Cameroun
Le Cameroun est un État pivot dont la continuité est devenue le principal risque.
30,6 millions d'habitants. On l'appelle « l'Afrique en miniature » : forêts et savanes, pétrole et cacao, deux ports sur l'Atlantique, plus de 250 langues, le français et l'anglais.
Première économie des six pays de la CEMAC, il abrite la banque centrale régionale et fournit à plusieurs voisins enclavés leur principal débouché maritime.
Mais tout, au sommet, dépend d'un homme : Paul Biya, 93 ans, au pouvoir depuis 1982, revenu le 20 août 2026 après 73 jours à Genève pour un séjour présenté comme privé, sans apparition publique connue.
L'administration, les ports et la monnaie fonctionnent. Mais l'élection contestée de 2025, deux conflits intérieurs et soixante-treize jours d'absence publique du président ont rappelé combien la décision reste suspendue à une seule personne.
L'énergie, l'industrie et l'innovation progressent ; la gouvernance, la diplomatie et le capital humain reculent. L'économie, la défense et l'autonomie stratégique n'ont pas bougé.
Depuis avril 2026, un vice-président nommé par le chef de l'État doit achever son mandat en cas de vacance. À la mi-septembre, le poste reste vide : l'intérim reviendrait au président du Sénat.
Une dépendance distribuée
Ce qui décrit le pays
Qui achète, qui fournit
| Rang | Pays | Ce qu'il achète | Part des exportations |
|---|---|---|---|
| 1 | Pays-Bas | Pétrole, cacao | 23,2 % |
| 2 | France | Pétrole, cacao, bois | 12,4 % |
| 3 | Inde | Pétrole, gaz, bois | 9,6 % |
| 4 | Chine | Pétrole, bois, coton | 7,8 % |
| 5 | Tchad | Aliments, ciment, biens courants | 5,0 % |
| Rang | Pays | Ce qu'il vend | Part des importations |
|---|---|---|---|
| 1 | Chine | Machines, électronique, textiles | 19,0 % |
| 2 | Inde | Carburants, riz, médicaments | 11,6 % |
| 3 | France | Machines, pharmacie, aliments | 7,6 % |
| 4 | États-Unis | Machines, véhicules, céréales | 4,8 % |
| 5 | Belgique | Pharmacie, machines, aliments | 4,4 % |
Quatre tendances structurelles
Où le pays tient, où il cède
Les neuf piliers en un coup d'œil · niveau et tendance depuis 2020+
IÉconomie et financeSous tension structurelle→Une croissance qui résiste, un État qui paie en retard.+
IIIndustrie et technologieSous tension structurelle↗Le socle productif le plus large de la région, encore peu transformateur.+
IIIDémographie et capital humainFragile et dépendant↘Une jeunesse nombreuse, des services qui ne suivent pas.+
IVDiplomatie, influence et informationSous tension structurelle↘Un pivot régional à l'image abîmée.+
VÉnergie et ressourcesRésilient sous contrainte↗La contrainte électrique enfin desserrée.+
VIDéfense et sécuritéFragile et dépendant→Deux guerres qui ne s'éteignent pas.+
VIIInnovation et savoirFragile et dépendant↗Des diplômés et de l'argent mobile, peu de recherche.+
VIIIGouvernance et institutionsFragile et dépendant↘Une administration qui tourne, un pouvoir qui ne se transmet pas.+
IXAutonomie stratégiqueRésilient sous contrainte→Plusieurs partenaires, aucun protecteur exclusif.+
Comprendre l'échelle de robustesse, du plus solide au plus fragile+
- Solidement ancré4,0 à 5,0 · Capacités prouvées sur la durée. Le pays absorbe les chocs sans risque de basculement.
- Résilient sous contrainte3,0 à 3,9 · Forces et faiblesses en tension, mais le système tient par ses propres moyens.
- Sous tension structurelle2,5 à 2,9 · Le pilier tient grâce à une béquille : une rente, un partenaire, un corridor. Il cède si elle cède.
- Fragile et dépendant1,5 à 2,4 · Vulnérabilité profonde. La fonction est assurée, mais sans maîtrise réelle des moyens.
- Défaillance critique1,0 à 1,4 · Risque d'effondrement de la fonction. Autorité ou capacité contestée sur l'essentiel.
L'échelle mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni le potentiel. Le niveau de chaque pilier découle mécaniquement de son évaluation sur cinq points, selon les bornes ci-dessus.
Trois atouts, trois freins
Deux ports pour faire respirer trois pays
Douala concentre les flux historiques ; Kribi, port en eau profonde, reçoit les grands navires et offre de la place pour l'industrie.
Le Tchad et la Centrafrique, enclavés, dépendent de ces corridors : la géographie devient un levier régional.
Nachtigal, la contrainte électrique desserrée
Les sept turbines du barrage injectent leur pleine puissance depuis mars 2025, au profit de l'industrie, des services et des finances du secteur électrique.
L'ouvrage, opéré par EDF, rend crédibles les futurs barrages de la Sanaga.
Le cacao, une rente qui commence à se transformer
Quatrième producteur mondial en 2023, avec environ 280,000 tonnes, le pays compte près de 400,000 emplois liés à la filière.
La hausse des cours a porté la croissance de 2024, mais la correction attendue en 2026 rappelle que le prix se décide ailleurs.
La succession écrite, toujours contrôlée par un homme
Depuis la révision du 4 avril 2026, un vice-président nommé et révocable par le chef de l'État doit achever son mandat en cas de vacance ; tant que le poste est vide, l'intérim revient au président du Sénat, chargé d'organiser une élection, selon le Journal du Cameroun.
Du 7 juin au 20 août 2026, Paul Biya est resté à Genève, sans apparition publique connue. Il a signé de là-bas, le 3 août, un remaniement du haut commandement militaire, selon la présidence.
Le poste de vice-président est toujours vide ; le nom de Franck Biya, fils du président, circule pour l'occuper.
Deux guerres que le temps n'a pas éteintes
La crise anglophone plonge ses racines dans la fédération de 1961, supprimée en 1972 ; en 2016, la répression d'avocats et d'enseignants a transformé une protestation en conflit armé.
Dans l'Extrême-Nord, les attaques jihadistes se sont intensifiées en 2025, avec engins explosifs et drones.
L'État qui construit et paie trop tard
Les arriérés publics fragilisent les fournisseurs, renchérissent les marchés et reportent le coût budgétaire sur l'économie privée.
Près de 90 % de l'emploi relève de l'informel : il amortit les chocs, mais finance peu l'État.
Qui tient le pays, du dedans et du dehors
À l'intérieur
Réélu officiellement avec 53,66 % des voix en octobre 2025, Paul Biya a commencé un huitième mandat qui peut courir jusqu'en 2032.
Le RDPC, l'administration territoriale, les forces de sécurité et les réseaux économiques liés au pouvoir structurent la décision ; le Premier ministre exécute plus qu'il n'arbitre.
L'absence de l'été a montré la fragilité du dispositif. Selon France 24, l'opposition a dénoncé un vide institutionnel ; le gouvernement a assuré que le président dirigeait les affaires depuis l'étranger.
Les élections législatives et municipales, plusieurs fois reportées, sont prévues pour décembre 2026. Pour la fondation Carnegie, ce refus de nommer un dauphin menace la stabilité intérieure comme régionale.
À l'extérieur
Aucun acteur ne contrôle seul Yaoundé. La France garde une part du capital et des paiements : environ 200 entreprises, 1,6 milliard d'euros d'investissements, EDF à Nachtigal, Orange dans l'argent mobile. Ce n'est ni la rupture sahélienne ni l'ancienne exclusivité.
Le retrait de la Société Générale a pourtant réduit une prise bancaire historique.
Les États-Unis, quatrième fournisseur, restent surtout un partenaire de sécurité contre Boko Haram ; après la répression de 2025, le sénateur Jim Risch a pourtant appelé Washington à réévaluer la relation, selon Reuters.
La Chine équipe et construit, l'Inde fournit carburants, riz et médicaments, la CEMAC tient la monnaie, le FMI et la Banque mondiale le cadre budgétaire. Le Nigeria, voisin géant, est à la fois premier marché informel et partenaire indispensable contre les jihadistes.
| Levier | Acteur | Emprise | Ce qu'il contrôle |
|---|---|---|---|
| Capital et paiements | France | ●●●● | Environ 200 entreprises, Nachtigal, Orange Money, une part du financement. |
| Équipements et chantiers | Chine | ●●●● | Premier fournisseur, constructeur des infrastructures et des réseaux. |
| Monnaie | CEMAC et BEAC | ●●●● | Le franc CFA, les réserves communes et la politique monétaire. |
| Cadre budgétaire | FMI et Banque mondiale | ●●● | La surveillance de la dette et une part des financements extérieurs. |
| Argent mobile | MTN et Orange | ●●● | Les rails du paiement quotidien et les données de transaction. |
| Carburants et vivres | Inde | ●●● | Carburants raffinés, riz, médicaments et machines. |
| Frontière et sécurité | Nigeria | ●● | Le premier marché informel et la lutte contre les jihadistes. |
Ce que la géographie impose
Ce qui changerait la donne
Une succession institutionnelle réussie
Un transfert rapide, un commandement unique et des services continus feraient remonter plusieurs piliers à la fois.
Un accord anglophone crédible
Une décentralisation négociée, des garanties linguistiques et la réouverture durable des écoles amélioreraient sécurité, capital humain et légitimité.
Kribi devient une chaîne de valeur
Relier les zones industrielles au rail, à l'électricité et aux fournisseurs locaux ferait sortir le port de l'excellence isolée.
L'État paie à l'heure
La fin des arriérés libérerait la trésorerie des entreprises et rendrait au budget sa crédibilité.
À cinq ans · 2026-2031
La relève réussie
Une succession constitutionnelle se déroule sans rupture, un dialogue réduit la violence anglophone et les élections locales restent disputées.
Nachtigal, Kribi et la bauxite de Minim-Martap entraînent davantage de transformation ; les arriérés reculent.
La continuité à distance
Paul Biya se maintient par intermittence et tarde à nommer son vice-président ; les élections locales et législatives confirment la domination du RDPC.
L'économie croît autour de 3 %, les arriérés persistent, les deux conflits restent contenus sans être réglés.
La succession contestée
Une nomination successorale contestée fracture la chaîne de commandement ; les délais de paiement s'allongent et les banques se replient.
Les groupes armés testent les corridors : la paralysie politique devient crise économique et territoriale.
Un pays plus solide que son sommet
Selon la grille SAPERE, le Cameroun est le plus autonome des six pays de la CEMAC, et l’un de ceux où la décision est la plus personnalisée. Il n’est pas trop petit pour peser en Afrique centrale ; il est trop incertain au sommet pour convertir ses atouts en influence.
Le premier fait qui commencerait à démentir la trajectoire centrale serait la nomination d’un vice-président, suivie d’une délégation réelle de pouvoir pendant que le président est encore là pour la garantir.
Au Cameroun, les ports, la monnaie et les turbines tournent ; la relève, elle, reste suspendue.
Méthodologie et sources
Ce que le score mesure. Il répond à une seule question : dans quelle mesure le pays peut-il encaisser un choc ? Ni la richesse, ni la croissance, ni la qualité du gouvernement, prises séparément, ne donnent la réponse.
Un pays riche peut avoir un score bas s'il ne tient que par une rente ; un pays moins riche, un score honorable s'il dispose de capacités propres et de dépendances qu'il maîtrise. Une note ne bouge pas sur une impression : il faut un fait daté et vérifiable sur l'un des neuf piliers.
L'échelle, de 1 à 5. De 4,0 à 5,0, solidement ancré : le pays absorbe un choc sans vaciller. De 3,0 à 3,9, résilient sous contrainte. De 2,5 à 2,9, sous tension structurelle : le pays tient par une béquille, et cède si elle cède. De 1,5 à 2,4, fragile et dépendant : la fonction est assurée, mais sans maîtrise des moyens. De 1,0 à 1,4, défaillance critique.
Les notes de pilier. Chaque pilier reçoit une appréciation documentée, posée directement au dixième sur une échelle de cinq : un jugement argumenté, et non le produit d'une formule, sauf pour le pilier IX, dont la note est la moyenne de cinq sous-indicateurs, ramenée à 2,5 au plus dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins. Le calcul du score ne commence qu'ensuite.
Quand une donnée manque. Un pilier qu'aucune source primaire ne documente n'est pas noté, et la fiche le dit. Le total est alors rapporté au poids des piliers réellement notés : une note absente ne compte ni pour ni contre le pays.
Le score perd en couverture, donc en degré de confiance, mais il reste sur la même échelle et avec les mêmes poids que les autres. Au-delà de trois piliers sans note, aucun score n'est calculé. La règle vaut pour les 54 fiches de la série.
Comment on arrive à 2,4. On multiplie chacune des neuf notes par le poids du tableau ci-dessous, et on additionne les résultats : le total brut vaut 2,3925.
C'est le seul chiffre de la fiche que l'on arrondit, au dixième le plus proche, ce qui donne 2,4 sur 5. La bande où le pays est rangé se lit sur ce chiffre arrondi, jamais sur le brut. La règle vaut pour les 54 fiches de la série.
Les neuf piliers, et ce que chacun pèse. Ils ne comptent pas à égalité : quatre d'entre eux portent à eux seuls 54 % de la note.
La pondération ne récompense pas le prestige d'un domaine, mais sa capacité à entraîner ou à fragiliser les autres : l'économie, l'industrie, la défense et la gouvernance conditionnent le reste. Elle est la même pour les 54 fiches de la série, ce qui rend les scores comparables entre eux.
| Pilier | Le domaine | Poids dans la note |
|---|---|---|
| I | Économie et finance | 13,5 % |
| II | Industrie et technologie | 13,5 % |
| III | Démographie et capital humain | 9 % |
| IV | Diplomatie, influence et information | 9 % |
| V | Énergie et ressources | 9 % |
| VI | Défense et sécurité | 13,5 % |
| VII | Innovation et savoir | 9 % |
| VIII | Gouvernance et institutions | 13,5 % |
| IX | Autonomie stratégique | 10 % |
Ce que mesure chaque pilier
Posséder du pétrole, une armée nombreuse ou une jeunesse abondante est un potentiel. Les neuf piliers regardent ce que le pays sait en faire, c'est-à-dire la différence entre ce qu'il possède et ce qu'il sait faire de ce qu'il possède.
I · Économie et finance
Ce qui est regardé : la croissance, l'inflation, la dette, les réserves, l'accès au crédit. Pourquoi : un État qui ne peut plus emprunter, payer ses fournisseurs ni honorer ses échéances encaisse mal le premier choc venu.
II · Industrie et technologie
Ce qui est regardé : ce que le pays fabrique, transforme et répare lui-même. Pourquoi : exporter une matière première et importer les machines, c'est laisser la valeur se créer ailleurs. L'industrie transforme une ressource en capacité.
III · Démographie et capital humain
Ce qui est regardé : l'école, la santé, l'accès à l'eau, l'emploi, la structure par âge, le départ des compétences. Pourquoi : une jeunesse nombreuse est une force si elle est formée et employée. Sinon elle devient une pression de plus sur l'État.
IV · Diplomatie, influence et information
Ce qui est regardé : les alliances, les médiations, le poids dans les organisations, l'image du pays et sa capacité à faire circuler une information crédible. Pourquoi : tout ne se règle pas par l'argent ou par les armes. Savoir convaincre, négocier et se faire entendre donne des marges qu'un poids économique ne donne pas.
V · Énergie et ressources
Ce qui est regardé : l'accès à l'électricité, la fiabilité du réseau, la dépendance aux carburants importés, le mix énergétique et la maîtrise des ressources stratégiques. Pourquoi : avoir une ressource et pouvoir s'en servir sont deux choses. Un pays peut produire du pétrole et importer son carburant, avoir des barrages et laisser des provinces sans courant.
VI · Défense et sécurité
Ce qui est regardé : le contrôle réel du territoire, y compris dans le cyberespace, l'état du matériel, la logistique, les dépendances extérieures. Pourquoi : une force qu'on ne peut ni ravitailler ni déployer ne protège pas. On mesure une capacité, pas un inventaire.
VII · Innovation et savoir
Ce qui est regardé : la recherche, les universités, les brevets, la formation, le maintien des talents. Pourquoi : acheter une technologie n'est pas la maîtriser. L'industrie sait produire, l'innovation sait inventer.
VIII · Gouvernance et institutions
Ce qui est regardé : l'efficacité de l'administration, l'état de droit, la corruption, les contre-pouvoirs, la continuité des règles, les inégalités et la cohésion sociale. Pourquoi : des ressources ne deviennent de la robustesse que si un État sait les administrer, si ses décisions survivent à ceux qui les prennent, et si la société qu'il gouverne n'est pas fracturée.
IX · Autonomie stratégique
Ce qui est regardé : d'où viennent les recettes publiques, à qui le pays vend, de qui dépend sa sécurité, combien de mois d'importations ses réserves couvrent, et s'il peut refuser une pression extérieure. Pourquoi : aucun pays n'est indépendant. La question est de savoir si ses dépendances se négocient, ou si elles décident à sa place.
Aucun pilier ne suffit seul, et c'est le principe : une économie solide finance une armée, une industrie réduit les importations, de bonnes institutions transforment une rente passagère en infrastructures. À l'inverse, deux ou trois faiblesses profondes peuvent annuler plusieurs atouts.
La tendance portée par chaque pilier ajoute la seconde information. Elle distingue un pays fragile qui se redresse d'un pays mieux noté qui commence à céder.
Le climat n'est pas un dixième pilier : il agit à travers les autres. Une sécheresse touche d'un coup l'agriculture, l'électricité, les comptes publics et la santé.
SAPERE ne demande donc pas « quel pays est le plus puissant ? », mais : si quelque chose se dérègle demain, qu'est-ce qui continue de fonctionner, qu'est-ce qui cède, et de quoi le pays dépend-il pour tenir ?
Les points d'attention assumés : les parts commerciales sont celles de 2023, dernière matrice détaillée ; le nombre de déplacés varie selon les sources, entre 969,000 à la mi-2025 pour le HCR et plus d'un million pour le FMI.
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Dans la CEMAC, le Cameroun est difficile à contourner. Douala et Kribi ouvrent la mer au Tchad et à la République centrafricaine, la Banque des États de l’Afrique centrale siège à Yaoundé, et l’économie nationale produit davantage que toutes les autres économies de la CEMAC.
Le cacao a donné un répit très concret. Quatrième producteur mondial en 2023 avec environ 280,000 tonnes, le pays compte près de 400,000 emplois liés à la filière. La hausse des cours a soutenu la croissance de 2024 et cinq unités portent désormais la capacité de transformation locale à environ 109,000 tonnes. Ce progrès industriel reste toutefois exposé à la correction des prix anticipée en 2026.
Cette profondeur matérielle progresse aussi sur l’énergie : depuis mars 2025, les sept turbines de Nachtigal injectent 420 MW, près de 30 % de capacité supplémentaire. Pourtant, une seule ligne évacue toute cette puissance. Cette image résume la robustesse camerounaise : de nouveaux actifs, mais peu de redondance.
Le principal risque se trouve désormais au sommet. Réélu en 2025 pour un huitième mandat, Paul Biya gouverne depuis 1982 et a fait rétablir en avril 2026 une vice-présidence dont il nomme et révoque le titulaire. Deux conflits persistent, plus d’un million de personnes sont déplacées selon le FMI et l’élection contestée a encore refermé l’espace politique. Le pays tient : la succession existe désormais dans le texte, mais l’identité et la légitimité de celui qui l’incarnera dépendent encore de Biya.
Le Cameroun est à la fois, selon la grille SAPERE, le plus autonome des six pays de la CEMAC et l’un de ceux dont la décision politique est la plus personnalisée. Il possède la masse économique, les ports, la banque centrale régionale et une palette de partenaires assez large pour éviter une tutelle unique.
La réforme d’avril 2026 déplace le risque sans l’abolir : le vide constitutionnel recule, mais la désignation d’un successeur non élu concentre davantage la décision au sommet.
| Pays | Produits | Montant | Poids |
|---|---|---|---|
| Pays-Bas | Pétrole, cacao | ~1,15 Md $ | 23,2 % |
| France | Pétrole, cacao, bois | ~615 M$ | 12,4 % |
| Inde | Pétrole, gaz, bois | ~476 M$ | 9,6 % |
| Chine | Pétrole, bois, coton | ~385 M$ | 7,8 % |
| Tchad | Aliments, ciment, biens courants | ~248 M$ | 5,0 % |
| Pays | Produits | Montant | Poids |
|---|---|---|---|
| Chine | Machines, électronique, textiles | ~1,57 Md $ | 19,0 % |
| Inde | Carburants, riz, médicaments | ~960 M$ | 11,6 % |
| France | Machines, pharmacie, aliments | ~632 M$ | 7,6 % |
| États-Unis | Machines, véhicules, céréales | ~401 M$ | 4,8 % |
| Belgique | Pharmacie, machines, aliments | ~367 M$ | 4,4 % |
I · Économie et finance
II · Industrie et technologie
III · Démographie et capital humain
IV · Diplomatie, influence et information
V · Énergie et ressources
VI · Défense et sécurité
VII · Innovation et savoir
VIII · Gouvernance et institutions
IX · Autonomie stratégique
Le pays sur SAPERE · Cameroun
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