LE MOYEN-ORIENT
EN INFOGRAPHIES

Ce qui rend la guerre possible

Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le Moyen-Orient est entré dans une nouvelle séquence de guerre, de Gaza au Liban, au Yémen et jusqu’à l’Iran ; cette série d’infographies l’explore planche par planche. Mais cette guerre-là n’est pas venue de nulle part : trois problèmes jamais réglés portent tout l’édifice. Ils ne changent pas d’un gouvernement à l’autre. Tant qu’ils tiennent, la guerre peut toujours revenir.


Le Moyen-Orient en une frise : dune et palmier, tente bédouine, mosquée et minaret, Dôme du Rocher, tours du Golfe, derrick pétrolier, boutre et antennes

Un même espace : déserts et palmeraies, sanctuaires, tours du Golfe, pétrole, routes maritimes et guerre de l’information.

La guerre, toujours possible
elle repose sur trois problèmes que personne n’a réglés
1.
La question palestinienne

Un peuple sans État souverain ni effectif depuis 1948. Gaza isolée, la Cisjordanie occupée et morcelée, et une représentation disputée depuis 2007 entre l’Autorité palestinienne, installée à Ramallah, et le Hamas, enraciné à Gaza : depuis la résolution 2803 du 17 novembre 2025, Gaza est placée sous une administration transitoire internationale et palestinienne, dont la mise en œuvre reste incomplète et n’a pas mis fin à cette dualité.

La Cour internationale de Justice a déclaré illicite la présence continue d’Israël dans le territoire palestinien occupé, par son avis du 19 juillet 2024. Aucun mécanisme ne l’a fait appliquer.
2.
L’instrumentalisation des fractures

Des États et des mouvements armés transforment en lignes de front les appartenances qui traversent le Moyen-Orient, nationales, ethniques, linguistiques ou confessionnelles : arabe, perse, juive, turque, kurde, sunnite ou chiite. Ils les mobilisent pour désigner l’ennemi, légitimer leur pouvoir et souder leurs partisans.

La fracture n’est pas seulement héritée : elle est organisée.
3.
La présence étrangère

Depuis les années 1940, les États-Unis lient pétrole et sécurité des monarchies du Golfe ; leur dispositif militaire y devient central après 1991. Ils ont succédé aux puissances coloniales européennes, un temps concurrencés par l’URSS puis la Russie. Après la guerre de 1967, la protection d’Israël devient l’un des axes de cette architecture régionale.

Du calme sur le moment, du désordre pour longtemps.
Aucun de ces trois problèmes du Moyen-Orient ne se règle par une victoire militaire.

Ce que ces trois piliers disent du Moyen-Orient


Simplification assuméeLes termes énumérés au deuxième pilier ne relèvent pas du même registre : certains désignent une langue ou un peuple, d’autres une religion ou une confession. Et la liste n’épuise pas les identités de la région : les chrétiens du Liban, les coptes d’Égypte ou les Druzes pèsent aussi dans ces équilibres. Elle retient les appartenances que les pouvoirs sélectionnent aujourd’hui pour structurer les fronts : ce ne sont pas des blocs naturels.
Le piège des droits historiquesChaque camp fonde sa cause sur une antériorité : qui était là avant, et depuis quand. L’ambassadeur Gérard Araud, qui fut en poste à Tel-Aviv, intitule deux sections de son livre « Refuser la notion de droits historiques » et « Oublier l’Histoire » : il invite à traiter le présent plutôt qu’à arbitrer l’antériorité. L’historien Henry Laurens décrit de son côté un « débat stérile sur les droits historiques et sur leur date de péremption ». Un diplomate et un historien, la même conclusion : ce terrain-là ne produit aucun accord. Il ne s’agit pas d’effacer l’Histoire, mais de refuser qu’elle tienne lieu de solution politique.
Les six acteurs du Moyen-Orient en symboles : la clé du retour et le rameau d'olivier, la menorah, le cèdre du Liban, l'emblème de la République islamique d'Iran, la jambiya yéménite, l'aigle américain

De gauche à droite : la clé du retour et le rameau d’olivier (Palestiniens), la menorah entourée de ses rameaux, emblème de l’État d’Israël, le cèdre du Liban, l’emblème de la République islamique (le régime iranien), la jambiya yéménite (Houthis), l’aigle américain. Chacun est choisi parmi les symboles que ces acteurs revendiquent eux-mêmes : ils ne sont pas de même nature, et ce déséquilibre fait partie du sujet.

Une campagne peut se gagner
Un conflit non réglé se rallume

C’est la différence entre un résultat militaire et un règlement politique. Une campagne peut se gagner. Un conflit, lui, se rallume tant que son socle tient.

« Le premier occupant est-ce une loi plus sage ? »

Jean de La Fontaine, « Le Chat, la Belette et le petit Lapin », cité par Henry Laurens.

Les références de cette planche Ouvrages
Gérard Araud, Israël, le piège de l’Histoire, Tallandier, 2024
Henry Laurens, La Question de Palestine, t. 4 et t. 5, Fayard
Christopher Phillips, Battleground: 10 Conflicts That Explain the New Middle East, Yale University Press, 2024
Sources institutionnelles
Conseil de sécurité des Nations unies, résolution 2803 du 17 novembre 2025
Cour internationale de Justice, avis consultatif du 19 juillet 2024

Exclusivité SAPERE. Les données de terrain proviennent de la base de veille SAPERE, arrêtée à la mi-août 2026.

Le Moyen-Orient en infographies Voir l’ensemble de la série Le parcours complet en six actes : la carte des positions, ce qui rend la guerre possible, la fabrique des frontières, la Palestine, le Liban, l’Iran, et ce qui pourrait dénouer le conflit.
© SAPERE · 2026Acte premier

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