1894-1917 : une période d’influence russe et de rivalités.
Les relations diplomatiques entre la Chine et la Russie sous le tsar russe Nicolas II étaient complexes et marquées par des tensions, des rivalités géopolitiques croissantes et des conflits d’intérêts entre ces deux grandes puissances.
La Russie a cherché à consolider sa position en Asie de l’Est et à protéger ses intérêts économiques et stratégiques en Mandchourie et en Mongolie.
Pour la Chine, cette période a été marquée par des pertes territoriales, des humiliations et des pressions extérieures exercées par différentes puissances étrangères.
Les principales dates clés
1894-1895 : La Chine et le Japon se livrent à la première guerre sino-japonaise, au cours de laquelle Pékin subit une défaite humiliante. La Russie, saisissant l’opportunité, exige et obtient des concessions en Mandchourie, notamment les territoires stratégiques de Port-Arthur et de Dalian.
1895 : Le Traité de Shimonoseki de 1895 met fin à la guerre sino-japonaise.
1896 : La concession russe de Port-Arthur en Mandchourie est établie, renforçant la présence militaire russe en Asie de l’Est.
1898 : La Chine accorde à la Russie un bail de 25 ans pour la location de la péninsule de Liaodong, qui comprenait Port-Arthur et Dalian, ainsi que le droit de construire la ligne de chemin de fer de l’Est chinois.
1900 : Lors de la Révolte des Boxers, les troupes russes occupent une partie de la Mandchourie. La Russie joue un rôle majeur dans l’imposition du Protocole Boxer, qui sanctionne sévèrement la Chine.
1902 : Signature du Traité de Pékin entre la Russie et la Chine, qui confirme les droits et les privilèges de la Russie en Mandchourie et en Mongolie.
1904-1905 : Déclenchement de la guerre russo-japonaise. La Russie subit une défaite décisive face au Japon, qui conduit à la perte de certaines de ses possessions en Mandchourie.
1907 : Signature de l’Accord de Pékin entre la Russie et la Chine, qui redéfinit les frontières en Mandchourie et en Mongolie, accordant à la Russie un contrôle accru sur ces régions.
1911 : La chute de la dynastie impériale Qing au pouvoir depuis 1644 et la proclamation de la République de Chine marquent un tournant. La Russie reconnaît le nouveau gouvernement.
1914-1916 : Pendant la Première Guerre mondiale, bien que la Chine reste neutre, la Russie utilise le chaos pour renforcer son influence en Mandchourie et en Mongolie intérieure.
1917-1923 : Convergence idéologique, tensions et coopération
Les relations diplomatiques entre la Chine et la Russie de Lénine entre 1917 et 1923 sont marquées par une convergence d’intérêts idéologiques entre les deux pays, en raison de la montée du communisme en Russie et de l’émergence du nationalisme en Chine. La Russie soviétique soutient activement le mouvement nationaliste chinois et le Parti communiste chinois, contribuant ainsi à renforcer leur position politique et militaire. Le Traité de l’Amitié sino-soviétique de 1923 sera un jalon important dans la reconnaissance mutuelle et la coopération entre les deux pays.
Cependant, les relations sont également marquées par des tensions et des conflits frontaliers, notamment lors de l’occupation soviétique de la région de l’Est de la Mongolie en 1921.
Les principales dates clés
1917 : La Révolution éclate en Russie, renversant le gouvernement tsariste et établissant en novembre un régime communiste dirigé par Lénine.
1919 : Le Traité de Versailles met fin à la Première Guerre mondiale. La Chine, qui avait soutenu les Alliés, espère récupérer les concessions étrangères sur son territoire consenties à partir du milieu du 19ème siècle, souvent par la force, à la Grande-Bretagne, l’Allemagne, la France, la Russie et les Etats-Unis et dans une moindre mesure à la Belgique, l’Italie et le Japon. Ses demandes sont largement ignorées lors des négociations. Cette situation va alimenter le nationalisme chinois. Bien que certaines concessions aient été restituées ultérieurement, la restitution complète n’a pas été réalisée.
1920 : La Russie soviétique soutient le mouvement nationaliste chinois dirigé par Sun Yat-sen et son parti, le Kuomintang (KMT). Des conseillers soviétiques, tels que Mikhaïl Borodine, sont envoyés en Chine pour aider le KMT dans sa lutte contre les seigneurs de la guerre et les puissances étrangères.
1921 : Fondation du Parti communiste chinois (PCC) à Shanghai, avec le soutien et les conseils du Parti communiste de l’Union soviétique (PCUS).
1921 : Occupation soviétique de l’Est de la Mongolie. La Chine considérant la région comme faisant partie de son territoire, envoie des troupes arméesle long de la frontière. Un accord sera conclu en 1924, reconnaissant l’indépendance de facto de la Mongolie-Extérieure.
1922 : Signature du Traité de Rapallo entre l’URSS et l’Allemagne, qui normalise les relations diplomatiques et économiques entre les deux pays. Ce traité a un impact indirect sur les relations sino-soviétiques, car il permet à l’URSS de se concentrer davantage sur ses affaires européennes.
1923 : Signature du Traité de l’Amitié sino-soviétique. Ce traité établit la reconnaissance mutuelle entre la Russie soviétique et la République de Chine, et jette les bases d’une coopération économique, militaire et culturelle entre les deux pays.
1924-1953 : Une période de défis et d'évolutions dans les relations sino-russes
Entre 1924 et 1953, les relations diplomatiques entre la Chine et la Russie de Staline ont connu des fluctuations en raison de la guerre civile chinoise et de la guerre sino-japonaise. La Russie soviétique a soutenu le gouvernement nationaliste du Kuomintang dirigé par Tchang Kaï-chek contre l’agression japonaise, mais les tensions politiques et idéologiques entre les communistes chinois et le KMT ont également eu un impact sur les relations sino-russes. Malgré cela, la Russie soviétique a fourni un soutien significatif à la Chine dans sa lutte contre l’occupation japonaise, établissant une relation de coopération militaire et politique. La solidarité dans la lutte contre l’agression a été un facteur important dans le développement des relations sino-russes pendant cette période.
Les principales dates clés
1924 janv 21: Mort de Lénine. Le pouvoir russe est d’abord à la main d’une Troika, composée de Kamenev, Staline et Zinoviev qui dirige collectivement le pays, avant que Staline ne s’impose.
1925 mars 12 : Mort de Sun Yat-sen, fondateur du Kuomintang (KMT) en Chine. Tchang Kaï-chek, 38 ans, lui succède.
1927 : Tchang Kaï-chek lance une répression brutale contre les communistes chinois au sein du KMT, déclenchant une guerre civile entre le KMT et le Parti communiste chinois (PCC).
1928-1929 : La Russie soviétique reconnaît le gouvernement nationaliste du Kuomintang dirigé par Tchang Kaï-chek comme le gouvernement légitime de la Chine.
1931 : L’armée japonaise envahit la Mandchourie, provoquant une crise en Chine. La Russie soviétique soutient le gouvernement chinois dans sa lutte contre l’agression japonaise.
1937-1945 : Début de la guerre sino-japonaise à grande échelle. La Russie soviétique fournit un soutien matériel et logistique au gouvernement chinois, notamment des armes, des conseillers militaires et une assistance économique.
1937 : Incident du pont Marco Polo à Pékin. Des affrontements éclatent entre les troupes japonaises et les troupes soviétiques à la frontière sino-soviétique.
1943 : Signature du Traité d’amitié, d’alliance et de soutien mutuel entre la République de Chine et l’Union soviétique. Ce traité renforce la coopération militaire et politique entre les deux pays.
1949 : La République populaire de Chine (RPC) dirigée par le Parti communiste chinois (PCC) de Mao Zedong est proclamée le 6 octobre, marquant la victoire des communistes sur le KMT. L’Union soviétique est l’un des premiers pays à reconnaître le nouveau régime et à établir des relations diplomatiques avec lui.
1949 : Début de la guerre froide entre le deux super-puissances de l’époque, l’URSS communiste et les Etats-Unis d’Amérique capitaliste.
1950 février : la Chine et l’Union soviétique signent un nouveau Traité d’amitié, d’alliance et d’assistance mutuelle, qui établit une alliance formelle entre les deux pays. La Russie soviétique fournit un important soutien économique, militaire et technique à la Chine permettant de consolider les bases du pouvoir communiste en Chine et de renforcer la relation entre les deux pays.
1950 : En octobre, la guerre de Corée éclate lorsque la Corée du Nord envahit la Corée du Sud. La Chine et la Russie soviétique soutiennent la Corée du Nord, tandis que les États-Unis et leurs alliés soutiennent la Corée du Sud. La guerre de Corée renforce les liens entre la Chine et la Russie, qui coopèrent militairement dans le conflit.
1952 : En avril, Staline entreprend une visite en Chine, renforçant les relations bilatérales.
1953 mars 5 : En mars, la mort de Staline va entraîner des changements politiques en Union Soviétique qui vont avoir des répercussions sur les relations sino-russes.
1953-1964 : De la coopération, aux tensions jusqu’à la rupture diplomatique
Les relations diplomatiques entre la Chine de Mao et la Russie de Khrouchtchev entre 1953 et 1964 ont été complexes et tumultueuses. Cette période a été marquée par une première phase d’amitié et de coopération, suivie par des tensions croissantes et des divergences idéologiques profondes. Les différences de vision sur la manière de construire le socialisme et de mener la révolution commencent ainsi à se manifester.
Les différends sur des questions politiques, stratégiques et idéologiques ont finalement conduit à un schisme majeur entre la Chine et l’Union soviétique, mettant fin à leur coopération et entraînant une rupture diplomatique en 1964.
Les principales dates clés
1953 – mars 5 : Mort de Joseph Staline et début du règne de Khrouchtchev en Union soviétique.
1954 – octobre : Visite du Premier ministre chinois Zhou Enlai en Union soviétique, marquant un rapprochement entre les deux pays.
1956 – octobre : le 20e Congrès du Parti communiste de l’Union soviétique a lieu. Nikita Khrouchtchev y dénonce les excès du régime stalinien. Cela crée des tensions idéologiques entre la Chine et l’Union soviétique, car les dirigeants chinois critiquent la déstalinisation et s’inquiètent de l’impact sur le mouvement communiste international.
1957 juillet 14-17 : Rencontre historique à Moscou entre Mao et Khrouchtchev, en pleine Guerre froide avec l’Occident. Le Grand Timonier décrit la confrontation entre les deux blocs, « le vent d’est et le vent d’ouest ». « Une expression chinoise dit que soit le vent d’est submerge le vent d’ouest, soit le vent d’ouest submerge le vent d’est, avait-il dit. Je pense que la situation actuelle est caractérisée par le vent d’est qui submerge le vent d’ouest, c’est-à-dire la domination écrasante des forces socialistes sur les forces impérialistes. »
1958 – juillet : le Grand Bond en avant est lancé en Chine, une campagne économique et politique ambitieuse qui entraîne des difficultés économiques et des tensions internes.
1959 – juillet : des affrontements frontaliers éclatent entre la Chine et l’Inde au sujet de la région disputée de l’Aksai Chin, ce qui crée des tensions entre la Chine et l’Union soviétique, qui soutient l’Inde.
1959 : Des tensions émergent entre la Chine et l’Union soviétique, en particulier sur des questions idéologiques et de leadership du mouvement communiste mondial.
1960 : La Chine accuse l’Union soviétique de « révisionnisme » et de déviation du marxisme-léninisme. Les dirigeants chinois, notamment Mao Zedong et Deng Xiaoping considèrent que Moscou s’est éloigné des idéaux révolutionnaires. Ils sont en profond désaccord avec la politique de coexistence pacifique de l’URSS avec les puissances occidentales capitalistes, mais aussi avec son modèle économique centralisé. Par ailleurs, Pekin se dispute avec Moscou sur la direction du mouvement communiste international. La Chine soutient les mouvements révolutionnaires dans les pays en développement.
1961 – juillet 13 : La Chine et l’Union soviétique rompent officiellement leurs relations diplomatiques.
1963 – juillet 15 : La Chine teste sa première bombe nucléaire.
1964 – octobre : Le Parti communiste chinois critique ouvertement Khrouchtchev lors de la 8ᵉ réunion plénière du 8ᵉ Comité central du parti.
1964 – octobre 16 : Khrouchtchev est destitué de son poste de Premier secrétaire du Parti communiste de l’Union soviétique.
1964-1985 : Entre tensions idéologiques et pragmatisme diplomatique
Au cours de la période allant de 1964 à début 1985, les relations diplomatiques entre la Chine et l’Union soviétique dirigée successivement par Leonid Brejnev (1964-1982), Iouri Andropov (1982-1984) et Tchernenko (1984-1985) ont été marquées par un mélange de tensions idéologiques et de pragmatisme diplomatique. En 1961, la Chine avait rompu ses liens diplomatiques avec l’Union soviétique, une rupture qui a été officiellement confirmée en 1964, entraînant une période de tensions et d’hostilité entre les deux pays communistes.
En 1969, des affrontements et des incidents se sont produits le long de la frontière sino-soviétique, en particulier dans la région du fleuve Amour et sur l’île de Damansky. Ces événements ont exacerbé les tensions déjà existantes entre les deux nations.
Toutefois, au début des années 1970, une certaine détente s’est manifestée. Des négociations secrètes ont eu lieu à Pékin, ouvrant la voie à des échanges culturels et économiques limités entre la Chine et l’Union soviétique.
Malgré ces moments de détente, la rivalité géopolitique entre les deux pays est restée présente. La Chine et l’Union soviétique se sont engagées dans des compétitions idéologiques, économiques et géopolitiques dans différentes régions du monde.
Les principales dates clés
1964 juillet : la Chine rompt officiellement ses relations diplomatiques avec l’Union soviétique en raison de divergences idéologiques et politiques. L’Union soviétique va progressivement réduire son aide économique et militaire à la Chine, impactant de façon significative l’économie chinoise. Pékin développe en conséquence une politique d’autosuffisance. La rupture entraîne également un relatif isolement international. La majorité des pays du bloc de l’Est, alliés de l’Union soviétique, rompant leurs relations diplomatiques avec Pékin.
1969 mars : des affrontements militaires éclatent sur l’île de Damansky (ou Zhenbao) située sur la frontière sino-soviétique, entraînant des pertes humaines. Ce conflit, connu sous le nom de conflit sino-soviétique de 1969, aggrave les tensions entre les deux pays et entraîne une militarisation accrue de leur frontière commune.
1970 février 21 : Le président soviétique Nikolai V. Podgorny effectue une visite officielle en Chine, marquant une étape importante dans le rapprochement sino-soviétique, bien que l’URSS ne fournisse plus une aide économique substantielle à la Chine.
1970 avril : Négociations secrètes à Pékin, ouvrant la voie à des échanges culturels et économiques limités. Si les tensions idéologiques persistent, les deux parties reconnaissent l’importance de maintenir une certaine coopération et de prévenir une détérioration supplémentaire des relations.
1972 février 22 : Le président américain Richard Nixon effectue une visite historique en Chine marquant la normalisation des relations sino-américaines.
1972 septembre 22 : La Chine et l’Union soviétique signent un accord frontalier, mettant fin aux tensions le long de leur frontière commune. Cet accord clarifie la plupart des frontières contestées.
1973 octobre 14 : Les dirigeants chinois et soviétiques publient une déclaration conjointe, soulignant leur intention de normaliser les relations bilatérales et de prévenir les conflits armés entre les deux pays.
1979 fin : Les relations entre la Chine et l’Union soviétique commencent à se détériorer à nouveau, marquant la fin de la période dite de détente. La Chine s’oppose à l’intervention russe en Afghanistan.
1982 mai : Hu Yaobang, secrétaire général du Parti communiste chinois, se rend en visite officielle en Union soviétique. Cette visite est considérée comme un jalon important dans le processus de normalisation des relations sino-soviétiques.
1982 juillet 30 : Les deux pays signent une déclaration commune sur les principes des relations internationales, qui met en évidence leur volonté de promouvoir la détente et de résoudre pacifiquement les différends.
1984 février: le secrétaire général du Parti communiste soviétique, Konstantin Tchernenko, effectue une visite en Chine. Cette visite est perçue comme un signe supplémentaire de l’amélioration des relations entre les deux pays.
1985-1991 : Une coopération renouvelée
La relation diplomatique entre la Chine et la Russie (Union soviétique) sous Mikhaïl Gorbatchev (1985-1991) a été caractérisée par une période de détente et de rapprochement entre les deux pays. Cette période a jeté les bases d’une coopération économique accrue entre la Chine et la Russie dans les années qui ont suivi. Les principaux domaines de coopération incluaient l’économie et le commerce, la technologie et les sciences, la culture et l’éducation, ainsi que la coopération politique et diplomatique. Ces efforts ont contribué à renforcer les liens entre la Chine et la Russie et à établir une base solide pour une collaboration future.
Les deux pays ont dû faire face ensemble à des défis internes importants liés à la transition économique majeure engagée en faveur de la modernisation et aux réformes politiques amorcées.
Les principales dates clés
1985 mars 11: Mikhaïl Gorbatchev devient le nouveau secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique et entame des réformes politiques et économiques connues sous le nom de la perestroïka et de la glasnost. Ces réformes auront un impact significatif sur la politique étrangère de l’Union soviétique et sur ses relations avec la Chine.
1986 juin : La frontière sino-soviétique est officiellement délimitée avec la signature d’un accord entre les deux pays. Cela contribue à la résolution de certaines questions territoriales litigieuses entre la Chine et l’Union soviétique.
1989 mai : L’Union soviétique annonce le retrait de la majorité de ses troupes de la frontière sino-soviétique, marquant une étape importante dans l’apaisement des tensions militaires entre les deux pays.
1989 mai 3-10 : Le Premier ministre chinois, Li Peng, effectue une visite en Union soviétique, marquant une étape importante dans le renforcement des relations bilatérales.
1989 mai 15-19 : Mikhaïl Gorbatchev, secrétaire général du Parti communiste de l’Union soviétique, effectue une visite officielle en Chine. Il rencontre Deng Xiaoping pour discuter de la normalisation des relations sino-soviétiques et de la coopération économique. La visite se déroule pendant les manifestations de la place Tian’anmen à Pékin, qui seront réprimées par la force armée début juin. Gorbatchev exprime sa préoccupation face à la situation.
1989 décembre 27 : La Chine et l’Union soviétique annoncent officiellement la normalisation de leurs relations diplomatiques, mettant fin à longue une période de confrontation et de méfiance.
1991 décembre 25 : L’Union soviétique se dissout et laisse place à la Communauté des États indépendants (CEI). Cela entraîne des changements majeurs dans la dynamique des relations entre la Chine et la Russie, ainsi qu’avec les nouvelles républiques indépendantes issues de l’ancienne Union soviétique.
1992-1999 : Une relation qui se finalise par un partenariat stratégique
Sous la présidence de Boris Eltsine (1991-1999), les relations diplomatiques entre la Chine et la Russie ont connu une amélioration notable. Les deux pays ont travaillé à normaliser leurs relations, passant d’une période de méfiance pendant la guerre froide à une coopération plus étroite. Un partenariat stratégique de coordination a été établi en 1999, jetant les bases d’une relation solide. La coopération économique et énergétique s’est intensifiée, avec une augmentation des échanges commerciaux et des investissements mutuels. La coordination diplomatique sur les questions régionales et internationales a renforcé l’influence collective des deux pays.
Cette relation a contribué à promouvoir un ordre mondial multipolaire et à s’opposer à l’hégémonie américaine. Dans l’ensemble, la période sous Eltsine a été marquée par un rapprochement significatif et une coopération croissante entre la Chine et la Russie.
Les principales dates clés
1992 novembre 24 : La Chine et la Russie signent un traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération, jetant les bases d’une relation bilatérale stable et constructive.
1993 mai 9 : Le président chinois Jiang Zemin effectue une visite officielle en Russie, marquant un renforcement des liens entre les deux pays. Des accords sont signés dans les domaines du commerce, de la technologie et de la coopération militaire.
1994 aout 9 : Les deux pays annoncent la résolution de leur différend frontalier, mettant fin à des décennies de négociations. Cela contribue à renforcer la confiance mutuelle et la stabilité dans la région.
1996 avril 26 : Visite officielle de Boris Elstine en Chine, marquant une étape importante dans le renforcement des relations bilatérales.
1997 mai 20 : Le président chinois Jiang Zemin effectue une visite en Russie
1999 décembre 9 : La Chine et la Russie signent une déclaration commune pour établir un partenariat stratégique de coordination. Cela marque une étape importante dans le renforcement de la coopération bilatérale et la coordination sur les questions régionales et internationales.
2000-2024 : Un partenariat stratégique solide et sensiblement renforcé
La Russie de Vladimir Poutine et la Chine de Xi Jinping, tous deux membres permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies, ont bâti des relations diplomatiques fortes, fondées sur une collaboration stratégique.
Cette relation s’est approfondie avec des accords énergétiques et économiques majeurs, la Russie devenant un fournisseur clé de ressources naturelles pour la Chine en expansion. Réagissant aux sanctions occidentales, notamment après la crise ukrainienne en 2014, la Russie s’est encore plus orientée vers la Chine, cherchant des opportunités économiques et un soutien politique.
Les deux pays ont également renforcé leur coopération militaire et sécuritaire, avec des exercices conjoints et un alignement sur de nombreux enjeux géopolitiques, présentant souvent un front uni dans les forums internationaux. Cette alliance sino-russe, axée sur une vision partagée d’un ordre mondial multipolaire et d’une opposition à l’hégémonie perçue de l’Occident, a entraîné des préoccupations croissantes en Europe et aux États-Unis.
Les principales dates clés
2000 juillet 25: Le président russe Vladimir Poutine effectue sa première visite officielle en Chine, où il rencontre le président chinois Jiang Zemin. Les deux dirigeants soulignent l’importance de renforcer les relations bilatérales et la coopération stratégique entre les deux pays.
2001 juin 14: Défense. Au sommet du groupe de Shangaï, Jiang Zemin et Vladimir Poutine réitèrent leur opposition au projet américain de bouclier antimissile.
2001 juillet 16 : Le traité de bon voisinage, d’amitié et de coopération entre la Chine et la Russie est prolongé pour une nouvelle période de 20 ans. Il marque un renforcement des liens bilatéraux, s’engageant dans une coopération étendue couvrant les sphères politique, économique, militaire, culturelle, et éducative. Ce nouveau traité promeut la stabilité stratégique mondiale sans chercher la supériorité militaire, encourt la coopération économique, notamment dans le commerce et l’énergie, et la coordination politique sur la scène internationale. Il réitère également l’engagement des deux nations à régler pacifiquement leurs différends, à lutter conjointement contre le terrorisme et la criminalité transnationale, tout en respectant leur souveraineté et intégrité territoriale. La durée initiale du traité est de vingt ans, avec une option de prolongation automatique.
2001 : La Russie et la Chine deviennent membres fondateurs de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), une organisation régionale de sécurité et de coopération, créée pour contrer l’hégémonie américaine, avec la participation du Kazakhstan, Kirghizistan, Tadjikistan et de l’Ouzbékistan. En 2017, l’Inde et le Pakistan les rejoindront.
2003 février 27 : Irak. Rencontre, à Pékin, des ministres des Affaires étrangères chinois et russe. Tang Jiaxuan et Igor Ivanov. Le ministre russe affirme que la Russie pourrait utiliser son droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies.
2003 mai 27: Durant la visite du président chinois Hu Jintao à Moscou, la Russie et la Chine réaffirment leur amitié et leur volonté commune de voir l’ONU jouer un rôle prépondérant dans la reconstruction de l’Irak, marquant leur opposition à l’hégémonie américaine. Critiquant la limitation du rôle de l’ONU à des missions humanitaires proposée par les États-Unis, ils plaident pour une solution politique à la crise irakienne et contre l’usage de la force en Corée du Nord, tout en promouvant un ordre mondial multipolaire respectueux du droit international.
2004 octobre 14: La Chine et la Russie signent un accord sur la délimitation de leur frontière terrestre commune, résolvant ainsi 98% des différends territoriaux et consolidant la stabilité dans la région frontalière, après 40 ans de négociation.
2005 juin 18-25: Défense. Les premières manœuvres militaires conjointes russo-chinoises, intitulées « Mission de paix 2005 » débutent à Vladivostok et continuent en mer Jaune, illustrant la volonté des deux pays d’améliorer leur capacité à faire face à de nouvelles menaces et à gérer des crises, avec la participation de 10,000 hommes et sous l’observation des ministres de la défense de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS).
2005 septembre: Art. L’essor économique en Chine, en Inde et en Russie a profondément impacté le marché mondial de l’art, attirant de nouveaux collectionneurs fortunés. En Chine, cette croissance a stimulé l’intérêt pour les œuvres patrimoniales, particulièrement dans le domaine de la peinture et des objets impériaux, tandis que les artistes contemporains bénéficient d’une attention croissante. En Inde, la demande pour les œuvres locales s’accroît, soutenue par un sentiment nationaliste et la diaspora. En Russie, les collectionneurs se tournent vers les œuvres russes et internationales, dynamisant ainsi les ventes à Londres. Cette tendance marque l’émergence de nouveaux marchés influents dans le monde de l’art
2006 mars 21-22: Visite officielle en Chine de Vladimir Poutine au cours de laquelle est conclue un accord pour la construction de deux gazoducs destinés à approvisionner le marché chinois en gaz, à hauteur d’environ 80 milliards de mètres cubes d’ici 2011. Bien que les discussions sur le financement et le prix du gaz restent en cours, cet engagement s’inscrit dans une série d’accords visant à renforcer la collaboration énergétique bilatérale, touchant aussi bien le gaz, le pétrole, l’électricité que le nucléaire. Cependant, la Chine n’a pas réussi à sécuriser un engagement formel de la Russie pour intégrer une extension nord-chinoise au futur oléoduc Sibérie-Pacifique, destiné principalement au Japon et à la région pacifique.
2006 juin 15: OCS. Au 6ème sommet de l’Organisation de coopération de Shanghaï (OCS) à Shanghai, les membres (Chine, Russie, Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan, Ouzbékistan) ont signé des accords sur la lutte contre le terrorisme, l’éducation, ainsi que la coopération commerciale et financière, prévoyant des exercices militaires antiterroristes en 2007 en Russie. La présence notable du président iranien Mahmoud Ahmadinejad, dans le cadre du statut d’observateur de l’Iran, et les ambitions du Pakistan d’intégrer l’organisation, soulignent l’élargissement de l’influence de l’OCS et sa portée géopolitique croissante.
2006 novembre 10: Le premier ministre russe Mikhaïl Fradkov rencontre le président Hu Jintao à Pékin qui annonce d’importants investissements chinois en Russie à hauteur de 800 millions de $.
2007 mars 26-29: Visite officielle du président chinois, Hu Jintao, à Moscou où il inaugure la première foire commerciale chinoise, marquant ainsi un effort pour consolider les échanges commerciaux bilatéraux. Cette initiative s’est matérialisée par la concrétisation de 21 accords commerciaux, totalisant 4,3 milliards de dollars. En peu de temps, les échanges commerciaux entre la Chine et la Russie ont pris de l’ampleur, représentant 7% du commerce extérieur russe avec un volume de 30 milliards de dollars en 2006, et visant un objectif de 80 milliards de dollars pour 2010. La dynamique de ces échanges implique une vente de pétrole et d’armes par la Russie, tandis que la Chine exporte des produits manufacturés vers la Russie.
2008 mai 26 : Le président russe Dmitri Medvedev effectue une visite en Chine, où il rencontre le président chinois Hu Jintao. Les deux dirigeants discutent de questions bilatérales et internationales, renforçant les liens entre les deux pays. Le dernier différend frontalier est réglé par la signature d’un traité délimitant leur frontière commune de plus de 4,000 kms.
2008 septembre 9: Selon Transparency International, une organisation non gouvernementale dédiée à la lutte contre la corruption, les nations identifiées comme les principales sources de pratiques corrompues parmi leurs entreprises incluent, par ordre décroissant, la Russie et la Chine, suivies par le Mexique, l’Inde, le Brésil, l’Italie, Taïwan, et la Corée du Sud. À l’opposé, les pays présentant les niveaux de corruption les plus bas sont la Belgique, le Canada, les Pays-Bas, la Suisse, l’Allemagne, et le Japon. Cette classification résulte de l’établissement d’un indice de corruption par l’ONG, couvrant 22 des principaux pays exportateurs, représentant 75% du volume global des exportations mondiales de biens et services ainsi que des investissements directs à l’étranger pour l’année 2006. Les indices sont élaborés à partir des témoignages de plus de 2700 dirigeants d’entreprises issues de 26 pays, tant développés qu’en développement. »
2009 février 19: Un incident en mer conduit la marine russe à couler le cargo chinois New Star près de Vladivostok, entraînant la mort de sept marins. Cet événement s’est produit alors que le navire partait sans autorisation du port de Nakhodka. Suite à une requête officielle de la Chine, une investigation a été ouverte, aboutissant à la condamnation du capitaine indonésien du navire, Adi, à une peine de trois mois d’emprisonnement par le tribunal de Nakhodka, le verdict ayant été rendu le 21 avril 2009.
2009 juin 15-16: 9ème sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), à Ekaterinbourg (Russie). La Chine appelle au renforcement de la coopération économique et sécuritaire et annonce un prêt de 10 milliards de dollars aux pays membres pour faire face à la crise financière.
2009 septembre 17 : La Chine et la Russie lancent le mécanisme des rencontres régulières entre les premiers ministres des deux pays, visant à renforcer la coopération économique et commerciale ainsi que les échanges bilatéraux.
2009 octobre 12-13: Lors de la visite de Vladimir Poutine à Pékin, la Russie et la Chine renforcent encore plus leurs liens, en signant environ 40 accords commerciaux et financiers d’une valeur de 3,5 milliards de dollars, incluant des ententes bancaires majeures et un accord-cadre entre Gazprom et CNPC pour des livraisons de gaz. Cette rencontre a marqué une augmentation significative du commerce bilatéral et a posé les bases pour des projets d’envergure dans l’énergie, la sécurité, le transport ferroviaire à grande vitesse et l’exploration spatiale, consolidant ainsi la coopération stratégique entre les deux nations. En forte progression depuis le début de la décennie, le commerce bilatéral a atteint 56,83 milliards de dollars en 2008, soit deux fois plus qu’en 2005.
2010 janvier 1er: Rusal, leader mondial de l’aluminium fait son entrée en Bourse à Hong Kong et Paris malgré une dette de 17 milliards de dollars et les réticences initiales des autorités chinoises. Attirant l’intérêt d’investisseurs de renom tels que Nathaniel Rothschild et des entités comme Paulson & Co, cette opération visait à réduire sa dette, avec une valorisation estimée entre 17 et 26 milliards de dollars, malgré les difficultés rencontrées par les petits porteurs pour y participer.
2010 juin 24 : La Chine et la Russie signent un accord sur le renforcement de leur partenariat stratégique global, soulignant leur volonté de développer une coopération approfondie dans divers domaines, y compris la politique, l’économie, la sécurité et la culture.
2010 septembre 27: Lors de la visite officielle de Dimitri Medvedev à Pékin, inauguration d’un pipeline sibérien renforçant l’intégration énergétique Russie-Chine, avec la Chine premier consommateur mondial visant la diversification énergétique. Ce pipeline stratégique fournira 300 000 barils/jour dès janvier, dans le cadre d’un effort plus large incluant un contrat de 15 millions de tonnes de pétrole par an jusqu’en 2030 et l’expansion de la centrale de Tianwan, malgré l’absence d’accord sur le gaz.
2010 novembre 8: Défense. Lors de la 15ème session de la commission intergouvernementale russo-chinoise dédiée à la coopération militaire et technique, un protocole militaire est signé par le ministre russe de la Défense, Anatoli Serdioukov, et le général Guo Boxiong, vice-président de la Commission militaire centrale de Chine. Ce document trace les lignes directrices de leur collaboration dans le domaine de la défense, et comprend des accords sur la fourniture de pièces détachées pour la défense anti-aérienne et de matériel aéronautique et naval russe, ainsi que sur le développement conjoint de produits militaires destinés à la Chine.
2010 novembre 23-24: Lors de sa visite en Russie, le Premier ministre chinois Wen Jiabao signent 19 accords d’un montant de 8,5 milliards $, touchant notamment les secteurs minier et bancaire. Parmi ces accords, Rusal acquiert 33% de Shenzhen North Investments et annonce la création d’une société mixte avec Norinco, tandis que Metropol s’associe à Metallurgical Corporation of China pour développer une usine de charbon en Sibérie Orientale.
2011 avril 17: Après sa participation à un sommet des BRICS sur l’île de Hainan, au sud de la Chine, le président Dimitri Medvedev se rend à Hong-Kong pour une rencontre avec le chef de l’exécutif local, visant à dynamiser les liens économiques avec cette Région administrative spéciale, notamment dans le domaine financier. Cette démarche s’inscrit dans le sillage de l’introduction en Bourse de Rusal à Hong Kong en janvier 2010, évoquant l’intérêt d’autres sociétés russes des secteurs énergétique, des matières premières, et des transports pour une cotation sur ce marché, d’après Yuri Soloviev de TVB Capital. Medvedev ambitionne également d’attirer des investissements hongkongais vers un projet ambitieux près de Moscou, envisagé comme le pendant russe de la Silicon Valley.
2011 juin 21: Le président chinois Hu Jintao effectue une visite en Russie, où il rencontre le président russe Dmitri Medvedev. Les deux parties discutent de la coopération économique, énergétique et culturelle, renforçant les liens bilatéraux.
2011 octobre 11-12: Lors de sa visite officielle en Chine, le premier ministre Vladimir Poutine, souligne l’importance croissante des liens entre les deux pays : la Chine est devenue le premier partenaire commercial de la Russie depuis 2010, avec des échanges atteignant les 70 milliards $, détrônant le Japon et les Etats-Unis. L’objectif de 200 milliards pour 2020 est fixé. Toutefois, tous les indicateurs ne sont pas au vert. V. Poutine n’a pas réussi à conclure un accord majeur sur la fourniture de gaz. La Chine préférant diversifier ses sources d’approvisionnement. Par ailleurs, depuis 2007, Pekin a réduit ses importations d’armements russes pour développer sa propre industrie de défense. De plus, la Russie a refusé de livrer des composants pour le premier porte-avions chinois, en raison de contentieux sur le design des avions de chasse chinois.
Si Vladimir Poutine propose une coopération politique renforcée, illustrée par le veto commun au Conseil de sécurité de l’ONU sur la Syrie, et envisage une « union eurasienne » visant à développer la Sibérie et l’Extrême-Orient russe, Pekin préfère parler de « coopération pragmatique » plutôt que d' »amitié » avec la Russie.
2012 juin 7 Tournant russe dans la politique étrangère du Kremlin : Vladimir Poutine renforce son alliance avec la Chine, avec laquelle le Kremlin aspire à former une Union eurasienne, en choisissant la réunion de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), délaissant ainsi le sommet du G8 aux États-Unis. L’OCS, incluant également quatre nations d’Asie centrale, se concentre sur les défis économiques et la situation en Afghanistan, la Chine stimulant les échanges économiques, particulièrement dans l’énergie. Cette stratégie commune s’étend aux affaires internationales, notamment sur la Syrie, où les deux pays s’opposent à une intervention étrangère, tout en explorant des solutions diplomatiques via le plan Annan, mettant en avant leur vision commune pour la région et au-delà.
2012 juillet 19: Le 19 juillet, la Russie et la Chine utilisent leur droit de veto contre une résolution occidentale à l’ONU visant à stopper la violence en Syrie, marquant leur troisième opposition depuis mars 2011. Ce veto s’inscrit dans le cadre du soutien inébranlable de la Russie au régime de Bachar Al-Assad, malgré les pressions internationales et les combats intensifiés sur le terrain. La position russe, expliquée par des intérêts géostratégiques et une méfiance envers les influences étrangères, vise à préserver à tout prix le gouvernement syrien, révélant ainsi les complexités de sa politique extérieure sous Vladimir Poutine.
2012 août 30: Suite à son retour au Kremlin, Vladimir Poutine choisit Pékin pour sa première importante visite d’État, soulignant l’unité russo-chinoise face aux États-Unis et à leur position sur la Syrie, ainsi qu’une volonté commune de stabilité politique. Les deux dirigeants critiquent conjointement les « printemps arabes ». Cette rencontre intervient alors que la Chine s’apprête à renouveler ses dirigeants et que Pekin a surpassé pour la première fois de son histoire spatiale, Roskosmos, en nombre de lancement de satellites.
2013 mars 22-23: Durant la première visite officielle de Xi Jinping hors de Chine depuis son investiture, des accords énergétiques significatifs sont signés avec la Russie, illustrant la consolidation des relations bilatérales. Ces accords comprennent l’augmentation des exportations de pétrole de Rosneft vers la Chine, l’engagement de projets conjoints dans l’exploitation pétrolière et le charbon, ainsi que des préparatifs pour de futurs projets d’énergie électrique. En outre, un futur accord gazier entre Gazprom et la Chine, visant à diversifier les approvisionnements énergétiques de la Chine et à réduire la dépendance russe envers les marchés européens, a été évoqué, marquant une étape significative vers une coopération énergétique, industrielle, et militaire accrue entre les deux nations.
2013 août 24: Face à des relations tendues avec les États-Unis et l’Europe, la Russie, sous la direction de Poutine, se tourne résolument vers la Chine en préparation du G20 à Saint-Pétersbourg. Malgré les défis diplomatiques, notamment dus à l’affaire Snowden et aux divergences sur la Syrie, la Russie espère renforcer sa collaboration avec la Chine, perçue comme un partenaire essentiel. Ce rapprochement est stratégique pour Moscou, cherchant à diversifier ses alliances et à mettre en avant sa vision d’un monde multipolaire lors du sommet, où la Chine jouera un rôle clé, marquant ainsi une orientation de la politique russe vers l’est.
2013 octobre 29: Energie. Rosneft et Novatek, clés du secteur énergétique russe, consolident leur alliance avec la Chine à travers d’importants contrats, soulignant un pivot stratégique de la Russie vers l’Asie. Rosneft s’engage à livrer 200 000 barils de pétrole par jour à Sinopec pour dix ans, valorisant l’accord à 85 milliards de dollars, et Novatek prévoit une collaboration à long terme pour le GNL, anticipant la libéralisation des exportations russes de GNL. Ces accords, établis durant la visite de Dimitri Medvedev à Pékin, traduisent une coopération approfondie, avec CNPC acquérant 20 % du projet GNL de Novatek en Arctique et la formation d’une coentreprise Rosneft-CNPC pour l’exploitation commune d’un gisement en Sibérie orientale. Cette coopération étendue reflète non seulement la complémentarité économique russo-chinoise mais aussi une orientation géopolitique de la Russie vers l’Est, face à des tensions croissantes avec l’Europe et un besoin chinois accru en sources d’énergie diversifiées.
2014 mai 20 : Le président russe Vladimir Poutine effectue une visite en Chine et rencontre le président chinois Xi Jinping. Les deux dirigeants signent un certain nombre d’accords de coopération, notamment dans les domaines de l’énergie et du commerce, renforçant encore un peu plus leur partenariat, au moment où les tensions avec les États-Unis et l’UE sont exacerbées par les sanctions occidentales liées à la crise ukrainienne. La Russie prévoit de fournir du gaz à la Chine pendant 30 ans pour un montant d’au moins 400 milliards $ (294 M€).
2014 juin 3: Face à l’hégémonie des 3 agences de notation occidentales et motivés par les sanctions liées à la crise ukrainienne, la Chine et la Russie envisagent de créer leur propre agence de notation. Cette initiative, annoncée par le ministre russe des finances Anton Siluanov lors d’une visite en Chine, vise initialement doit se concentrer sur l’évaluation des projets d’investissement russo-chinois, avant d’attirer progressivement d’autres pays asiatiques. Elle reflète une relation opportuniste mais stratégique contre les pressions américaines, cherchant à offrir une alternative aux critères de notation dominants favorisant les économies occidentales en crise. L’ancien premier ministre français, Dominique de Villepin a été embauché pour promouvoir cette nouvelle agence. En 2024, le projet n’a toujours pas été finalisé.
2014 juin 9: Face à la menace de sanctions occidentales et cherchant à se défaire de la prédominance du dollar, plusieurs entreprises russes envisagent de passer au yuan chinois pour leurs transactions, une évolution confirmée par le Financial Times. Ce pivot intervient après un contrat énergétique majeur entre Moscou et Pékin, prévoyant des paiements en yuan, et l’annonce d’un accord bancaire entre VTB et la Banque de Chine pour libeller les échanges en monnaies nationales.
2014 août 31: En réponse à l’embargo russe sur les produits alimentaires de l’Occident, la Chine saisit l’opportunité de renforcer ses échanges commerciaux avec la Russie, notamment par la création d’une zone transfrontalière pour les fruits et légumes. Aleksey Gruzdev, représentant commercial de la Russie en Chine, voit dans cet embargo une chance pour les producteurs chinois, anticipant une hausse des exportations agricoles chinoises vers la Russie de 10 à 15 % l’année suivante. Parallèlement, la Russie et la Chine envisagent une coopération approfondie dans l’agroalimentaire, tandis que les sanctions occidentales poussent la Russie à diversifier ses transactions en devises, ouvrant la voie à des accords énergétiques majeurs et soulignant les conséquences complexes des tensions géopolitiques sur l’économie mondiale.
2014 septembre 1er: Lancement officiel du gazoduc « Force de Sibérie » par Vladimir Poutine marquant une étape importante dans la stratégie énergétique de la Russie, soulignant son pivot vers la Chine. Ce projet de 55 milliards de dollars et d’une longueur de 4 000 kilomètres sera capable de transporter dès 2018, 61 milliards de mètres cubes de gaz, dont 38 réservés annuellement à la Chine. Face à cette réorientation de la Russie, l’Europe, particulièrement dépendante du gaz russe, explore des alternatives et élabore des plans d’urgence pour sécuriser son approvisionnement en gaz, notamment à travers des partenariats potentiels avec le Qatar et les États-Unis, afin de réduire sa vulnérabilité énergétique.
2014 octobre 13: Visite officielle du Premier ministre chinois Li Keqiang à Moscou. Des accords portant sur des investissements dans l’automobile et les chemins de fer, ainsi que des initiatives dans l’aéronautique visant à rivaliser avec Boeing et Airbus sont contractualisés. Ces partenariats revêtaient une importance capitale pour la Russie, alors sous le coup de sanctions occidentales, en lui offrant des opportunités commerciales renouvelées et des alternatives de financement cruciales pour soutenir son économie. Pour réduire sa dépendance au dollar, un accord est signé entre la Russie et la Chine visant à favoriser les échanges commerciaux en monnaies nationales, le rouble et le yuan. Dans le domaine agroalimentaire, la Russie commence à importer du porc de Chine, diversifiant ses sources d’approvisionnement au-delà de l’Amérique du Nord. Cependant, l’opinion des économistes russes reste partagée concernant la capacité de la Chine à remplacer l’Europe dans le domaine bancaire et les marchés de capitaux, avec des voix comme celle de Natalia Orlova soulignant les limites de cette substitution. Le projet de gazoduc Altaï, malgré son potentiel, n’a pas suscité l’enthousiasme escompté de la part de la Chine.
2014 octobre 15: Projet d’un TGV Moscou-Pékin, long de 7,000 km et estimé à 180 milliards d’euros, permettant de réduire le temps de trajet entre les deux capitales à seulement 24 heures. Ce partenariat s’appuie sur la technologie et le financement chinois, mais sa viabilité économique reste un défi, particulièrement en raison de la faible densité de population dans les régions traversées. En 2024, le projet est toujours dans les cartons.
2014 décembre 18: Une enquête de la Harvard Kennedy School positionne Xi Jinping en tête des dirigeants mondiaux en termes de perception favorable par 30 pays du globe avec une note de 7,5/10. Vladimir Poutine se positionne en dernière position avec la note de 6. Xi Jinping se distingue particulièrement en Asie, en Afrique, et dans l’Est européen, à l’exception du Japon, soulignant son influence globale.National Leader Scoring results(Ten point system)
1 Xi Jinping 7.5
2 Modi 7.3
3 Merkel 7.2
4 Zuma 6.8
5 Rousseff 6.8
6 Obama 6.6
7 Cameron 6.5
8 Hollande 6.3
9 Abe 6.1
10 Putin 6.0
2014 novembre 9: Lors du sommet de l’APEC à Pékin, Xi Jinping n’a pas réussi à apaiser les tensions entre Barack Obama et Vladimir Poutine, reflétant les profondes divergences géopolitiques entre les États-Unis, la Russie et la Chine. La solidarité sino-russe face à l’Occident souligne un alignement géopolitique marqué par des rivalités et des critiques mutuelles, notamment sur les droits de l’homme et les ambitions territoriales.
2014 décembre 20: Devise. La Chine propose son soutien à la Russie face à la dévaluation du rouble, avec une extension de l’accord d’échange yuan-rouble, selon Gao Hucheng, ministre du commerce, et Wang Yi, ministre des affaires étrangères, évoquant une aide à stabiliser la devise russe, qui a perdu près de 45% de sa valeur par rapport au dollar en 2014.
2015 mai 8: Initialement réticente, la Russie soutient finalement le projet des nouvelles routes de la soie de la Chine, cherchant à intégrer ses intérêts économiques et à renforcer son partenariat avec Pékin. Sous Poutine, elle ambitionne de consolider son statut de grande puissance et de contribuer à la refonte de l’ordre mondial aux côtés de la Chine. Espérant profiter des investissements liés aux routes de la soie, la Russie vise aussi à attirer des capitaux vers l’Extrême-Orient, promouvant une intégration eurasiatique étendue. Ce pivot vers l’Est vise à démontrer la diminution de l’influence occidentale, malgré les défis liés à l’harmonisation des stratégies avec la Chine et à la concurrence pour les investissements.
2014 juin 30: Le ralentissement économique chinois impacte négativement la Russie, marquant une baisse du commerce bilatéral. Au premier semestre, le commerce bilatéral a chuté de 29 %, atteignant 30 milliards de dollars, reléguant Moscou au quinzième rang des partenaires commerciaux de Pékin. Les négociations pour le méga-accord gazier de 400 milliards de dollars entre la Russie et la Chine, annoncé l’année dernière, ne sont toujours pas conclues.
Le ralentissement de l’économie chinoise, la baisse des prix pétroliers et la chute du rouble contribuent aux incertitudes entourant cette coopération.
Fiodor Loukianov dans un scenario prospectif anticipe, pour 2025, une Russie célébrant le passé tout en pivotant vers l’Est, avec une Chine partenaire central dans un contexte de tensions accrues avec l’Europe. L’alignement des projets de « nouvelle route de la soie » avec l’Union économique eurasiatique, principalement financé par Pékin, symbolise cette orientation. La Russie, positionnée comme intermédiaire entre l’Europe et la Chine, cherchera à former avec cette dernière un bloc alternatif au modèle occidental, tout en préservant des aspects de sa souveraineté et de ses libertés individuelles, différenciant sa trajectoire de celle de la Chine.
2015 juillet 10: La New Development Bank (NDB), créée par les BRICS, vise à financer des projets de développement durable à partir de 2016, avec un intérêt particulier pour les initiatives plus risquées que celles traditionnellement soutenues par la Banque mondiale. Basée à Shanghai et dirigée par Kundapur Vaman Kamath, la NDB témoigne de la volonté des pays émergents d’influencer la gouvernance mondiale et de proposer une alternative aux institutions occidentales. Ce mouvement est renforcé par une coopération économique croissante, comme en témoigne l’augmentation du commerce entre la Chine et la Russie. Au cœur des préoccupations des BRICS, l’instabilité financière globale et la volatilité des ressources soulignent leur désir d’utiliser leurs propres ressources pour atténuer ces défis, représentant une part significative de la population et de l’économie mondiale.
2015 septembre 3: La Chine et la Russie commémorent le 70e anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale avec un défilé conjoint à Pékin, mettant en valeur leur partenariat stratégique et leur coopération en matière de sécurité.
2016 mai 24: Le Comité olympique russe révèle que 14 de ses athlètes de Pékin 2008 ont été testés positifs lors de contrôles rétroactifs, représentant près de la moitié des 31 cas de dopage identifiés à travers 12 nations. Face à un scandale de dopage impliquant un système potentiellement soutenu par l’État, l’IAAF doit trancher le 17 juin sur la participation russe aux Jeux de Rio. Les révélations et les témoignages de lanceurs d’alerte alimentent les enquêtes sur un dopage organisé, mettant en péril la présence du sport russe à Rio malgré les dénégations de Moscou.
2016 juin 25: Lors d’un sommet à Pékin, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont uni leurs voix contre l’expansionnisme et les projets militaires américains, critiquant spécifiquement les actions en mer de Chine du Sud et le renforcement des alliances américaines en Asie-Pacifique. Cette rencontre a souligné leur engagement commun à contrer l’influence occidentale pour protéger leurs régimes, dans le cadre de l’Organisation de coopération de Shanghai qui s’étend avec l’adhésion de nouveaux membres comme l’Inde et le Pakistan. Malgré une coopération renforcée, des divergences persistent, notamment sur l’expansion de l’OCS et l’intégration de leurs projets économiques régionaux.
2017 juillet 4: Recevant Xi Jinping à Moscou, juste avant la réunion du G20 à Hambourg, Vladimir Poutine lui remet l’ordre impérial de Saint-André l’apôtre, la plus haute distinction russe qui lui assurera une petite retraite de 34 412 roubles par mois (550 €). Jusqu’ici seuls deux autres chefs d’Etat amis, le Kazakh Noursoultan Nazarbaïev et l’Azerbaïdjanais Heydar Aliyev, en avaient été gratifiés.
2017 août 9: La Chine et la Russie affichent une amitié renforcée, marquée par des soutiens mutuels et des rencontres fréquentes entre dirigeants, notamment autour du projet des « nouvelles routes de la soie » (OBOR), pour lequel plus de 1 000 milliards de dollars ont été promis. Toutefois, malgré cette coopération affichée, les initiatives concrètes sous l’égide d’OBOR peinent à se matérialiser, et la collaboration économique entre les deux pays reste principalement concentrée sur le secteur énergétique. Les défis, tels que la méfiance des investisseurs chinois envers la Russie, les barrières réglementaires, et les sanctions occidentales, freinent l’approfondissement des liens économiques, malgré la volonté des deux nations de surmonter ces obstacles et de continuer à renforcer leur partenariat.
2018 mars 11: Le président chinois Xi Jinping obtient l’approbation de l’Assemblée nationale populaire pour l’abolition de la limite de 2 mandats présidentiel de cinq ans, permettant théoriquement une présidence à vie. Cette démarche s’inscrit dans une tendance plus large, observée depuis environ quinze ans, où des dirigeants autoritaires à travers le monde (Afrique, Amérique latine, Asie, et Europe) suppriment les restrictions de mandat pour prolonger leur pouvoir.
Cette évolution s’inscrit dans un contexte global d’affaiblissement des démocraties, qui réagissent peu ou pas à ces changements. Notre ancien président, Nicolas Sarkozy, lors d’une conférence à Abou Dhabi, le 3 mars 2018, ira même jusqu’à soutenir cette initiative en déclarant:
« Le président Xi considère que deux mandats de cinq ans, dix ans, c’est pas assez. Il a raison ! Le mandat du président américain, en vérité c’est pas quatre ans, c’est deux ans : un an pour apprendre le job, un an pour préparer la réélection. Donc vous comparez le président chinois qui a une vision pour son pays et qui dit : “Dix ans, c’est pas assez”, au président américain qui a en vérité deux ans. ».
Vladimir Poutine suivra en 2020 l’exemple du président chinois en réformant la Constitution russe pour lui permettre de se représenter sans fin.
Par ailleurs, une étude du Pew Research Center confirme la désaffection croissante pour la démocratie, en particulier chez les jeunes, avec des données chiffrées sur l’insatisfaction à l’égard du fonctionnement des démocraties et le soutien aux régimes autoritaires ou militaires :
51 % des Américains, 65 % des Français, et 74 % des Espagnols se disent insatisfaits de la manière dont leur démocratie fonctionne.
À la question sur le soutien à un régime autoritaire où un dirigeant peut prendre des décisions sans interférence du parlement ou des cours de justice, 29 % des Italiens, 24 % des Britanniques, 22 % des Américains, et 12 % des Français y sont favorables.
Un gouvernement militaire est perçu favorablement par 17 % des Américains, des Français, et des Italiens, 31 % des Sud-Américains, 41 % des Asiatiques, et 46 % des Africains interrogés.
2018 août 1er: Défense. La relation sino-russe, marquée par une « entente » depuis 2014 suite aux tensions géopolitiques liées à l’annexion de la Crimée et au conflit dans le Donbass, témoigne d’une coopération croissante, notamment dans le domaine militaire avec la vente par la Russie à la Chine de systèmes antiaériens S-400 et de chasseurs Su-35. Cette collaboration s’inscrit dans un contexte d’hostilité partagée envers le déploiement de systèmes antimissiles américains en Asie. Par ailleurs, la Chine a soutenu financièrement la Russie dans le projet de l’usine de gaz naturel liquéfié Iamal, malgré les sanctions occidentales. Cependant, l’enthousiasme et l’engagement envers cette coopération semblent être plus prononcés du côté russe que chinois, reflétant ainsi les dynamiques complexes et parfois asymétriques au sein de cette entente.
2018 août 3: Défense. La Chine révéle avoir réussi le test du « Starry Sky 2 », un engin hypersonique volant à Mach 5,5-6, marquant son entrée dans la course aux armements hypersoniques aux côtés de la Russie et des États-Unis. Ces missiles, pouvant atteindre des vitesses jusqu’à 7 344 km/h et potentiellement armés de têtes nucléaires, échappent aux défenses antimissiles existantes, accentuant les tensions stratégiques globales. Alors que ces technologies pourraient devenir opérationnelles d’ici 2030, la Chine vise à contrer les systèmes antimissiles américains, augmentant ainsi son budget de défense pour soutenir cette rapide modernisation militaire.
2018 septembre 11-15. Défense. Les exercices militaires Vostok 2018, les plus importants de l’histoire russe depuis la fin de l’URSS rassemblent 297,000 militaires, 1,000 aéronefs, 36,000 véhicules et 80 navires en Sibérie et à l’Extrême-Orient, à proximité de la Chine, qui a contribué avec 3,200 soldats et 30 avions. Les chiffres officiels annoncés ont été jugés surestimés par certains experts indépendants.
Ces manœuvres, simulant des scénarios de combat variés et observées internationalement, reflètent un rapprochement politique et militaire entre la Russie et la Chine, malgré une asymétrie économique et militaire entre les deux nations, et suscitent l’attention accrue des États-Unis et du Japon face à cette démonstration de force conjointe.
2018 septembre: Moscou et Pékin marquent leur présence croissante en Méditerranée, notamment par les récents exercices navals russes en Méditerranée orientale avec une démonstration de force de 25 navires et 34 aéronefs. La Russie a consolidé sa base de Tartous en Syrie, tandis que les États-Unis envisagent de renforcer leur présence militaire en Grèce. La Chine, augmentant ses déploiements navals et contrôlant des ports stratégiques, envisage l’ouverture d’une base en Méditerranée, ajoutant à la complexité géopolitique de la région. Dans ce contexte de densification militaire, où l’Inde pourrait également intervenir, la France et d’autres nations de l’OTAN cherchent à maintenir la stabilité et à prévenir les escalades conflictuelles, soulignant un jeu de puissance délicat mais stable entre marines professionnelles.
2018 décembre 31: Les échanges commerciaux entre les deux pays atteignent, pour la première fois, un volume record de 100 milliards de dollars (96 milliards d’euros).
2019 janvier 29: La directrice de la CIA, Gina Haspel, s’inquiète des menaces du renforcement de l’alliance entre Pékin et Moscou pour les Etats-Unis. La convergence grandissante entre les deux nations, motivée par des griefs partagés plutôt que par une idéologie commune, devient une réalité géopolitique préoccupante. Des experts et des responsables américains appellent à une révision des stratégies de Washington, suggérant l’ouverture de dialogues avec la Russie pour éviter de la pousser vers une alliance plus étroite avec la Chine. Cette situation rappelle les tensions de la guerre froide, avec Pékin et Moscou cherchant à obtenir une supériorité technologique et militaire déterminante pour le XXIe siècle.
2019 juin 5-7: Le président chinois Xi Jinping effectue une visite d’Etat en Russie pour célébrer les 70 ans des relations diplomatiques entre les deux pays. Avec Vladimir Poutine, ils discutent de la coopération dans divers domaines, dont l’économie, l’énergie, les investissements et les relations internationales. Un partenariat technologique fort, centré sur la 5G, est signé, soulignant l’opposition commune à l’exclusion de Huawei par les États-Unis, qualifiée par Poutine de « première guerre technologique de l’ère numérique ». La Chine montre un intérêt particulier pour l’Arctique russe et investit en conséquence dans des projets gaziers et miniers.
2019 juillet 16: Polymetal, producteur russe de métaux précieux, cherche à rivaliser avec les opérateurs chinois sur le marché de l’or en se focalisant sur la rentabilité et en innovant avec des technologies avancées comme l’oxydation sous pression (POX). Avec un investissement de 500 millions de dollars par usine, le groupe prévoit de construire deux installations inspirées de son usine d’Amursk, visant à réduire les coûts opérationnels et à offrir une alternative moins polluante aux sites chinois. En parallèle de ces développements, Polymetal ambitionne d’augmenter sa production à 1,9 million d’onces d’or d’ici 2023, tout en consolidant sa présence en Russie et au Kazakhstan.
2019 décembre 2: L’inauguration du gazoduc Power of Siberia marque le début du transport de gaz naturel russe vers le nord-est de la Chine, via un parcours de 3 000 kilomètres depuis l’est de la Sibérie, visant à exporter jusqu’à 38 milliards de mètres cubes annuellement d’ici 2025. Ce projet d’envergure, doté d’un contrat de 30 ans et d’une valeur de 400 milliards de dollars, répond à la demande chinoise croissante de gaz, dans le cadre d’une politique de réduction de l’utilisation du charbon. Actuellement, le gaz ne représente que 8 % de la consommation énergétique de la Chine, contre une moyenne mondiale de 23 %. Ce gazoduc, s’inscrivant dans une stratégie de diversification des approvisionnements en gaz de la Chine, vient compléter les importations de GNL malgré les tensions commerciales avec les États-Unis. Pour Gazprom, ce projet ouvre un marché significatif en Asie, diversifiant ainsi ses exportations traditionnellement orientées vers l’Europe, tandis que la Russie continue de renforcer ses liens économiques avec l’Asie.
2020 janvier 9 : Le président chinois Xi Jinping effectue une visite en Russie et rencontre le président russe Vladimir Poutine. Les deux dirigeants discutent de la coopération bilatérale et de la coordination sur les questions régionales et internationales.
2020 février 20: Crise sanitaire Coronavirus. Face à l’aggravation de l’épidémie de SARS-CoV-2 et à la présence significative de ressortissants chinois sur son territoire, la Russie adopte des mesures strictes, incluant l’interdiction d’entrée des Chinois à partir d’aujourd’hui et la fermeture de sa frontière de 4,250 km avec la Chine. Ces restrictions, couvrant les voyages de travail, privés, les études et le tourisme, visent à limiter la propagation du virus, alors que la Russie a déjà suspendu les liaisons ferroviaires et réduit les vols vers la Chine. À ce jour, la Russie a déclaré ne plus avoir de cas de COVID-19 sur son sol, après la guérison des deux seuls patients chinois.
2020 mars 14: Crise sanitaire. En pleine pandémie de Covid-19, l’Italie est devenue le terrain d’une bataille géopolitique de l’assistance, avec la Chine et la Russie en première ligne pour fournir aide et équipements médicaux, visant à redorer leur image sur la scène internationale. Tandis que la Chine a envoyé des médecins et du matériel dès le 14 mars, la Russie a suivi avec une aide militaire médicale significative. Ces actions, tout en étant des gestes de solidarité, sont aussi perçues comme des manœuvres de soft power, contrastant avec la réponse jugée insuffisante de l’Union européenne, malgré les annonces tardives de soutien économique et sanitaire à ses membres, incluant l’Italie.
2020 juin 23: Crise sanitaire. La Chine et la Russie publient une déclaration commune, soulignant leur coopération dans la lutte contre la pandémie de COVID-19 et leur engagement à renforcer leur partenariat stratégique global.
2020 juillet 7: Espace. Les États-Unis, avec le succès de la capsule Crew Dragon, et la Chine, annonçant le début de la construction de la station spatiale Tiangong-3 pour 2021, marquent une accélération dans la course à l’espace, cette dernière prévoyant aussi une mission vers Mars et le retour d’échantillons lunaires en 2020. La Russie relance son programme lunaire avec la mission Luna-25 prévue pour 2021, bien que ses ambitions spatiales restent modestes face aux progrès américains et chinois.
2020 août 18: Sibur et Sinopec lancent un projet d’usine de polymères de 10 à 11 milliards de dollars près de la frontière chinoise, visant à produire 2,7 millions de tonnes de polymères par an, principalement pour le marché chinois en expansion. Cette coentreprise, soutenue politiquement et financée à 60/40 entre Sibur et Sinopec, transformera le gaz en plastique, avec une mise en service prévue pour 2024. Ce développement majeur reflète l’intensification de la coopération russo-chinoise dans le secteur pétrochimique et répond à la croissante demande mondiale de plastique.
2021 janvier 1er: Harbin, ville du nord-est de la Chine, se distingue par son festival annuel de sculptures sur glace, reflet d’un héritage historique riche lié à la Russie depuis la construction d’une ligne de chemin de fer russe au XIXe siècle. Malgré les bouleversements du XXe siècle, Harbin conserve des traces de cette influence étrangère, avec des édifices religieux et des témoignages du passé. Le festival, débuté en 1963, devient un point de rencontre culturel, mettant en avant ce passé occidental plutôt que les ambitions géopolitiques chinoises actuelles, et maintenant vivant l’héritage russe dans une Chine moderne.
2021 mars 9: Espace. La Russie et la Chine ont formalisé leur intention de collaborer à la construction d’une station lunaire, positionnant ce projet comme un concurrent direct à la Lunar Gateway américaine.. Bien que sans calendrier ou budget définis, ce projet multidisciplinaire ambitionne d’explorer la Lune et d’y tester des technologies clés, marquant une étape majeure dans la coopération spatiale sino-russe. Cette initiative sino-russe propose une alternative aux partenariats avec les États-Unis dans l’exploration lunaire, dans un contexte de politique spatiale américaine en transition. Elle pourrait représenter un moment clé pour la Russie, cherchant à revitaliser sa présence spatiale.
2021 mars 13: Depuis l’élection de Joe Biden, les États-Unis subissent des cyberattaques de grande envergure, attribuées à la Russie et à la Chine, augmentant les tensions diplomatiques. Ces opérations, visant des infrastructures critiques comme SolarWinds et Microsoft, suggèrent un « double front » cybernétique.
2021 mars 25 : Le ministre chinois des Affaires étrangères, Wang Yi, effectue une visite en Russie et rencontre son homologue russe, Sergueï Lavrov. Les deux ministres discutent de la coopération bilatérale et des questions internationales. Les deux pays entendent former un front uni face à l’Occident, en réaction au positionnement plus ferme de l’administration Biden sur les questions de droits de l’homme et à l’adoption de sanctions européennes contre la Chine. Malgré des déséquilibres économiques, leur coopération s’étend du secteur énergétique à la technologie, utilisant également la diplomatie vaccinale comme outil d’influence. Cette convergence d’intérêts reflète une volonté commune d’éviter l’isolement et de contester la dominance occidentale, préfigurant une intensification des tensions géopolitiques.
2021 avril 17: Pour Dominique Moïsi dans les Echos, Xi Jinping, Poutine et Erdogan partagent une ambition commune de revanche face aux humiliations historiques de l’Occident, cherchant à redéfinir leur place sur la scène mondiale à travers des régimes autoritaires. Inspirés par des figures historiques et idéologiques marquantes, ces leaders visent à restaurer la grandeur de leurs nations, en se détachant des influences occidentales et en s’opposant aux valeurs démocratiques promues par l’Occident. La crise du « Sofagate » symbolise cette tension, montrant une Europe en difficulté face à des puissances affirmant leur souveraineté et leur héritage impérial. Ces ambitions sont alimentées par un nationalisme fervent, utilisé stratégiquement pour consolider leur pouvoir intérieur tout en défiant l’ordre mondial occidental, soulignant une désoccidentalisation croissante du monde.
2021 juin 17: Le sommet Poutine-Biden, clôturant le voyage européen de Joe Biden, met en lumière la division des Européens face à la Chine et le renforcement de l’axe Pékin-Moscou comme un défi à l’Occident. Malgré la reprise de relations normales entre les États-Unis et l’Europe post-Trump, la question chinoise et l’alliance des démocraties contre les états autoritaires n’ont pas trouvé de consensus. L’Europe, tiraillée entre la défense des droits de l’homme et les liens économiques avec la Chine, reste prudente. Ce sommet souligne le rôle central de la Russie sur l’échiquier international et la position économiquement fragile mais stratégiquement audacieuse de Moscou, qui, avec le soutien de la Chine, représente un allié puissant dans la confrontation avec l’Occident.
2021 août 9: Energie Nucléaire. La montée des préoccupations climatiques relance l’intérêt mondial pour l’énergie nucléaire, notamment à travers le développement des petits réacteurs modulaires (SMR) par des acteurs clés tels que la Russie, la Chine, les États-Unis et la France. Ces unités, promettant une construction plus rapide, une plus grande sûreté et une adaptabilité à des zones isolées, doivent encore prouver leur compétitivité économique. La Russie et la Chine avancent rapidement dans ce domaine, tandis que les États-Unis soutiennent financièrement plusieurs projets, et que la France, traditionnellement concentrée sur de plus grands réacteurs, développe son propre modèle de SMR. Avec 72 projets dans dix-huit pays, ces réacteurs suscitent de grands espoirs pour une énergie nucléaire sûre et adaptable, bien que leur viabilité économique dépende d’une production à grande échelle pour réaliser des économies d’échelle.
2021 août 22: Défense. Mise en scène réussie d’exercices conjoints militaires tel que « Zapad Interaction 2021 » dans le désert de Gobi, démontrant l’opérationnalité et le renforcement des liens entre les deux armées. L’accent a été mis sur la lutte contre le terrorisme et la promotion de la stabilité régionale, avec la participation du J20, l’avion de combat chinois de dernière génération. Cette coopération croissante, bien que centrée sur une interopérabilité militaire dans des conflits limités, reste éloignée d’une alliance militaire complète en raison des divergences d’intérêts stratégiques et de la méfiance persistante entre les services de sécurité des deux nations. Ces activités conjointes, incluant des exercices terrestres, navals et des patrouilles aériennes, soulignent néanmoins une volonté de la Chine de contrer l’image d’un pays isolé et de faire face ensemble aux défis régionaux et globaux.
2021 décembre 15: Géopolitique. Lors d’un sommet en visioconférence, Vladimir Poutine et Xi Jinping ont manifesté leur unité face aux Occidentaux, réaffirmant leur fermeté contre toute ingérence dans leurs affaires internes, soulignant les tensions sur des sujets sensibles comme Taïwan et l’Ukraine. Xi Jinping a soutenu Poutine dans sa demande de « garanties de sécurité » face à l’Ouest et critiqué les nouvelles alliances militaires occidentales, marquant un front commun dans la contestation des influences occidentales et la défense de leurs intérêts de sécurité. Parallèlement, l’UE a réaffirmé son soutien à l’intégrité territoriale de l’Ukraine, soulignant les défis géopolitiques persistants dans l' »étranger proche » de la Russie et de l’UE, notamment en Ukraine, Biélorussie, et au Karabagh. Malgré les appels à la fermeté, l’Europe cherche à maintenir le dialogue avec la Russie pour désamorcer les tensions, tandis que la coopération militaire russo-chinoise illustre une alliance croissante face aux défis communs, mais reste limitée par des intérêts stratégiques divergents et une méfiance réciproque.
2021 décembre 28: Jeux Olympiques de Pekin. Vladimir Poutine annonce sa présence aux futur JO, marquant un soutien notable face au boycott diplomatique orchestré par Joe Biden. Cette rencontre entre Poutine et Xi Jinping illustre le rapprochement sino-russe contre les pressions occidentales, à un moment où la Chine, sous la direction de Xi, cherche à utiliser les Jeux comme tremplin pour ses ambitions nationalistes.
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