États-Unis d'Amérique Le pays qui impose ses règles sans toujours les suivre
Janvier 2025. Dès son retour à la Maison-Blanche, Donald Trump engage la sortie de l'accord de Paris et de l'Organisation mondiale de la santé, et gèle l'aide extérieure ; l'USAID, l'agence américaine d'aide au développement, est démantelée dans les semaines qui suivent.
Ces gestes ont des précédents. En 2001, George W. Bush avait rejeté le protocole de Kyoto. Lors de son premier mandat, Donald Trump avait déjà annoncé la sortie de l'accord de Paris en 2017 et celle de l'OMS en 2020, deux décisions annulées par Joe Biden en 2021. Le démantèlement de l'agence d'aide, lui, est sans précédent.
Ce pilier mesure le quart de siècle qui précède, de 2000 à 2024. Les États-Unis y conservent des ressources d'influence considérables. Leur efficacité dépend pourtant de la crédibilité de leurs engagements, et de la façon dont leurs partenaires perçoivent l'usage qu'ils en font.
Attirer, informer, s'engager, former, plaire
Pour chaque indicateur, on lit la trajectoire sur six points de repère (2000, 2004, 2009, 2014, 2019, 2024) quand la série existe, puis la position américaine dans le monde.
Une frise de lecture qualifie chaque point selon sa nature stratégique. Ce pilier met à l'épreuve le concept stratégique SAPERE du Pilier IV : distinguer hard power et soft power. Il en tire trois dimensions qui ne se confondent pas : l'attraction (universités, culture), la crédibilité (information, continuité des engagements) et l'influence (institutions, coalitions, normes).
Les séries s'arrêtent en 2024. Ce qui s'est passé depuis figure à part, sous la mention « Depuis 2024 ».
La question n'est pas de savoir si les États-Unis ont encore les moyens d'influencer le monde : ils en ont plus que quiconque. C'est de savoir si leurs partenaires leur font encore confiance pour s'en servir.
Aucune série comparable ne couvre 2000-2019 : la trajectoire commence en 2020.
71,2
78,8
Repères 2024 : Norvège 1re, France 21e, Japon 70e, Chine 172e.
1re
21e
55e
70e
172e
Cet indicateur fait entrer l'information dans le pilier. Il mesure les conditions dans lesquelles l'information est produite, pas la portée internationale des médias américains ni leur capacité à imposer un récit. Il dit en revanche quelque chose de la crédibilité de l'argument démocratique que Washington oppose à Pékin et à Moscou.
La tendance lourdePendant la première décennie, les points de repère placent les États-Unis dans le groupe de tête du classement. Le recul de 2003-2006 tient surtout à la guerre d'Irak et aux journalistes détenus ou tués sur ce terrain. RSF salue ensuite un « effet Obama » : les États-Unis remontent au 20e rang en 2009, sans retrouver le 17e rang de 2002.
La chute suivante vient de l'intérieur. En 2014, RSF retient la traque des sources :
L'administration Obama engage huit poursuites au titre de l'Espionage Act contre des sources de la presse, plus que toutes les administrations précédentes réunies.
La ruptureLa presse américaine recule moins par la censure que par l'asphyxie. En 2024, RSF relève la défiance envers les médias, l'hostilité de responsables politiques et des arrestations de journalistes par des polices locales.
Le fond économique pèse davantage encore : plus d'un tiers des journaux ont disparu depuis 2005, et plus de 200 comtés n'ont plus aucune source d'information locale (Northwestern Medill, rapport 2024). Une démocratie dont des régions entières ne sont plus couvertes perd une part de sa capacité à se raconter au monde.
Depuis 2024 : le décret du 14 mars 2025 démantèle l'agence qui finance Voice of America, et plus de 1,300 salariés sont mis en congé. RSF classe les États-Unis 64e en 2026.
Dynamique : les points de repère montrent une position favorable en début de période, puis un recul marqué.
Jugement : RSF range les États-Unis parmi les « situations problématiques » en 2024 ; ce n'est pas un Piège, car la presse reste protégée par le Premier Amendement et les tribunaux.
Ce qui varie, c'est la continuité des engagements : trois décisions de désengagement en 2000-2004, six en 2015-2019, puis quatre retours ou maintiens en 2020-2024.
| Période | Sens | Nombre | Actes |
|---|---|---|---|
| 2000-2004 | désengagement | 3 | Kyoto rejeté (2001), traité ABM quitté (2002), signature de la CPI retirée (2002) |
| engagement | 1 | Retour à l'UNESCO (2003) | |
| 2005-2009 | désengagement | 1 | Conseil des droits de l'homme refusé à sa création (2006) |
| engagement | 1 | Élection au Conseil des droits de l'homme (2009) | |
| 2010-2014 | désengagement | 0 | — |
| engagement | 1 | Traité New START (2011) | |
| 2015-2019 | désengagement | 6 | Accord transpacifique (2017), accord de Paris (annonce, 2017), UNESCO (2017), accord iranien (2018), Conseil des droits de l'homme (2018), traité INF (2019) |
| engagement | 3 | Accord iranien (2015), accord transpacifique signé (2016), accord de Paris (2016) | |
| 2020-2024 | désengagement | 2 | Traité Ciel ouvert (2020), OMS (notification annulée, 2020) |
| engagement | 4 | OMS maintenue, accord de Paris, Conseil des droits de l'homme (2021), UNESCO (2023) |
Voir les 22 décisions datées et la nature de chaque acte
| Période | Décision et date | Nature de l'acte | Sens |
|---|---|---|---|
| 2000-2004 | Protocole de Kyoto : rejet annoncé par la Maison-Blanche, 28 mars 2001 | Refus de ratification | désengagement |
| Traité ABM : notification le 13 décembre 2001, retrait effectif le 13 juin 2002 | Retrait effectif | désengagement | |
| Statut de Rome (CPI) : lettre au secrétaire général de l'ONU, 6 mai 2002 | Retrait de signature | désengagement | |
| UNESCO : retour le 1er octobre 2003 | Retour effectif | engagement | |
| 2005-2009 | Conseil des droits de l'homme : vote contre sa création, 15 mars 2006, et pas de candidature | Refus de participation | désengagement |
| Conseil des droits de l'homme : élection, 12 mai 2009 | Adhésion effective | engagement | |
| 2010-2014 | Traité New START : entrée en vigueur, 5 février 2011 | Adhésion effective | engagement |
| UNESCO : contribution suspendue en octobre 2011 (non comptée : pas de retrait) | — | — | |
| 2015-2019 | Accord nucléaire iranien : conclusion, 14 juillet 2015 | Engagement politique | engagement |
| Accord transpacifique : signature, 4 février 2016 | Signature | engagement | |
| Accord de Paris : adhésion, 3 septembre 2016 | Adhésion effective | engagement | |
| Accord transpacifique : retrait de la signature, 23 janvier 2017 | Abandon d'un accord signé, non ratifié | désengagement | |
| Accord de Paris : annonce le 1er juin 2017, notification le 4 novembre 2019, effet le 4 novembre 2020 | Annonce, puis notification | désengagement | |
| UNESCO : notification le 12 octobre 2017, effet le 31 décembre 2018 | Retrait effectif | désengagement | |
| Accord nucléaire iranien : sortie, 8 mai 2018 | Sortie d'un engagement politique | désengagement | |
| Conseil des droits de l'homme : retrait, 19 juin 2018 | Retrait effectif | désengagement | |
| Traité INF : notification le 2 février 2019, retrait effectif le 2 août 2019 | Retrait effectif | désengagement | |
| 2020-2024 | Traité Ciel ouvert : notification le 22 mai 2020, retrait effectif le 22 novembre 2020 | Retrait effectif | désengagement |
| OMS : notification le 6 juillet 2020, annulée le 20 janvier 2021 | Notification annulée | désengagement | |
| OMS : annulation de la sortie, 20 janvier 2021 | Maintien | engagement | |
| Accord de Paris : retour effectif, 19 février 2021 | Retour effectif | engagement | |
| Conseil des droits de l'homme : retour comme observateur en février 2021, élection en octobre 2021 | Retour effectif | engagement | |
| UNESCO : retour effectif, juillet 2023 | Retour effectif | engagement |
Le relevé mesure un comportement, pas une influence. Ses actes n'ont pas la même portée : une notification annulée ne vaut pas la sortie effective d'un traité. Il renseigne sur la prévisibilité institutionnelle des États-Unis ; il ne mesure pas toute la confiance diplomatique, qui dépend aussi des explications, des négociations et des engagements tenus.
La tendance lourdeL'unilatéralisme américain ne commence pas en 2017. Entre 2001 et 2002, l'administration de George W. Bush rejette le protocole de Kyoto, quitte le traité sur les missiles antibalistiques (ABM) et retire la signature américaine du statut de la Cour pénale internationale. En 2003, elle engage la guerre d'Irak sans mandat explicite du Conseil de sécurité.
La décennie suivante est celle des retours : Conseil des droits de l'homme en 2009, traité New START en 2011, accord nucléaire avec l'Iran en 2015, accord de Paris en 2016.
La ruptureLe premier mandat de Donald Trump ne change pas la nature de cette diplomatie, mais son intensité : six décisions de désengagement en trois ans, dont trois retraits effectifs, contre trois décisions sous George W. Bush. Joe Biden revient ensuite dans les institutions quittées ou annule les sorties engagées.
Cette alternance a un coût. Les partenaires apprennent qu'un engagement américain peut être défait par l'administration suivante, et en tiennent compte dans leurs propres choix.
Continuité des engagements : désengagement en 2000-2004 et en 2015-2019, réengagement en 2005-2014 et en 2020-2024.
Jugement : la position reste un atout constant ; c'est la continuité, variable d'une présidence à l'autre, qui fait la fragilité.
Creux de la pandémie : 914,000 en 2020-2021. Puis 1,13 million en 2023-2024.
Les étudiants internationaux sont l'un des vecteurs les plus durables de l'attraction américaine. En formant une partie des élites économiques, scientifiques et politiques du monde, les universités créent des réseaux d'anciens élèves qui survivent aux alternances. Une ministre des Finances formée à Harvard ou au MIT garde souvent un lien avec les États-Unis tout au long de sa carrière.
La tendance lourdeLe nombre d'étudiants double en vingt-trois ans, malgré deux chocs : le resserrement des visas après le 11 septembre 2001, qui fige les effectifs pendant cinq ans, et la pandémie, qui les fait reculer de 15 % en 2020-2021.
En 2023-2024, l'Inde dépasse la Chine comme premier pays d'origine, avec 331,000 étudiants. Cette diversification réduit la dépendance à un seul pays, au moment où les étudiants chinois deviennent un enjeu de sécurité pour Washington.
La ruptureLe record de 2023-2024 confirme que l'attraction universitaire résiste aux cycles politiques mieux que l'image du pays. Elle repose sur des universités classées parmi les premières du monde et sur l'accès au marché du travail américain.
Les signaux de 2025 montrent cependant sa sensibilité aux décisions de visa : avec une baisse de 17 % des nouvelles inscriptions, c'est le premier recul sérieux hors pandémie depuis 2001.
Dynamique : doublement en vingt-trois ans, interrompu par le 11 septembre 2001 et la pandémie.
Jugement : l'atout le plus stable du pilier, exposé désormais aux décisions de visa.
Allemagne : 78 % en 2000, 45 % en 2003, 64 % en 2009, 49 % en 2024.
46 %
54 %
70 %
La perception internationale est la mesure la plus directe de l'image d'un pays. Elle ne se confond pourtant pas avec l'influence : un pays peu apprécié peut garder une attraction exceptionnelle sur les étudiants, les chercheurs et les investisseurs, comme le montre l'indicateur 4.
La tendance lourdeL'image des États-Unis suit les présidences avec un décalage court. La guerre d'Irak la fait chuter en 2003, en Europe surtout : de 78 % à 45 % d'opinions favorables en Allemagne. L'élection de Barack Obama la redresse en quelques mois : 75 % en France en 2009.
Le premier mandat de Donald Trump la fait retomber : médiane de 49 % en 2017 (37 pays). Le creux de 2020, 34 % dans douze pays, est suivi d'un rebond à 62 % en 2021 dans les mêmes pays.
La ruptureDans les pays suivis, le rebond des années Biden reste partiel en Europe : en 2024, l'Allemagne (49 %) et la France (46 %) restent loin de leurs niveaux de 2009 (64 % et 75 %). Les médianes portent sur des pays différents d'une enquête à l'autre et ne se comparent qu'avec prudence.
Le Japon fait exception : 70 % d'opinions favorables en 2024, au-dessus de son niveau de 2009. Dans l'Indo-Pacifique, la montée de la Chine rend l'allié américain plus nécessaire.
Dynamique : des cycles liés aux présidences, avec des retournements importants dans les pays suivis.
Jugement : l'image reste majoritairement favorable, mais elle dépend de plus en plus de la conduite de la politique américaine.
Trois mouvements d'une puissance qui bâtit, quitte et revient
En 2000, l'image des États-Unis est largement favorable : 78 % d'opinions positives en Allemagne, 83 % au Royaume-Uni. En deux ans, l'administration de George W. Bush rejette le protocole de Kyoto, quitte le traité ABM et retire sa signature de la Cour pénale internationale ; en 2003, elle engage la guerre d'Irak sans mandat explicite du Conseil de sécurité.
L'image s'effondre en Europe, et la presse américaine recule dans le classement de RSF. La même administration lance pourtant en 2003 le plan d'urgence contre le sida (PEPFAR), qui construit en Afrique une influence durable.
Les États-Unis rejoignent le Conseil des droits de l'homme, signent le traité New START, l'accord nucléaire avec l'Iran et l'accord de Paris. Leur image remonte : 75 % d'opinions favorables en France en 2009, médiane de 65 % en 2014. Les étudiants internationaux passent de 691,000 à près d'un million.
L'affaire Snowden de 2013 et la traque des sources de la presse font pourtant reculer les États-Unis au 46e rang de RSF en 2014 : l'argument démocratique s'abîme au moment où l'image se redresse.
Six décisions de désengagement en trois ans, puis quatre retours ou maintiens à partir de 2021. Les États-Unis tombent au sixième rang du soft power en 2021, avant de reprendre la première place. Les étudiants internationaux atteignent 1,13 million en 2023-2024, record historique, et l'aide publique au développement 63,3 milliards de dollars en 2024, premier donateur mondial (OCDE).
Mais la presse recule au 55e rang, en Allemagne et en France, l'image reste loin de ses niveaux de 2009, et la Chine dispose depuis 2019 d'un réseau diplomatique un peu plus étendu (274 postes contre 271 en 2024, Lowy Institute). Les partenaires ont appris qu'un engagement américain peut être défait par l'administration suivante.
Distinguer hard power et soft power conduit à séparer trois composantes de l'influence américaine, qui n'évoluent ni au même rythme ni dans le même sens :
Aucun de ces indicateurs ne démontre un déclassement général de la puissance d'influence américaine. Plusieurs révèlent cependant une érosion relative de ses avantages et de sa crédibilité.
Les décrets de janvier 2025 engagent la sortie de l'accord de Paris et de l'OMS ; l'USAID est démantelée et Voice of America mise à l'arrêt. Les mesures suivent : 74,9 au Global Soft Power Index en 2026, soit 4,6 points de moins en un an, la Chine à 73,5 ; médiane Pew de 49 % en 2025 ; 64e rang de RSF en 2026 ; nouvelles inscriptions d'étudiants en recul de 17 % à l'automne 2025.
Dans une première trajectoire, les États-Unis gardent leur position dans les institutions et leur avance d'attraction, mais continuent d'alterner retraits et retours. Leurs partenaires intègrent cette réversibilité : ils diversifient leurs alliances et couvrent leurs engagements avec Washington.
Dans une deuxième trajectoire, plus favorable, une administration future reconstruit les instruments démantelés. L'histoire américaine montre que c'est possible : le programme Fulbright a survécu à toutes les alternances depuis 1946, et le plan contre le sida a été reconduit par tous les présidents depuis 2003.
Dans une troisième trajectoire, le retrait des instruments d'attraction et d'aide se combine à un usage plus coercitif des leviers restants : droits de douane, sanctions, veto. Les États-Unis gardent les moyens de contraindre, mais perdent une part de leur capacité à convaincre.
La vulnérabilité américaine ne tient pas d'abord à l'image : elle tient à la confiance que les partenaires accordent à la continuité des engagements des États-Unis.
L'écart est de 1,4 point en 2026 (74,9 contre 73,5). Un dépassement serait une première depuis la création de l'indice en 2020.
Le démantèlement est réversible si le Congrès légifère et finance une nouvelle structure.
La baisse de 17 % des nouvelles inscriptions à l'automne 2025 constitue un signal de risque pour les effectifs totaux des années suivantes.
Un retour montrerait que l'alternance continue de fonctionner dans les deux sens ; son absence installerait les retraits de 2025 dans la durée.
La médiane est tombée à 49 % en 2025 ; sa remontée dépendra de la politique menée, comme en 2009 et en 2021.
Les États-Unis conservent une capacité exceptionnelle à attirer, à organiser des coalitions et à définir des règles. Leur vulnérabilité croissante ne réside pas seulement dans leur image, mais dans la confiance que leurs partenaires accordent à la continuité de leurs engagements.
Sources des données. IND1 : Brand Finance, Global Soft Power Index, éditions 2020 à 2026 (États-Unis : 67,1 ; 55,9 ; 70,7 ; 74,8 ; 78,8 ; 79,5 ; 74,9). IND2 : Reporters sans frontières, Classement mondial de la liberté de la presse, éditions 2002 à 2026 ; Northwestern Medill, The State of Local News ; décret présidentiel 14238 du 14 mars 2025.
IND3 : relevé SAPERE, chaque décision datée dans le tableau d'après les textes officiels (lettres et notifications au dépositaire, Département d'État, Nations unies, UNESCO, OMS). IND4 : Institute of International Education, Open Doors, série 1949-2025 et enquête de l'automne 2025. IND5 : Pew Research Center, Global Attitudes (médianes 2014 à 2025, avec le nombre de pays enquêtés) ; Département d'État pour 2000.
Contexte. Aide publique au développement 2024 : OCDE, données préliminaires (63,3 milliards de dollars). Réseau diplomatique : Lowy Institute, Global Diplomacy Index 2024.
Méthode. Six points de repère quand la série existe ; aucune série n'est reconstituée avant sa première édition. Les ruptures de méthode sont signalées sur les courbes. Aucune projection n'est tracée. Ce qui suit 2024 figure sous la mention « Depuis 2024 ». La qualification suit la position du pays ; la dynamique et le jugement sont écrits à part, dans l'encadré « Pourquoi ».
Suite de la série. Prochain épisode : Pilier V, Énergie et ressources. États-Unis : le pays qui produit le plus de pétrole et dépend de la Chine pour en sortir.
Trajectoires de puissance, une exclusivité SAPERE - Novembre 2026
La série · États-Unis 2000-2024, les piliers de la puissance
- États-Unis Pilier 1 : Économie et finance
- États-Unis Pilier 2 : Industrie et technologie
- États-Unis Pilier 3 : Démographie et capital humain
- États-Unis Pilier 4 : Diplomatie, influence et information (vous êtes ici)
- États-Unis Pilier 5 : Énergie et ressources
- États-Unis Pilier 6 : Défense et sécurité
- États-Unis Pilier 7 : Innovation et savoir
- États-Unis Pilier 8 : Gouvernance et institutions
- États-Unis Pilier 9 : Autonomie stratégique
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L'indice mesure une perception, pas une capacité. Il dit comment le monde voit un pays, et non ce que ce pays obtient de ses partenaires. D'autres classements existaient avant 2020 (Anholt-Ipsos, Soft Power 30 de Portland), mais leurs méthodes et leurs panels diffèrent : on ne peut pas les raccorder en une seule courbe.
La tendance lourdeAvant 2020, les classements disponibles placent tous les États-Unis dans le groupe de tête, avec des reculs nets après la guerre d'Irak de 2003 et pendant le premier mandat de Donald Trump. Ils ne permettent pas de dire de combien.
La série Brand Finance montre la même sensibilité aux événements. En 2021, les États-Unis tombent au sixième rang : l'enquête est menée pendant la pandémie, dont la gestion américaine est jugée sévèrement, et à la fin du premier mandat Trump. Ils reprennent la première place dès 2022.
La ruptureLe score de 2024, 78,8, est le plus haut jamais atteint par les États-Unis à cette date. Il repose sur des ressources que les alternances touchent peu : la langue anglaise, les universités, les entreprises du numérique, le cinéma et la musique.
La chute de 2021 montre pourtant que la perception peut se retourner en un an. C'est la limite de cet atout : il ne dépend pas seulement de ce que sont les États-Unis, mais aussi de ce qu'ils font.
Dynamique : une série courte et heurtée, avec une chute au sixième rang en 2021, puis trois années en tête.
Jugement : les ressources d'attraction restent les premières du monde ; leur perception dépend de la conduite de la politique américaine, comme l'a montré 2021.