GAZA 2026
Un territoire détruit. Un conflit qui continue.
Mais que disent vraiment les faits ?
Ce document présente les faits disponibles avec une méthode explicite, en identifiant clairement les sources et les incertitudes.
→ Faites défiler pour comprendre
7 octobre 2023
Le Hamas lance une attaque sans précédent contre Israël.
• ~1,200 tués en Israël, dont civils dans leurs foyers, participants au festival de musique près de la frontière, personnels soignants. Violences sexuelles documentées par l’ONU et des ONG indépendantes.
• ~250 otages emmenés à Gaza. Fin 2025 : une cinquantaine restent détenus, dont des civils, des femmes, des personnes âgées et des soldats, selon la Croix-Rouge internationale et les autorités israéliennes.
• Milliers de roquettes tirées vers Israël avant et après le 7 octobre 2023. Plus de 8,000 projectiles recensés entre octobre 2023 et décembre 2025, visant des zones habitées, des infrastructures civiles et des bases militaires (IDF, OCHA).
Sources : ONU, Croix-Rouge internationale, autorités israéliennes, enquêtes journalistiques indépendantes.
→ Un conflit profondément asymétrique
Bilan humain
71,395 morts palestiniens recensés (Ministère de la Santé de Gaza, janvier 2026)
170,000+ blessés (OCHA, estimations 2025)
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~1,200 morts israéliens le 7 octobre 2023 (autorités israéliennes, ONU)
~350 militaires israéliens tués depuis le 7 octobre 2023 dans les opérations à Gaza et aux frontières (IDF, 2026)
→ Un conflit profondément asymétrique
L’état du territoire
365 km² — plus de deux fois Paris intra-muros. Le Hamas, mouvement islamiste au pouvoir à Gaza depuis 2007, opère au milieu de 2.3 millions de civils dans l’une des zones les plus denses au monde.
• 9 personnes sur 10 déplacées au moins une fois depuis octobre 2023 (OCHA, juillet 2024).
• 92 % des habitations détruites ou endommagées (OCHA / UNOSAT, janvier–juillet 2025).
• 97.5 % des écoles touchées — 525 sur 564 — dont beaucoup utilisées comme abris ou endommagées par les frappes (Cluster Éducation, 2025).
• Réseaux d’eau, d’électricité et de soins largement hors service. Moins de 15 % des hôpitaux fonctionnent partiellement, avec des pénuries critiques de médicaments, de carburant et de personnel (OCHA, 2025).
→ Ce n’est pas une ville détruite, c’est un territoire désorganisé.
Responsabilités
ISRAËL
Objectif déclaré : Neutralisation du Hamas après les attaques du 7 octobre 2023.
• Frappes aériennes et artillerie en zone urbaine ultra-dense.
• Restrictions d’accès humanitaire justifiées par des impératifs de sécurité.
• Destructions d’infrastructures « préventives » (tunnels, bâtiments suspectés d’abriter des combattants).
Sources : OCHA, B’Tselem, rapports de l’armée israélienne.
HAMAS
Objectif déclaré : Résistance armée, libération des prisonniers palestiniens, fin du blocus.
• Utilisation documentée d’hôpitaux, d’écoles et d’immeubles résidentiels comme bases militaires, postes de commandement ou stocks d’armes.
• Réseau de tunnels creusé sous des quartiers habités, reliant des positions militaires à des zones civiles.
• Confiscation documentée d’aide humanitaire par des éléments affiliés au Hamas.
Le monde regarde
• ~22 milliards de dollars d’aide militaire américaine à Israël depuis octobre 2023, incluant armes, munitions, systèmes de défense et soutien logistique (Quincy Institute, Brown University, 2026).
• 19 paquets de sanctions de l’Union européenne contre la Russie depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022. Zéro régime de sanctions comparable adopté contre Israël malgré les résolutions critiques de l’Assemblée générale de l’ONU (Conseil de l’Union européenne, 2025).
• Des centaines de résolutions onusiennes critiques à l’encontre d’Israël restent non appliquées depuis 1947, en raison notamment du droit de veto des États-Unis au Conseil de sécurité (ONU, synthèse Le Monde diplomatique).
• L’Iran soutient financièrement, militairement et technologiquement le Hamas depuis des décennies, fournissant armes, formation et expertise en matière de tunnels et de roquettes (International Institute for Strategic Studies, 2025).
• L’Égypte maintient fermée sa frontière avec Gaza (poste de Rafah) pour des raisons de sécurité interne, participant de facto au blocus de l’enclave.
• Le Hezbollah au Liban et les Houthis au Yémen ont ouvert des fronts secondaires contre Israël, contraignant Tsahal à disperser ses ressources et à arbitrer entre plusieurs théâtres d’opérations.
→ Les règles existent — leur application reste très inégale
Ce qui distingue Gaza
Programmes d’intelligence artificielle « Lavender » et « Where’s Daddy » développés par l’armée israélienne : selon des enquêtes journalistiques (+972 Magazine / Local Call), jusqu’à 37,000 personnes auraient été désignées comme cibles potentielles avec une supervision humaine limitée (validation a posteriori ou seuil de probabilité bas pour autoriser une frappe).
Note : Ces chiffres sont contestés par l’armée israélienne, qui ne commente pas ses procédures opérationnelles mais affirme que toute décision de frappe fait l’objet d’un contrôle humain.
Précédent historique : Mossoul (2016–2017)
Destructions massives en zone urbaine, ~40,000 civils tués selon des estimations de l’Associated Press (2017).
Différence clé : À Mossoul, la reconstruction a débuté dans l’année qui a suivi la fin des combats, avec un soutien international coordonné. À Gaza, deux ans après le début du conflit, aucune reconstruction d’envergure n’est autorisée, et l’accès aux matériaux de construction reste strictement contrôlé.
Ce que l’on observe
TERRAIN : Destructions répétées, y compris hors des zones de combat actif identifiées par les cartes militaires israéliennes.
AIDE HUMANITAIRE : Accès bloqué du 2 mars au 20 mai 2025 selon l’OCHA et la Cour pénale internationale. Périodes de reprise des convois suivies de nouvelles interruptions liées à des décisions politiques ou sécuritaires.
DISCOURS OFFICIELS : Déclarations de responsables israéliens évoquant une occupation permanente de tout ou partie de Gaza, une « zone tampon » sécurisée, ou un contrôle indéfini des points de passage.
CONTREPARTIE : Le Hamas continue d’opérer malgré deux ans d’offensive militaire intensive : tirs de roquettes résiduels, communications, présence locale. La guerre en zone urbaine dense produit des destructions comparables à celles observées à Mossoul (Irak) ou Alep (Syrie), indépendamment des intentions stratégiques des belligérants (IFRI, octobre 2025).
→ Les faits ne parlent pas d’eux-mêmes. Il faut un test.
Quatre marqueurs
Vérifiables dans les 6–12 prochains mois.
Si les marqueurs de la colonne Logique Territoriale dominent, la lecture bascule : on passe d’une guerre urbaine classique à une logique visant à transformer durablement l’espace et le peuplement. Ce sont des critères observables, pas des opinions.
Scénarios
Ajustez chaque marqueur pour voir la trajectoire :
Scénario : Gel conflictuel
Opérations militaires réduites, mais pas de solution politique + aide humanitaire minimale + reconstruction au point mort.
Probabilité estimée : ~55 % (analyses IFRI / think tanks, 2025).
• Stabilisation négociée (~15 %) : Cessez-le-feu durable + mécanisme international de reconstruction. Faible probabilité car nécessite un alignement improbable des parties.
• Logique territoriale consolidée (~30 %) : Contrôle permanent israélien + implantation indirecte + absence de reconstruction + déplacement durable des populations.
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