SAPERE · Les Forces et les Failles · Arrêté au 20 juillet 2026 · Tendance depuis 2020
🇨🇲 Cameroun
30,6 millions d’habitants. L’Afrique en miniature, quatrième producteur mondial de cacao. Deux ports ouverts sur l’Atlantique, 420 MW nouveaux à Nachtigal, du gaz, du pétrole et une forêt continentale. Deux guerres périphériques et un président au pouvoir depuis 1982.
SAPERE 2.2 · Un État pivot dont la continuité est devenue le principal risque
Fragile, béquilles multiples
2,4/5
12,45
Nachtigal en service · cacao en correction · succession opaque
↘Tendance depuis 2020 : dégradation lente. L’énergie et l’agro-industrie progressent, mais la succession, la fermeture politique, les arriérés publics et les crises anglophone et jihadiste affaiblissent la robustesse d’ensemble.
Ce score mesure la capacité à absorber un choc et à préserver sa liberté d’action. À 2,4/5, le Cameroun possède plus de ressources et de profondeur que le Mali ou le Mozambique, mais demeure sous le seuil de tension structurelle à cause du verrou institutionnel et des deux conflits.
PIB nominal 2025
~60,6 Mds $
FMI WEO · 87e rang mondial sur 195 économies renseignées
PIB PPA 2025
~172,8 Mds $
87e rang mondial sur 195 économies renseignées · ~0,08 % du PIB mondial
Exportations · poids mondial
~0,02 %
~5,9 Mds $ (2024) · pétrole, gaz, cacao, bois et coton
Le Cameroun est le pays que l’Afrique centrale ne peut pas facilement remplacer. Douala et Kribi ouvrent la mer au Tchad et à la République centrafricaine, la Banque des États de l’Afrique centrale siège à Yaoundé, et l’économie nationale produit davantage que toutes les autres économies de la CEMAC.
Le cacao a donné un répit très concret. Quatrième producteur mondial en 2023 avec environ 280,000 tonnes, le pays compte près de 400,000 emplois liés à la filière. La hausse des cours a soutenu la croissance de 2024 et cinq unités portent désormais la capacité de transformation locale à environ 109,000 tonnes. Ce progrès industriel reste toutefois exposé à la correction des prix anticipée en 2026.
Cette profondeur matérielle progresse aussi sur l’énergie : depuis mars 2025, les sept turbines de Nachtigal injectent 420 MW, près de 30 % de capacité supplémentaire. Pourtant, une seule ligne évacue toute cette puissance. Cette image résume la robustesse camerounaise : de nouveaux actifs, mais peu de redondance.
Le principal risque se trouve désormais au sommet. Réélu en 2025 pour un huitième mandat, Paul Biya gouverne depuis 1982 et a fait rétablir en avril 2026 une vice-présidence dont il nomme et révoque le titulaire. Deux conflits persistent, plus d’un million de personnes sont déplacées selon le FMI et l’élection contestée a encore refermé l’espace politique. Le pays tient : la succession existe désormais dans le texte, mais l’identité et la légitimité de celui qui l’incarnera dépendent encore de Biya.
9 piliers de puissance SAPERE
Niveau \ Tendance depuis 2020
− En baisse
= Stable
+ En hausse
Solidement ancré4,0-5,0
Résilient sous contrainte3,0-3,9
Énergie et ressources 3,0
Sous tension structurelle2,5-2,9
Diplomatie, influence et information 2,7
Économie et finance 2,7Autonomie stratégique 2,8
Industrie et technologie 2,5
Fragile, béquilles multiples1,5-2,4
Démographie et capital humain 2,3Gouvernance et institutions 1,7
Défense et sécurité 2,0
Innovation et savoir 1,9
En défaillance1,0-1,4
Cliquez sur un pilier pour lire le détail de sa note.
Score global SAPERE 2.2 : 2,4/5. L’énergie atteint seule la zone résiliente. La gouvernance, la sécurité, le capital humain et l’innovation maintiennent l’ensemble dans la zone fragile.
Pourquoi ces neuf notes ?
Qui tient le pays ?
Paul Biya, la présidence et le RDPC. Réélu officiellement avec 53,66 % des voix en octobre 2025, le président a commencé un huitième mandat qui peut courir jusqu’en 2032. Le RDPC, l’administration territoriale, les forces de sécurité et les réseaux économiques liés au pouvoir structurent la décision. Le Premier ministre exécute davantage qu’il n’arbitre.
Centre de gravité
La présidence Biya, le secrétariat général, les appareils sécuritaires, les équilibres internes du RDPC et la vice-présidence rétablie.
Vitesse d’exécution
Bonne sur les projets présidentiels ciblés, faible sur l’entretien routier, les arriérés, les services et la résolution des conflits.
Test politique
La nomination du vice-président, puis la première incapacité durable du président, testeront une chaîne désormais écrite mais jamais éprouvée.
Qui tient le pays de l’extérieur ?
Dépendance distribuée. Aucun acteur ne contrôle seul Yaoundé, mais plusieurs tiennent une fonction vitale : la France une partie du capital et des paiements, la Chine les équipements et chantiers, la CEMAC la monnaie, les bailleurs le cadre budgétaire, MTN et Orange l’argent mobile, l’Inde une partie de l’assiette et de la pharmacie.
Échelle de dépendance : ● à ●●●●. Les points mesurent le levier sur la décision, pas seulement le volume commercial.
FRANCE
●●●●
Environ 200 entreprises, 1,6 Md EUR d’IDE français en 2024 et 1,3 Md EUR d’échanges bilatéraux en 2025, notamment dans l’énergie, les télécoms, l’agro-industrie et la logistique.
Ce n’est ni la rupture sahélienne ni l’ancienne exclusivité : le levier français s’est déplacé vers le capital, Nachtigal, Orange Money, les normes et le financement.
CHINE
●●●●
Premier fournisseur, grand constructeur d’infrastructures et équipementier des réseaux, avec machines, électronique et chantiers portuaires.
Les équipements et la dette de projet créent une dépendance technique de longue durée.
CEMAC / BEAC
●●●●
Le franc CFA, les réserves communes et la politique monétaire se décident à l’échelle régionale, même si la BEAC siège à Yaoundé.
Le Cameroun pèse sur la règle monétaire sans pouvoir la fixer seul.
FMI / BANQUE MONDIALE
●●●
Surveillance du risque de dette, financement des réformes, garanties énergétiques et discipline des finances publiques.
Le guichet multilatéral conditionne une partie de l’accès aux financements extérieurs.
MTN / ORANGE
●●●
Les groupes sud-africain et français dominent le mobile et les rails de paiement quotidien par MoMo et Orange Money.
La donnée transactionnelle et l’inclusion financière reposent largement sur deux opérateurs étrangers.
INDE
●●●
Deuxième fournisseur en 2023, avec carburants raffinés, riz, médicaments, machines et produits chimiques.
Une partie du réservoir, de l’assiette et de l’armoire à pharmacie dépend des flux indiens.
NIGERIA
●●
Premier voisin économique et sécuritaire, marché informel majeur et partenaire indispensable contre Boko Haram.
Les prix, les frontières et la violence du nord-est nigérian traversent directement la frontière.
La contradiction camerounaise
Le Cameroun est à la fois le pays le plus autonome de la CEMAC et l’un de ceux dont la décision politique est la plus personnalisée. Il possède la masse économique, les ports, la banque centrale régionale et une palette de partenaires assez large pour éviter une tutelle unique.
La réforme d’avril 2026 déplace le risque sans l’abolir : le vide constitutionnel recule, mais la désignation d’un successeur non élu concentre davantage la décision au sommet.
Commerce, IDE et position française
5 premiers clients, dernière matrice détaillée 2023
Pays
Produits
Montant
Poids
Pays-Bas
Pétrole, cacao
~1,15 Md $
23,2 %
France
Pétrole, cacao, bois
~615 M$
12,4 %
Inde
Pétrole, gaz, bois
~476 M$
9,6 %
Chine
Pétrole, bois, coton
~385 M$
7,8 %
Tchad
Aliments, ciment, biens courants
~248 M$
5,0 %
WITS 2023, exportations totales 4,97 Mds $. Les Pays-Bas captent aussi une fonction de négoce et de raffinage.
5 premiers fournisseurs, dernière matrice détaillée 2023
Pays
Produits
Montant
Poids
Chine
Machines, électronique, textiles
~1,57 Md $
19,0 %
Inde
Carburants, riz, médicaments
~960 M$
11,6 %
France
Machines, pharmacie, aliments
~632 M$
7,6 %
États-Unis
Machines, véhicules, céréales
~401 M$
4,8 %
Belgique
Pharmacie, machines, aliments
~367 M$
4,4 %
WITS 2023, importations totales 8,30 Mds $. En 2024, l’INS place la Chine à 22 %, l’Inde à 7,1 %, la Belgique à 6,1 % et la France à 5,9 % des importations.
🇫🇷 Position France. La relation reste dense mais moins exclusive. En 2025, les échanges ont atteint 1,3 Md EUR : 563 M EUR d’exportations françaises et 739 M EUR d’importations, tirées par le cacao et les hydrocarbures. Environ 200 entreprises françaises sont actives et le stock d’IDE français atteignait 1,6 Md EUR en 2024. Orange tient une part du mobile et des paiements, EDF opère Nachtigal, tandis que le retrait de Société Générale réduit une prise bancaire historique. 🇺🇸 Position États-Unis. Quatrième fournisseur dans la matrice 2023, partenaire sécuritaire contre Boko Haram et investisseur plus ponctuel dans l’énergie et les infrastructures.
IDE entrants 2024
~925 M$
CNUCED, environ 1,8 % du PIB et hausse annuelle de 15,7 %.
Stock d’IDE total
~7,3 Mds $
Dernier stock consolidé disponible, ordre de grandeur 2023 ; dont 1,6 Md EUR d’IDE français en 2024.
Principaux investisseurs
France, Chine, Allemagne, Royaume-Uni, États-Unis et véhicules régionaux, surtout dans l’énergie, les mines, l’agro-industrie, les télécoms et la logistique.
Quatre tendances structurelles
Croissance réelle
3,5 % → 3,1 %
2024 puis 2025, avec une projection FMI de 3,3 % en 2026.
Service total de la dette
37,3 % → 33,0 %
Part des recettes et dons en 2024 puis 2025 ; risque de surendettement toujours élevé.
Déplacés internes
>1 million
Estimation FMI 2026 ; le HCR recensait 969,000 déplacés à la mi-2025.
Cacao
4e producteur
280,000 tonnes en 2022-2023, environ 400,000 emplois et cinq unités de transformation.
Ce qui tient · Ce qui freine
Quatre actifs donnent de la profondeur au pays. Cinq fractures empêchent ces actifs de devenir une robustesse partagée.
4Forces5Failles
Ce qui tient
Les sept turbines totalisent 420 MW depuis mars 2025, près de 30 % de capacité supplémentaire pour le système national.
L’actif améliore simultanément l’industrie, les services, les finances de l’électricité et la crédibilité des futurs barrages de la Sanaga.
Douala concentre les flux historiques, tandis que Kribi accueille les grands navires et offre une capacité d’expansion industrielle.
Le Tchad et la République centrafricaine dépendent de ces corridors, ce qui transforme la géographie camerounaise en levier régional.
Quatrième producteur mondial en 2023, le Cameroun a récolté environ 280,000 tonnes et la filière soutient près de 400,000 emplois.
Cinq unités portent la capacité locale à 109,000 tonnes, mais la correction des cours en 2026 rappelle que le prix reste décidé ailleurs.
Le bilinguisme, plus de 250 langues, le football, la musique et une diaspora qui transfère près de 0,8 Md $ par an donnent une identité reconnue au-delà de la région.
Mont Cameroun, plages de Kribi et Limbé, parc de Waza, réserve du Dja et chefferies de l’Ouest composent un potentiel touristique exceptionnel, encore bridé par l’insécurité, les transports et la faiblesse de la promotion.
Ce qui freine
Depuis avril 2026, un vice-président nommé et révocable par Paul Biya doit lui succéder automatiquement en cas de vacance, sans nouvelle élection immédiate.
La réforme réduit le vide juridique sans résoudre l’incertitude politique : secrétariat général de la présidence, factions du RDPC, forces de sécurité, élites régionales et intérêts économiques restent en compétition autour de la désignation.
La crise anglophone plonge ses racines dans la fédération de 1961, supprimée en 1972, puis dans la marginalisation ressentie de la langue anglaise et de la common law.
La répression des avocats et enseignants en 2016 a ouvert un conflit séparatiste fragmenté ; Boko Haram et ses ramifications continuent parallèlement d’attaquer l’Extrême-Nord.
Les arriérés publics fragilisent les fournisseurs, renchérissent les marchés et déplacent le coût budgétaire vers l’économie privée.
Le risque élevé de surendettement réduit la marge disponible pour entretenir routes, écoles, hôpitaux et réseaux existants.
Près de 90 % de l’emploi relève de l’économie informelle, qui absorbe la jeunesse et maintient les échanges quotidiens.
Cette fonction d’amortisseur s’accompagne de faibles recettes fiscales, de peu de crédit et d’une protection sociale limitée.
Inondations dans le nord, érosion côtière, pluies irrégulières et déforestation menacent cultures, logements, routes et barrages.
Dans les régions déjà pauvres ou en conflit, chaque choc climatique accélère déplacements, insécurité alimentaire et compétition foncière.
À surveiller · signaux positifs
Risques
Vice-président absent ou contesté ; apparition de deux chaînes de commandement.
Incidents anglophones +25 % sur douze mois ; corridor fermé plus de sept jours.
Nouveaux arriérés supérieurs à 3 % du PIB ; adjudications durablement sous-souscrites.
Ligne de Nachtigal coupée plus de sept jours ; délestages industriels récurrents.
Cacao : prix bord champ en baisse de 25 % ou volumes en baisse de 20 %.
Signaux positifs
Deuxième évacuation de Nachtigal opérationnelle ; coupures industrielles en baisse.
Cessez-le-feu tenu six mois ; écoles rouvertes et retours volontaires significatifs.
Élections locales sans nouveau report ; contentieux traité et résultats acceptés.
Capacité cacaoyère davantage utilisée ; part transformée localement en hausse.
Arriérés sous 1 % du PIB pendant deux exercices ; dépenses sociales exécutées.
Effets de voisinage
Nigeria
Marché frontalier majeur et partenaire contre Boko Haram. Les carburants, les aliments, les personnes et les violences franchissent une frontière longue et poreuse.
Tchad
Pays enclavé dépendant du corridor camerounais et de l’oléoduc vers Kribi. Ce levier est coûteux : réfugiés, insécurité et fragilité tchadienne alourdissent la surveillance et la logistique du nord camerounais.
République centrafricaine
La RCA dépend du transit camerounais, mais renvoie vers l’Est réfugiés, trafics et insécurité. Cette interdépendance asymétrique donne du levier à Yaoundé tout en lui transférant une partie du coût de la fragilité centrafricaine.
Choc externe actif
Le boom cacaoyer de 2024 a soutenu les revenus ruraux, les exportations et la croissance, mais le FMI anticipe désormais une baisse des prix en 2026. Dans le même temps, la production pétrolière recule et le pays importe encore ses carburants raffinés. La vulnérabilité fonctionne donc comme une double lame : une correction du cacao réduit les recettes non pétrolières, tandis qu’un pétrole cher renchérit l’assiette, le transport et les devises nécessaires aux importations.
Les dynamiques structurelles
La continuité devenue fragilité
Mécanique de l’inertie : la vice-présidence clarifie la règle, mais son titulaire reste choisi par le système qu’il devra dépasser.
La route comme impôt invisible
Les ports donnent un avantage régional, mais le conflit de compétence de 2026 sur le scanning de Douala montre qu’une infrastructure stratégique peut être ralentie par l’indécision administrative autant que par la route.
L’excellence en archipel
Nachtigal, Douala et Kribi forment des archipels d’excellence technique. Ils génèrent des flux, mais irriguent encore mal l’arrière-pays, où réseaux fragiles et services inégaux entretiennent la mécanique de l’inertie.
L’informel comme assurance sociale
Il maintient l’emploi, le commerce et les revenus lorsque l’État ne suit pas. Mais il rend aussi le crédit, l’impôt, la productivité et la protection sociale plus difficiles à construire.
Ce qui changerait la donne
Une succession institutionnelle réussie
Transfert en moins de trente jours, commandement unique et services continus : trois piliers pourraient remonter simultanément.
Un accord anglophone crédible
Une décentralisation négociée, des garanties linguistiques et la réouverture durable des écoles amélioreraient sécurité, capital humain et légitimité.
Kribi devient une chaîne de valeur
Relier réellement les zones industrielles au rail, à l’électricité et aux fournisseurs locaux ferait sortir Kribi de l’excellence en archipel pour en faire une chaîne de valeur nationale.
L’État paie à l’heure
La disparition des arriérés libérerait les trésoreries privées, réduirait le coût des marchés et restaurerait la crédibilité budgétaire.
Scénarios à cinq ans · 2026-2031
Scénario favorable
Une succession constitutionnelle se déroule sans rupture, un dialogue réduit durablement la violence anglophone, les élections locales restent compétitives et Nachtigal, Kribi et Minim-Martap entraînent davantage de transformation. Les arriérés reculent et les dépenses sociales augmentent réellement. Score potentiel : 2,8 à 3,0.
Scénario défavorable
Une nomination successorale contestée fracture la chaîne de commandement ; les délais de paiement s’allongent, les banques se replient et les groupes armés testent les corridors. La paralysie politique devient alors crise économique et territoriale. Score potentiel : 1,7 à 1,9.
Méthodologie et légende
Comment lire le score
Le score mesure la capacité à absorber un choc et à préserver la liberté d’action, non la richesse potentielle ni la longévité du régime.
Échelle
4,0-5,0 : Solidement ancré.3,0-3,9 : Résilient sous contrainte.2,5-2,9 : Sous tension structurelle.1,5-2,4 : Fragile, béquilles multiples.1,0-1,4 : En défaillance.
Pondérations et arrondi
P01, P02, P06 et P08 : 13,5 %. P03, P04, P05 et P07 : 9 %. P09 : 10 %. La somme pondérée vaut 2,3725, arrondie arithmétiquement à 2,4/5.
Pilier IX · Autonomie stratégique. A fiscal = 3. B exportations = 3. C sécurité = 2. D réserves et financement = 3. E décisionnel = 3. Moyenne : 2,8/5. Un seul sous-indicateur est inférieur ou égal à 2, donc la règle de plafonnement ne s’applique pas.
Tendance depuis 2020
Ce qui tient
Ce qui fragilise
J’aime ça :
J’aimeChargement…
Similaire
En savoir plus sur SAPERE
Subscribe to get the latest posts sent to your email.