Une même fièvre, six foyers · Épisode 5

Napata, le royaume qui survécut aux pharaons

Chassés du trône d’Égypte, les rois nubiens ne s’effondrent pas. Ils rentrent chez eux et recomposent l’héritage pharaonique au sein d’une souveraineté ancrée en Nubie.

Série Une même fièvre : six foyers du Ve siècle avant notre ère Épisode 5 sur 6
1. Perse
2. Grèce
3. Inde
4. Chine
5. Nubie
6. Marges

Il y a un siècle et demi encore, leurs ancêtres régnaient sur l’Égypte. Ils portaient la double couronne des pharaons, gouvernaient depuis Memphis, se faisaient enterrer sous des pyramides. Puis les armées assyriennes, mieux organisées et plus puissantes, les ont chassés du Nil inférieur. Les voilà refoulés vers le sud, vers leur terre d’origine, la Nubie. On pourrait croire l’histoire finie.

Elle ne fait que commencer. Car ces rois vaincus ne disparaissent pas. Ils rentrent chez eux, sur les rives du haut Nil, et là, au lieu de sombrer, ils recomposent un royaume sur ses propres bases, un royaume qui durera près de mille ans et forgera peu à peu ses propres dieux, sa propre écriture, ses reines. Au Ve siècle avant notre ère, sous nos yeux, un État africain vaincu hors d’Égypte se relève et se réinvente sur sa propre terre.

Un souverain koushite revenu sur sa terre contemple le Nil, Napata et le Gebel Barkal
Le royaume de Koush se recentre sur Napata, au pied du Gebel Barkal. Chassés d’Égypte, ses souverains transforment leur repli vers le Sud en reconstruction politique. Illustration : SAPERE.

Un royaume né d’une défaite

Reprenons le fil. Cette terre nubienne n’avait rien de neuf. Bien avant Napata, le royaume de Kerma y avait fait rayonner, dès le troisième millénaire, l’une des plus anciennes civilisations urbaines d’Afrique, avec ses palais de brique, ses vastes nécropoles et ses ateliers. L’État africain ne commence donc pas avec Napata : il a, sur ce même Nil, une profondeur de plus de mille ans. Aux VIIIe et VIIe siècles, les rois de Napata avaient réussi un exploit inouï : conquérir l’Égypte et y régner, formant la XXVe dynastie, celle qu’on surnomme les « pharaons noirs ». Ce fut bref et glorieux. Puis vinrent les campagnes assyriennes du VIIe siècle, et la domination nubienne sur l’Égypte prit fin lorsque Psammétique Ier réunifia le pays, vers 656.

C’est ce qui se passe ensuite qui nous intéresse. Beaucoup de royaumes, vaincus et refoulés, se seraient dissous dans les sables. Les Nubiens, eux, se replient sur Napata et y maintiennent un pouvoir royal. Mieux : ils entament une lente métamorphose. La perte de l’Égypte recentre durablement le royaume sur la Nubie, sans rompre avec l’héritage pharaonique. N’ayant plus à gouverner depuis le Nord, ils recentrent leur royaume sur sa propre terre, et façonnent l’héritage reçu à leur main.

D’un héritage reçu à un matériau approprié
Ce que la Nubie hérite de l’Égypte Le dieu Amon et une part du panthéon. Les pyramides comme tombeaux royaux. D’abord les hiéroglyphes et les codes pharaoniques. La figure sacrée du roi garant de l’ordre.
De l’héritage napatan aux créations méroïtiques ultérieures Le dieu-lion Apedemak, guerrier, sans modèle égyptien. L’écriture méroïtique, qui note sa propre langue. Les candaces, reines et reines mères au rôle politique de premier plan. Un centre africain, Méroé, loin de la Méditerranée.

Le glissement vers le sud

Carte du royaume de Napata et de Koush, le long du Nil dans l'actuel Soudan, de Napata vers Méroé
Le royaume de Koush vers 400 avant notre ère : le long du Nil soudanais, le centre glisse peu à peu de Napata, au nord, vers Méroé, plus au sud. Carte : SAPERE.

Ce basculement a une géographie. En 591, une armée égyptienne, grossie de mercenaires grecs, remonte le Nil et met à sac Napata. Après ce coup, le poids politique et économique du Sud semble s’accroître, dans un déplacement dont les causes restent discutées : accès aux terres et aux réseaux méridionaux, logiques dynastiques, sécurité face au Nord. Le cœur du royaume glissera vers l’aval du fleuve, plus au sud, vers une cité promise à un grand avenir, Méroé, mieux pourvue en terres et en pâturages, insérée dans des réseaux agricoles, artisanaux et commerciaux. Ce transfert de capitale ne sera pleinement consommé que bien plus tard, vers 270 avant notre ère. Mais tout s’amorce ici, au lendemain des défaites : replié sur Napata, le royaume cesse peu à peu de se penser comme un appendice de l’Égypte. Le Ve siècle n’est pas l’heure de l’apogée, mais celle de la bascule intérieure.

Ce royaume n’avait rien d’un monde clos. Vers 525, l’empire perse que nous avons vu au premier épisode tourne ses regards vers le sud : Cambyse envoie ses émissaires sonder la puissance nubienne. La réponse du roi de Koush, que rapporte Hérodote, est un défi tranquille : que les Perses reviennent quand ils sauront bander des arcs aussi grands que le sien. Selon le récit grec, une expédition perse s’y risqua pourtant et échoua dans les déserts, incapable de forcer le passage. Dans la mémoire grecque, le géant qui avait avalé l’Égypte dut renoncer devant la Nubie. Le détail est légendaire, mais il dit une chose : ce royaume africain était pris dans les grands jeux de son temps, assez redouté pour qu’on raconte son inviolabilité.

La Nubie fascinait d’ailleurs les Grecs autant qu’elle les arrêtait. Vers 450, en plein cœur de notre siècle, Hérodote recueille des informations sur la vallée du Nil et, pour les régions situées au-delà d’Éléphantine, à la frontière sud de l’Égypte, il ne dispose plus guère que de récits indirects. Le pays de Koush reste, pour le regard grec, une lisière du monde, dont on parle sans y pénétrer vraiment, présente et pourtant hors d’atteinte.

Et quel acteur. Sur le site de Méroé, le voyageur découvrira un jour des dizaines de pyramides aux arêtes vives, plus étroites et plus abruptes que celles de Gizeh, dressées par centaines dans le désert soudanais. Autour, les vestiges d’une ville insérée dans des réseaux agricoles, artisanaux et commerciaux, où le travail du fer est attesté, reliée par les pistes caravanières à l’Afrique intérieure comme à la mer Rouge. Rien de tout cela n’est une pâle imitation. C’est le visage d’une civilisation qui a trouvé son style, ses formes, sa manière d’habiter le monde.

Ce que Napata rendra possible

Peu à peu, l’héritage égyptien cesse d’être un modèle dominant pour devenir un matériau nubien. Le mouvement se déploiera surtout aux siècles suivants, jusqu’à l’apogée méroïtique. Le Ve siècle appartient à la longue phase de recomposition qui précède ce plein épanouissement, et cette recomposition mérite d’être nommée, car elle dessine peu à peu une civilisation à part entière.

D’abord, des dieux. La mécanique de l’appropriation se lit à merveille dans le culte d’Amon. Ce grand dieu égyptien, les Nubiens ne se contentent pas de le reprendre : ils l’enracinent dans leur propre géographie sacrée, à Gebel Barkal, la montagne sainte qui domine Napata. Sur une stèle, un roi de Napata fait parler ce dieu venu du Nord dans un langage politique désormais centré sur la royauté de Napata : « Amon de Napata m’a fait souverain de tout peuple. » Le dieu égyptien devient le garant d’une royauté du Sud : l’héritage change de sol et de maître. À côté de cet Amon nubianisé s’impose ensuite une divinité proprement locale, Apedemak, un dieu-lion guerrier, dispensateur de vie, inconnu du panthéon des pharaons. Vient aussi, plus tard, une écriture : les Nubiens finiront par abandonner les hiéroglyphes égyptiens pour créer leur propre système, l’écriture méroïtique, qui note la langue méroïtique, encore aujourd’hui imparfaitement comprise. Et, plus frappant encore, un pouvoir où des femmes tiendront une place de premier plan. Là où l’Égypte n’a couronné qu’exceptionnellement des femmes, la Nubie leur fera une place bien plus visible.

Ces reines, la tradition classique les appellera les candaces. Certaines reines et reines mères occupèrent une place politique exceptionnelle, parfois jusqu’à exercer directement la souveraineté ; l’une d’elles, Amanirenas, osera bien plus tard défier Rome elle-même. Ces figures tardives montrent jusqu’où ira l’originalité politique nubienne : non une copie de l’Égypte, mais une autre grammaire royale, où des femmes purent tenir le premier rôle.

Ce que Napata rendra possible

En transformant progressivement l’héritage égyptien plutôt qu’en le rejetant, la Nubie ouvre la voie à des traits qui deviendront les siens. Ils s’épanouiront surtout après le Ve siècle : ce dernier n’en est pas l’apogée, mais l’un des moments où s’amorce le recentrement.

Ses propres dieux À côté d’Amon hérité de l’Égypte s’impose Apedemak, dieu-lion guerrier, inconnu du panthéon des pharaons.
Sa propre écriture Les Nubiens abandonnent les hiéroglyphes égyptiens pour créer l’écriture méroïtique, qui note une langue encore imparfaitement comprise.
Des reines souveraines Certaines candaces exercent directement la souveraineté ; d’autres occupent une place dynastique et politique majeure. Une visibilité des reines et reines mères remarquable.
Sa propre capitale Le centre glisse de Napata vers Méroé, loin de l’Égypte, autour d’un travail du fer et d’un commerce florissants.

Attention : ces traits s’épanouissent surtout entre le IIe siècle av. J.-C. et les premiers siècles de notre ère. Le Ve siècle appartient à la longue phase de recomposition qui précède leur plein épanouissement, il n’en est pas l’apogée.

L’Afrique dans le concert des foyers

Gardons la mesure des choses. Ce royaume n’est pas une démocratie, ni un havre de douceur : c’est un État guerrier, hiérarchique et inégalitaire, probablement fondé aussi sur différentes formes de dépendance et de contrainte. Il ne s’agit pas de l’idéaliser, mais de lui rendre sa place, celle qu’une longue tradition lui a refusée. Car pendant des siècles, on a regardé la Nubie comme une pâle province de l’Égypte, un reflet sans lumière à lui. C’était une erreur, née d’un préjugé tenace.

La vérité est tout autre. Au moment même où Athènes vote sur la Pnyx et où Confucius cherche un prince, un royaume africain vaincu se relève sur le haut Nil et affirme, sur sa propre terre, une souveraineté qui ne doit sa grandeur ni à l’Égypte ni à personne d’autre qu’à sa manière de transformer ce qu’il a reçu. L’Afrique n’a pas attendu qu’on vienne lui apporter l’État : elle en avait, de longue main, et Napata le prouve une fois de plus.

Et c’est ainsi que ce cinquième foyer complète notre tableau. La Perse gouvernait l’immense, Athènes se gouvernait entre citoyens, l’Inde cherchait à sortir du monde, la Chine à remettre les hommes en ordre. La Nubie, elle, répond à une question que nos récits scolaires ont longtemps reléguée à la marge : comment maintenir une souveraineté durable entre héritage égyptien, ancrage nubien et pression des grands empires ? Sa réponse aura duré près de mille ans : non pas refuser l’héritage du plus grand voisin, mais le recomposer peu à peu en une langue politique proprement nubienne.

Le fait majeur

Après les campagnes assyriennes et la réunification de l’Égypte par Psammétique Ier vers 656, les rois nubiens de Napata perdent l’Égypte mais ne disparaissent pas. Repliés sur leur terre, ils y maintiennent un État africain autonome qui, au Ve siècle, poursuit son recentrement sur la Nubie avant que la capitale ne glisse vers Méroé.

Le contre-récit

La Nubie n’est pas une pâle copie de l’Égypte, ni une Afrique « sans histoire ». C’est une civilisation originale, avec ses dieux, son écriture, ses reines. Les représentations scolaires et populaires ont longtemps minoré les États africains anciens et traité la Nubie comme une simple périphérie de l’Égypte.

Le mécanisme central

La perte de l’Égypte, conjuguée à des dynamiques internes et méridionales, recentre peu à peu la Nubie sur elle-même. N’ayant plus à gouverner depuis le Nord, le royaume façonne l’héritage pharaonique à sa main et prépare la longue bascule vers Méroé.

Le verrouillage

Un État africain souverain se maintient au moment même où Athènes vote et où Confucius enseigne. La Nubie élabore progressivement une grammaire politique propre, et cette civilisation durera près de mille ans.

Une précision de calendrier s’impose, car elle est au cœur de cet épisode. Les traits les plus éclatants de cette civilisation, l’écriture méroïtique, les grandes candaces guerrières, les temples d’Apedemak, ne s’épanouissent pleinement qu’aux siècles suivants, entre le IIe siècle avant notre ère et les premiers siècles de notre ère. Les plaquer tels quels sur le Ve siècle serait une faute. Ce que nous saisissons au Ve siècle, c’est un moment de bascule, la lente translation de Napata vers Méroé, un recentrement encore inachevé. Le fruit mûrira bien plus tard ; ce siècle appartient à la longue phase qui le prépare, sans qu’on puisse y lire déjà tout ce qui adviendra.

Pylône du temple du Lion à Naga : le roi Natakamani et la kandake Amanitore soumettant leurs ennemis, un lion à leurs pieds
Pylône avant du temple du Lion (Apedemak) à Naga : le roi Natakamani et la kandake Amanitore soumettant leurs ennemis, un lion à chaque pied. Un témoignage tardif, méroïtique, de la royauté partagée et du culte d’Apedemak. Photo : domaine public.

La date même de ce transfert vers Méroé divise d’ailleurs les spécialistes, et le désaccord mérite d’être dit. Certains la fixent tôt, dès le VIe siècle avant notre ère, en suivant l’apparition des premiers rois attestés dans le sud. Beaucoup situent dès le IVe siècle le moment où Méroé devient le véritable centre de gravité du royaume. D’autres repoussent jusque vers 270 le transfert pleinement consommé, quand la cité accueille sans conteste les sépultures royales. Les uns datent par les tombes, les autres par le statut politique de la cité, et la vérité se cache sans doute dans ce long intervalle. Loin d’affaiblir notre récit, ce flou le confirme : le passage de Napata à Méroé ne fut pas un déménagement brusque, mais un glissement de plusieurs siècles, dont le Ve siècle occupe précisément le cœur.

Il faut aussi être honnête sur les sources. La civilisation méroïtique nous reste en partie muette : son écriture, on sait la déchiffrer phonétiquement, mais sa langue demeure mal comprise. Beaucoup de ce que nous croyons savoir vient de sources extérieures, égyptiennes, grecques, romaines, avec les déformations que cela suppose. Nous regardons ce royaume à travers le regard de ses voisins, souvent condescendant. La prudence est de mise : nous connaissons la Nubie de loin, et de biais.

Prudence encore sur une image répandue, celle de Méroé « Birmingham de l’Afrique », grande cité sidérurgique. Le travail du fer y fut réel, attesté par d’énormes amas de scories, et il compta dans la prospérité du royaume. Mais les spécialistes les plus récents jugent l’expression exagérée : il ne faut pas transformer un savoir-faire métallurgique important en révolution industrielle avant l’heure. Là encore, rendre justice à la Nubie n’est pas la grandir au-delà du vrai, mais la mesurer avec exactitude.

Un mot, enfin, sur le préjugé que cet épisode entend corriger. Longtemps, l’histoire officielle a présenté l’Afrique subsaharienne comme un continent sans États, sans écriture, sans histoire avant l’arrivée des Européens. La Nubie dément cette fable à elle seule. Mais attention à ne pas verser dans l’excès inverse, celui d’une Afrique idéalisée. Ce royaume fut puissant et original ; il fut aussi guerrier, inégalitaire, esclavagiste. Lui rendre justice, ce n’est pas le parer de toutes les vertus : c’est le regarder comme un État réel, avec sa grandeur et ses ombres, à égalité avec les autres.

Reste une question ouverte. Si la Nubie a été si longtemps effacée de notre récit des origines, combien d’autres foyers l’ont été aussi ? Notre carte du Ve siècle, centrée sur quatre ou cinq grands noms, est encore le produit de ce que les archives ont bien voulu nous transmettre, et de ce que les historiens ont bien voulu chercher. Le prochain épisode, sur les mondes sans écriture, prolongera cette inquiétude.

VIIIe-VIIe siècle av. J.-C.

Depuis la région de Napata, devenue un centre royal majeur aux VIIIe-VIIe siècles, les rois de Koush conquièrent l’Égypte et fondent la XXVe dynastie, celle des « pharaons noirs ». Le plus fameux, Taharqa, règne sur un empire allant du Soudan à la Méditerranée.

vers 656 av. J.-C.

Après plusieurs campagnes assyriennes au VIIe siècle, puis la réunification de l’Égypte par Psammétique Ier, la domination koushite sur l’Égypte prend fin vers 656. Refoulés vers le sud, les rois nubiens se replient sur Napata et y maintiennent, contre toute attente, un pouvoir royal indépendant.

591 av. J.-C.

Une armée égyptienne, sous Psammétique II, remonte le Nil et met à sac Napata. C’est l’un des rares événements datés avec certitude de cette histoire. Après cet épisode, le poids des régions méridionales semble s’accroître, sans que l’on puisse réduire ce déplacement à une cause unique.

vers 525 av. J.-C.

Selon Hérodote, le roi perse Cambyse, maître de l’Égypte, aurait lancé une expédition vers la Nubie, qui aurait échoué dans le désert. L’ampleur réelle de l’épisode reste discutée, mais le récit dit assez la réputation d’inviolabilité du royaume de Koush.

Le siècle de bascule Ve siècle av. J.-C.

Replié sur Napata, le royaume poursuit son recentrement sur la Nubie. Il façonne l’héritage égyptien à sa main et cesse peu à peu de se penser comme un appendice de l’Égypte. C’est le siècle charnière de notre récit, avant le transfert de la capitale.

vers 270 av. J.-C.

Transfert de la capitale de Napata à Méroé, plus au sud. Le royaume recentre son cœur sur le Nil moyen et ses ressources minières. La civilisation méroïtique va s’y épanouir pleinement.

vers 150 av. J.-C.

Apparition de l’écriture méroïtique, qui note la langue méroïtique, encore imparfaitement comprise, et remplace peu à peu l’égyptien dans les textes officiels. Le royaume affirme sa propre identité graphique.

vers 30 av. J.-C.

La candace Amanirenas (r. 40-10) affronte les armées d’Auguste et marche sur Syène. Le conflit débouche sur un traité sans tribut, arrangement rare que peu de royaumes obtiendront de Rome.

vers 350 apr. J.-C.

Le royaume de Méroé s’éteint, sous les coups d’Aksoum et la pression des peuples du désert. Plus de mille ans après la fondation de Napata, la civilisation nubienne indépendante s’achève, longtemps oubliée.

Les six épisodes de la série

À lire aussi sur SAPERE

Pour aller plus loin

  • Histoire générale de l’Afrique, tome II : Afrique ancienne, sous la dir. de G. Mokhtar, UNESCO, 1980. La grande somme collective de référence. Son chapitre sur l’empire de Koush, Napata et Méroé, est la source savante de cet épisode.
  • Le royaume de Méroé, Claude Rilly (et ses travaux sur la langue méroïtique). Le grand spécialiste français de Méroé et de son écriture. Pour entrer dans une civilisation qui nous parle encore à demi-mot.
  • L’Afrique ancienne. De l’Acacus au Zimbabwe, François-Xavier Fauvelle. Une synthèse de référence, qui rend à l’Afrique antique sa place dans l’histoire globale. Accessible et récente.
  • The History of Africa, Molefi Kete Asante. Une histoire écrite depuis l’Afrique, par le fondateur de l’afrocentricité. À lire avec un œil critique, car ses thèses les plus fortes sont discutées, mais précieuse pour changer de point de vue.

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