GAZA 2026
Un territoire détruit. Un conflit qui continue.
Mais que disent vraiment les faits ?
Ce document présente les données disponibles avec une méthode explicite, en identifiant clairement les sources et leurs limites. Ni propagande d’un camp, ni équidistance confortable : une lecture qui nomme les faits, les incertitudes, et les questions qui restent ouvertes.
Dix séquences. Un test analytique. Des scénarios probabilisés.
→ Faites défiler pour comprendre
7 octobre 2023
Le Hamas lance contre Israël l’attaque la plus meurtrière de son histoire depuis 1948.
- ≈ 1 200 personnes tuées côté israélien — civils dans leurs foyers, participants au festival de musique Nova, personnels soignants. Des violences sexuelles systématiques sont documentées par l’ONU et des ONG indépendantes.
- ≈ 250 otages emmenés à Gaza. Fin 2025 : une cinquantaine restent détenus, dont des civils, des femmes, des personnes âgées et des soldats, selon la Croix-Rouge internationale et les autorités israéliennes.
- Plus de 8 000 projectiles tirés vers Israël entre octobre 2023 et décembre 2025, visant des zones habitées, des infrastructures et des bases militaires (IDF, OCHA).
Sources : ONU, Croix-Rouge internationale, autorités israéliennes, enquêtes journalistiques indépendantes.
→ Un conflit profondément asymétrique s’enclenche
Bilan humain
Ministère de la Santé de Gaza, jan. 2026
OCHA, estimations 2025
Autorités israéliennes, ONU
IDF, 2026
L’état du territoire
365 km² — soit deux fois Paris intra-muros. Le Hamas opère depuis 2007 au milieu de 2,3 millions de civils dans l’une des zones les plus denses au monde.
- 9 personnes sur 10 déplacées au moins une fois depuis octobre 2023 (OCHA, juillet 2024).
- 92 % des habitations détruites ou endommagées (OCHA / UNOSAT, jan.–juil. 2025).
- 97,5 % des écoles touchées — 525 sur 564 — dont beaucoup utilisées comme abris ou endommagées par des frappes (Cluster Éducation ONU, 2025).
- Moins de 15 % des hôpitaux fonctionnent partiellement, avec des pénuries critiques de médicaments, de carburant et de personnel (OCHA, 2025).
- Réseaux d’eau et d’électricité largement hors service dans de nombreuses zones.
→ Ce n’est pas une ville détruite — c’est un territoire désorganisé dans son ensemble
Responsabilités
Israël
Objectif déclaré : neutralisation du Hamas après les attaques du 7 octobre 2023.
- Frappes aériennes et artillerie en zone urbaine ultra-dense.
- Restrictions d’accès humanitaire justifiées par des impératifs de sécurité.
- Destructions d’infrastructures dites « préventives » (tunnels, bâtiments suspectés).
Hamas
Objectif déclaré : résistance armée, libération de prisonniers palestiniens, fin du blocus.
- Utilisation documentée d’hôpitaux, d’écoles et d’immeubles résidentiels comme bases militaires ou stocks d’armes.
- Réseau de tunnels sous des quartiers habités, reliant positions militaires et zones civiles.
- Confiscation documentée d’aide humanitaire par des éléments affiliés au Hamas.
Le monde regarde
- Environ 22 milliards de dollars d’aide militaire américaine à Israël depuis octobre 2023, incluant armes, munitions, systèmes de défense et soutien logistique (Quincy Institute, Brown University, 2026).
- 19 paquets de sanctions européennes contre la Russie depuis 2022. Zéro régime de sanctions comparable adopté contre Israël, malgré les résolutions critiques de l’Assemblée générale de l’ONU.
- Des centaines de résolutions onusiennes restent non appliquées depuis 1947, en raison notamment du veto américain au Conseil de sécurité.
- L’Iran soutient financièrement et militairement le Hamas depuis des décennies — armes, formation, expertise en tunnels et roquettes (IISS, 2025).
- L’Égypte maintient fermée sa frontière avec Gaza (Rafah) pour des raisons de sécurité interne, participant de facto au blocus.
- Le Hezbollah et les Houthis ont ouvert des fronts secondaires contre Israël, contraignant Tsahal à disperser ses ressources.
→ Les règles existent — leur application reste profondément inégale
Ce qui distingue Gaza
Les programmes « Lavender » et « Where’s Daddy » de l’armée israélienne ont, selon des enquêtes du magazine +972 / Local Call, désigné jusqu’à 37 000 personnes comme cibles potentielles avec une supervision humaine limitée.
Note : ces chiffres sont contestés par l’armée israélienne, qui affirme que toute frappe fait l’objet d’un contrôle humain.
Précédent : Mossoul (2016–2017)
Destructions massives en zone urbaine, ≈ 40 000 civils tués selon l’Associated Press (2017).
Différence clé
À Mossoul, la reconstruction a débuté dans l’année suivant la fin des combats, avec un soutien international coordonné. À Gaza, deux ans après le début du conflit, aucune reconstruction d’envergure n’est autorisée, et l’accès aux matériaux de construction reste strictement contrôlé.
Ce que l’on observe
Destructions répétées, y compris hors des zones de combat actif identifiées par les cartes militaires israéliennes.
Accès bloqué du 2 mars au 20 mai 2025 selon l’OCHA et la Cour pénale internationale. Reprises des convois suivies de nouvelles interruptions.
Des responsables israéliens évoquent une zone tampon permanente, une occupation partielle, ou un contrôle indéfini des points de passage.
Le Hamas continue d’opérer malgré deux ans d’offensive intensive. La guerre urbaine dense produit des destructions comparables à Mossoul ou Alep, indépendamment des intentions (IFRI, oct. 2025).
→ Les faits ne parlent pas d’eux-mêmes. Il faut un test.
Quatre marqueurs
Vérifiables dans les 6–12 prochains mois.
Scénarios
Ajustez chaque marqueur pour voir la trajectoire :
Scénario : Gel conflictuel
Opérations militaires réduites mais sans solution politique, aide humanitaire minimale, reconstruction au point mort.
Probabilité estimée : ≈ 55 % (IFRI / think tanks, 2025)
• Stabilisation négociée (≈ 15 %) : Cessez-le-feu durable + libération des otages + mécanisme international de reconstruction. Faible probabilité — nécessite un alignement improbable des parties.
• Logique territoriale consolidée (≈ 30 %) : Contrôle sécuritaire permanent + implantation indirecte + absence de reconstruction + déplacement durable des populations.
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