Gaza et la Cisjordanie, deux territoires séparés
L’État palestinien dessiné par les accords d’Oslo est fait de deux territoires qui ne se touchent pas, séparés par une trentaine de kilomètres de territoire israélien. Le passage que ces accords prévoyaient entre eux n’a fonctionné qu’une année, en 1999 et 2000. Et depuis 2007, Gaza et les zones palestiniennes de Cisjordanie ne relèvent plus de la même autorité politique.
Un État en deux morceaux, dont aucun ne touche l’autre, et dont le lien a été ouvert un an sur trente.
Contours officiels, projetés à la même échelle. Le pointillé rouge donne la distance la plus courte entre les deux territoires ; le tireté gris reprend le tracé approximatif du passage d’Erez à Tarqumiya.
Contours : geoBoundaries, version ouverte, état 2021, simplifiés à 120 mètres. Les 33 kilomètres sont la distance la plus courte entre deux points de ces contours, non la distance entre les zones habitées. Le tracé du passage est indicatif : le protocole en fixe les deux extrémités, pas l’itinéraire.
Ce qui sépare les deux territoires
| Bande de Gaza | Cisjordanie | |
|---|---|---|
| Superficie | 365 km² | 5,655 km², Jérusalem-Est comprisequinze fois Gaza |
| Population avant octobre 2023 | 2.2 millions | 3.2 millions |
| Densité avant octobre 2023 | environ 6,000 habitants au km²l’une des plus fortes au monde | environ 570 habitants au km² |
| Qui administre | le Hamas depuis 2007 ; une administration de transition a été désignée en 2026 mais n’a pas pris ses fonctions sur place | l’Autorité palestinienne en zones A et B, Israël en zone C |
| Qui contrôle les accès | Israël pour les passages terrestres, l’espace aérien et la mer ; l’Égypte à Rafah | Israël pour tous les accès, y compris le pont vers la Jordanie |
| Accès à la mer | 40 km de côte, aucun port en fonction | aucun |
Superficies et populations : bureau central palestinien des statistiques. État constaté en octobre 2026.
Le passage, en quatre temps
L’accord intérimaire pose que les deux territoires forment une seule unité territoriale dont l’intégrité sera préservée, et prévoit un passage sûr entre eux.
Un protocole est signé le 5 octobre. Le passage ouvre le 25, entre Erez et Tarqumiya. Une seconde route, vers Ramallah, ne verra jamais le jour.
Il ferme après environ un an de fonctionnement, au début de la seconde Intifada. Il n’a jamais rouvert depuis.
Après l’affrontement entre le Hamas et le Fatah, les deux territoires cessent d’avoir le même gouvernement. La séparation n’est plus seulement géographique.
La distance n’explique pas à elle seule l’absence de liaison. Trente-trois kilomètres au plus court séparent les deux territoires, et la route du passage en faisait une cinquantaine, pour quarante-cinq minutes de trajet. Ce qui les sépare n’est donc pas une géographie difficile : c’est un régime d’autorisation.
Pour rejoindre la Cisjordanie par voie terrestre, un habitant de Gaza doit traverser un territoire sous contrôle israélien et obtenir les autorisations correspondantes. Ces autorisations sont délivrées au cas par cas par les autorités israéliennes, qui contrôlent l’ensemble des accès entre Gaza, Israël et la Cisjordanie.
Ce que la carte oblige à dire
Toute solution à deux États suppose de relier deux morceaux qui n’ont jamais été reliés plus d’un an, et qui n’ont plus la même autorité depuis 2007.
Prévu en 1995, ouvert en 1999, fermé en 2000. Jamais rétabli depuis.
Un accord de 2005 sur les déplacements et l’accès prévoyait encore des convois entre les deux territoires : ils n’ont pas circulé. Ce n’est donc pas une question de kilomètres ni d’ingénierie, mais celle de savoir qui délivre les autorisations, et cette question n’a jamais été tranchée.
Exclusivité SAPERE. Contours et distances : geoBoundaries, version ouverte. Superficies et populations : bureau central palestinien des statistiques. Passage : protocole du 5 octobre 1999 et accord intérimaire de 1995. Zones A, B et C : accord intérimaire de 1995.
État constaté en octobre 2026. Les superficies et les populations sont les chiffres officiels palestiniens ; les contours ouverts dont sont tirées les mesures donnent des aires inférieures d’environ 2 %.
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