Chine L’usine à charbon qui domine le solaire mondial
22 septembre 2020. Devant l’Assemblée générale des Nations unies, réunie à distance pour cause de pandémie, Xi Jinping annonce que les émissions chinoises de CO₂ atteindront leur pic avant 2030, et que la Chine visera la neutralité carbone avant 2060. Personne ne l’attendait à cette date.
Trois mois plus tard, Pékin se fixe un objectif chiffré : 1,200 gigawatts de solaire et d’éolien en 2030. Il est atteint en juillet 2024, avec six ans d’avance. Dans le même temps, la Chine reste le premier importateur de pétrole du monde, et le charbon fournit encore plus de la moitié de son électricité.
Voilà le double visage de la Chine énergétique : une capacité industrielle sans rival, une dépendance qui demeure. Cinq indicateurs le mesurent, avec les instruments de la série États-Unis.
Produire, électrifier, importer, transformer, émettre
Pour chaque indicateur, des points de repère placés à leur date réelle dessinent l’évolution, puis un classement situe la Chine dans le monde. Une frise colorée dit, pour chaque date, si le chiffre sert ou dessert la puissance chinoise. Les cinq blocs répondent aux mêmes questions que la série États-Unis. Les différences de mesure, de source ou d’édition sont signalées ; les comparaisons directes sont réservées aux périmètres homogènes.
Ce pilier met à l’épreuve le concept stratégique SAPERE du Pilier V : distinguer puissance et capacité. Disposer de l’énergie qu’on consomme est une puissance ; savoir construire soi-même les équipements de la transition est une capacité. Les États-Unis disposent d’un avantage dans l’approvisionnement énergétique ; la Chine, dans plusieurs chaînes industrielles de la transition. Ni l’un ni l’autre n’est démuni de l’autre atout.
Les séries s’arrêtent en 2024. Ce qui s’est passé depuis figure à part, sous la mention « Depuis 2024 ».
La Chine fabrique les machines de la transition du monde ; elle dépend encore du pétrole des autres.
| Source | Capacité fin 2024 (Administration nationale de l’énergie) | Part de la production 2024 (Bureau national des statistiques) |
|---|---|---|
| Centrales thermiques : charbon (environ 58 points), gaz et autres combustibles | 1,444 GW | 63,2 % |
| Hydraulique | 436 GW | 14,1 % |
| Éolien | 521 GW | 9,9 % |
| Solaire | 887 GW | 8,3 % |
| Nucléaire | 61 GW | 4,5 % |
Puissance installée, en gigawatts, selon l’IRENA, qui compte aussi les petites installations solaires ; c’est la source de la comparaison internationale de la fiche États-Unis. Une capacité mesure ce qu’un parc peut produire au maximum, pas ce qu’il produit : la production dépend du temps de fonctionnement effectif et du raccordement au réseau.
Pour la Chine, l’indicateur mesure aussi une capacité industrielle : les panneaux, les éoliennes et les onduleurs de ce parc sont, pour l’essentiel, fabriqués en Chine.
La tendance lourdeL’éolien démarre le premier : la loi sur les énergies renouvelables de 2005 garantit l’achat de l’électricité produite, et la Chine possède le premier parc éolien du monde dès 2010. Le solaire suit après 2013, quand Pékin ouvre son marché intérieur aux panneaux que ses usines exportaient jusque-là vers l’Europe.
La production des usines fait baisser les prix pour le monde entier. Selon l’AIE, la Chine concentre en 2022 plus de 80 % de la fabrication mondiale à chaque étape du panneau solaire, du silicium au module.
La ruptureLa promesse de neutralité de 2020 change l’échelle. En décembre 2020, Pékin vise 1,200 GW de solaire et d’éolien pour 2030 ; le cap est franchi en juillet 2024. La seule année 2024, la Chine installe plus de capacité solaire que le reste du monde réuni.
Le réseau devient la limite. Les grands parcs sont construits dans le nord-ouest désertique, loin des villes côtières qui consomment : la Chine construit des lignes à ultra-haute tension sur des milliers de kilomètres, et une partie de la production reste perdue faute de débouchés.
Limite : l’IRENA révise ses séries d’une édition à l’autre ; la fiche États-Unis cite l’édition 2025 (331 GW pour les États-Unis), cet article l’édition 2026 (329 GW).
Consommation moins production nationale, rapportées à la consommation, selon les séries de l’Energy Institute : un déficit apparent de couverture, pas un flux douanier. La fiche États-Unis mesure autre chose, les importations moins les exportations de brut et de produits (EIA) ; les deux mesures diffèrent par les stocks, les produits raffinés et les gains de raffinage. Les seuils de 30 et 70 % s’appliquent à l’une et à l’autre comme des repères, pas comme une comparaison au point près. Pour repère, la France importe la quasi-totalité de son pétrole.
Le pétrole a son indicateur propre parce qu’il est le produit le plus stratégique : celui des camions, des avions, des navires et des armées. Importer n’est pas, en soi, une faiblesse ; dépendre de routes maritimes que l’on ne contrôle pas en est une.
La tendance lourdeLa production chinoise progresse peu, à un peu plus de 4 millions de barils par jour depuis 2010, malgré les investissements dans les gisements anciens de Daqing et les forages en mer. La consommation, elle, suit la motorisation : la Chine devient en 2017 le premier importateur mondial de brut, devant les États-Unis (8,4 contre 7,9 millions de barils par jour, selon l’EIA).
En 2024, la Chine importe 553 millions de tonnes de brut et en produit 213. Ses premiers fournisseurs sont la Russie (environ 20 % des importations), l’Arabie saoudite (14 %), la Malaisie et l’Irak ; l’EIA relève qu’une grande part du brut « malaisien » est du pétrole iranien transbordé en mer.
La ruptureLa vulnérabilité est maritime. Selon le cabinet Vortexa, environ 75 % des importations chinoises de brut par mer venues du Moyen-Orient et d’Afrique passent par le détroit de Malacca. Pékin diversifie : oléoducs depuis la Russie et le Kazakhstan, achats de pétrole russe après 2022, réserves stratégiques.
La réponse de fond est l’électricité. En 2024, les voitures électriques et hybrides rechargeables représentent 40,9 % des ventes de véhicules neufs, selon l’association chinoise des constructeurs. Selon l’AIE, la consommation d’essence, de gazole et de kérosène recule légèrement en 2024, tandis que la demande de la pétrochimie progresse de près de 5 % : l’électrification fait reculer les carburants routiers sans réduire tout de suite la consommation pétrolière totale.
| Étape | Chine en 2024 | États-Unis en 2024 |
|---|---|---|
| Extraction (minerai) | 270,000 t d’oxydes, 69 % du monde | 45,000 t, 11,5 % |
| Séparation et raffinage (terres rares pour aimants, AIE) | 91 % (74,000 t sur 81,000) | Environ 1 % |
| Aimants permanents frittés | 94 % du monde | Production d’essai à partir de fin 2024 |
| Matières premières importées | 132,931 t de terres rares importées, 55,431 t exportées ; la Birmanie extrait environ 45 % des terres rares lourdes du monde | Dépendance nette aux importations de composés et de métaux : 80 % |
| Date | Mesure | Nature |
|---|---|---|
| Juillet 2010 | Quotas d’exportation de terres rares réduits d’environ 40 % sur l’année | Restriction |
| Septembre 2010 | Blocage d’expéditions vers le Japon après l’incident des îles Senkaku, rapporté par la presse et nié par Pékin | Usage politique contesté |
| 7 août 2014 | L’OMC confirme la condamnation des restrictions chinoises ; quotas levés en janvier 2015, droits en mai 2015 | Décision appliquée |
| 1er août et 1er décembre 2023 | Licences d’exportation pour le gallium et le germanium, puis pour le graphite | Contrôle |
| 21 décembre 2023 | Interdiction d’exporter les technologies d’extraction, de séparation et de fabrication d’aimants | Contrôle |
| 3 décembre 2024 | Interdiction de principe d’exporter vers les États-Unis le gallium, le germanium et l’antimoine | Contrôle ciblé |
Deux mesures, comme dans la fiche États-Unis. A : la part de la Chine dans la production minière mondiale de terres rares (USGS). B : sa place aux étapes suivantes, séparation, raffinage, fabrication d’aimants, et ses propres achats de matières premières.
Extraire n’est pas contrôler. C’est la transformation, plus que le tonnage extrait, qui donne la maîtrise : la Chine extrait 69 % des terres rares du monde, mais raffine 91 % des terres rares destinées aux aimants, y compris une partie de celles extraites ailleurs.
La tendance lourdeLa domination chinoise s’est construite dans les années 1990, sur le gisement géant de Bayan Obo, en Mongolie-Intérieure, qui fournit à lui seul environ 45 % des terres rares du monde. Des prix bas, des normes environnementales peu exigeantes et des aides publiques ont fait fermer les mines concurrentes, dont celle de Mountain Pass aux États-Unis.
Pékin a ensuite organisé la filière : quotas de production, regroupement en décembre 2021 des activités de terres rares de Chinalco, de China Minmetals et de Ganzhou Rare Earth au sein du China Rare Earth Group, à côté de China Northern Rare Earth, qui reste distinct, et montée en gamme vers les aimants. La même logique vaut pour les métaux des batteries : la Chine raffine plus de 95 % du graphite pour batteries, 78 % du cobalt et 70 % des produits chimiques du lithium (AIE, 2024).
La ruptureLa part chinoise de l’extraction baisse après 2009, de 97 % à 63 % en 2019, à mesure que l’Australie, les États-Unis et la Birmanie relancent ou ouvrent des mines. La transformation, elle, reste en Chine : le minerai extrait ailleurs y est souvent envoyé pour être séparé et raffiné.
La domination a aussi ses dépendances. En tonnage brut, la Chine importe plus de produits de terres rares qu’elle n’en exporte, sans que ce chiffre mesure sa dépendance ; une part importante des terres rares lourdes qu’elle raffine vient de Birmanie, où les mines sont tenues par des groupes armés. Pour les batteries, elle extrait 22 % du lithium mondial ; le cobalt vient surtout de la République démocratique du Congo, le nickel d’Indonésie, souvent par des entreprises chinoises.
Émissions de CO₂ dues à la combustion du charbon, du pétrole et du gaz, et aux procédés industriels comme la fabrication du ciment, selon la base EDGAR de la Commission européenne. L’indicateur compte les émissions sur le territoire : une partie de celles de la Chine sert à fabriquer des biens consommés ailleurs.
Pour la puissance, les émissions sont une contrainte double : climatique, et diplomatique, car le premier émetteur est au centre de toutes les négociations, et ses exportations sont exposées aux mécanismes carbone aux frontières : celui de l’Union européenne impose une déclaration des émissions depuis octobre 2023, et une obligation financière sur les importations à partir de 2026.
La tendance lourdeLes émissions chinoises suivent le charbon. Elles doublent presque entre 2000 et 2007, au rythme de l’industrie lourde et de centrales à charbon mises en service à un rythme record. Le ralentissement des années 2014-2016 tient à la baisse de la production d’acier et de ciment ; la relance d’après 2017 et les pénuries d’électricité de 2021 relancent le charbon.
L’écart par habitant se referme avec l’Europe dès le début des années 2010 : en 2014, un Chinois émet déjà plus de CO₂ qu’un habitant de l’Union européenne (7,9 tonnes contre 6,8).
La ruptureL’engagement de 2020 fixe un calendrier : pic avant 2030, neutralité avant 2060. L’essor du solaire et de l’éolien rend le pic plausible : en 2024, la hausse des émissions n’est plus que de 0,8 % selon EDGAR.
Mais le charbon reste la base. Il fournit encore environ 58 % de l’électricité chinoise en 2024, contre 78 % en 2000, et de nouvelles centrales continuent d’être autorisées au nom de la sécurité d’approvisionnement.
Trois mouvements : le charbon, la mainmise, l’électrification
L’usine du monde tourne au charbon chinois. La consommation d’énergie explose, le ratio de production passe de 0,98 à moins de 0,90, et la Chine devient en 2005 le premier émetteur de CO₂ du monde.
Dans l’ombre, la Chine fournit déjà plus de 90 % des terres rares extraites dans le monde. Personne ne s’en inquiète encore.
En 2009, le déficit de couverture pétrolière dépasse la moitié de la consommation. En 2010, la réduction des quotas d’exportation de terres rares fait découvrir au monde sa dépendance. La Chine possède le premier parc éolien du monde, ses usines de panneaux solaires prennent le marché mondial, et elle ratifie l’accord de Paris en 2016.
L’OMC la condamne en 2014 pour ses restrictions sur les terres rares ; elle s’y conforme, et garde la maîtrise de la transformation.
Premier importateur de pétrole du monde en 2017, la Chine voit en 2019 son déficit de couverture pétrolière franchir le seuil des 70 %. Elle répond par l’électricité : promesse de neutralité en 2020, 1,408 GW de solaire et d’éolien en 2024, 40,9 % de véhicules électriques et hybrides rechargeables parmi les ventes de 2024. Elle soumet à licence ses exportations de métaux critiques à partir de 2023.
Le charbon fournit encore plus de la moitié de son électricité, et ses émissions atteignent 13,1 milliards de tonnes en 2024.
Distinguer puissance et capacité conduit à ce diagnostic : la Chine a construit la capacité industrielle de la transition, du silicium à l’aimant, mais pas encore la sécurité de son approvisionnement. Elle maîtrise les équipements ; elle dépend toujours des molécules, pétrole et gaz, et de l’énergie la plus émettrice, son charbon.
Les États-Unis disposent d’un bilan énergétique excédentaire mais conservent des dépendances industrielles ; la Chine possède une forte base industrielle de la transition, tout en restant exposée à des approvisionnements extérieurs, surtout pétroliers.
Ces vulnérabilités ne sont ni symétriques ni interchangeables : une rupture pétrolière affecte rapidement l’approvisionnement courant ; une rupture d’aimants touche d’abord la production, la maintenance et le renouvellement des équipements. Les délais dépendent des stocks et des solutions de remplacement.
Les objectifs annoncés par Pékin encadrent la décennie ; ce sont des engagements politiques, pas des projections statistiques indépendantes.
Dans une première trajectoire, la Chine tient son calendrier : les émissions atteignent leur pic vers 2025-2030, le solaire et l’éolien remplacent progressivement le charbon dans la croissance de la demande, et l’électrification des véhicules fait plafonner les importations de pétrole. La dépendance pétrolière baisse lentement, sans disparaître.
Dans une deuxième trajectoire, plus favorable, la Chine exporte son modèle : panneaux, batteries, voitures électriques et réseaux vers le Sud, avec des usines installées en Asie du Sud-Est, au Moyen-Orient et en Amérique latine. Sa capacité industrielle devient un instrument d’influence, comme le gaz américain l’est devenu pour l’Europe.
Dans une troisième trajectoire, l’usage répété des contrôles à l’exportation pousse les États-Unis, l’Europe, le Japon et l’Australie à financer des chaînes concurrentes, tandis que les droits de douane ferment les marchés aux équipements chinois. La Chine garde sa capacité, mais vend moins cher à moins de clients, et reste exposée sur son pétrole.
La question décisive n’est pas de savoir si la Chine domine les équipements de la transition : elle les domine. C’est de savoir si cette domination suffira à réduire sa propre dépendance au pétrole et au charbon.
Les seuils des indicateurs de bascule ci-dessous sont des repères de suivi SAPERE, pas des seuils établis. Les contrôles chinois à l’exportation de métaux critiques sont suivis au Pilier IX.
Le déficit apparent de couverture pétrolière repasse-t-il sous 70 % de la consommation avant 2030 ? Il est de 74,8 % en 2024.
La part du charbon dans la production d’électricité passe-t-elle sous 50 % avant 2030 ? Elle est d’environ 58 % en 2024. À lire avec la production d’électricité au charbon en valeur absolue, qui peut croître même quand sa part baisse.
Les émissions de CO₂ mesurées par EDGAR baissent-elles deux années de suite avant 2030 ?
Le réseau et les moyens de flexibilité absorbent-ils les nouvelles productions bas-carbone ? Repère : taux d’utilisation déclaré de la production disponible, après écrêtement, au-dessus de 95 % pour le solaire et l’éolien.
La Chine réduit-elle sa dépendance aux terres rares lourdes extraites en Birmanie ?
La Chine construit les machines de la transition du monde.
Elle dépend encore du pétrole des autres et de son propre charbon.
Sources des données, une par valeur. IND1 : Banque mondiale, importations nettes d’énergie (EG.IMP.CONS.ZS) et consommation d’énergie par habitant (EG.USE.PCAP.KG.OE), d’après l’AIE, mise à jour du 8 octobre 2026 ; part du charbon : Bureau national des statistiques. IND2 : IRENA, Renewable Capacity Statistics 2026 ; Administration nationale de l’énergie ; part dans l’électricité : Bureau national des statistiques et Ember.
IND3 : Energy Institute, Statistical Review of World Energy 2026 (calcul SAPERE) ; Bureau national des statistiques, communiqué 2024 ; EIA ; institut de recherche économique et technologique de CNPC ; Vortexa, d’après Reuters ; association chinoise des constructeurs automobiles.
IND4 : USGS, Mineral Commodity Summaries (éditions 2002 à 2025) ; AIE, Global Critical Minerals Outlook 2025 ; douanes chinoises, d’après Reuters ; ministère chinois du Commerce, annonces de contrôle des exportations. IND5 : EDGAR, via la Banque mondiale (EN.GHG.CO2.MT.CE.AR5 et EN.GHG.CO2.PC.CE.AR5).
Méthode. Points de repère placés à leur date réelle entre 2000 et 2024. Les courbes portent des données observées ou estimées, selon les sources ; aucune projection n’est tracée. Ce qui suit 2024 figure sous la mention « Depuis 2024 ».
Les cinq blocs répondent aux mêmes questions que le Pilier V de la série États-Unis ; quand la fiche américaine utilise une série nationale (EIA), cet article utilise la source internationale de sa comparaison, ou une définition voisine appliquée à une source internationale. Les seuils pétroliers de 30 et 70 % s’appliquent aux deux pays comme une convention de lecture, sur deux ratios différents. Les éditions de l’IRENA diffèrent entre les deux fiches.
Grille de qualification. Atout : indicateur favorable à la puissance. Neutre : sans impact stratégique décisif. Vigilance : signal préoccupant à surveiller. Piège : indicateur structurellement défavorable. Chaque qualification se lit en trois temps : position, dynamique, jugement.
Suite de la série. Prochain épisode : Pilier VI, Défense et sécurité.
La série · Chine 2000-2024, les piliers de la puissance
- Chine Pilier 1 : Économie et finance
- Chine Pilier 2 : Industrie et technologie
- Chine Pilier 3 : Démographie et capital humain
- Chine Pilier 4 : Diplomatie, influence et information
- Chine Pilier 5 : Énergie et ressources (vous êtes ici)
- Chine Pilier 6 : Défense et sécurité
- Chine Pilier 7 : Innovation et savoir
- Chine Pilier 8 : Gouvernance et institutions
- Chine Pilier 9 : Autonomie stratégique
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Rapport entre l’énergie primaire produite sur le territoire et l’énergie primaire consommée, toutes sources confondues : charbon, pétrole, gaz, nucléaire, hydraulique et renouvelables. Au-dessus de 1, le pays exporte plus d’énergie qu’il n’en importe. Pour repère, la France produit 58 % de l’énergie qu’elle consomme, le Japon 13 %.
Le ratio additionne des énergies de nature différente. Pour la Chine, il masque un contraste : le charbon est presque entièrement produit sur place, le pétrole et le gaz largement importés. L’indicateur 3 isole le pétrole.
La tendance lourdeL’entrée dans l’OMC fait exploser la demande. Les usines, les aciéries, les cimenteries et les villes nouvelles consomment toujours davantage, et le charbon chinois suit : il fournit 68,5 % de l’énergie primaire en 2000, encore 53,2 % en 2024, selon le Bureau national des statistiques.
En 2024, un Chinois consomme en moyenne plus d’énergie qu’un habitant de l’Union européenne : 2,947 kilos d’équivalent pétrole, contre 2,768. Il en consomme encore deux fois moins qu’un Américain.
La ruptureLa production ne suit plus le rythme après 2010. Le pétrole chinois plafonne autour de 4 millions de barils par jour, le gaz domestique progresse moins vite que la demande : en 2024, la Chine importe environ 42 % de son gaz, selon un calcul d’après l’Energy Institute.
Le charbon reste l’assurance. Quand l’approvisionnement se tend, comme lors des pénuries d’électricité de l’automne 2021, Pékin relance ses mines : la sécurité énergétique passe avant la baisse du charbon.