Ce qui rend la guerre possible
Depuis l’attaque du Hamas contre Israël le 7 octobre 2023, le Moyen-Orient est entré dans une nouvelle séquence de guerre, de Gaza au Liban, au Yémen et jusqu’à l’Iran ; cette série d’infographies l’explore planche par planche. Mais cette guerre-là n’est pas venue de nulle part : trois problèmes jamais réglés portent tout l’édifice. Ils ne changent pas d’un gouvernement à l’autre. Tant qu’ils tiennent, la guerre peut toujours revenir.
Un même espace : déserts et palmeraies, sanctuaires, tours du Golfe, pétrole, routes maritimes et guerre de l’information.
Un peuple sans État souverain ni effectif depuis 1948. Gaza isolée, la Cisjordanie occupée et morcelée, et une représentation disputée depuis 2007 entre l’Autorité palestinienne, installée à Ramallah, et le Hamas, enraciné à Gaza : depuis la résolution 2803 du 17 novembre 2025, Gaza est placée sous une administration transitoire internationale et palestinienne, dont la mise en œuvre reste incomplète et n’a pas mis fin à cette dualité.
Des États et des mouvements armés transforment en lignes de front les appartenances qui traversent le Moyen-Orient, nationales, ethniques, linguistiques ou confessionnelles : arabe, perse, juive, turque, kurde, sunnite ou chiite. Ils les mobilisent pour désigner l’ennemi, légitimer leur pouvoir et souder leurs partisans.
Depuis les années 1940, les États-Unis lient pétrole et sécurité des monarchies du Golfe ; leur dispositif militaire y devient central après 1991. Ils ont succédé aux puissances coloniales européennes, un temps concurrencés par l’URSS puis la Russie. Après la guerre de 1967, la protection d’Israël devient l’un des axes de cette architecture régionale.
Ce que ces trois piliers disent du Moyen-Orient
De gauche à droite : la clé du retour et le rameau d’olivier (Palestiniens), la menorah entourée de ses rameaux, emblème de l’État d’Israël, le cèdre du Liban, l’emblème de la République islamique (le régime iranien), la jambiya yéménite (Houthis), l’aigle américain. Chacun est choisi parmi les symboles que ces acteurs revendiquent eux-mêmes : ils ne sont pas de même nature, et ce déséquilibre fait partie du sujet.
C’est la différence entre un résultat militaire et un règlement politique. Une campagne peut se gagner. Un conflit, lui, se rallume tant que son socle tient.
« Le premier occupant est-ce une loi plus sage ? »
Jean de La Fontaine, « Le Chat, la Belette et le petit Lapin », cité par Henry Laurens.
Exclusivité SAPERE. Les données de terrain proviennent de la base de veille SAPERE, arrêtée à la mi-août 2026.
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