Les Forces et les Failles · Données arrêtées au 16 octobre 2026

Philippines

Asie du Sud-Est

Les Philippines gagnent leur vie dans le monde ; leur robustesse dépend de ce qu’elles construisent chez elles.

2,9/5Sous tension structurelleTrajectoire depuis 2020−37En dégradation
Ce score mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni la qualité du pays.

112,7 millions d’habitants. Ce décompte du recensement de juillet 2024 situe un pays dont les revenus circulent bien au-delà de ses îles. Travail à l’étranger, services et électronique apportent des devises. Mais l’énergie importée, les apprentissages fragiles et une sécurité maritime soutenue par des alliés limitent la liberté de choix. Le défi est de convertir ces revenus extérieurs en emplois productifs, en réseaux fiables et en institutions capables de corriger leurs propres erreurs.1-2

Le diagnostic
Des revenus qui traversent les frontières

Travail à l’étranger, services et puces font entrer des dollars. Ils amortissent les coups durs, sans bâtir à eux seuls des capacités nationales.

La dynamique
Un coussin plus mince

Depuis 2020, le poids de la manufacture diminue, la dette augmente et la couverture des réserves recule. Les liens diplomatiques, eux, se renforcent.

Le point de bascule
Le coût de la substitution

Changer de fournisseur, de client ou de protecteur prend des années. Avoir beaucoup de partenaires ne garantit pas une solution de rechange pour chaque besoin vital.

Le monde apporte des revenus et des moyens

PHILIPPINESMénages · entreprisesInstitutions · réseauxTravailleurs à l’étrangerTransferts personnels →Clients mondiaux← Marchandises et servicesFournisseurs extérieurs← Énergie et équipementsÉtats-Unis · Japon← Soutiens de sécuritéLes flèches indiquent le sens du flux nommé ; aucun montant n’est additionné.

Le pays vend au monde ses puces, ses services et le travail de ses expatriés, et en rapporte des dollars. Toute la question est ce qu’il en fait chez lui : des écoles, des entreprises, des règles.3-7

Le poids et les marges

PIB nominal · 2025
431,1 Mds €
Richesse produite en 2025 : 487,1 milliards de dollars, au taux moyen de la BCE pour 2025. 32e rang sur 186 pays. Banque mondiale ; rang recalculé
PIB en PPA · 2025
≈ 1,500 Mds $ int.
30e rang sur 185 pays ; 0,7 % du total mondial. La parité de pouvoir d’achat (PPA) gomme les écarts de prix entre pays. Banque mondiale ; rang recalculé
Exportations · poids mondial · 2025
≈ 0,3 %
Marchandises : 74,8 milliards d’euros exportés (84,5 milliards de dollars), environ 3 euros sur 1,000 du commerce mondial. Comtrade · OMC
Importations · poids mondial · 2025
≈ 0,5 %
Marchandises : 125,5 milliards d’euros importés (141,9 milliards de dollars), environ 5 euros sur 1,000 du commerce mondial. Comtrade · OMC
Transferts personnels · 2025
36,8 Mds €
Envoyés par les Philippins de l’étranger : 41,6 milliards de dollars, 8,5 % du PIB. Ils vont aux familles, pas à l’État. Banque mondiale · Ratio
Réserves · septembre 2026
88,1 Mds €
100 milliards de dollars au taux de la BCE du 30 septembre 2026, chiffre provisoire de la banque centrale. De quoi payer 6,3 mois d’importations : le plus bas niveau depuis 2023. Banque centrale (BSP) · Taux BCE
Pauvreté · observation 2023
58,7 %
Habitants vivant avec moins de 8,30 dollars par jour, seuil international qui gomme les écarts de prix entre pays. Banque mondiale

Des clients variés, une chaîne électronique concentrée

Marchandises 2025 · Hong Kong est compté à part de la Chine, comme le font les douanes.
Les cinq premiers clients · part des exportations de marchandises (74,8 milliards d’euros), 2025
RangPays ou économieCe qu’il achètePart
1États-UnisAppareils électriques et électroniques ; Machines mécaniques et ordinateurs16,0 %
2Hong KongAppareils électriques et électroniques ; Métaux précieux et bijouterie14,6 %
3JaponAppareils électriques et électroniques ; Fruits13,7 %
4ChineAppareils électriques et électroniques ; Minerais11,0 %
5Pays-BasAppareils électriques et électroniques ; Huiles et graisses4,3 %
🇫🇷 France : 24e client, 0,4 % du même flux, soit 287,1 millions d’euros observés en 2025. Comtrade Principaux chapitres : Appareils électriques et électroniques ; Aéronautique. Comtrade
Les cinq premiers fournisseurs · part des importations de marchandises (125,5 milliards d’euros), 2025
RangPays ou économieCe qu’il vendPart
1ChineAppareils électriques et électroniques ; Machines mécaniques et ordinateurs28,4 %
2JaponAppareils électriques et électroniques ; Machines mécaniques et ordinateurs7,9 %
3Corée du SudAppareils électriques et électroniques ; Combustibles minéraux7,9 %
4IndonésieVéhicules routiers ; Combustibles minéraux7,7 %
5États-UnisAppareils électriques et électroniques ; Résidus alimentaires et fourrages6,2 %
🇫🇷 France : 17e fournisseur, 1,2 % du même flux, soit 1,4 milliard d’euros observés en 2025. Comtrade Principaux chapitres : Aéronautique ; Appareils électriques et électroniques. Comtrade
Le chapitre électrique et électronique représente 52,6 % des ventes de marchandises ; les circuits intégrés pèsent à eux seuls 34,4 % du total. Comtrade
Les Philippines vendent aussi des services : environ 46 milliards d’euros en 2025 (52 milliards de dollars, convertis au taux moyen de la BCE). OMC
L’ube, igname violette très demandée à l’étranger, montre le défi : depuis octobre 2026, Manille interdit d’exporter les tubercules crus pour garder ses variétés, mais il lui faut encore les champs et les ateliers pour suivre la demande. Département de l’Agriculture, matériel végétal d’ube et projet d’extension, 6 octobre 2026

Ce qui a changé depuis 2020

Quatre repères, de 2020 au dernier chiffre connu.
Les revenus venus de l’extérieur reprennent, mais les marges du pays se réduisent.

Les capacités derrière les revenus

La note mesure le niveau actuel ; la flèche apprécie le changement depuis 2020.
Vue d’ensemble : niveaux et tendances depuis 2020+
Niveau↘ En recul→ Stable↗ En progrès
Résilient sous contrainte3,0 à 3,9
Économie et finance 3,4/5
Défense et sécurité 3,0/5
Diplomatie, influence et information 3,5/5
Sous tension structurelle2,5 à 2,9
Industrie et technologie 2,8/5Autonomie stratégique 2,5/5
Démographie et capital humain 2,7/5Innovation et savoir 2,7/5Gouvernance et institutions 2,7/5
Fragile et dépendant1,5 à 2,4
Énergie et ressources 2,3/5

Niveaux sans pilier : Solidement ancré, Défaillance critique.

IÉconomie et financeRésilient sous contrainte↘Une économie qui encaisse, avec moins de liberté budgétaire.+
Pourquoi 3,4 ?
Ce qu’on observe

De 2023 à 2025, l’économie grandit d’environ 5 % par an.

La dette publique tourne autour de 58 % du PIB.

Les intérêts de cette dette absorbent près d’un sixième des recettes de l’État.

En septembre 2026, le choc pétrolier pousse l’inflation à 7,2 %.

Les réserves de change ne couvrent plus que 6,3 mois d’importations, leur plus bas niveau depuis 2023, contre plus d’un an en 2020.8-17

Ce que dit la règle

Une économie qui remplit tous les critères du haut de l’échelle sauf un, ici la dette, se classe entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,4. La croissance tient et le coussin existe, mais la dette pèse, et 2026 a montré combien la marge s’est amincie.

Ce qui tient
Les envois des expatriés et les centres d’appels font entrer des devises chaque mois, quelle que soit la conjoncture.
La banque centrale a montré en 2022 et 2023 qu’elle sait relever ses taux pour casser l’inflation.
Ce qui fragilise
Le pays importe presque tout son pétrole : chaque hausse du baril se retrouve dans les prix et dans le déficit commercial.
Le peso faiblit quand le dollar monte, ce qui renchérit la part de la dette empruntée en devises.
Tendance depuis 2020. En 2020, la dette publique valait 51,6 % du PIB. Elle a gagné près de huit points depuis, et le rebond d’après pandémie n’a pas reconstitué les réserves : la flèche descend.
IIIndustrie et technologieSous tension structurelle↘Une électronique exportatrice, une industrie qui perd du poids.+
Pourquoi 2,8 ?
Ce qu’on observe

L’industrie ne pèse plus que 15 % de l’économie, contre près de 18 % en 2020.

L’électronique fait plus de la moitié des exportations de marchandises.

Les puces en représentent à elles seules un tiers.

En juillet 2026, un chantier coréen lance à Subic le premier pétrolier construit sur place.18-26

Ce que dit la règle

Un pays qui dépend d’une seule grande filière industrielle se classe entre 2,5 et 2,9.

Le jugement SAPERE

2,8. Les usines existent et elles exportent, mais elles assemblent et testent surtout des puces conçues ailleurs. Monter en gamme reste à faire.

Ce qui tient
Des milliers d’ingénieurs et de techniciens anglophones font tourner les usines d’assemblage et de test des grands groupes étrangers.
Les centres de services aux entreprises emploient plus d’un million et demi de personnes et vendent leurs services au monde entier.
Ce qui fragilise
Cette haute technologie se lit dans les exportations, pas dans les brevets : tester une puce n’est pas la concevoir.
L’électricité chère et les coupures découragent les usines qui consomment beaucoup d’énergie.
Tendance depuis 2020. La haute technologie est passée de 67,1 % à 61 % des exportations industrielles entre 2020 et 2024. L’industrie pèse de moins en moins : la flèche descend. Ces parts ne disent pas combien d’usines ouvrent ou ferment.
IIIDémographie et capital humainSous tension structurelle→Des compétences reconnues, des débouchés encore trop inégaux.+
Pourquoi 2,7 ?
Ce qu’on observe

L’indice de développement humain des Nations unies passe de 70 à 72 sur 100 entre 2020 et 2023.

À 15 ans, les élèves philippins figurent parmi les plus faibles des 81 pays évalués par PISA.

Près de six habitants sur dix vivent avec moins de 8,30 dollars par jour.

Les envois des expatriés, 36,8 milliards d’euros en 2025, font vivre des millions de familles.1-3,27-32

Ce que dit la règle

Un pays qui forme sans offrir assez d’emplois qualifiés se classe entre 2,5 et 2,9.

Le jugement SAPERE

2,7. Les compétences existent ; beaucoup partent les faire valoir à l’étranger.

Ce qui tient
La population est jeune : la moitié des Philippins a moins de 26 ans.
L’anglais, langue d’enseignement, ouvre aux Philippins les emplois de services et de soins du monde entier.
Ce qui fragilise
Infirmiers, marins et ingénieurs partent travailler à l’étranger, et les hôpitaux du pays manquent de soignants.
Classes surchargées et manque d’enseignants pèsent sur les apprentissages.
Tendance depuis 2020. La fécondité passe de 2,1 enfants par femme en 2020 à 1,9 en 2024, sans tomber sous le seuil d’alerte de 1,3. Le niveau de vie progresse et les naissances ralentissent sans danger immédiat : la flèche reste à plat.
IVDiplomatie, influence et informationRésilient sous contrainte↗Manille rend sa sécurité maritime visible et multiplie ses appuis.+
Pourquoi 3,5 ?
Ce qu’on observe

Depuis 2023, quatre bases de plus sont ouvertes aux soldats américains.

Au printemps 2026, lors du plus grand exercice Balikatan de son histoire, le Japon tire pour la première fois un missile depuis le sol philippin.

Le 22 septembre 2026, Manille boucle l’essentiel d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne.

En juin 2026, Pékin réplique en sanctionnant le ministre de la Défense.

L’institut australien Lowy note son influence diplomatique 49 sur 100, contre 33 en 2020.6-7,33-41

Ce que dit la règle

Une influence régionale réelle, des alliances actives et au moins un média écouté au-delà des frontières placent le pilier entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,5. Manille a fait de chaque incident en mer une affaire internationale, sans pour autant imposer son récit au-delà de sa région.

Ce qui tient
Depuis septembre 2025, un accord autorise les troupes japonaises à s’entraîner sur le sol philippin.
Manille publie photos et vidéos de chaque incident en mer et gagne l’opinion internationale à sa cause.
Ce qui fragilise
Les voisins de l’ASEAN, liés à la Chine par le commerce, ne suivent pas toujours Manille.
La politique étrangère dépend du président : Rodrigo Duterte s’était rapproché de Pékin, Ferdinand Marcos fait l’inverse.
Tendance depuis 2020. Bases américaines en 2023, accord avec le Japon en 2025, grandes manœuvres de 2026 : l’influence diplomatique du pays a connu la plus forte hausse d’Asie du Sud-Est, et la flèche monte.
VÉnergie et ressourcesFragile et dépendant↘L’électricité fonctionne avec une dépendance extérieure coûteuse.+
Pourquoi 2,3 ?
Ce qu’on observe

Le charbon produit près des deux tiers de l’électricité, davantage qu’en 2020.

Plus de la moitié de l’énergie consommée vient de l’étranger.

Plus de quatre entreprises sur dix subissent des coupures de courant.

Un groupe public chinois détient 40 % du gestionnaire du réseau à haute tension.

En mars 2026, la guerre contre l’Iran oblige Manille à décréter l’urgence énergétique nationale.16,42-46

Ce que dit la règle

Quand les coupures de courant sont fréquentes, le pilier se classe entre 1,5 et 2,4.

Le jugement SAPERE

2,3, en haut de cette bande. Géothermie et barrages fournissent plus d’un cinquième du courant, mais le pays reste à la merci du prix du charbon et du pétrole.

Ce qui tient
Le pays compte parmi les premiers producteurs mondiaux d’électricité géothermique.
Depuis 2022, les investisseurs étrangers peuvent détenir la totalité d’un projet renouvelable, et les parcs solaires et éoliens se multiplient.
Ce qui fragilise
Le gisement gazier de Malampaya s’épuise : le gaz doit désormais arriver par méthanier.
Éclaté entre des milliers d’îles, le réseau transporte mal le courant d’une île à l’autre.
Tendance depuis 2020. En 2020, le charbon fournissait 57,2 % de l’électricité et 47 % de l’énergie venait de l’étranger. Les deux parts ont augmenté depuis : la flèche descend.
VIDéfense et sécuritéRésilient sous contrainte→Un commandement national, une pression croissante en mer.+
Pourquoi 3,0 ?
Ce qu’on observe

L’armée tient le territoire, et l’insurrection communiste recule, à l’en croire.

Le 14 septembre 2026, le Sud musulman élit son parlement autonome, avec moins de violences que redouté.

En avril 2026, la Chine pose une barrière flottante à l’entrée du récif de Scarborough.

En septembre, une collision oppose navires philippin et chinois près de Sabina.

Le budget militaire reste modeste : 1,3 % du PIB.6-7,39,47-55

Ce que dit la règle

Une armée qui commande seule et tient l’essentiel du territoire, malgré des violences locales, se classe entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,0, au plancher. Sur terre, l’État tient. En mer, il compte sur ses alliés pour se faire respecter.

Ce qui tient
La chaîne de commandement reste nationale, sans groupe armé capable de défier l’État à l’échelle du pays.
Le programme de modernisation équipe la marine de frégates et de patrouilleurs neufs.
Ce qui fragilise
Marine et garde-côtes ne peuvent pas tenir seuls face aux navires chinois, bien plus nombreux.
Des groupes armés islamistes gardent des repaires dans l’archipel de Sulu et à Mindanao.
Tendance depuis 2020. En 2020, l’insurrection communiste pesait déjà ; depuis, l’armée la dit en recul. En mer, la pression monte depuis le laser chinois de 2023. Mieux sur terre, pire en mer : la flèche reste à plat.
VIIInnovation et savoirSous tension structurelle→Savoir produire ne suffit pas encore à maîtriser l’innovation.+
Pourquoi 2,7 ?
Ce qu’on observe

L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle classe les Philippines 52es sur 139 pays en 2026.

C’est deux places de moins qu’en 2020.

La recherche ne reçoit que 0,3 % du PIB, dernier chiffre connu (2020).56-61

Ce que dit la règle

Une recherche qui ne descend pas jusqu’aux usines, avec des technologies surtout achetées ailleurs, place le pilier entre 2,5 et 2,9.

Le jugement SAPERE

2,7. On sait fabriquer, beaucoup moins inventer.

Ce qui tient
Les jeunes entreprises du numérique et du paiement mobile se multiplient à Manille.
Les universités forment chaque année des dizaines de milliers d’ingénieurs et d’informaticiens.
Ce qui fragilise
Les chercheurs sont rares, et beaucoup partent travailler à l’étranger.
Les groupes étrangers gardent leurs laboratoires dans leur pays d’origine.
Tendance depuis 2020. Le pays était 50e en 2020 : l’écart reste trop faible pour parler de recul, la flèche reste à plat.
VIIIGouvernance et institutionsSous tension structurelle→Des contrepoids subsistent dans un espace politique contraint.+
Pourquoi 2,7 ?
Ce qu’on observe

En janvier 2026, la Cour suprême tranche sur la destitution de la vice-présidente.

En mai, elle refuse de protéger le sénateur dela Rosa, recherché par la Cour pénale internationale.

Freedom House ne juge le pays que « partiellement libre ».

Journalistes et militants restent menacés.

La corruption perçue ne recule pas : 32 sur 100 en 2025, 34 en 2020.29,47,49,62-68

Ce que dit la règle

Une justice qui résiste dans un espace politique qui se resserre place le pilier entre 2,5 et 2,9.

Le jugement SAPERE

2,7. Les contre-pouvoirs mordent encore, mais la politique reste une affaire de clans, Marcos contre Duterte, et les tribunaux en sont devenus l’arène.

Ce qui tient
La presse reste vive : des rédactions comme Rappler enquêtent malgré les poursuites.
En mars 2025, le pays a remis l’ancien président Rodrigo Duterte à la Cour pénale internationale.
Ce qui fragilise
Les grandes familles se partagent les mandats d’une élection à l’autre, faute de loi contre les dynasties politiques.
Les exécutions de la guerre contre la drogue restent en grande partie impunies.
Tendance depuis 2020. Violences et restrictions étaient déjà là en 2020 ; elles persistent, mais les tribunaux tranchent désormais contre les puissants. Rien ne s’est amélioré, rien ne s’est effondré : la flèche reste à plat.
IXAutonomie stratégiqueSous tension structurelle↘La diversification des partenaires laisse deux dépendances critiques.+
Pourquoi 2,5 ?
Ce qu’on observe

L’électronique fait plus de la moitié des ventes de marchandises.

La sécurité en mer repose largement sur Washington.

L’État tire ses recettes d’une économie diversifiée.

Les réserves couvrent encore six mois d’importations.

Manille a su dire non à Pékin, mais négocie avec lui sur le pétrole quand l’énergie manque.4,6-7,12-13,20,25,36,50,69-71

Ce que dit la règle

Le pilier additionne cinq critères : recettes, exportations, sécurité, réserves, liberté de décision. Dès que deux d’entre eux sont faibles, la note ne peut dépasser 2,5.

Le jugement SAPERE

2,5. Exportations (2 sur 5) et sécurité (2 sur 5) plafonnent la note, malgré des recettes et des réserves notées 4.

Ce qui tient
Les alliances se sont élargies : le Japon, l’Australie et l’Union européenne s’ajoutent aux États-Unis.
En 2016, l’arbitrage de La Haye a donné raison à Manille contre Pékin, et Manille s’en sert dans chaque négociation.
Ce qui fragilise
Pétrole et charbon importés rendent le pays dépendant des marchés et des routes maritimes.
Le tourisme et les envois des expatriés dépendent de la santé d’économies lointaines.
Tendance depuis 2020. En 2020, les réserves couvraient plus de douze mois d’importations. Depuis, les ventes restent concentrées sur l’électronique et la pression en mer s’est accrue : la flèche descend.

Convertir les revenus en capacités

Quatre forces
FORCE 01 · Atout stratégique

Les revenus ont plusieurs portes d’entrée

Un ralentissement industriel ne ferme pas tous les canaux de devises : services et transferts personnels ont leurs propres marchés. Cette pluralité soutient ménages et paiements extérieurs. Sa valeur augmente lorsque les revenus financent des entreprises et des qualifications utilisables sur place, au lieu de compenser seulement les fragilités quotidiennes.

FORCE 02 · Atout stratégique

Les appuis diplomatiques s’élargissent

L’alliance américaine, le partenariat japonais et les enceintes régionales rendent la pression maritime plus visible et plus coûteuse politiquement. Manille peut porter un désaccord au-delà du face-à-face avec Pékin. Cette ressource diplomatique vaut par les soutiens effectivement mobilisés et par les capacités qu’ils apportent.

FORCE 03 · Atout en construction

L’industrie possède une base sur laquelle monter

Les ateliers électroniques et la reprise de la construction navale à Subic forment une expérience productive tangible.24 La progression décisive consiste à gagner des fonctions de conception, de maintenance et de fourniture locale. Elle transforme l’insertion dans une chaîne mondiale en apprentissage national.

FORCE 04 · Atout à consolider

Le droit offre un moyen d’action

L’arbitrage maritime et certaines décisions judiciaires produisent des ressources pour contester une décision ou une contrainte. Leur portée dépend de leur application, de l’accès aux tribunaux et de la possibilité de rendre les faits publics. Cette capacité de recours constitue un actif institutionnel, même incomplet.

Quatre failles
FAILLE 01 · ●●●● · Structurel

Le revenu peut partir avec son débouché

Une forte spécialisation électronique rend les commandes sensibles au cycle et aux décisions de donneurs d’ordre extérieurs. Dans les services, la productivité et les outils numériques modifient aussi la demande de travail. Le risque ne se mesure pas au nombre de clients seulement, mais à la possibilité de vendre autre chose quand leur besoin change.

FAILLE 02 · ●●●● · Structurel

L’énergie transmet les chocs aux ménages

Combustibles importés, production concentrée et coupures d’électricité se renforcent. L’urgence énergétique déclarée en mars 2026 rend cette exposition concrète : le choc extérieur gagne les transports, les coûts de production et le budget des ménages.15-16 La continuité du service et les économies d’énergie comptent autant que la construction de nouvelles unités.

FAILLE 03 · ●●●● · Moyen terme

Les contrôles arrivent trop inégalement

Les administrations peuvent lancer des projets sans que les mêmes habitants bénéficient d’un accès comparable aux écoles, aux soins et aux recours. Lorsque les enquêteurs et les critiques sont menacés, détecter une dépense inefficace devient plus difficile. La faiblesse des contrepoids finit par renchérir le développement.

FAILLE 04 · ●●● · Structurel

La protection demeure difficile à remplacer

Le commandement national ne procure pas à lui seul toutes les capacités de surveillance et de soutien en mer. Les alliances donnent accès à ces moyens mais créent une exposition aux arbitrages de partenaires. La marge de refus dépend alors de la capacité propre que le pays peut effectivement entretenir.

Qui décide, qui peut peser

À l’intérieur

Le pouvoir national fixe les priorités et les budgets ; les administrations, les collectivités et les opérateurs réalisent les services. Le poids des familles politiques et des entreprises rend la qualité des contrôles décisive. Une décision centrale ne garantit pas une exécution égale dans toutes les îles.49,62

Qui engage les moyens ?L’exécutif et le Congrès arbitrent les ressources. Les marchés publics et leur suivi relient ces choix aux services effectivement rendus.
Qui peut corriger ?La justice, la presse et les autorités de contrôle disposent de moyens réels, mais leur liberté pratique reste inégale.
Décision rapideModifier une priorité, annoncer un investissement, négocier un accord.
Construction lenteFormer les équipes, entretenir les réseaux, rendre les contrats vérifiables et assurer un accès égal aux services.

À l’extérieur

Les États-Unis apportent une garantie stratégique ; la Chine occupe une place commerciale majeure et exerce une pression maritime ; le Japon finance et équipe des infrastructures. Ces rôles distincts empêchent de ramener toutes les dépendances à une seule relation.5-6,23,39

Qu’est-ce qui se remplace mal ?Certains composants, la maintenance militaire, les combustibles et les moyens de surveillance. Les coûts et délais diffèrent pour chaque fonction.
Que peut négocier Manille ?L’accès à un marché important, des compétences de service et des coopérations géographiques utiles à ses partenaires.
Amortisseur disponibleLes réserves et les recettes extérieures absorbent une partie des tensions, sans supprimer la contrainte sur les prix.
Limite du refusUn choix diplomatique demeure national, mais son coût dépend des solutions matérielles qui peuvent lui succéder.
Dépendances extérieures · appréciation SAPERE, de 1 à 5 points
Dépendances extérieures des Philippines, de 1 à 5 points : plus un acteur est proche du centre, plus la dépendance envers lui est forte.États-Unis, dépendance 4 sur 5 (forte), domaines : Sécurité, marché, services ; Chine, dépendance 4 sur 5 (forte), domaines : Approvisionnements, mer, réseau électrique ; Japon, dépendance 3 sur 5 (notable), domaines : Capital, infrastructures, sécurité ; Corée du Sud, dépendance 3 sur 5 (notable), domaines : Équipements militaires et industriels ; Vietnam, dépendance 2 sur 5 (modérée), domaines : Approvisionnement en riz ; France, dépendance 2 sur 5 (modérée), domaines : Aéronautique, pharmacie, alimentation.Philippines4🇺🇸 États-Unis4🇨🇳 Chine3🇯🇵 Japon3🇰🇷 Corée du Sud2🇻🇳 Vietnam2🇫🇷 France

Plus un acteur est proche du centre, plus la dépendance envers lui est forte ; l’épaisseur du trait suit le nombre de points.

  1. États-Unisforte
    • Sécurité
    • Marché
    • Services

    Alliance et soutien militaire difficiles à substituer ; premier client de marchandises. Les sites d’accès restent sous souveraineté philippine. Accord · Commerce

  2. Chineforte
    • Approvisionnements
    • Mer
    • Réseau électrique

    Premier fournisseur ; pression maritime documentée.

    Limite Le prospectus 2021 indique 40 % de State Grid dans NGCP, sans preuve d’un contrôle de tout le réseau à distance. Commerce · Capital · Incident

  3. Japonnotable
    • Capital
    • Infrastructures
    • Sécurité

    Investissement productif, financement ferroviaire et accord d’accès réciproque. Changer de partenaire pour un système complet de transport a un coût supérieur à celui d’un achat courant. BSP · JICA · Accord

  4. Corée du Sudnotable
    • Équipements militaires
    • Industriels

    Premier fournisseur d’armes majeures sur 2021-2025 selon le volume SIPRI ; pièces et formation prolongent la relation.

    Limite Cette position ne constitue pas une garantie d’alliance équivalente à celle des États-Unis. SIPRI

  5. Vietnammodérée
    • Approvisionnement en riz

    Le Vietnam et la Thaïlande réunissent 89,6 % des importations de riz semi-blanchi ou blanchi (code 100630), en valeur en 2024. Le Vietnam est le principal fournisseur ; la concentration crée une exposition aux récoltes et aux décisions d’exportation. Analyse statistique agricole

  6. Francemodérée
    • Aéronautique
    • Pharmacie
    • Alimentation

    Relation commerciale plus limitée, mais équipements et maintenance créent des liens durables. Comtrade confirme en 2025 le rôle de l’aéronautique, puis des appareils électriques et électroniques dans les achats à la France. Trésor · Produits 2025 · Rang 2025

Les points combinent dépendance technologique, exposition financière, poids commercial et capacité de pression politique. Ils ne mesurent pas seulement le volume des échanges. Une participation au capital ne vaut pas tutelle sur l’État.

Relier les îles, entretenir les services

Dans un archipel, un réseau se mesure à ses correspondances : la route, le bateau, le train urbain et, de plus en plus, le téléphone.

  • Routes
    35,500 kmde routes nationales en 2024, hors routes locales

    Des routes nationales à compléter

    Elles relient les villes de chaque île ; routes locales et part revêtue restent mal connues.

    21
  • Rail
    147 kmde ligne nord-sud en construction avec le Japon

    Un rail d’abord urbain

    À Manille, les lignes 1 et 2 comptent environ 26 et 17,6 km ; le projet nord-sud et le métro souterrain ne roulent pas encore.

    22-23
  • Mer

    Le bateau relie ce que le rail ne relie pas

    Le cabotage articule ports, routes et entrepôts : un retard à une seule étape se répercute sur le prix final.

  • Paiements numériques
    8 %de Mynt détenus par le japonais MUFG

    Des applications, des règles, des câbles

    Application, règles de la banque centrale et réseaux de télécommunication sont trois niveaux distincts ; la propriété des câbles et des centres de données reste inconnue.

    59-60

L’argent venu d’ailleurs ne donne pas toujours le contrôle

Les Philippines reçoivent des capitaux étrangers, mais moins que leurs voisins. En 2025, le pays a enregistré environ 7 milliards d’euros d’investissements directs étrangers nets. Ils mêlent apports en capital, bénéfices réinvestis et prêts entre sociétés d’un même groupe : pas seulement de nouvelles usines.

Le Japon est le premier apporteur de capital neuf, loin devant les États-Unis et Singapour. Mais le pays où une société est enregistrée n’est pas toujours celui de son véritable propriétaire.

À Subic, HD Hyundai a lancé en juillet 2026 un pétrolier construit sur place : une réalisation industrielle. Le pôle Pax Silica de New Clark City demeure un projet. La différence se mesure aux ateliers qui fonctionnent, aux emplois effectivement créés et aux compétences conservées.24-25

La vraie question est donc : que reste-t-il sur place ? Des équipes formées, des achats auprès d’entreprises locales et une maintenance assurée dans le pays renforcent durablement l’économie.

À l’inverse, un investissement annoncé ou approuvé n’est pas un investissement réalisé : seul l’argent effectivement versé construit des capacités.72

La mer relie autant qu’elle expose

Chine Pression maritime Taïwan Détroit de Luçon Vietnam Riz et mer de Chine Malaisie Voisinage de Sabah Indonésie Routes maritimes Equal Earth · 120° E · Natural Earth · Carte de situation, sans frontières maritimes Philippines Chine Taïwan Vietnam Malaisie Indonésie PHILIPPINES
ChineLa mer de Chine méridionale associe échanges intenses et coercition. Les achats philippins à la Chine ne rendent pas ses revendications maritimes juridiquement acceptées. La sentence de 2016 et les incidents documentés appartiennent à deux registres distincts : le droit et le rapport de force.
TaïwanLa proximité au nord donne au détroit de Luçon une importance pour les routes maritimes et la sécurité. Une crise autour de Taïwan toucherait aussitôt les échanges et les Philippins qui y travaillent.
Malaisie et IndonésieLes voisinages de Sabah, de la mer de Sulu et de la mer de Célèbes relient mobilité, commerce et sécurité des passages. Les Philippines n’ont pas de frontière terrestre internationale : la continuité des coopérations dépend des ports, de la surveillance et des accords.
VietnamLe riz importé lie directement récoltes et prix alimentaires philippins. Les préoccupations maritimes peuvent rapprocher les deux pays sans effacer leurs intérêts propres. Une alternative alimentaire existe, mais sa disponibilité dépend des récoltes, des prix et des restrictions de vente.

La carte situe les voisins ; elle ne trace pas les frontières en mer, que plusieurs pays se disputent.39-40,73-74

Ce qui changerait la donne

01

La valeur industrielle reste davantage sur place

Les usines achètent plus de composants et de services techniques locaux. Les salariés progressent vers des tâches mieux rémunérées ; les exportations deviennent un moteur d’apprentissage plus large.

02

L’électricité devient plus fiable et moins importatrice

De nouvelles productions entrent réellement en service, les interconnexions fonctionnent et les coupures d’électricité diminuent. Les effets doivent se voir chez l’usager, au-delà des capacités annoncées.

03

Les finances retrouvent des marges

Les recettes progressent avec l’activité et le poids des intérêts se détend. Les réserves se reconstituent sans dépendre d’un effondrement des importations ou de l’investissement.

04

Les apprentissages débouchent sur des emplois

Les élèves maîtrisent mieux les fondamentaux et les entreprises absorbent les qualifications. Partir à l’étranger devient davantage un choix qu’un passage obligé pour valoriser une compétence.

05

Les contrepoids corrigent les dépenses

Les enquêtes, audits et décisions judiciaires aboutissent à des corrections vérifiables. L’accès aux recours et aux services se rapproche entre territoires et groupes sociaux.

06

La sécurité gagne des moyens propres

Surveillance, entretien, stocks et formation améliorent la continuité des missions. Les accords extérieurs renforcent ces capacités, tandis que la possibilité de choisir ses partenaires demeure effective.

Trois chemins possibles

Trois hypothèses, sans pronostic.
Favorable

Les revenus financent la capacité nationale

Les devises soutiennent l’investissement productif, les apprentissages et l’entretien des réseaux. Les progrès énergétiques abaissent les coûts, tandis que les contrôles publics rendent les dépenses plus efficaces. Les partenaires étrangers accompagnent la montée des compétences locales. Cette trajectoire exige plusieurs améliorations conjointes, pas une seule annonce d’investissement.

Central

Les amortisseurs tiennent, les écarts persistent

Transferts, services et électronique continuent d’apporter des revenus. Les infrastructures progressent inégalement et le budget reste contraint. Les alliances contiennent une partie du risque extérieur sans supprimer les incidents maritimes. Le pays conserve des marges d’action, mais transforme lentement ses recettes en autonomie et en services accessibles.

Défavorable

Les contraintes se cumulent

Une baisse des commandes se combine à une énergie plus chère et à des perturbations maritimes. Les ménages les plus exposés réduisent leurs dépenses ; l’investissement ralentit. Si les contrôles institutionnels cèdent, les moyens mobilisés produisent moins de services et le besoin de soutien extérieur s’accroît.

Comprendre l'échelle de robustesse, du plus solide au plus fragile
  1. Solidement ancré4,0 à 5,0 · Capacités prouvées sur la durée. Le pays absorbe les chocs sans risque de basculement.
  2. Résilient sous contrainte3,0 à 3,9 · Forces et faiblesses en tension, mais le système tient par ses propres moyens.
  3. Sous tension structurelle2,5 à 2,9 · Le pilier tient grâce à une béquille : une rente, un partenaire, un corridor. Il cède si elle cède.
  4. Fragile et dépendant1,5 à 2,4 · Vulnérabilité profonde. La fonction est assurée, mais sans maîtrise réelle des moyens.
  5. Défaillance critique1,0 à 1,4 · Risque d'effondrement de la fonction. Autorité ou capacité contestée sur l'essentiel.

L'échelle mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni le potentiel. Le niveau de chaque pilier découle mécaniquement de son évaluation sur cinq points, selon les bornes ci-dessus.

Méthodologie et sources+

Ce que le score mesure. Il répond à une seule question : dans quelle mesure le pays peut-il encaisser un choc ? Ni la richesse, ni la croissance, ni la qualité du gouvernement, prises séparément, ne donnent la réponse.

Un pays riche peut avoir un score bas s'il ne tient que par une rente ; un pays moins riche, un score honorable s'il dispose de capacités propres et de dépendances qu'il maîtrise. Une note ne bouge pas sur une impression : il faut un fait daté et vérifiable sur l'un des neuf piliers.

L'échelle, de 1 à 5. De 4,0 à 5,0, solidement ancré : le pays absorbe un choc sans vaciller. De 3,0 à 3,9, résilient sous contrainte. De 2,5 à 2,9, sous tension structurelle : le pays tient par une béquille, et cède si elle cède. De 1,5 à 2,4, fragile et dépendant : la fonction est assurée, mais sans maîtrise des moyens. De 1,0 à 1,4, défaillance critique.

Les notes de pilier. Chaque pilier reçoit une appréciation documentée, posée directement au dixième sur une échelle de cinq : un jugement argumenté, et non le produit d'une formule, sauf pour le pilier IX, dont la note est la moyenne de cinq sous-indicateurs, ramenée à 2,5 au plus dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins. Le calcul du score ne commence qu'ensuite.

Quand une donnée manque. Un pilier qu'aucune source primaire ne documente n'est pas noté, et la fiche le dit. Le total est alors rapporté au poids des piliers réellement notés : une note absente ne compte ni pour ni contre le pays.

Le score perd en couverture, donc en degré de confiance, mais il reste sur la même échelle et avec les mêmes poids que les autres. Au-delà de trois piliers sans note, aucun score n'est calculé. La règle vaut pour toutes les fiches de la série.

Grille SAPERE v3. Les neuf piliers sont tous notés. Chaque note est un jugement argumenté, au dixième ; seul le pilier IX se calcule.

Comment on arrive à 2,9. Chaque note est multipliée par son poids, on additionne, puis on arrondit au dixième le plus proche. Les piliers I, II, VI et VIII pèsent chacun 13,5 %, III, IV, V et VII chacun 9 %, IX 10 %.

Pilier IX. A recettes publiques = 4 ; B exportations = 2 ; C sécurité = 2 ; D réserves = 4 ; E liberté de décision = 3. Moyenne : 3. Deux critères sont à 2 : la note est ramenée à 2,5. Note du pilier IX = 2,5/5. Règle commune aux fiches de la série : la note du pilier IX est la moyenne arithmétique des cinq sous-indicateurs, plafonnée à 2,5 dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins.

Pilier I. De 2023 à 2025, croissance, inflation et réserves atteignent le haut de l’échelle ; seule la dette manque. Un seul critère manquant place le pilier entre 3,0 et 3,9 ; la note de 3,4 tient compte du poids de la dette et des intérêts.

Les neuf piliers, et ce que chacun pèse. Ils ne comptent pas à égalité : quatre d'entre eux portent à eux seuls 54 % de la note.

La pondération ne récompense pas le prestige d'un domaine, mais sa capacité à entraîner ou à fragiliser les autres : l'économie, l'industrie, la défense et la gouvernance conditionnent le reste. Elle est la même pour toutes les fiches de la série, ce qui rend les scores comparables entre eux.

PilierLe domainePoids dans la note
IÉconomie et finance13,5 %
IIIndustrie et technologie13,5 %
IIIDémographie et capital humain9 %
IVDiplomatie, influence et information9 %
VÉnergie et ressources9 %
VIDéfense et sécurité13,5 %
VIIInnovation et savoir9 %
VIIIGouvernance et institutions13,5 %
IXAutonomie stratégique10 %

Ce que mesure chaque pilier

Posséder du pétrole, une armée nombreuse ou une jeunesse abondante est un potentiel. Les neuf piliers regardent ce que le pays sait en faire, c'est-à-dire la différence entre ce qu'il possède et ce qu'il sait faire de ce qu'il possède.

I · Économie et finance

Ce qui est regardé : la croissance, l'inflation, la dette, les réserves, l'accès au crédit. Pourquoi : un État qui ne peut plus emprunter, payer ses fournisseurs ni honorer ses échéances encaisse mal le premier choc venu.

II · Industrie et technologie

Ce qui est regardé : ce que le pays fabrique, transforme et répare lui-même. Pourquoi : exporter une matière première et importer les machines, c'est laisser la valeur se créer ailleurs. L'industrie transforme une ressource en capacité.

III · Démographie et capital humain

Ce qui est regardé : l'école, la santé, l'accès à l'eau, l'emploi, la structure par âge, le départ des compétences. Pourquoi : une jeunesse nombreuse est une force si elle est formée et employée. Sinon elle devient une pression de plus sur l'État.

IV · Diplomatie, influence et information

Ce qui est regardé : les alliances, les médiations, le poids dans les organisations, l'image du pays et sa capacité à faire circuler une information crédible. Pourquoi : tout ne se règle pas par l'argent ou par les armes. Savoir convaincre, négocier et se faire entendre donne des marges qu'un poids économique ne donne pas.

V · Énergie et ressources

Ce qui est regardé : l'accès à l'électricité, la fiabilité du réseau, la dépendance aux carburants importés, le mix énergétique et la maîtrise des ressources stratégiques. Pourquoi : avoir une ressource et pouvoir s'en servir sont deux choses. Un pays peut produire du pétrole et importer son carburant, avoir des barrages et laisser des provinces sans courant.

VI · Défense et sécurité

Ce qui est regardé : le contrôle réel du territoire, y compris dans le cyberespace, l'état du matériel, la logistique, les dépendances extérieures. Pourquoi : une force qu'on ne peut ni ravitailler ni déployer ne protège pas. On mesure une capacité, pas un inventaire.

VII · Innovation et savoir

Ce qui est regardé : la recherche, les universités, les brevets, la formation, le maintien des talents. Pourquoi : acheter une technologie n'est pas la maîtriser. L'industrie sait produire, l'innovation sait inventer.

VIII · Gouvernance et institutions

Ce qui est regardé : l'efficacité de l'administration, l'état de droit, la corruption, les contre-pouvoirs, la continuité des règles, les inégalités et la cohésion sociale. Pourquoi : des ressources ne deviennent de la robustesse que si un État sait les administrer, si ses décisions survivent à ceux qui les prennent, et si la société qu'il gouverne n'est pas fracturée.

IX · Autonomie stratégique

Ce qui est regardé : d'où viennent les recettes publiques, à qui le pays vend, de qui dépend sa sécurité, combien de mois d'importations ses réserves couvrent, et s'il peut refuser une pression extérieure. Pourquoi : aucun pays n'est indépendant. La question est de savoir si ses dépendances se négocient, ou si elles décident à sa place.

Aucun pilier ne suffit seul, et c'est le principe : une économie solide finance une armée, une industrie réduit les importations, de bonnes institutions transforment une rente passagère en infrastructures. À l'inverse, deux ou trois faiblesses profondes peuvent annuler plusieurs atouts.

La tendance portée par chaque pilier ajoute la seconde information. Elle distingue un pays fragile qui se redresse d'un pays mieux noté qui commence à céder.

Le climat n'est pas un dixième pilier : il agit à travers les autres. Une sécheresse touche d'un coup l'agriculture, l'électricité, les comptes publics et la santé.

SAPERE ne demande donc pas « quel pays est le plus puissant ? », mais : si quelque chose se dérègle demain, qu'est-ce qui continue de fonctionner, qu'est-ce qui cède, et de quoi le pays dépend-il pour tenir ?

Limites. Les chiffres les plus récents datent de septembre 2026 ; les séries plus anciennes gardent leur date. Le stock d’investissements étrangers, la part goudronnée des routes, la longueur du rail exploité et celle des voies d’eau ne sont pas connus. Le rang régional compare les onze pays d’Asie du Sud-Est notés avec la même grille.

Comment lire la trajectoire depuis 2020. Trajectoire depuis 2020 : −37 · En dégradation. Le score de robustesse dit où en est le pays aujourd’hui. La trajectoire dit dans quel sens il évolue depuis 2020.

Pour chacun des neuf piliers, on compare la situation de 2020 à la dernière donnée disponible. Un pilier qui progresse compte +1, un pilier stable 0, un pilier qui recule −1.

Chaque pilier pèse autant que dans le score : l’économie, l’industrie, la défense et la gouvernance comptent davantage que les autres. On additionne, puis on ramène le total sur une échelle qui va de −100 (les neuf piliers reculent) à +100 (les neuf progressent).

Le chiffre indique une direction, pas une vitesse : une petite avancée et une transformation profonde comptent de la même façon. Un résultat proche de 0 peut vouloir dire que rien ne bouge, ou que des progrès et des reculs s’équilibrent ; les flèches de chaque pilier, dans la matrice, le précisent.

Les libellés : à partir de +50, en nette amélioration ; de +15 à +49, en amélioration ; de −14 à +14, stable, ou contrasté quand au moins deux piliers progressent et deux reculent ; de −15 à −49, en dégradation ; à partir de −50, en nette dégradation.

Ici : 1 pilier progresse, 4 sont stables, 4 reculent.

Les références, dans l’ordre du texte

  1. PSA, recensement au 1er juillet 2024
  2. Banque mondiale, passage au revenu intermédiaire supérieur et réformes, 3 août 2026
  3. Banque mondiale, transferts personnels reçus, série 2020 à la dernière observation
  4. ONU Comtrade, marchandises 2025, exportations
  5. ONU Comtrade, marchandises 2025, importations
  6. Département américain de la Défense, quatre sites supplémentaires, 3 avril 2023
  7. Ministère japonais des Affaires étrangères, entrée en vigueur de l’accord d’accès le 11 septembre 2025
  8. Banque mondiale, croissance réelle, série 2020 à la dernière observation
  9. Banque mondiale, inflation moyenne, série 2020 à la dernière observation
  10. FMI DataMapper, dette des administrations publiques, extraction du 26 septembre 2026
  11. Banque mondiale, intérêts rapportés aux recettes, série 2020 à la dernière observation
  12. BSP, réserves internationales et couverture, septembre 2026, données provisoires
  13. BSP, historique des réserves et de leur couverture
  14. PSA, comptes nationaux, deuxième trimestre 2026
  15. PSA, inflation de septembre 2026 : 7,2 % sur un an, moyenne janvier-septembre 5,4 %
  16. Présidence philippine, décret 110 du 24 mars 2026, bibliothèque juridique de la Cour suprême
  17. BCE, taux du 30 septembre 2026 publié au Journal officiel : 1 euro = 1,1355 dollar
  18. Banque mondiale, manufacture dans le PIB, série 2020 à la dernière observation
  19. Banque mondiale, haute technologie dans les exportations manufacturières, série 2020 à la dernière observation
  20. ONU Comtrade, exportations 2025 par chapitre du Système harmonisé
  21. PSA OpenSTAT, routes nationales par surface, 2024
  22. Light Rail Transit Authority, lignes exploitées
  23. JICA Philippines, rapport annuel 2025, publié en avril 2026
  24. Subic Bay Metropolitan Authority, lancement de l’Orion Jade le 28 juillet, communiqué du 29 juillet 2026
  25. Présidence philippine, présentation du projet Pax Silica, 23 juillet 2026
  26. Département de l’Agriculture, matériel végétal d’ube et projet d’extension, 6 octobre 2026
  27. PNUD, Human Development Report 2025, série internationale 2020-2023
  28. OCDE, PISA 2022, note Philippines
  29. Banque mondiale, pauvreté à 8,30 dollars, PPA 2021, série 2020 à la dernière observation
  30. Banque mondiale, pauvreté au seuil national, série 2020 à la dernière observation
  31. Banque mondiale, transferts personnels rapportés au PIB, série 2020 à la dernière observation
  32. Banque mondiale, fécondité, série 2020 à la dernière observation
  33. Sénat philippin, résolution 37 de 2020 sur l’accord militaire américain
  34. Naval News, le Japon tire un missile antinavire Type 88 lors de Balikatan 2026, mai 2026
  35. ASEAN, déclaration du sommet de Cebu, 8 mai 2026
  36. Commission européenne, accord substantiel dans les négociations, 22 septembre 2026
  37. GMA Network, assemblée 2025, distribution internationale des programmes
  38. Anadolu, Pékin sanctionne le ministre philippin de la Défense et sa famille, juin 2026
  39. Garde côtière philippine, déclaration sur l’incident du 6 février 2023
  40. Cour permanente d’arbitrage, dossier et sentence du 12 juillet 2016
  41. Lowy Institute · Asia Power Index, édition 2025, influence diplomatique, séries 2020 et 2025
  42. Département de l’Énergie, historique électrique 2020-2023
  43. Département de l’Énergie, Key Energy Statistics 2024, édition du 20 novembre 2025
  44. Banque mondiale, importations nettes d’énergie, série 2020 à la dernière observation
  45. Banque mondiale, entreprises confrontées à des coupures d’électricité, série 2020 à la dernière observation
  46. Synergy Grid, prospectus 2021, actionnariat du réseau
  47. Human Rights Watch, bilan de 2020
  48. Philippine Information Agency, déclarations militaires sur l’insurrection, 2 octobre 2025
  49. Freedom House, Freedom in the World 2026
  50. SIPRI, transferts internationaux d’armes 2021-2025, mars 2026
  51. SIPRI, base des dépenses militaires 1949-2025, édition 2026
  52. Reuters, via BusinessDay, la Chine bloque l’entrée du récif de Scarborough, images satellites, 16 avril 2026
  53. Gouvernement du Bangsamoro, premières élections parlementaires, 14 septembre 2026
  54. Agence publique philippine PNA, incident du 18 septembre 2026 et réactions diplomatiques
  55. Ministère chinois des Affaires étrangères, position sur l’incident de Sabina, 18 septembre 2026
  56. OMPI, Global Innovation Index 2020, profil Philippines
  57. OMPI, Global Innovation Index 2025, profil Philippines
  58. Banque mondiale, recherche et développement, série 2020 à la dernière observation
  59. MUFG, présentation du 15 juillet 2025, participation dans Mynt
  60. Commission philippine de la concurrence, décision Mynt/ECPay, mai 2025
  61. OMPI, Global Innovation Index 2026, classement général : Philippines 52es
  62. Human Rights Watch, bilan 2026 sur les événements de 2025
  63. Cour suprême, décision du 29 janvier 2026
  64. Philstar, la Cour suprême refuse de bloquer l’arrestation de Ronald dela Rosa, 20 mai 2026
  65. Transparency International, indice 2020
  66. Transparency International, indice de perception de la corruption 2025
  67. Cour pénale internationale, aptitude de Rodrigo Duterte à être jugé, décision rendue publique le 8 octobre 2026
  68. Chambre des représentants, communiqué de l’accusation dans la procédure Sara Duterte, 13 octobre 2026
  69. OMC, Global Trade Outlook, mars 2026, annexes 1 et 4
  70. FMI, consultation 2025, rapport 25/333
  71. Philstar, Marcos juge une exploration pétrolière commune avec la Chine « une possibilité réelle », 14 août 2026
  72. BSP, investissements directs étrangers, série révisée 2025 et premier semestre 2026
  73. Agriculture et Agroalimentaire Canada, commerce agricole philippin 2024
  74. Natural Earth, contours au 1:110 millions

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