renseignement suisse désigne pour la première fois la Russie comme « la menace la plus sérieuse et la plus aiguë », et l'ambassadeur de Suisse auprès de l'OTAN voit son pays en « cible d'opportunité » si la guerre éclatait entre Moscou et l'Alliance.
La Suisse règle ses désaccords sans éclats.
En réalité
Ses quatre principaux partis gouvernent ensemble et doivent s'entendre sur chaque décision.
Cette entente au sommet n'empêche pas les attaques : dans la bataille sur les accords européens, des sénateurs sont traités de « traîtres à la patrie ».
Le stratège des campagnes de l'UDC, premier parti du pays, conseille de « trouver un ennemi précis ».
Sa richesse la met à l'abri des chocs.
En réalité
En août 2025, Washington a frappé ses exportations de 39 % de droits de douane, ramenés à 15 % contre 200 milliards de dollars d'investissements promis. Depuis juillet 2026, elle paie 12,5 %, quand l'Union paie 10 %.
Le prix « fixe » des F-35 n'a jamais existé. Les organisations internationales de Genève ont perdu plus de 2,800 postes.
Qui tient le pays
Comment fonctionne le pouvoir.
Personne ne gouverne seul à Berne. Sept ministres, issus des quatre premiers partis, décident ensemble et parlent d'une seule voix : c'est la formule magique. La présidence tourne chaque année entre ces sept ministres : elle ne donne pas à son titulaire le pouvoir de décider seul.
Le Parlement, qui élit ces ministres, compte deux chambres aux pouvoirs égaux, et une loi doit passer les deux. Le Conseil national, 200 députés, représente le peuple en proportion de la population. Le Conseil des États, 46 sièges, représente les cantons : deux élus par canton, un par demi-canton, quel que soit le nombre d'habitants. Le Centre y forme le premier groupe.
Chambre du peuple
Conseil national200 siègesRépartis entre les cantons selon leur population : Zurich en élit 36, Uri un seul.
Chambre des cantons
Conseil des États46 siègesDeux par canton, un par demi-canton, quelle que soit la population : Zurich et Uri en élisent deux chacun.
UDCPSCentre et PEVPLRVertsVert'libérauxSans groupe
Un point par siège, groupes parlementaires au 21 octobre 2026. Sources : Parlement suisse ; ch.ch, sièges par canton.
Trois pouvoirs pèsent sur ce gouvernement et ce Parlement.
Le peuple
TrancherInitiatives et référendums : le dernier mot, quatre fois par an.
Les cantons
BloquerUne révision de la Constitution exige aussi leur majorité : vingt cantons ont une voix chacun, les six autres une demi-voix chacun.
Les intérêts
PeserBanques, pharma, paysans : ils financent les campagnes et négocient chaque loi.
Ce système protège des abus de pouvoir. Il protège aussi l'administration de ses propres erreurs, tant que personne ne les met sur la table. L'achat des avions de combat le montre.
Une décision, de bout en bout
Les F-35 et leur prix « fixe »
En 2020, le peuple accepte de justesse, à 50,1 %, un plafond de 6 milliards de francs pour des avions de combat. En 2021, le gouvernement choisit le F-35 et promet un prix fixe.
Le Contrôle fédéral des finances avertit que ce prix fixe n'a pas de garantie juridique ; l'alerte reste sans suite. La gauche retire son initiative « Stop F-35 » une fois le contrat signé.
Un rapport parlementaire établit que le prix fixe n'a jamais existé. Le ministre Martin Pfister l'admet : « Nous n'avons pas de prix fixe, et c'est un problème ! »
Le Parlement ajoute près de 400 millions pour sauver au moins 30 appareils au lieu de 36. Personne n'est tenu pour responsable.
Le chef de l'armée, Benedikt Roos, juge déjà que 30 avions « ne suffiront pas ». Le pays dépend, pour son ciel, d'un fournisseur qui fixe seul le prix et le calendrier : les missiles Patriot commandés en 2021 ont plusieurs années de retard. Pour les cinq ans qui viennent, trois conflits pèseront plus que les autres.
Trois conflits qui décideront.
Le terrain du deuxième conflit
Les cantons qui ont dit oui aux 10 millions. Le 14 juin 2026, huit cantons et quatre demi-cantons l'ont acceptée : 10 voix cantonales sur 23, pour 45,2 % de oui national. En tête, Appenzell Rhodes-Intérieures (65,9 %) et Schwytz (63,2 %).
Les quatre refus les plus nets. Bâle-Ville (26,5 % de oui), Neuchâtel, Genève et Vaud.
Chefs-lieux. Chaque canton est désigné par son sigle officiel ; son chef-lieu porte un point.
Sièges des pouvoirs fédéraux. Berne accueille le gouvernement et le Parlement, Lausanne le Tribunal fédéral.
Résultats : Office fédéral de la statistique, données ouvertes. Contours : geoBoundaries.
Au sommet
Qui reprendra le siège de Guy Parmelin au gouvernement ?
Le 2 octobre, Guy Parmelin, ministre de l'Économie et président de la Confédération pour 2026, annonce qu'il quittera le gouvernement le 31 décembre, après onze ans : « Le feu sacré n'est plus aussi sacré. » Premier UDC romand au gouvernement, il laisse le ministère de l'Économie vide au moment où s'ouvre la bataille européenne. Le patronat veut un ministre du Centre ou du Parti libéral-radical (PLR) à ce poste, qu'il juge « presque décisif » pour la votation.
L'Assemblée fédérale élira son successeur le 9 décembre. L'UDC revendique le siège, mais ses ténors se dérobent : Esther Friedli, favorite, a renoncé ; la Genevoise Céline Amaudruz et le Soleurois Rémy Wyssmann sont candidats. En 2027, le Centre revendiquera un deuxième siège aux dépens du PLR, qu'il accuse de former avec l'UDC une « majorité automatique de quatre à droite ».
Les forces en présence · Conseil national : groupes parlementaires au 21 octobre 2026
Le trait marque la majorité absolue : 101 sièges sur 200. En Suisse, il n'y a pas d'opposition officielle : les quatre premiers partis gouvernent ensemble.
Marcel Dettling. Premier parti, seul grand parti contre les accords européens. Au gouvernement
Mattea Meyer et Cédric Wermuth. Pour les accords, si les salaires restent protégés. Au gouvernement
Philipp Matthias Bregy. Accords « indispensables » ; vise un deuxième siège. Au gouvernement
Susanne Vincenz-Stauffacher et Benjamin Mühlemann. Pour les accords, divisé sur la double majorité. Au gouvernement
Lisa Mazzone. Pour les accords ; contre l'assouplissement des exportations d'armes. Hors gouvernement
Jürg Grossen. Libéraux et écologistes, favorables aux accords. Hors gouvernement
Sources : Parlement suisse, groupes (le groupe UDC compte 62 UDC et 5 élus apparentés) ; Conseil fédéral ; positions : Le Temps, 25 et 26 septembre, 15 octobre 2026.
Dans les territoires
Qui aura le dernier mot : le peuple ou les cantons ?
Les accords bilatéraux III actualisent l'accès au marché européen. Leur volet « stabilisation » organise la reprise de l'évolution du droit de l'Union et le règlement des différends. Le gouvernement voulait le soumettre au seul vote du peuple ; le 30 septembre, le Conseil des États a réclamé aussi la majorité des cantons. Le Conseil national se prononcera pendant la session d'hiver.
Pour ses défenseurs, un engagement aussi durable doit être accepté par les citoyens et par les cantons qui composent la fédération. Pour ses adversaires, la règle permet aux territoires les moins peuplés de bloquer la majorité des électeurs : les quinze cantons qui demandaient le seul vote du peuple comptent 6,8 millions d'habitants, les dix qui voulaient la double majorité 1,2 million.
Dans le décompte des cantons, Uri pèse autant que Zurich, plus de quarante fois plus peuplé. Le 14 juin, l'initiative des 10 millions n'a convaincu que 45,2 % des votants, mais elle a gagné 10 voix cantonales sur 23. La votation sur les accords est attendue en 2027 ou 2028.
Pour ces accords, une majorité de Suisses ne suffira peut-être pas : il faudra aussi la bonne géographie.
Dans la société
Combien de monde le pays peut-il loger ?
Plus d'un habitant sur quatre est étranger. Moins de 1 % des logements sont vacants, 0,31 % à Genève. Les primes d'assurance maladie augmentent encore de 5 % en 2027. C'est sur ce terrain que l'UDC a bâti son initiative « Pas de Suisse à 10 millions », qui aurait obligé à dénoncer la libre circulation des personnes avec l'Union.
Avec 45,2 % de oui, c'est une défaite, mais pas une déroute : près d'un votant sur deux a voulu freiner une croissance qui, à ses yeux, ne profite plus à tous. Le parti tient autour de 30 % dans les intentions de vote, à un an des élections fédérales d'octobre 2027.
« Aucun Suisse n'accepte de voir son pays comme normal. »
Sacha Zala, directeur des Documents diplomatiques suisses, septembre 2026
Deux profils types, composés pour illustrer deux situations :
Une infirmière d'Annemasse, 38 ansFrançaise, elle franchit chaque jour la frontière pour un hôpital genevois, qui ne tournerait pas sans les soignants venus de l'étranger. Elle ne vote pas en Suisse. Son emploi dépend pourtant de la libre circulation que les urnes devront confirmer.
Un éleveur du canton d'Uri, 57 ansIl a voté non à la neutralité stricte, mais se méfie des « juges étrangers ». Sa ferme vit des paiements directs de la Confédération. Dans le décompte des cantons, le sien pèse autant que Zurich, et il y tient.
Ce que Berne pèse au-dehors
de dollars investis aux États-Unis : sixième investisseur étranger. Washington en a obtenu davantage pour baisser ses droits.
avec la chimie, plus de la moitié des exportations hors or : le monde a besoin de Roche et Novartis. Washington en a fait un moyen de pression sur les prix.
près de 23,000 emplois internationaux : les puissances y négocient en terrain neutre. Le levier s'use quand Washington réduit ses contributions.
Ukraine, Iran, Congo : les belligérants viennent parler en Suisse en 2026. Ce crédit suppose la confiance de Moscou, qui la juge « inamicale ».
Chacun de ces atouts tient parce que d'autres en ont besoin : la force de Berne consiste à rendre ses dépendances réciproques. Ce jeu a une limite.
L'Europe de la défense se construit sans la Suisse. SAFE, le fonds d'achats militaires communs de l'Union, n'est ouvert qu'aux pays tiers liés à elle par un partenariat de sécurité et de défense. Berne n'en a pas : en septembre 2026, le Conseil fédéral dit encore « aspirer » à le conclure, dans sa stratégie de politique de sécurité. Les discussions continuent, précise cet ambassadeur, Jacques Pitteloud, mais les Vingt-Sept doivent d'abord s'entendre sur la préférence à donner à leurs propres industries.
Les fractures
Quatre lignes qui traversent la Confédération.
Plus d'un quart des habitants n'a pas de droits politiques. Il faut dix ans de résidence pour demander la nationalité, et le Conseil des États a refusé en septembre de ramener ce délai à cinq. La démocratie la plus directe d'Europe laisse hors du vote une partie de ceux qui la font tourner.
Faute de logements, quelque 30,000 Genevois se sont installés en France voisine. Le 27 septembre, le canton a accepté de financer des transports de l'autre côté de la frontière, mais plusieurs communes populaires ont voté contre. Le travailleur frontalier y reste un rival autant qu'un voisin.
Environ 360,000 actifs ne gagnent pas de quoi vivre, un record depuis dix ans selon Caritas. Dans le même pays, un adulte sur sept est millionnaire. Selon l'Union syndicale, les salaires réels de la classe moyenne stagnent depuis 2016, quand les loyers et les primes montent.
Les dirigeants suisses, élus, patrons, hauts fonctionnaires, chercheurs, voient le monde plus sombre que leurs concitoyens, et n'en tirent pas les mêmes conclusions. Six sur dix veulent se rapprocher de l'OTAN ; quatre habitants sur dix seulement. L'écart est presque aussi large sur la neutralité, qu'ils veulent adapter, et sur une hausse temporaire de la TVA pour l'armée. Dans une démocratie directe, c'est la population qui a le dernier mot.
Le fil de l'histoire
De la neutralité garantie à la neutralité choisie.
L'État fédéral naît d'une guerre civile perdue par les cantons catholiques. La Constitution ménage les vaincus : pour la réviser, il faudra aussi la majorité des cantons.
La formule magique associe tous les grands partis au gouvernement. Le conflit passe du Conseil fédéral aux urnes.
Le peuple refuse l'Espace économique européen d'un cheveu. L'Europe devient le combat fondateur de l'UDC moderne.
Berne rompt seule les négociations sur l'accord-cadre.
Trois initiatives de l'UDC échouent : la redevance de la radio-télévision publique, les 10 millions, la neutralité. La bataille européenne commence.
Trois futurs, 2027-2031
Trois manières de rester suisse jusqu'en 2031.
Trois échéances : l'élection du successeur de Guy Parmelin au Conseil fédéral en décembre 2026, les élections fédérales d'octobre 2027, puis la votation sur les accords européens. Les pourcentages expriment une estimation éditoriale de la trajectoire dominante en 2031, non un calcul statistique. Les trois issues s'excluent : elles se distinguent par le sort des accords et par celui de la défense.
L'arrimage de justesse
Le patronat, les syndicats et les gouvernements romands portent le oui. Les accords passent de peu, après une campagne aussi dure que celle de 1992.
La défense reste à part : Berne coopère au cas par cas, sans rejoindre les achats communs. L'UDC reste le premier parti.
Signal à surveiller
Un oui national au-dessus de 55 % dans les sondages à six mois du vote.
Un premier relevé : entre la mi-août et la fin septembre, 46 % de la population se dit favorable à un rapprochement avec l'Union, contre 60 % des dirigeants. La question n'est pas celle du vote.
L'arrimage élargi
Les accords passent, et la défense suit : la Suisse obtient sa place dans SAFE. Le choc russe et l'imprévisibilité américaine font sauter ce verrou, et le Centre gagne un deuxième siège.
Un premier test tombe le 29 novembre : le peuple vote sur l'assouplissement des exportations d'armes, dont l'interdiction de réexporter a « clairement irrité les Européens », selon l'ambassadeur de Suisse auprès de l'OTAN.
Signal à surveiller
L'UDC sous 25 % aux élections fédérales de 2027.
L'arrimage refusé
Les accords échouent, par le non des cantons ou par celui du peuple. Le rapporteur du Parlement européen a prévenu qu'il n'y aurait pas de plan B ; dans ce scénario, l'Union tient cette ligne, et les anciens accords s'érodent un à un.
Berne cherche alors à Washington et en Asie, par des accords de libre-échange, la compensation d'un marché qui se ferme.
Signal à surveiller
L'UDC au-dessus de 30 % aux élections fédérales de 2027.
Ce que la France doit en retenir
Que peut obtenir Paris d'un voisin qui s'arrime à l'Union européenne sans y adhérer ?
Pas une adhésion : à peine un Suisse sur six la souhaite. Mais la Suisse est le premier pays d'accueil des Français établis à l'étranger, et 242,000 frontaliers résidant en France y travaillent. Paris a donc intérêt à ce que les accords passent.
Frontaliers
L'Union veut que le chômage d'un frontalier soit payé par son pays d'emploi, et non plus par son pays de résidence : un coût de 600 à 900 millions de francs par an pour Berne.
La France, qui paie aujourd'hui, a tout intérêt à l'obtenir sans bloquer le reste.
Grand Genève
Genève a versé 430 millions de francs en 2024 aux collectivités françaises au titre de leurs frontaliers, et cofinance désormais trams et parkings relais.
Un accord sur le logement transfrontalier soulagerait les deux rives.
Défense
Berne cherche un second système de défense sol-air, autour de 6 milliards de francs. Le consortium franco-italien Eurosam fait partie des offres.
C'est l'occasion d'offrir à la Suisse une porte d'entrée dans la défense européenne.
Industrie
Paris défend un « fabriqué en Europe » strict, quand la Belgique plaide un « fabriqué avec l'Europe » ouvert à la Suisse.
Un compromis protégerait les chaînes industrielles franco-suisses du Jura et de l'Arc lémanique.
Paris gagnera davantage à rendre la coopération avantageuse qu'à présenter l'intégration comme une mise au pas.
Lecture SAPERE
L'avis de l'auteur
Je salue ce principe : en Suisse, c'est le peuple qui tranche, y compris contre son premier parti.
Les habitants semblent le lui rendre. Selon l'enquête de l'OCDE sur la confiance menée en 2025, 62 % des Suisses font confiance à leur gouvernement, contre 22 % des Français. Ils sont 65 % à estimer avoir leur mot à dire sur l'action publique, contre 23 % des Français.
L'écart se retrouve envers les partis politiques : 49 % des Suisses leur font confiance, 15 % des Français. La démocratie directe n'explique pas tout, la Suisse étant aussi plus petite, plus riche et plus décentralisée. Mais l'écart mérite qu'on s'y arrête à Paris.
Verdict SAPERE 2027
La Suisse tient. Elle sait dire non aux voix les plus fortes, ses institutions encaissent les chocs, et ses atouts restent recherchés. Mais son avenir européen dépend d'une règle de 1848, qui protège les membres de la fédération autant qu'elle peut arrêter la majorité des électeurs.
Une fédération peut-elle s'engager durablement quand ses citoyens et ses cantons ne veulent pas la même chose ?
Trois refus ont montré les limites de l'UDC. Le vote européen dira si ses adversaires peuvent convaincre une majorité des électeurs, et une majorité des cantons.
Sources
- Votations du 8 mars, du 14 juin et du 27 septembre 2026 : Office fédéral de la statistique, résultats définitifs ; Chancellerie fédérale.
- Double majorité : Parlement suisse, 30 septembre 2026 ; Le Temps, 1er octobre 2026 (Yan Pauchard). Signature des accords : Conseil fédéral, mars 2026.
- Succession de Guy Parmelin : Le Temps, 3 octobre 2026 ; Blick et ATS, 19 octobre 2026 ; La Télé, 21 octobre 2026.
- Élections fédérales du 24 octobre 2027 : Conseil fédéral, 27 août 2025. UDC et climat politique : Le Temps, 13 octobre (Raymond Loretan), 15 octobre (Frédéric Koller) et 19 octobre 2026 (Étienne Meyer-Vacherand).
- Droits de douane : SECO, relations commerciales Suisse-États-Unis ; déclaration d'intention du 14 novembre 2025.
- F-35 et défense : rapport de la Commission de gestion du Conseil national, septembre 2026 ; Le Temps, 23 septembre (Frédéric Koller, Boris Busslinger), 26 septembre (Yves Petignat) et 6 octobre 2026.
- Neutralité et Russie : Conseil fédéral, 28 février 2022 ; gouvernement russe, décision nº 430-r du 5 mars 2022 ; swissinfo, 8 mars 2022 ; Le Temps, 28 septembre (Sacha Zala, entretien avec Frédéric Koller) et 3 octobre 2026 (Alexandre de Senarclens, Matteo Gorgoni, Yves Petignat).
- Frontaliers : Office fédéral de la statistique, 2e trimestre 2026 ; chômage des frontaliers : SECO, cité par la presse le 8 juillet 2026 ; Grand Genève : Le Temps, 25 et 28 septembre 2026.
- Société : logements vacants, Le Temps, 17 septembre 2026 ; travailleurs pauvres, Caritas cité par Le Temps, 10 octobre 2026 ; naturalisation, Le Temps, 25 septembre 2026 ; millionnaires, Challenges, 28 mai 2026 ; population par canton, OFS (STATPOP).
- Genève internationale et rayonnement : Le Temps, 16 septembre, 13 octobre (David Clarinval) et 19 octobre 2026 (Callista Gingrich) ; rapporteur du Parlement européen : Le Temps, 11 septembre 2026 (Valérie de Graffenried) ; Rhin : Le Monde, 2 septembre 2026.
- Confiance dans les institutions : OCDE, enquête sur les déterminants de la confiance, résultats 2026 (données 2025), notes pays Suisse et France, 29 juin 2026.
- F-35 : votation du 27 septembre 2020 ; Commission de la politique de sécurité du Conseil national, 30 août 2022, sur le rapport du Contrôle fédéral des finances du 8 juillet 2022 ; dépôt de l'initiative « Stop F-35 », RSI, août 2022.
- Exportations : Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières, commerce extérieur 2025 (chimie et pharmacie, 53 % des exportations hors or). SAFE : Conseil fédéral, 25 juin 2025 ; Stratégie de politique de sécurité 2026, adoptée le 18 septembre 2026, p. 55.
- Menaces, OTAN, SAFE et opinion : Le Temps, 27 octobre 2026 (Valérie de Graffenried, entretien avec Jacques Pitteloud ; Daniel Gonzalez, sondage MIS Trend auprès de 305 dirigeants et 1,335 personnes, du 17 août au 23 septembre 2026 ; Étienne Meyer-Vacherand, exportations de matériel de guerre).
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