SAPERE · Les Forces et les FaillesSão Tomé-et-Príncipe · données arrêtées au 18 septembre 2026, révisé le 19 septembre 2026 · tendance depuis 2020
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São Tomé-et-Príncipe

Profil géopolitique

São Tomé-et-Príncipe est un micro-État sous perfusion qui choisit encore ses alliances.

2,2/5Fragile et dépendant↘ dégradation lente depuis 2020

245,000 habitants sur deux îles volcaniques du golfe de Guinée, un peu plus de 1,000 kilomètres carrés, classées tout entières réserve de biosphère par l'UNESCO en septembre 2025.

Depuis 1990, le pouvoir y change de mains par les urnes. Le 19 juillet 2026, le président Carlos Vila Nova a encore été réélu, et son adversaire a reconnu sa défaite. Mais le courant manque des heures chaque jour, et presque tout l'investissement public vient de l'étranger.

La situation
Une démocratie qui tient sur une économie fragile

Les institutions tiennent mieux que dans presque tout le golfe de Guinée. L'économie, elle, vit du cacao, des bailleurs et d'un carburant entièrement importé.

La trajectoire
Une dégradation lente

Six piliers reculent depuis 2020, dont l'énergie, l'économie et la gouvernance. Seule la diplomatie progresse ; l'industrie et l'innovation n'ont pas bougé.

La faille décisive
Le courant qui manque

La compagnie publique ne produit pas assez pour la pointe de demande. Les coupures freinent la croissance, que le FMI attend à 0,4 % en 2026.

Dépendre de tous pour ne dépendre de personne

Aucun partenaire ne tient seul l'archipel ; aucun secteur vital n'échappe à l'extérieur.
CE QUI SORT CE QUI ENTRE São Tomé- et-Príncipe Cacao, huile de palme vers les Pays-Bas, la France, la Pologne Diaspora Portugal, Angola, Gabon : des départs, peu de transferts enregistrés Portugal, Angola vivres et biens ; l’essentiel du carburant FMI et bailleurs l’investissement public Chine, Russie, États-Unis chantiers, armée, surveillance de la mer
Schéma des dépendances : positions non géographiques. Chaque flèche suit le sens du flux ; la diaspora part sans que ses transferts d'argent compensent le départ.

Ce qui décrit le pays

Quatre repères de comparaison mondiale, trois chiffres qui disent la dépendance.
PIB nominal
~822 M $
2024 · Banque mondiale
PIB en parité de pouvoir d'achat
~1,5 Md $
environ 0,0007 % du PIB mondial · FMI
Exportations · poids mondial
~0,0002 %
~49 M $ en 2024 · cacao et huile de palme
Importations · poids mondial
~0,0006 %
~147 M $ en 2024 · un déficit comblé par l'aide
Cacao
43 %
des exportations enregistrées en 2024 · 55 % hors flux de transit
Investissement public
~90 %
financé par des bailleurs extérieurs
Dette publique
56,5 %
du PIB en 2025 · Banque mondiale

Qui achète, qui fournit

Le cacao et l'huile de palme partent vers l'Europe ; les vivres viennent du Portugal, le carburant d'Angola.
Premiers clients · 2024, flux miroirs BACI (OEC)
RangPaysCe qu'il achètePart des exportations
1Pays-BasHuile de palme, fèves de cacao17,3 %
2FranceFèves de cacao14,0 %
3PologneFèves de cacao13,5 %
Le premier acheteur apparent, le Pakistan, est écarté : ses 20,5 % sont du pétrole brut et des navires à la ferraille, des flux de transit, l'archipel ne produisant pas de pétrole.
Premiers fournisseurs · 2024, flux miroirs BACI (OEC)
RangPaysCe qu'il vendPart des importations
1PortugalVivres, boissons, biens de consommation44,1 %
2ChineÉquipements, matériel naval, acier14,3 %
3AngolaProduits pétroliers raffinés13,8 %
L'Angola tient le carburant : il a fourni 93 % des produits pétroliers raffinés importés en 2024, qui font eux-mêmes 83 % de ses ventes à l'archipel.

Deux tendances structurelles

Format micro-État : deux tendances plutôt que quatre. La couleur dit le sens pour le pays.
Des courbes qui divergent : le pays se raccorde au réseau pendant que sa croissance s'éteint, faute de courant fiable.

Où le pays tient, où il cède

Chaque pilier est noté sur cinq, puis pondéré selon son poids dans la grille SAPERE 2.2.
Les neuf piliers en un coup d'œil · niveau et tendance depuis 2020
Faire défiler la matrice vers la droite pour lire les tendances.
↘ en baisse= stable↗ en hausse
Résilient sous contrainte3,0-3,9↘Gouvernance et institutions 3,0
Sous tension structurelle2,5-2,9↘Démographie et capital humain 2,7↗Diplomatie, influence et information 2,8
Fragile et dépendant1,5-2,4↘Économie et finance 2,4↘Défense et sécurité 2,0↘Autonomie stratégique 2,2↘Énergie et ressources 1,8→Industrie et technologie 1,6→Innovation et savoir 1,5
Niveaux inoccupésaucun pilierAucun pilier n'atteint « Solidement ancré » (4,0-5,0) ni ne tombe en « Défaillance critique » (1,0-1,4).
Un pilier progresse, deux restent stables, six reculent. La gouvernance tient seule la zone résiliente ; six piliers sur neuf sont dans la bande fragile. Le score global de 2,2 résulte de la somme pondérée de ces neuf notes, arrondie au dixième.
IÉconomie et financeFragile et dépendant↘Un programme du FMI qui tient, une croissance qui ne suit pas.
Ce qui tient
La facilité élargie de crédit du FMI ancre le budget ; en juin 2026, un accord technique a conclu la troisième revue, la plupart des objectifs chiffrés étant atteints.
L'inflation, montée à 21,3 % en 2023, est revenue à un chiffre selon le FMI.
Ce qui fragilise
La croissance est attendue autour de 1 % en 2025 et de 0,4 % en 2026, freinée par la crise de l'électricité.
Le FMI classe le pays en situation de surendettement, faute d'avoir réglé d'anciens arriérés extérieurs, même s'il juge la dette soutenable.
IIIndustrie et technologieFragile et dépendant→L'archipel vend des fèves, pas du chocolat.
Ce qui tient
Une première usine de chocolat biologique fonctionne à Guadalupe, portée par la coopérative CECAB.
Le savoir-faire sur le cacao biologique haut de gamme est reconnu et certifié pour l'export.
Ce qui fragilise
Il n'existe aucune base manufacturière significative en dehors de l'agroalimentaire artisanal.
Presque tous les biens transformés et les équipements sont importés.
IIIDémographie et capital humainSous tension structurelle↘Une population jeune qui part.
Ce qui tient
L'indice de développement humain du PNUD, à 0,613, dépasse la moyenne de l'Afrique subsaharienne.
La pauvreté extrême a reculé : 13 % sous le seuil international en 2024, contre près d'un tiers dix ans plus tôt.
Ce qui fragilise
L'émigration réduit chaque année la population active, un frein que le FMI juge structurel.
Environ un adulte sur cinq seulement occupe un emploi.
IVDiplomatie, influence et informationSous tension structurelle↗Un confetti qui parle à tout le monde.
Ce qui tient
Pékin, Moscou, Lisbonne, Washington et Bruxelles sont tous des partenaires, et l'archipel siège à la CPLP comme à la communauté d'Afrique centrale.
L'UNESCO a reconnu en septembre 2025 tout le territoire comme réserve de biosphère, une première mondiale.
Ce qui fragilise
L'archipel n'a aucun levier géographique comparable à un détroit ou un canal.
L'accord de coopération militaire signé avec la Russie en 2024 complique l'équilibre avec les partenaires occidentaux, sans remplacer leurs financements.
VÉnergie et ressourcesFragile et dépendant↘Plus de raccordés, moins de courant.
Ce qui tient
Environ 84 % de la population a désormais accès à l'électricité.
Des centrales solaires sont en préparation, et un cycle de licences est relancé en 2026 pour trois blocs en mer.
Ce qui fragilise
La compagnie publique EMAE, exsangue, produit moins que la pointe de demande : les coupures sont quotidiennes.
Tout le carburant est importé, et l'Angola en fournit l'essentiel.
VIDéfense et sécuritéFragile et dépendant↘Aucun front, presque aucune capacité militaire autonome.
Ce qui tient
L'archipel ne connaît ni conflit frontalier ni insurrection.
Un accord signé avec la Russie en 2024 prévoit formation, armes et logistique.
Ce qui fragilise
Trois tentatives de coup d'État en trente ans, dont le putsch manqué de 2022.
La zone économique exclusive de 160,000 km², cent soixante fois la surface des îles, n'est surveillée que par des marines étrangères.
VIIInnovation et savoirFragile et dépendant→Une université, presque pas de recherche.
Ce qui tient
L'université publique de São Tomé est le seul pôle académique du pays.
Les techniques du cacao biologique ont été modernisées avec l'appui des bailleurs.
Ce qui fragilise
Les dépenses de recherche recensées sont quasi nulles, et le pays ne dépose aucun brevet.
L'économie numérique ne se structure que depuis peu, avec un projet de la Banque mondiale.
VIIIGouvernance et institutionsRésilient sous contrainte↘La démocratie tient, la coalition se défait.
Ce qui tient
Le pays est 70e sur 182 à l'indice de perception de la corruption de Transparency International, devant presque tous ses voisins.
Le 19 juillet 2026, la présidentielle s'est close dès le premier tour, sous le regard d'environ deux cents observateurs de l'Union européenne, de l'Union africaine, de la CPLP et de la communauté d'Afrique centrale.
Ce qui fragilise
En janvier 2025, trois Premiers ministres se sont succédé en une semaine, sur fond de rupture entre le président et son propre parti.
Un peu plus de quatre inscrits sur dix seulement ont voté en juillet, la participation la plus basse de l'histoire du pays.
IXAutonomie stratégiqueFragile et dépendant↘Libre de choisir, pas de tenir seul son choix.
Ce qui tient
Le pays assume des choix diplomatiques contestés, de la Chine en 2016 à la Russie en 2024.
Sa légitimité démocratique est reconnue par tous ses partenaires.
Ce qui fragilise
Sans les dons, le budget aurait été en déficit de 9,5 % du PIB en 2025, contre un léger excédent dons compris, selon le FMI.
Les bailleurs financent l'essentiel de l'investissement public, et les réserves de change sont jugées insuffisantes.
Comprendre l'échelle de robustesse, du plus solide au plus fragile
  1. Solidement ancré4,0 à 5,0 · Capacités prouvées sur la durée. Le pays absorbe les chocs sans risque de basculement.
  2. Résilient sous contrainte3,0 à 3,9 · Forces et faiblesses en tension, mais le système tient par ses propres moyens.
  3. Sous tension structurelle2,5 à 2,9 · Le pilier tient grâce à une béquille : une rente, un partenaire, un corridor. Il cède si elle cède.
  4. Fragile et dépendant1,5 à 2,4 · Vulnérabilité profonde. La fonction est assurée, mais sans maîtrise réelle des moyens.
  5. Défaillance critique1,0 à 1,4 · Risque d'effondrement de la fonction. Autorité ou capacité contestée sur l'essentiel.

L'échelle mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni le potentiel. Le niveau de chaque pilier découle mécaniquement de son évaluation sur cinq points, selon les bornes ci-dessus.

Deux atouts, deux freins

Ce qui porte l'édifice, et ce qui en dicte le rythme.
Ce qui tient
FORCE 01

Une démocratie qui n'a jamais rompu

Depuis le multipartisme de 1990, le pouvoir a changé plusieurs fois de mains sans que la Constitution soit suspendue.

Le putsch manqué de 2022 a été déjoué sans effondrement, et la présidentielle de 2026 s'est tenue et close dans le cadre prévu.

Dans un golfe de Guinée où les coups d'État se sont multipliés, du Gabon voisin au Sahel, cette continuité est un capital rare : elle rassure les bailleurs et donne à l'archipel une voix que sa taille ne lui accorderait pas.

FORCE 02

Dépendre de tout le monde pour ne dépendre de personne

Chine, Russie, Portugal, Union européenne, États-Unis : peu d'États de cette taille assument autant de partenaires à la fois.

Aucun n'a encore rompu ; le pari n'a pourtant jamais été testé par une vraie crise entre deux d'entre eux.

Cette diplomatie tous azimuts n'est pas un luxe : faute d'armée et de ressources propres, c'est la seule politique étrangère qu'un État sans moyens puisse se permettre, tant qu'aucun grand pôle ne le force à trancher.

Ce qui freine
FAILLE 01

Le cacao, une rente à guichet unique

Deux produits agricoles, le cacao en fèves et l'huile de palme, font l'essentiel des ventes réelles : l'archipel vend la matière la moins payée de la filière.

Fin août 2026, la tonne cotait 6,648 dollars sur les marchés, moitié moins qu'au pic de décembre 2024, selon Trading Economics.

La première usine de chocolat, à Guadalupe, ne produit encore que quelques tonnes par an : diversifier voudrait dire renoncer, au moins un temps, à ce qui rapporte le plus aujourd'hui.

FAILLE 02

Le courant qui manque

La compagnie publique EMAE, exsangue, ne couvre pas la pointe de demande, et le carburant vient pour l'essentiel d'Angola.

Le FMI range ces coupures parmi les premiers freins à la croissance, alors que le pays vise 50 % d'énergies renouvelables en 2030, contre 5 % aujourd'hui.

L'eau raconte la même histoire : l'archipel ne prélève que 2 % de ses ressources renouvelables, mais seuls 36 % des habitants ont accès à une eau potable sûre, faute de réseau, auprès de la même compagnie publique.

Qui tient le pays, du dedans et du dehors

Un président réélu, une Assemblée à reconstituer, des partenaires que l'archipel met en concurrence.

À l'intérieur

Le régime est semi-présidentiel : le Premier ministre gouverne, le président nomme et arbitre.

En janvier 2025, Carlos Vila Nova, élu avec l'ADI, a limogé le chef de ce même parti, Patrice Trovoada. Trois Premiers ministres se sont succédé en une semaine avant la nomination d'Américo Ramos.

Le 19 juillet 2026, Vila Nova, candidat indépendant soutenu par le MLSTP, a été réélu dès le premier tour avec 55,88 % des voix contre 41,46 % à Nito Viegas d'Abreu, le candidat de l'ADI, selon les résultats définitifs du Tribunal constitutionnel.

Le vaincu, soutenu par Trovoada, a reconnu sa défaite dès le 21 juillet, tout en signalant des irrégularités techniques ; l'ADI sort de l'épreuve scindée en deux.

Le chef de l'État garde surtout un rôle d'arbitre. Le vrai pouvoir sortira des législatives du 27 septembre, où sept formations s'affrontent après le rejet de listes d'une coalition par le Tribunal constitutionnel, selon le quotidien Téla Nón.

Décision rapidePour l'arbitrage présidentiel et les engagements pris avec le FMI.
Décision lentePour la réforme de l'électricité, principal goulet d'étranglement.
Test politiqueUne majorité issue des législatives capable de gouverner avec le président réélu.

À l'extérieur

Aucun partenaire ne contrôle l'archipel, mais aucun secteur vital n'échappe à l'extérieur. Le Portugal fournit 44 % des importations et accueille l'essentiel de la diaspora ; l'Angola, 93 % des carburants raffinés importés en 2024.

La France pèse peu dans l'ensemble, mais elle achète le cacao : deuxième client de l'archipel en 2024, notamment par le chocolatier Kaoka, partenaire de la coopérative CECAB.

La Chine, revenue en 2016 après vingt ans de relations avec Taïwan, a donné 146 millions de dollars pour l'aéroport et un futur port. La Russie a signé un accord militaire en 2024, pendant que les États-Unis restent partenaires de la sécurité maritime.

L'aide stabilise, mais elle capture : chaque bailleur, du FMI au Portugal et à la Chine, pèse sur l'agenda, et la souveraineté budgétaire devient une négociation permanente.

Au soir de sa victoire, Vila Nova a fait de la « pacification sociale » la priorité de son second mandat, selon le Jornal Económico ; les bailleurs, qui avaient vu dans les élections un risque pour le programme du FMI, y trouvent un premier gage.

La diaspora pèse aussi : près d'un Santoméen sur cinq vit à l'étranger, surtout au Portugal, en Angola et au Gabon. Mais les transferts d'argent officiellement enregistrés restent parmi les plus faibles d'Afrique rapportés à la population.

De quoi dépend le pays ?De l'aide pour investir, de l'Angola pour rouler et s'éclairer, des cours du cacao et de l'huile de palme pour exporter.
Choc externe actifUn pétrole cher et un cacao volatil peuvent frapper en même temps, comme en 2025.
Ce que l'archipel peut opposerSa légitimité démocratique et la mise en concurrence de ses partenaires.
LevierActeurEmpriseCe qu'il contrôle
Importations et diasporaPortugal●●●●Plus de la moitié des achats, la banque, le tourisme et une grande part de la diaspora.
CarburantAngola●●●●L'essentiel du carburant, donc l'électricité produite au diesel.
Budget et investissementFMI et bailleurs●●●●L'essentiel de l'investissement public, les dons au budget et le cadre budgétaire.
ChantiersChine●●●Les dons pour l'aéroport, le port en eau profonde et les grands contrats.
ArméeRussie●●Formation, armes et logistique prévues par l'accord de 2024.
MerÉtats-Unis●●Missions navales et sécurité maritime du golfe de Guinée.
Les points mesurent l'emprise, c'est-à-dire l'intensité globale du lien : poids commercial, dépendance à l'aide ou à l'énergie et levier politique combinés, et non le seul volume des échanges.

Ce que la géographie impose

Deux îles au large du Gabon, au cœur du golfe de Guinée.
CAMEROUN GABON GUINÉE ÉQ. NIGERIA Golfe de Guinée São Tomé Príncipe Bioko Annobón São Tomé Capitale, l’essentiel de la population et des plantations de cacao. Príncipe Réserve de biosphère, investissements touristiques sud-africains. Une mer sans garde-côtes 160,000 km² de zone économique exclusive, surveillés par des marines étrangères. Projection Equal Earth · contours Natural Earth simplifiés · îles figurées par des symboles, Bioko et Annobón en gris (Guinée équatoriale) SÃO TOMÉ PRÍNCIPE GABON CAMEROUN
Les deux îles santoméennes figurent en bleu ; Bioko et Annobón, en gris, appartiennent à la Guinée équatoriale.
AngolaFournisseur de 93 % des carburants raffinés importés en 2024 et investisseur de premier plan : sa politique de prix pèse sur chaque heure de courant produite au diesel.
NigeriaPartenaire d'une zone de développement commune en mer, qui partagerait à 60 et 40 % les hydrocarbures découverts, et voisin dont la marine compte parmi celles qui patrouillent au large de l'archipel.
Guinée équatoriale et GabonVoisins maritimes immédiats, avec qui l'archipel négocie ses frontières en mer et un projet d'exploration commune. Le Gabon accueille aussi une part de la diaspora santoméenne.

Ce qui changerait la donne

Les événements qui feraient bouger le diagnostic, dans un sens ou dans l'autre.
Majorité

Les législatives dégagent une majorité stable

Une Assemblée capable de gouverner avec le président réélu fermerait la crise ouverte en janvier 2025.

Courant

Le courant cesse de manquer

La mise en service des producteurs solaires romprait avec une décennie de coupures.

Pétrole

Un forage confirme une découverte

Après vingt-cinq ans d'attente, un gisement exploitable changerait l'équation budgétaire.

Budget

Le programme du FMI va à son terme

Une facilité menée jusqu'au bout sans nouvelle suspension ni dérapage budgétaire rouvrirait l'accès aux financements, à commencer par ceux du solaire et du réseau.

Rupture

Un partenaire majeur claque la porte

Une brouille avec un pôle occidental sur la Russie, ou avec la Chine sur un grand contrat, mettrait fin à l'équilibre.

À cinq ans · 2026-2031

Trois chemins, dont un qui se réalise si les arbitrages actuels se maintiennent.
Trajectoire favorable

L'archipel reprend souffle

Les législatives donnent une majorité stable, le programme du FMI va à son terme et le solaire réduit la dépendance au diesel.

Un premier gisement est confirmé vers 2029-2030 ; la croissance se stabilise autour de 3 à 4 %. Le prix à payer : une masse salariale publique tenue et des aides mieux ciblées, impopulaires mais rassurantes pour les bailleurs.

Trajectoire centrale

Sous perfusion, sans rupture

La cohabitation reprend sous une autre forme, sans sortir de la Constitution. Le FMI poursuit son programme avec des dérogations.

Les coupures reculent lentement, et le cacao reste l'essentiel des ventes : l'archipel tient sans desserrer l'étau.

Le tourisme progresse sur Príncipe, porté par des investisseurs portugais et sud-africains, mais l'aéroport promis par la Chine n'est toujours pas modernisé.

Trajectoire défavorable

La crise de 2025 recommence

Une Assemblée sans majorité, ou hostile au président, rouvre l'affrontement de janvier 2025. Le FMI suspend son programme.

Le solaire attend ses financements, les coupures s'aggravent, et un repli du cacao prive l'État de toute marge. Les bailleurs réduisent leurs versements le temps de la crise, et la dette s'alourdit.

Méthodologie et sources

Ce que le score mesure. Il répond à une seule question : dans quelle mesure le pays peut-il encaisser un choc ? Ni la richesse, ni la croissance, ni la qualité du gouvernement, prises séparément, ne donnent la réponse.

Un pays riche peut avoir un score bas s'il ne tient que par une rente ; un pays moins riche, un score honorable s'il dispose de capacités propres et de dépendances qu'il maîtrise. Une note ne bouge pas sur une impression : il faut un fait daté et vérifiable sur l'un des neuf piliers.

L'échelle, de 1 à 5. De 4,0 à 5,0, solidement ancré : le pays absorbe un choc sans vaciller. De 3,0 à 3,9, résilient sous contrainte. De 2,5 à 2,9, sous tension structurelle : le pays tient par une béquille, et cède si elle cède. De 1,5 à 2,4, fragile et dépendant : la fonction est assurée, mais sans maîtrise des moyens. De 1,0 à 1,4, défaillance critique.

Les notes de pilier. Chaque pilier reçoit une appréciation documentée, posée directement au dixième sur une échelle de cinq : un jugement argumenté, et non le produit d'une formule, sauf pour le pilier IX, dont la note est la moyenne de cinq sous-indicateurs, ramenée à 2,5 au plus dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins. Le calcul du score ne commence qu'ensuite.

Quand une donnée manque. Un pilier qu'aucune source primaire ne documente n'est pas noté, et la fiche le dit. Le total est alors rapporté au poids des piliers réellement notés : une note absente ne compte ni pour ni contre le pays.

Le score perd en couverture, donc en degré de confiance, mais il reste sur la même échelle et avec les mêmes poids que les autres. Au-delà de trois piliers sans note, aucun score n'est calculé. La règle vaut pour les 54 fiches de la série.

Comment on arrive à 2,2. On multiplie chacune des neuf notes par le poids du tableau ci-dessous, et on additionne les résultats : le total brut vaut 2,227.

C'est le seul chiffre de la fiche que l'on arrondit, au dixième le plus proche, ce qui donne 2,2 sur 5. La bande où le pays est rangé se lit sur ce chiffre arrondi, jamais sur le brut. La règle vaut pour les 54 fiches de la série.

Les neuf piliers, et ce que chacun pèse. Ils ne comptent pas à égalité : quatre d'entre eux portent à eux seuls 54 % de la note.

La pondération ne récompense pas le prestige d'un domaine, mais sa capacité à entraîner ou à fragiliser les autres : l'économie, l'industrie, la défense et la gouvernance conditionnent le reste. Elle est la même pour les 54 fiches de la série, ce qui rend les scores comparables entre eux.

PilierLe domainePoids dans la note
IÉconomie et finance13,5 %
IIIndustrie et technologie13,5 %
IIIDémographie et capital humain9 %
IVDiplomatie, influence et information9 %
VÉnergie et ressources9 %
VIDéfense et sécurité13,5 %
VIIInnovation et savoir9 %
VIIIGouvernance et institutions13,5 %
IXAutonomie stratégique10 %

Ce que mesure chaque pilier

Posséder du pétrole, une armée nombreuse ou une jeunesse abondante est un potentiel. Les neuf piliers regardent ce que le pays sait en faire, c'est-à-dire la différence entre ce qu'il possède et ce qu'il sait faire de ce qu'il possède.

I · Économie et finance

Ce qui est regardé : la croissance, l'inflation, la dette, les réserves, l'accès au crédit. Pourquoi : un État qui ne peut plus emprunter, payer ses fournisseurs ni honorer ses échéances encaisse mal le premier choc venu.

II · Industrie et technologie

Ce qui est regardé : ce que le pays fabrique, transforme et répare lui-même. Pourquoi : exporter une matière première et importer les machines, c'est laisser la valeur se créer ailleurs. L'industrie transforme une ressource en capacité.

III · Démographie et capital humain

Ce qui est regardé : l'école, la santé, l'accès à l'eau, l'emploi, la structure par âge, le départ des compétences. Pourquoi : une jeunesse nombreuse est une force si elle est formée et employée. Sinon elle devient une pression de plus sur l'État.

IV · Diplomatie, influence et information

Ce qui est regardé : les alliances, les médiations, le poids dans les organisations, l'image du pays et sa capacité à faire circuler une information crédible. Pourquoi : tout ne se règle pas par l'argent ou par les armes. Savoir convaincre, négocier et se faire entendre donne des marges qu'un poids économique ne donne pas.

V · Énergie et ressources

Ce qui est regardé : l'accès à l'électricité, la fiabilité du réseau, la dépendance aux carburants importés, le mix énergétique et la maîtrise des ressources stratégiques. Pourquoi : avoir une ressource et pouvoir s'en servir sont deux choses. Un pays peut produire du pétrole et importer son carburant, avoir des barrages et laisser des provinces sans courant.

VI · Défense et sécurité

Ce qui est regardé : le contrôle réel du territoire, y compris dans le cyberespace, l'état du matériel, la logistique, les dépendances extérieures. Pourquoi : une force qu'on ne peut ni ravitailler ni déployer ne protège pas. On mesure une capacité, pas un inventaire.

VII · Innovation et savoir

Ce qui est regardé : la recherche, les universités, les brevets, la formation, le maintien des talents. Pourquoi : acheter une technologie n'est pas la maîtriser. L'industrie sait produire, l'innovation sait inventer.

VIII · Gouvernance et institutions

Ce qui est regardé : l'efficacité de l'administration, l'état de droit, la corruption, les contre-pouvoirs, la continuité des règles, les inégalités et la cohésion sociale. Pourquoi : des ressources ne deviennent de la robustesse que si un État sait les administrer, si ses décisions survivent à ceux qui les prennent, et si la société qu'il gouverne n'est pas fracturée.

IX · Autonomie stratégique

Ce qui est regardé : d'où viennent les recettes publiques, à qui le pays vend, de qui dépend sa sécurité, combien de mois d'importations ses réserves couvrent, et s'il peut refuser une pression extérieure. Pourquoi : aucun pays n'est indépendant. La question est de savoir si ses dépendances se négocient, ou si elles décident à sa place.

Aucun pilier ne suffit seul, et c'est le principe : une économie solide finance une armée, une industrie réduit les importations, de bonnes institutions transforment une rente passagère en infrastructures. À l'inverse, deux ou trois faiblesses profondes peuvent annuler plusieurs atouts.

La tendance portée par chaque pilier ajoute la seconde information. Elle distingue un pays fragile qui se redresse d'un pays mieux noté qui commence à céder.

Le climat n'est pas un dixième pilier : il agit à travers les autres. Une sécheresse touche d'un coup l'agriculture, l'électricité, les comptes publics et la santé.

SAPERE ne demande donc pas « quel pays est le plus puissant ? », mais : si quelque chose se dérègle demain, qu'est-ce qui continue de fonctionner, qu'est-ce qui cède, et de quoi le pays dépend-il pour tenir ?

Sources principales : Fonds monétaire international (troisième revue, juin 2026), Banque mondiale, Observador (résultats définitifs de la présidentielle), Téla Nón (législatives), Transparency International, Freedom House, OEC (commerce 2024, base BACI), Trading Economics (cacao), UNESCO.

Les points d'attention assumés : aucune série de budget militaire n'est publiée depuis 2006, et le pilier Défense est noté sur une appréciation qualitative ; sous 500,000 habitants, la fiche réduit à trois les partenaires commerciaux et à deux les tendances.

Les échanges sont ceux de 2024 vus par les pays partenaires (base BACI, OEC), les statistiques nationales, plus anciennes, donnant au cacao une part plus élevée.

Cadre d'évaluation SAPERE 2.2

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