Philippines
Les Philippines gagnent leur vie dans le monde ; leur robustesse dépend de ce qu’elles construisent chez elles.
112,7 millions d’habitants. Ce décompte du recensement de juillet 2024 situe un pays dont les revenus circulent bien au-delà de ses îles. Travail à l’étranger, services et électronique apportent des devises. Mais l’énergie importée, les apprentissages fragiles et une sécurité maritime soutenue par des alliés limitent la liberté de choix. Le défi est de convertir ces revenus extérieurs en emplois productifs, en réseaux fiables et en institutions capables de corriger leurs propres erreurs.1-2
Travail à l’étranger, services et puces font entrer des dollars. Ils amortissent les coups durs, sans bâtir à eux seuls des capacités nationales.
Depuis 2020, le poids de la manufacture diminue, la dette augmente et la couverture des réserves recule. Les liens diplomatiques, eux, se renforcent.
Changer de fournisseur, de client ou de protecteur prend des années. Avoir beaucoup de partenaires ne garantit pas une solution de rechange pour chaque besoin vital.
Le monde apporte des revenus et des moyens
Le pays vend au monde ses puces, ses services et le travail de ses expatriés, et en rapporte des dollars. Toute la question est ce qu’il en fait chez lui : des écoles, des entreprises, des règles.3-7
Le poids et les marges
Des clients variés, une chaîne électronique concentrée
| Rang | Pays ou économie | Ce qu’il achète | Part |
|---|---|---|---|
| 1 | États-Unis | Appareils électriques et électroniques ; Machines mécaniques et ordinateurs | 16,0 % |
| 2 | Hong Kong | Appareils électriques et électroniques ; Métaux précieux et bijouterie | 14,6 % |
| 3 | Japon | Appareils électriques et électroniques ; Fruits | 13,7 % |
| 4 | Chine | Appareils électriques et électroniques ; Minerais | 11,0 % |
| 5 | Pays-Bas | Appareils électriques et électroniques ; Huiles et graisses | 4,3 % |
| Rang | Pays ou économie | Ce qu’il vend | Part |
|---|---|---|---|
| 1 | Chine | Appareils électriques et électroniques ; Machines mécaniques et ordinateurs | 28,4 % |
| 2 | Japon | Appareils électriques et électroniques ; Machines mécaniques et ordinateurs | 7,9 % |
| 3 | Corée du Sud | Appareils électriques et électroniques ; Combustibles minéraux | 7,9 % |
| 4 | Indonésie | Véhicules routiers ; Combustibles minéraux | 7,7 % |
| 5 | États-Unis | Appareils électriques et électroniques ; Résidus alimentaires et fourrages | 6,2 % |
Ce qui a changé depuis 2020
Les capacités derrière les revenus
Vue d’ensemble : niveaux et tendances depuis 2020+
Niveaux sans pilier : Solidement ancré, Défaillance critique.
IÉconomie et financeRésilient sous contrainte↘Une économie qui encaisse, avec moins de liberté budgétaire.+
De 2023 à 2025, l’économie grandit d’environ 5 % par an.
La dette publique tourne autour de 58 % du PIB.
Les intérêts de cette dette absorbent près d’un sixième des recettes de l’État.
En septembre 2026, le choc pétrolier pousse l’inflation à 7,2 %.
Les réserves de change ne couvrent plus que 6,3 mois d’importations, leur plus bas niveau depuis 2023, contre plus d’un an en 2020.8-17
Une économie qui remplit tous les critères du haut de l’échelle sauf un, ici la dette, se classe entre 3,0 et 3,9.
3,4. La croissance tient et le coussin existe, mais la dette pèse, et 2026 a montré combien la marge s’est amincie.
IIIndustrie et technologieSous tension structurelle↘Une électronique exportatrice, une industrie qui perd du poids.+
L’industrie ne pèse plus que 15 % de l’économie, contre près de 18 % en 2020.
L’électronique fait plus de la moitié des exportations de marchandises.
Les puces en représentent à elles seules un tiers.
En juillet 2026, un chantier coréen lance à Subic le premier pétrolier construit sur place.18-26
Un pays qui dépend d’une seule grande filière industrielle se classe entre 2,5 et 2,9.
2,8. Les usines existent et elles exportent, mais elles assemblent et testent surtout des puces conçues ailleurs. Monter en gamme reste à faire.
IIIDémographie et capital humainSous tension structurelle→Des compétences reconnues, des débouchés encore trop inégaux.+
L’indice de développement humain des Nations unies passe de 70 à 72 sur 100 entre 2020 et 2023.
À 15 ans, les élèves philippins figurent parmi les plus faibles des 81 pays évalués par PISA.
Près de six habitants sur dix vivent avec moins de 8,30 dollars par jour.
Les envois des expatriés, 36,8 milliards d’euros en 2025, font vivre des millions de familles.1-3,27-32
Un pays qui forme sans offrir assez d’emplois qualifiés se classe entre 2,5 et 2,9.
2,7. Les compétences existent ; beaucoup partent les faire valoir à l’étranger.
IVDiplomatie, influence et informationRésilient sous contrainte↗Manille rend sa sécurité maritime visible et multiplie ses appuis.+
Depuis 2023, quatre bases de plus sont ouvertes aux soldats américains.
Au printemps 2026, lors du plus grand exercice Balikatan de son histoire, le Japon tire pour la première fois un missile depuis le sol philippin.
Le 22 septembre 2026, Manille boucle l’essentiel d’un accord de libre-échange avec l’Union européenne.
En juin 2026, Pékin réplique en sanctionnant le ministre de la Défense.
L’institut australien Lowy note son influence diplomatique 49 sur 100, contre 33 en 2020.6-7,33-41
Une influence régionale réelle, des alliances actives et au moins un média écouté au-delà des frontières placent le pilier entre 3,0 et 3,9.
3,5. Manille a fait de chaque incident en mer une affaire internationale, sans pour autant imposer son récit au-delà de sa région.
VÉnergie et ressourcesFragile et dépendant↘L’électricité fonctionne avec une dépendance extérieure coûteuse.+
Le charbon produit près des deux tiers de l’électricité, davantage qu’en 2020.
Plus de la moitié de l’énergie consommée vient de l’étranger.
Plus de quatre entreprises sur dix subissent des coupures de courant.
Un groupe public chinois détient 40 % du gestionnaire du réseau à haute tension.
En mars 2026, la guerre contre l’Iran oblige Manille à décréter l’urgence énergétique nationale.16,42-46
Quand les coupures de courant sont fréquentes, le pilier se classe entre 1,5 et 2,4.
2,3, en haut de cette bande. Géothermie et barrages fournissent plus d’un cinquième du courant, mais le pays reste à la merci du prix du charbon et du pétrole.
VIDéfense et sécuritéRésilient sous contrainte→Un commandement national, une pression croissante en mer.+
L’armée tient le territoire, et l’insurrection communiste recule, à l’en croire.
Le 14 septembre 2026, le Sud musulman élit son parlement autonome, avec moins de violences que redouté.
En avril 2026, la Chine pose une barrière flottante à l’entrée du récif de Scarborough.
En septembre, une collision oppose navires philippin et chinois près de Sabina.
Le budget militaire reste modeste : 1,3 % du PIB.6-7,39,47-55
Une armée qui commande seule et tient l’essentiel du territoire, malgré des violences locales, se classe entre 3,0 et 3,9.
3,0, au plancher. Sur terre, l’État tient. En mer, il compte sur ses alliés pour se faire respecter.
VIIInnovation et savoirSous tension structurelle→Savoir produire ne suffit pas encore à maîtriser l’innovation.+
L’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle classe les Philippines 52es sur 139 pays en 2026.
C’est deux places de moins qu’en 2020.
La recherche ne reçoit que 0,3 % du PIB, dernier chiffre connu (2020).56-61
Une recherche qui ne descend pas jusqu’aux usines, avec des technologies surtout achetées ailleurs, place le pilier entre 2,5 et 2,9.
2,7. On sait fabriquer, beaucoup moins inventer.
VIIIGouvernance et institutionsSous tension structurelle→Des contrepoids subsistent dans un espace politique contraint.+
En janvier 2026, la Cour suprême tranche sur la destitution de la vice-présidente.
En mai, elle refuse de protéger le sénateur dela Rosa, recherché par la Cour pénale internationale.
Freedom House ne juge le pays que « partiellement libre ».
Journalistes et militants restent menacés.
La corruption perçue ne recule pas : 32 sur 100 en 2025, 34 en 2020.29,47,49,62-68
Une justice qui résiste dans un espace politique qui se resserre place le pilier entre 2,5 et 2,9.
2,7. Les contre-pouvoirs mordent encore, mais la politique reste une affaire de clans, Marcos contre Duterte, et les tribunaux en sont devenus l’arène.
IXAutonomie stratégiqueSous tension structurelle↘La diversification des partenaires laisse deux dépendances critiques.+
L’électronique fait plus de la moitié des ventes de marchandises.
La sécurité en mer repose largement sur Washington.
L’État tire ses recettes d’une économie diversifiée.
Les réserves couvrent encore six mois d’importations.
Manille a su dire non à Pékin, mais négocie avec lui sur le pétrole quand l’énergie manque.4,6-7,12-13,20,25,36,50,69-71
Le pilier additionne cinq critères : recettes, exportations, sécurité, réserves, liberté de décision. Dès que deux d’entre eux sont faibles, la note ne peut dépasser 2,5.
2,5. Exportations (2 sur 5) et sécurité (2 sur 5) plafonnent la note, malgré des recettes et des réserves notées 4.
Convertir les revenus en capacités
Les revenus ont plusieurs portes d’entrée
Un ralentissement industriel ne ferme pas tous les canaux de devises : services et transferts personnels ont leurs propres marchés. Cette pluralité soutient ménages et paiements extérieurs. Sa valeur augmente lorsque les revenus financent des entreprises et des qualifications utilisables sur place, au lieu de compenser seulement les fragilités quotidiennes.
Les appuis diplomatiques s’élargissent
L’alliance américaine, le partenariat japonais et les enceintes régionales rendent la pression maritime plus visible et plus coûteuse politiquement. Manille peut porter un désaccord au-delà du face-à-face avec Pékin. Cette ressource diplomatique vaut par les soutiens effectivement mobilisés et par les capacités qu’ils apportent.
L’industrie possède une base sur laquelle monter
Les ateliers électroniques et la reprise de la construction navale à Subic forment une expérience productive tangible.24 La progression décisive consiste à gagner des fonctions de conception, de maintenance et de fourniture locale. Elle transforme l’insertion dans une chaîne mondiale en apprentissage national.
Le droit offre un moyen d’action
L’arbitrage maritime et certaines décisions judiciaires produisent des ressources pour contester une décision ou une contrainte. Leur portée dépend de leur application, de l’accès aux tribunaux et de la possibilité de rendre les faits publics. Cette capacité de recours constitue un actif institutionnel, même incomplet.
Le revenu peut partir avec son débouché
Une forte spécialisation électronique rend les commandes sensibles au cycle et aux décisions de donneurs d’ordre extérieurs. Dans les services, la productivité et les outils numériques modifient aussi la demande de travail. Le risque ne se mesure pas au nombre de clients seulement, mais à la possibilité de vendre autre chose quand leur besoin change.
L’énergie transmet les chocs aux ménages
Combustibles importés, production concentrée et coupures d’électricité se renforcent. L’urgence énergétique déclarée en mars 2026 rend cette exposition concrète : le choc extérieur gagne les transports, les coûts de production et le budget des ménages.15-16 La continuité du service et les économies d’énergie comptent autant que la construction de nouvelles unités.
Les contrôles arrivent trop inégalement
Les administrations peuvent lancer des projets sans que les mêmes habitants bénéficient d’un accès comparable aux écoles, aux soins et aux recours. Lorsque les enquêteurs et les critiques sont menacés, détecter une dépense inefficace devient plus difficile. La faiblesse des contrepoids finit par renchérir le développement.
La protection demeure difficile à remplacer
Le commandement national ne procure pas à lui seul toutes les capacités de surveillance et de soutien en mer. Les alliances donnent accès à ces moyens mais créent une exposition aux arbitrages de partenaires. La marge de refus dépend alors de la capacité propre que le pays peut effectivement entretenir.
Qui décide, qui peut peser
À l’intérieur
Le pouvoir national fixe les priorités et les budgets ; les administrations, les collectivités et les opérateurs réalisent les services. Le poids des familles politiques et des entreprises rend la qualité des contrôles décisive. Une décision centrale ne garantit pas une exécution égale dans toutes les îles.49,62
À l’extérieur
Les États-Unis apportent une garantie stratégique ; la Chine occupe une place commerciale majeure et exerce une pression maritime ; le Japon finance et équipe des infrastructures. Ces rôles distincts empêchent de ramener toutes les dépendances à une seule relation.5-6,23,39
Plus un acteur est proche du centre, plus la dépendance envers lui est forte ; l’épaisseur du trait suit le nombre de points.
- 🇺🇸États-Unisforte
- Sécurité
- Marché
- Services
Alliance et soutien militaire difficiles à substituer ; premier client de marchandises. Les sites d’accès restent sous souveraineté philippine. Accord · Commerce
- 🇨🇳Chineforte
- Approvisionnements
- Mer
- Réseau électrique
Premier fournisseur ; pression maritime documentée.
Limite Le prospectus 2021 indique 40 % de State Grid dans NGCP, sans preuve d’un contrôle de tout le réseau à distance. Commerce · Capital · Incident
- 🇯🇵Japonnotable
- Capital
- Infrastructures
- Sécurité
Investissement productif, financement ferroviaire et accord d’accès réciproque. Changer de partenaire pour un système complet de transport a un coût supérieur à celui d’un achat courant. BSP · JICA · Accord
- 🇰🇷Corée du Sudnotable
- Équipements militaires
- Industriels
Premier fournisseur d’armes majeures sur 2021-2025 selon le volume SIPRI ; pièces et formation prolongent la relation.
Limite Cette position ne constitue pas une garantie d’alliance équivalente à celle des États-Unis. SIPRI
- 🇻🇳Vietnammodérée
- Approvisionnement en riz
Le Vietnam et la Thaïlande réunissent 89,6 % des importations de riz semi-blanchi ou blanchi (code 100630), en valeur en 2024. Le Vietnam est le principal fournisseur ; la concentration crée une exposition aux récoltes et aux décisions d’exportation. Analyse statistique agricole
- 🇫🇷Francemodérée
- Aéronautique
- Pharmacie
- Alimentation
Relation commerciale plus limitée, mais équipements et maintenance créent des liens durables. Comtrade confirme en 2025 le rôle de l’aéronautique, puis des appareils électriques et électroniques dans les achats à la France. Trésor · Produits 2025 · Rang 2025
Les points combinent dépendance technologique, exposition financière, poids commercial et capacité de pression politique. Ils ne mesurent pas seulement le volume des échanges. Une participation au capital ne vaut pas tutelle sur l’État.
Relier les îles, entretenir les services
Dans un archipel, un réseau se mesure à ses correspondances : la route, le bateau, le train urbain et, de plus en plus, le téléphone.
- Routes35,500 kmde routes nationales en 2024, hors routes locales
Des routes nationales à compléter
Elles relient les villes de chaque île ; routes locales et part revêtue restent mal connues.
21 - Rail147 kmde ligne nord-sud en construction avec le Japon
Un rail d’abord urbain
À Manille, les lignes 1 et 2 comptent environ 26 et 17,6 km ; le projet nord-sud et le métro souterrain ne roulent pas encore.
22-23 - Mer
Le bateau relie ce que le rail ne relie pas
Le cabotage articule ports, routes et entrepôts : un retard à une seule étape se répercute sur le prix final.
- Paiements numériques8 %de Mynt détenus par le japonais MUFG
Des applications, des règles, des câbles
Application, règles de la banque centrale et réseaux de télécommunication sont trois niveaux distincts ; la propriété des câbles et des centres de données reste inconnue.
59-60
L’argent venu d’ailleurs ne donne pas toujours le contrôle
Les Philippines reçoivent des capitaux étrangers, mais moins que leurs voisins. En 2025, le pays a enregistré environ 7 milliards d’euros d’investissements directs étrangers nets. Ils mêlent apports en capital, bénéfices réinvestis et prêts entre sociétés d’un même groupe : pas seulement de nouvelles usines.
Le Japon est le premier apporteur de capital neuf, loin devant les États-Unis et Singapour. Mais le pays où une société est enregistrée n’est pas toujours celui de son véritable propriétaire.
À Subic, HD Hyundai a lancé en juillet 2026 un pétrolier construit sur place : une réalisation industrielle. Le pôle Pax Silica de New Clark City demeure un projet. La différence se mesure aux ateliers qui fonctionnent, aux emplois effectivement créés et aux compétences conservées.24-25
La vraie question est donc : que reste-t-il sur place ? Des équipes formées, des achats auprès d’entreprises locales et une maintenance assurée dans le pays renforcent durablement l’économie.
À l’inverse, un investissement annoncé ou approuvé n’est pas un investissement réalisé : seul l’argent effectivement versé construit des capacités.72
La mer relie autant qu’elle expose
La carte situe les voisins ; elle ne trace pas les frontières en mer, que plusieurs pays se disputent.39-40,73-74
Ce qui changerait la donne
La valeur industrielle reste davantage sur place
Les usines achètent plus de composants et de services techniques locaux. Les salariés progressent vers des tâches mieux rémunérées ; les exportations deviennent un moteur d’apprentissage plus large.
L’électricité devient plus fiable et moins importatrice
De nouvelles productions entrent réellement en service, les interconnexions fonctionnent et les coupures d’électricité diminuent. Les effets doivent se voir chez l’usager, au-delà des capacités annoncées.
Les finances retrouvent des marges
Les recettes progressent avec l’activité et le poids des intérêts se détend. Les réserves se reconstituent sans dépendre d’un effondrement des importations ou de l’investissement.
Les apprentissages débouchent sur des emplois
Les élèves maîtrisent mieux les fondamentaux et les entreprises absorbent les qualifications. Partir à l’étranger devient davantage un choix qu’un passage obligé pour valoriser une compétence.
Les contrepoids corrigent les dépenses
Les enquêtes, audits et décisions judiciaires aboutissent à des corrections vérifiables. L’accès aux recours et aux services se rapproche entre territoires et groupes sociaux.
La sécurité gagne des moyens propres
Surveillance, entretien, stocks et formation améliorent la continuité des missions. Les accords extérieurs renforcent ces capacités, tandis que la possibilité de choisir ses partenaires demeure effective.
Trois chemins possibles
Les revenus financent la capacité nationale
Les devises soutiennent l’investissement productif, les apprentissages et l’entretien des réseaux. Les progrès énergétiques abaissent les coûts, tandis que les contrôles publics rendent les dépenses plus efficaces. Les partenaires étrangers accompagnent la montée des compétences locales. Cette trajectoire exige plusieurs améliorations conjointes, pas une seule annonce d’investissement.
Les amortisseurs tiennent, les écarts persistent
Transferts, services et électronique continuent d’apporter des revenus. Les infrastructures progressent inégalement et le budget reste contraint. Les alliances contiennent une partie du risque extérieur sans supprimer les incidents maritimes. Le pays conserve des marges d’action, mais transforme lentement ses recettes en autonomie et en services accessibles.
Les contraintes se cumulent
Une baisse des commandes se combine à une énergie plus chère et à des perturbations maritimes. Les ménages les plus exposés réduisent leurs dépenses ; l’investissement ralentit. Si les contrôles institutionnels cèdent, les moyens mobilisés produisent moins de services et le besoin de soutien extérieur s’accroît.
Gagner dans le monde, construire chez soi
Les Philippines disposent de ressources réelles pour traverser les chocs : des revenus extérieurs variés, des compétences reconnues et une capacité de production industrielle. La population ne dépend pas d’un seul produit extrait du sol. Cette diversité constitue un amortisseur précieux.
Elle ne suffit pourtant pas à rendre les fonctions vitales substituables. L’électronique reste concentrée, l’énergie transmet les variations de prix et la sécurité maritime repose sur des appuis difficiles à remplacer. Plusieurs partenaires peuvent occuper chacun une place dont le pays ne peut se passer aisément.
La question centrale est donc l’usage du revenu. Les transferts protègent des familles ; les services et les usines donnent du travail. Leur portée devient plus grande lorsqu’ils financent des qualifications, des fournisseurs locaux et des réseaux que le pays sait entretenir.
Les institutions déterminent cette conversion. Des tribunaux capables d’arbitrer et des journalistes libres d’enquêter aident à corriger les erreurs avant qu’elles ne deviennent durables. Une administration qui délivre plus également élargit aussi le nombre d’habitants capables de participer à la croissance.
Le jugement demeure celui d’une tension structurelle, avec des marges réduites depuis la pandémie. Le renforcement diplomatique est un atout ; il gagne en solidité lorsqu’il accompagne des capacités propres. La consolidation se verra dans la continuité des services et dans la qualité des emplois, au-delà des montants qui entrent.
La robustesse se construira dans ce que les revenus extérieurs rendent durablement possible à l’intérieur.
Comprendre l'échelle de robustesse, du plus solide au plus fragile+
- Solidement ancré4,0 à 5,0 · Capacités prouvées sur la durée. Le pays absorbe les chocs sans risque de basculement.
- Résilient sous contrainte3,0 à 3,9 · Forces et faiblesses en tension, mais le système tient par ses propres moyens.
- Sous tension structurelle2,5 à 2,9 · Le pilier tient grâce à une béquille : une rente, un partenaire, un corridor. Il cède si elle cède.
- Fragile et dépendant1,5 à 2,4 · Vulnérabilité profonde. La fonction est assurée, mais sans maîtrise réelle des moyens.
- Défaillance critique1,0 à 1,4 · Risque d'effondrement de la fonction. Autorité ou capacité contestée sur l'essentiel.
L'échelle mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni le potentiel. Le niveau de chaque pilier découle mécaniquement de son évaluation sur cinq points, selon les bornes ci-dessus.
Méthodologie et sources+
Ce que le score mesure. Il répond à une seule question : dans quelle mesure le pays peut-il encaisser un choc ? Ni la richesse, ni la croissance, ni la qualité du gouvernement, prises séparément, ne donnent la réponse.
Un pays riche peut avoir un score bas s'il ne tient que par une rente ; un pays moins riche, un score honorable s'il dispose de capacités propres et de dépendances qu'il maîtrise. Une note ne bouge pas sur une impression : il faut un fait daté et vérifiable sur l'un des neuf piliers.
L'échelle, de 1 à 5. De 4,0 à 5,0, solidement ancré : le pays absorbe un choc sans vaciller. De 3,0 à 3,9, résilient sous contrainte. De 2,5 à 2,9, sous tension structurelle : le pays tient par une béquille, et cède si elle cède. De 1,5 à 2,4, fragile et dépendant : la fonction est assurée, mais sans maîtrise des moyens. De 1,0 à 1,4, défaillance critique.
Les notes de pilier. Chaque pilier reçoit une appréciation documentée, posée directement au dixième sur une échelle de cinq : un jugement argumenté, et non le produit d'une formule, sauf pour le pilier IX, dont la note est la moyenne de cinq sous-indicateurs, ramenée à 2,5 au plus dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins. Le calcul du score ne commence qu'ensuite.
Quand une donnée manque. Un pilier qu'aucune source primaire ne documente n'est pas noté, et la fiche le dit. Le total est alors rapporté au poids des piliers réellement notés : une note absente ne compte ni pour ni contre le pays.
Le score perd en couverture, donc en degré de confiance, mais il reste sur la même échelle et avec les mêmes poids que les autres. Au-delà de trois piliers sans note, aucun score n'est calculé. La règle vaut pour toutes les fiches de la série.
Grille SAPERE v3. Les neuf piliers sont tous notés. Chaque note est un jugement argumenté, au dixième ; seul le pilier IX se calcule.
Comment on arrive à 2,9. Chaque note est multipliée par son poids, on additionne, puis on arrondit au dixième le plus proche. Les piliers I, II, VI et VIII pèsent chacun 13,5 %, III, IV, V et VII chacun 9 %, IX 10 %.
Pilier IX. A recettes publiques = 4 ; B exportations = 2 ; C sécurité = 2 ; D réserves = 4 ; E liberté de décision = 3. Moyenne : 3. Deux critères sont à 2 : la note est ramenée à 2,5. Note du pilier IX = 2,5/5. Règle commune aux fiches de la série : la note du pilier IX est la moyenne arithmétique des cinq sous-indicateurs, plafonnée à 2,5 dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins.
Pilier I. De 2023 à 2025, croissance, inflation et réserves atteignent le haut de l’échelle ; seule la dette manque. Un seul critère manquant place le pilier entre 3,0 et 3,9 ; la note de 3,4 tient compte du poids de la dette et des intérêts.
Les neuf piliers, et ce que chacun pèse. Ils ne comptent pas à égalité : quatre d'entre eux portent à eux seuls 54 % de la note.
La pondération ne récompense pas le prestige d'un domaine, mais sa capacité à entraîner ou à fragiliser les autres : l'économie, l'industrie, la défense et la gouvernance conditionnent le reste. Elle est la même pour toutes les fiches de la série, ce qui rend les scores comparables entre eux.
| Pilier | Le domaine | Poids dans la note |
|---|---|---|
| I | Économie et finance | 13,5 % |
| II | Industrie et technologie | 13,5 % |
| III | Démographie et capital humain | 9 % |
| IV | Diplomatie, influence et information | 9 % |
| V | Énergie et ressources | 9 % |
| VI | Défense et sécurité | 13,5 % |
| VII | Innovation et savoir | 9 % |
| VIII | Gouvernance et institutions | 13,5 % |
| IX | Autonomie stratégique | 10 % |
Ce que mesure chaque pilier
Posséder du pétrole, une armée nombreuse ou une jeunesse abondante est un potentiel. Les neuf piliers regardent ce que le pays sait en faire, c'est-à-dire la différence entre ce qu'il possède et ce qu'il sait faire de ce qu'il possède.
I · Économie et finance
Ce qui est regardé : la croissance, l'inflation, la dette, les réserves, l'accès au crédit. Pourquoi : un État qui ne peut plus emprunter, payer ses fournisseurs ni honorer ses échéances encaisse mal le premier choc venu.
II · Industrie et technologie
Ce qui est regardé : ce que le pays fabrique, transforme et répare lui-même. Pourquoi : exporter une matière première et importer les machines, c'est laisser la valeur se créer ailleurs. L'industrie transforme une ressource en capacité.
III · Démographie et capital humain
Ce qui est regardé : l'école, la santé, l'accès à l'eau, l'emploi, la structure par âge, le départ des compétences. Pourquoi : une jeunesse nombreuse est une force si elle est formée et employée. Sinon elle devient une pression de plus sur l'État.
IV · Diplomatie, influence et information
Ce qui est regardé : les alliances, les médiations, le poids dans les organisations, l'image du pays et sa capacité à faire circuler une information crédible. Pourquoi : tout ne se règle pas par l'argent ou par les armes. Savoir convaincre, négocier et se faire entendre donne des marges qu'un poids économique ne donne pas.
V · Énergie et ressources
Ce qui est regardé : l'accès à l'électricité, la fiabilité du réseau, la dépendance aux carburants importés, le mix énergétique et la maîtrise des ressources stratégiques. Pourquoi : avoir une ressource et pouvoir s'en servir sont deux choses. Un pays peut produire du pétrole et importer son carburant, avoir des barrages et laisser des provinces sans courant.
VI · Défense et sécurité
Ce qui est regardé : le contrôle réel du territoire, y compris dans le cyberespace, l'état du matériel, la logistique, les dépendances extérieures. Pourquoi : une force qu'on ne peut ni ravitailler ni déployer ne protège pas. On mesure une capacité, pas un inventaire.
VII · Innovation et savoir
Ce qui est regardé : la recherche, les universités, les brevets, la formation, le maintien des talents. Pourquoi : acheter une technologie n'est pas la maîtriser. L'industrie sait produire, l'innovation sait inventer.
VIII · Gouvernance et institutions
Ce qui est regardé : l'efficacité de l'administration, l'état de droit, la corruption, les contre-pouvoirs, la continuité des règles, les inégalités et la cohésion sociale. Pourquoi : des ressources ne deviennent de la robustesse que si un État sait les administrer, si ses décisions survivent à ceux qui les prennent, et si la société qu'il gouverne n'est pas fracturée.
IX · Autonomie stratégique
Ce qui est regardé : d'où viennent les recettes publiques, à qui le pays vend, de qui dépend sa sécurité, combien de mois d'importations ses réserves couvrent, et s'il peut refuser une pression extérieure. Pourquoi : aucun pays n'est indépendant. La question est de savoir si ses dépendances se négocient, ou si elles décident à sa place.
Aucun pilier ne suffit seul, et c'est le principe : une économie solide finance une armée, une industrie réduit les importations, de bonnes institutions transforment une rente passagère en infrastructures. À l'inverse, deux ou trois faiblesses profondes peuvent annuler plusieurs atouts.
La tendance portée par chaque pilier ajoute la seconde information. Elle distingue un pays fragile qui se redresse d'un pays mieux noté qui commence à céder.
Le climat n'est pas un dixième pilier : il agit à travers les autres. Une sécheresse touche d'un coup l'agriculture, l'électricité, les comptes publics et la santé.
SAPERE ne demande donc pas « quel pays est le plus puissant ? », mais : si quelque chose se dérègle demain, qu'est-ce qui continue de fonctionner, qu'est-ce qui cède, et de quoi le pays dépend-il pour tenir ?
Limites. Les chiffres les plus récents datent de septembre 2026 ; les séries plus anciennes gardent leur date. Le stock d’investissements étrangers, la part goudronnée des routes, la longueur du rail exploité et celle des voies d’eau ne sont pas connus. Le rang régional compare les onze pays d’Asie du Sud-Est notés avec la même grille.
Comment lire la trajectoire depuis 2020. Trajectoire depuis 2020 : −37 · En dégradation. Le score de robustesse dit où en est le pays aujourd’hui. La trajectoire dit dans quel sens il évolue depuis 2020.
Pour chacun des neuf piliers, on compare la situation de 2020 à la dernière donnée disponible. Un pilier qui progresse compte +1, un pilier stable 0, un pilier qui recule −1.
Chaque pilier pèse autant que dans le score : l’économie, l’industrie, la défense et la gouvernance comptent davantage que les autres. On additionne, puis on ramène le total sur une échelle qui va de −100 (les neuf piliers reculent) à +100 (les neuf progressent).
Le chiffre indique une direction, pas une vitesse : une petite avancée et une transformation profonde comptent de la même façon. Un résultat proche de 0 peut vouloir dire que rien ne bouge, ou que des progrès et des reculs s’équilibrent ; les flèches de chaque pilier, dans la matrice, le précisent.
Les libellés : à partir de +50, en nette amélioration ; de +15 à +49, en amélioration ; de −14 à +14, stable, ou contrasté quand au moins deux piliers progressent et deux reculent ; de −15 à −49, en dégradation ; à partir de −50, en nette dégradation.
Ici : 1 pilier progresse, 4 sont stables, 4 reculent.
Les références, dans l’ordre du texte
- PSA, recensement au 1er juillet 2024
- Banque mondiale, passage au revenu intermédiaire supérieur et réformes, 3 août 2026
- Banque mondiale, transferts personnels reçus, série 2020 à la dernière observation
- ONU Comtrade, marchandises 2025, exportations
- ONU Comtrade, marchandises 2025, importations
- Département américain de la Défense, quatre sites supplémentaires, 3 avril 2023
- Ministère japonais des Affaires étrangères, entrée en vigueur de l’accord d’accès le 11 septembre 2025
- Banque mondiale, croissance réelle, série 2020 à la dernière observation
- Banque mondiale, inflation moyenne, série 2020 à la dernière observation
- FMI DataMapper, dette des administrations publiques, extraction du 26 septembre 2026
- Banque mondiale, intérêts rapportés aux recettes, série 2020 à la dernière observation
- BSP, réserves internationales et couverture, septembre 2026, données provisoires
- BSP, historique des réserves et de leur couverture
- PSA, comptes nationaux, deuxième trimestre 2026
- PSA, inflation de septembre 2026 : 7,2 % sur un an, moyenne janvier-septembre 5,4 %
- Présidence philippine, décret 110 du 24 mars 2026, bibliothèque juridique de la Cour suprême
- BCE, taux du 30 septembre 2026 publié au Journal officiel : 1 euro = 1,1355 dollar
- Banque mondiale, manufacture dans le PIB, série 2020 à la dernière observation
- Banque mondiale, haute technologie dans les exportations manufacturières, série 2020 à la dernière observation
- ONU Comtrade, exportations 2025 par chapitre du Système harmonisé
- PSA OpenSTAT, routes nationales par surface, 2024
- Light Rail Transit Authority, lignes exploitées
- JICA Philippines, rapport annuel 2025, publié en avril 2026
- Subic Bay Metropolitan Authority, lancement de l’Orion Jade le 28 juillet, communiqué du 29 juillet 2026
- Présidence philippine, présentation du projet Pax Silica, 23 juillet 2026
- Département de l’Agriculture, matériel végétal d’ube et projet d’extension, 6 octobre 2026
- PNUD, Human Development Report 2025, série internationale 2020-2023
- OCDE, PISA 2022, note Philippines
- Banque mondiale, pauvreté à 8,30 dollars, PPA 2021, série 2020 à la dernière observation
- Banque mondiale, pauvreté au seuil national, série 2020 à la dernière observation
- Banque mondiale, transferts personnels rapportés au PIB, série 2020 à la dernière observation
- Banque mondiale, fécondité, série 2020 à la dernière observation
- Sénat philippin, résolution 37 de 2020 sur l’accord militaire américain
- Naval News, le Japon tire un missile antinavire Type 88 lors de Balikatan 2026, mai 2026
- ASEAN, déclaration du sommet de Cebu, 8 mai 2026
- Commission européenne, accord substantiel dans les négociations, 22 septembre 2026
- GMA Network, assemblée 2025, distribution internationale des programmes
- Anadolu, Pékin sanctionne le ministre philippin de la Défense et sa famille, juin 2026
- Garde côtière philippine, déclaration sur l’incident du 6 février 2023
- Cour permanente d’arbitrage, dossier et sentence du 12 juillet 2016
- Lowy Institute · Asia Power Index, édition 2025, influence diplomatique, séries 2020 et 2025
- Département de l’Énergie, historique électrique 2020-2023
- Département de l’Énergie, Key Energy Statistics 2024, édition du 20 novembre 2025
- Banque mondiale, importations nettes d’énergie, série 2020 à la dernière observation
- Banque mondiale, entreprises confrontées à des coupures d’électricité, série 2020 à la dernière observation
- Synergy Grid, prospectus 2021, actionnariat du réseau
- Human Rights Watch, bilan de 2020
- Philippine Information Agency, déclarations militaires sur l’insurrection, 2 octobre 2025
- Freedom House, Freedom in the World 2026
- SIPRI, transferts internationaux d’armes 2021-2025, mars 2026
- SIPRI, base des dépenses militaires 1949-2025, édition 2026
- Reuters, via BusinessDay, la Chine bloque l’entrée du récif de Scarborough, images satellites, 16 avril 2026
- Gouvernement du Bangsamoro, premières élections parlementaires, 14 septembre 2026
- Agence publique philippine PNA, incident du 18 septembre 2026 et réactions diplomatiques
- Ministère chinois des Affaires étrangères, position sur l’incident de Sabina, 18 septembre 2026
- OMPI, Global Innovation Index 2020, profil Philippines
- OMPI, Global Innovation Index 2025, profil Philippines
- Banque mondiale, recherche et développement, série 2020 à la dernière observation
- MUFG, présentation du 15 juillet 2025, participation dans Mynt
- Commission philippine de la concurrence, décision Mynt/ECPay, mai 2025
- OMPI, Global Innovation Index 2026, classement général : Philippines 52es
- Human Rights Watch, bilan 2026 sur les événements de 2025
- Cour suprême, décision du 29 janvier 2026
- Philstar, la Cour suprême refuse de bloquer l’arrestation de Ronald dela Rosa, 20 mai 2026
- Transparency International, indice 2020
- Transparency International, indice de perception de la corruption 2025
- Cour pénale internationale, aptitude de Rodrigo Duterte à être jugé, décision rendue publique le 8 octobre 2026
- Chambre des représentants, communiqué de l’accusation dans la procédure Sara Duterte, 13 octobre 2026
- OMC, Global Trade Outlook, mars 2026, annexes 1 et 4
- FMI, consultation 2025, rapport 25/333
- Philstar, Marcos juge une exploration pétrolière commune avec la Chine « une possibilité réelle », 14 août 2026
- BSP, investissements directs étrangers, série révisée 2025 et premier semestre 2026
- Agriculture et Agroalimentaire Canada, commerce agricole philippin 2024
- Natural Earth, contours au 1:110 millions
Asie du Sud-Est : les onze fiches. Cambodge · Laos · Vietnam · Thaïlande · Myanmar · Malaisie · Singapour · Brunei · Indonésie · Philippines · Timor oriental
Philippines
112,7 millions d’habitants. Ce décompte du recensement de juillet 2024 situe un pays dont les revenus circulent bien au-delà de ses îles. Travail à l’étranger, services et électronique apportent des devises. Mais l’énergie importée, les apprentissages fragiles et une sécurité maritime soutenue par des alliés limitent la liberté de choix. Le défi est de convertir ces revenus extérieurs en emplois productifs, en réseaux fiables et en institutions capables de corriger leurs propres erreurs.PSA, recensement au 1er juillet 2024 · Banque mondiale, passage au revenu intermédiaire supérieur et réformes, 3 août 2026
Travail à l’étranger, services et puces font entrer des dollars. Ils amortissent les coups durs, sans bâtir à eux seuls des capacités nationales.
Depuis 2020, le poids de la manufacture diminue, la dette augmente et la couverture des réserves recule. Les liens diplomatiques, eux, se renforcent.
Changer de fournisseur, de client ou de protecteur prend des années. Avoir beaucoup de partenaires ne garantit pas une solution de rechange pour chaque besoin vital.
Le monde apporte des revenus et des moyens
Le pays vend au monde ses puces, ses services et le travail de ses expatriés, et en rapporte des dollars. Toute la question est ce qu’il en fait chez lui : des écoles, des entreprises, des règles. Banque mondiale, transferts personnels reçus, série 2020 à la dernière observation · ONU Comtrade, marchandises 2025, exportations · ONU Comtrade, marchandises 2025, importations · Département américain de la Défense, quatre sites supplémentaires, 3 avril 2023 · Ministère japonais des Affaires étrangères, entrée en vigueur de l’accord d’accès le 11 septembre 2025
Le poids et les marges
Des clients variés, une chaîne électronique concentrée
| Rang | Pays ou économie | Ce qu’il achète | Part |
|---|---|---|---|
| 1 | États-Unis | Appareils électriques et électroniques ; Machines mécaniques et ordinateurs | 16,0 % |
| 2 | Hong Kong | Appareils électriques et électroniques ; Métaux précieux et bijouterie | 14,6 % |
| 3 | Japon | Appareils électriques et électroniques ; Fruits | 13,7 % |
| 4 | Chine | Appareils électriques et électroniques ; Minerais | 11,0 % |
| 5 | Pays-Bas | Appareils électriques et électroniques ; Huiles et graisses | 4,3 % |
| Rang | Pays ou économie | Ce qu’il vend | Part |
|---|---|---|---|
| 1 | Chine | Appareils électriques et électroniques ; Machines mécaniques et ordinateurs | 28,4 % |
| 2 | Japon | Appareils électriques et électroniques ; Machines mécaniques et ordinateurs | 7,9 % |
| 3 | Corée du Sud | Appareils électriques et électroniques ; Combustibles minéraux | 7,9 % |
| 4 | Indonésie | Véhicules routiers ; Combustibles minéraux | 7,7 % |
| 5 | États-Unis | Appareils électriques et électroniques ; Résidus alimentaires et fourrages | 6,2 % |
Ce qui a changé depuis 2020
Matrice et justifications
Vue d’ensemble : niveaux et tendances depuis 2020+
La matrice peut défiler horizontalement sur téléphone. Toucher un pilier ouvre sa justification.
Convertir les revenus en capacités
FORCE 01 · Atout stratégiqueLes revenus ont plusieurs portes d’entrée
Un ralentissement industriel ne ferme pas tous les canaux de devises : services et transferts personnels ont leurs propres marchés. Cette pluralité soutient ménages et paiements extérieurs. Sa valeur augmente lorsque les revenus financent des entreprises et des qualifications utilisables sur place, au lieu de compenser seulement les fragilités quotidiennes.
FORCE 02 · Atout stratégiqueLes appuis diplomatiques s’élargissent
L’alliance américaine, le partenariat japonais et les enceintes régionales rendent la pression maritime plus visible et plus coûteuse politiquement. Manille peut porter un désaccord au-delà du face-à-face avec Pékin. Cette ressource diplomatique vaut par les soutiens effectivement mobilisés et par les capacités qu’ils apportent.
FORCE 03 · Atout en constructionL’industrie possède une base sur laquelle monter
Les ateliers électroniques et la reprise de la construction navale à Subic forment une expérience productive tangible. Subic Bay Metropolitan Authority, lancement de l’Orion Jade le 28 juillet, communiqué du 29 juillet 2026 La progression décisive consiste à gagner des fonctions de conception, de maintenance et de fourniture locale. Elle transforme l’insertion dans une chaîne mondiale en apprentissage national.
FORCE 04 · Atout à consoliderLe droit offre un moyen d’action
L’arbitrage maritime et certaines décisions judiciaires produisent des ressources pour contester une décision ou une contrainte. Leur portée dépend de leur application, de l’accès aux tribunaux et de la possibilité de rendre les faits publics. Cette capacité de recours constitue un actif institutionnel, même incomplet.
FAILLE 01 · ●●●● · StructurelLe revenu peut partir avec son débouché
Une forte spécialisation électronique rend les commandes sensibles au cycle et aux décisions de donneurs d’ordre extérieurs. Dans les services, la productivité et les outils numériques modifient aussi la demande de travail. Le risque ne se mesure pas au nombre de clients seulement, mais à la possibilité de vendre autre chose quand leur besoin change.
FAILLE 02 · ●●●● · StructurelL’énergie transmet les chocs aux ménages
Combustibles importés, production concentrée et coupures d’électricité se renforcent. L’urgence énergétique déclarée en mars 2026 rend cette exposition concrète : le choc extérieur gagne les transports, les coûts de production et le budget des ménages. Présidence philippine, décret 110 du 24 mars 2026, bibliothèque juridique de la Cour suprême · PSA, inflation de septembre 2026 : 7,2 % sur un an, moyenne janvier-septembre 5,4 % La continuité du service et les économies d’énergie comptent autant que la construction de nouvelles unités.
FAILLE 03 · ●●●● · Moyen termeLes contrôles arrivent trop inégalement
Les administrations peuvent lancer des projets sans que les mêmes habitants bénéficient d’un accès comparable aux écoles, aux soins et aux recours. Lorsque les enquêteurs et les critiques sont menacés, détecter une dépense inefficace devient plus difficile. La faiblesse des contrepoids finit par renchérir le développement.
FAILLE 04 · ●●● · StructurelLa protection demeure difficile à remplacer
Le commandement national ne procure pas à lui seul toutes les capacités de surveillance et de soutien en mer. Les alliances donnent accès à ces moyens mais créent une exposition aux arbitrages de partenaires. La marge de refus dépend alors de la capacité propre que le pays peut effectivement entretenir.
Qui décide, qui peut peser
À l’intérieur
Le pouvoir national fixe les priorités et les budgets ; les administrations, les collectivités et les opérateurs réalisent les services. Le poids des familles politiques et des entreprises rend la qualité des contrôles décisive. Une décision centrale ne garantit pas une exécution égale dans toutes les îles. Freedom House, Freedom in the World 2026 · Human Rights Watch, bilan 2026 sur les événements de 2025
À l’extérieur
Les États-Unis apportent une garantie stratégique ; la Chine occupe une place commerciale majeure et exerce une pression maritime ; le Japon finance et équipe des infrastructures. Ces rôles distincts empêchent de ramener toutes les dépendances à une seule relation. Département américain de la Défense, quatre sites supplémentaires, 3 avril 2023 · ONU Comtrade, marchandises 2025, importations · JICA Philippines, rapport annuel 2025, publié en avril 2026 · Garde côtière philippine, déclaration sur l’incident du 6 février 2023
Plus un acteur est proche du centre, plus la dépendance envers lui est forte ; l’épaisseur du trait suit le nombre de points.
- 🇺🇸États-Unisforte
- Sécurité
- Marché
- Services
Alliance et soutien militaire difficiles à substituer ; premier client de marchandises. Les sites d’accès restent sous souveraineté philippine. Accord · Commerce
- 🇨🇳Chineforte
- Approvisionnements
- Mer
- Réseau électrique
Premier fournisseur ; pression maritime documentée.
Limite Le prospectus 2021 indique 40 % de State Grid dans NGCP, sans preuve d’un contrôle de tout le réseau à distance. Commerce · Capital · Incident
- 🇯🇵Japonnotable
- Capital
- Infrastructures
- Sécurité
Investissement productif, financement ferroviaire et accord d’accès réciproque. Changer de partenaire pour un système complet de transport a un coût supérieur à celui d’un achat courant. BSP · JICA · Accord
- 🇰🇷Corée du Sudnotable
- Équipements militaires
- Industriels
Premier fournisseur d’armes majeures sur 2021-2025 selon le volume SIPRI ; pièces et formation prolongent la relation.
Limite Cette position ne constitue pas une garantie d’alliance équivalente à celle des États-Unis. SIPRI
- 🇻🇳Vietnammodérée
- Approvisionnement en riz
Le Vietnam et la Thaïlande réunissent 89,6 % des importations de riz semi-blanchi ou blanchi (code 100630), en valeur en 2024. Le Vietnam est le principal fournisseur ; la concentration crée une exposition aux récoltes et aux décisions d’exportation. Analyse statistique agricole
- 🇫🇷Francemodérée
- Aéronautique
- Pharmacie
- Alimentation
Relation commerciale plus limitée, mais équipements et maintenance créent des liens durables. Comtrade confirme en 2025 le rôle de l’aéronautique, puis des appareils électriques et électroniques dans les achats à la France. Trésor · Produits 2025 · Rang 2025
Les points combinent dépendance technologique, exposition financière, poids commercial et capacité de pression politique. Ils ne mesurent pas seulement le volume des échanges. Une participation au capital ne vaut pas tutelle sur l’État.
Relier les îles, entretenir les services
Le réseau routier national compte environ 35,500 kilomètres en 2024, sans les routes locales ; la part goudronnée n’est pas connue. Le rail est d’abord urbain et discontinu : la ligne 1 de Manille compte environ 26 kilomètres après son extension de 2024, la ligne 2 environ 17,6. La ligne nord-sud de 147 kilomètres et le métro souterrain financés avec le Japon sont encore en chantier. PSA OpenSTAT, routes nationales par surface, 2024 · Light Rail Transit Authority, lignes exploitées · JICA Philippines, rapport annuel 2025, publié en avril 2026
La mer assure les liaisons que les rails ne peuvent relier. Le cabotage articule ports, routes et entrepôts ; un retard sur une interface se répercute sur le prix final. La longueur des voies d’eau utilisables pour le fret n’est pas connue.
Le numérique possède aussi ses interfaces. MUFG documente sa participation de 8 % dans Mynt ; la Commission de la concurrence impose en 2025 des engagements lors du rachat d’ECPay. Le capital d’une application, les règles de paiement fixées par la banque centrale et les infrastructures de télécommunication sont trois niveaux distincts. On ignore à qui appartiennent l’ensemble des câbles et des centres de données. MUFG, présentation du 15 juillet 2025, participation dans Mynt · Commission philippine de la concurrence, décision Mynt/ECPay, mai 2025
L’argent venu d’ailleurs ne donne pas toujours le contrôle
Les investissements directs étrangers (IDE) entrants nets atteignent 8,1 milliards de dollars en 2025, après 9,4 milliards en 2024, selon la série révisée de la BSP. Au premier semestre 2026, le flux provisoire est de 3,4 milliards, contre 4,1 sur la même période de 2025. Ces flux comprennent apports en capital, bénéfices réinvestis et prêts entre sociétés liées ; ils ne décrivent pas uniquement de nouvelles usines. BSP, investissements directs étrangers, série révisée 2025 et premier semestre 2026
La ventilation par origine porte seulement sur les apports nets en capital hors bénéfices réinvestis, soit 1,3 milliard de dollars en 2025. Sur ce périmètre restreint, le Japon apporte 904 millions, les États-Unis 184, Singapour 140, la Corée du Sud 84 et la Malaisie 76. Des retraits nets ailleurs expliquent que les premières origines puissent représenter une part élevée du solde. Ces montants ne sont pas présentés comme une répartition de l’ensemble des 8,1 milliards. BSP, investissements directs étrangers, série révisée 2025 et premier semestre 2026
Le stock d’investissements étrangers n’est pas connu. Le domicile immédiat d’un investisseur ne suffit pas à identifier son propriétaire ultime. La preuve utile de diffusion est ailleurs : formation des équipes, achats locaux, maintenance et valeur ajoutée retenue. Un investissement annoncé ou approuvé n’est pas assimilé à un décaissement effectif.
La mer relie autant qu’elle expose
La carte situe les voisins ; elle ne trace pas les frontières en mer, que plusieurs pays se disputent. Cour permanente d’arbitrage, dossier et sentence du 12 juillet 2016 · Garde côtière philippine, déclaration sur l’incident du 6 février 2023 · Agriculture et Agroalimentaire Canada, commerce agricole philippin 2024 · Natural Earth, contours au 1:110 millions
Ce qui changerait la donne
La valeur industrielle reste davantage sur place
Les usines achètent plus de composants et de services techniques locaux. Les salariés progressent vers des tâches mieux rémunérées ; les exportations deviennent un moteur d’apprentissage plus large.
L’électricité devient plus fiable et moins importatrice
De nouvelles productions entrent réellement en service, les interconnexions fonctionnent et les coupures d’électricité diminuent. Les effets doivent se voir chez l’usager, au-delà des capacités annoncées.
Les finances retrouvent des marges
Les recettes progressent avec l’activité et le poids des intérêts se détend. Les réserves se reconstituent sans dépendre d’un effondrement des importations ou de l’investissement.
Les apprentissages débouchent sur des emplois
Les élèves maîtrisent mieux les fondamentaux et les entreprises absorbent les qualifications. Partir à l’étranger devient davantage un choix qu’un passage obligé pour valoriser une compétence.
Les contrepoids corrigent les dépenses
Les enquêtes, audits et décisions judiciaires aboutissent à des corrections vérifiables. L’accès aux recours et aux services se rapproche entre territoires et groupes sociaux.
La sécurité gagne des moyens propres
Surveillance, entretien, stocks et formation améliorent la continuité des missions. Les accords extérieurs renforcent ces capacités, tandis que la possibilité de choisir ses partenaires demeure effective.
Trois chemins possibles
Les revenus financent la capacité nationale
Les devises soutiennent l’investissement productif, les apprentissages et l’entretien des réseaux. Les progrès énergétiques abaissent les coûts, tandis que les contrôles publics rendent les dépenses plus efficaces. Les partenaires étrangers accompagnent la montée des compétences locales. Cette trajectoire exige plusieurs améliorations conjointes, pas une seule annonce d’investissement.
Les amortisseurs tiennent, les écarts persistent
Transferts, services et électronique continuent d’apporter des revenus. Les infrastructures progressent inégalement et le budget reste contraint. Les alliances contiennent une partie du risque extérieur sans supprimer les incidents maritimes. Le pays conserve des marges d’action, mais transforme lentement ses recettes en autonomie et en services accessibles.
Les contraintes se cumulent
Une baisse des commandes se combine à une énergie plus chère et à des perturbations maritimes. Les ménages les plus exposés réduisent leurs dépenses ; l’investissement ralentit. Si les contrôles institutionnels cèdent, les moyens mobilisés produisent moins de services et le besoin de soutien extérieur s’accroît.
Gagner dans le monde, construire chez soi
Les Philippines disposent de ressources réelles pour traverser les chocs : des revenus extérieurs variés, des compétences reconnues et une capacité de production industrielle. La population ne dépend pas d’un seul produit extrait du sol. Cette diversité constitue un amortisseur précieux.
Elle ne suffit pourtant pas à rendre les fonctions vitales substituables. L’électronique reste concentrée, l’énergie transmet les variations de prix et la sécurité maritime repose sur des appuis difficiles à remplacer. Plusieurs partenaires peuvent occuper chacun une place dont le pays ne peut se passer aisément.
La question centrale est donc l’usage du revenu. Les transferts protègent des familles ; les services et les usines donnent du travail. Leur portée devient plus grande lorsqu’ils financent des qualifications, des fournisseurs locaux et des réseaux que le pays sait entretenir.
Les institutions déterminent cette conversion. Des tribunaux capables d’arbitrer et des journalistes libres d’enquêter aident à corriger les erreurs avant qu’elles ne deviennent durables. Une administration qui délivre plus également élargit aussi le nombre d’habitants capables de participer à la croissance.
Le jugement demeure celui d’une tension structurelle, avec des marges réduites depuis la pandémie. Le renforcement diplomatique est un atout ; il gagne en solidité lorsqu’il accompagne des capacités propres. La consolidation se verra dans la continuité des services et dans la qualité des emplois, au-delà des montants qui entrent.
La robustesse se construira dans ce que les revenus extérieurs rendent durablement possible à l’intérieur.
Ce que les chiffres permettent de conclure
L’année 2026 en quelques dates
24 mars : urgence énergétique nationale, après la fermeture du détroit d’Ormuz, par où passe l’essentiel du pétrole que les Philippines achètent au Golfe. Avril : la Chine pose une barrière flottante à l’entrée du récif de Scarborough ; Balikatan, le plus grand exercice de son histoire, voit le Japon tirer un missile depuis le sol philippin. Mai : la Cour suprême refuse de protéger le sénateur dela Rosa, recherché par la Cour pénale internationale. Juin : Pékin sanctionne le ministre de la Défense et sa famille. Juillet : HD Hyundai lance à Subic le premier pétrolier construit sur place, et le procès en destitution de Sara Duterte s’ouvre. Septembre : le Sud musulman élit son parlement, une collision oppose navires philippin et chinois près de Sabina, l’inflation atteint 7,2 % et les réserves tombent au plus bas depuis 2023 ; le 22, l’Union européenne et Manille bouclent l’essentiel d’un accord de libre-échange. Octobre : la Cour pénale internationale juge Rodrigo Duterte apte à être jugé, son procès étant fixé au 30 novembre.
Ce que les notes ne disent pas encore
Les notes reposent sur des années complètes ; 2026 n’est pas terminée. Trois points méritent qu’on y revienne. Si l’inflation reste au-dessus de 6 % et que les réserves continuent de fondre jusqu’à la fin de l’année, la note économique de 3,4 deviendra difficile à tenir. Si l’aide japonaise et américaine se traduit en navires, en avions de surveillance et en équipages formés, la défense pourra quitter le plancher de sa classe. Si le pôle Pax Silica devient des usines qui embauchent, l’industrie aura enfin une seconde jambe à côté de l’assemblage électronique. Aucune de ces bascules n’est acquise ; chacune se lira dans des chiffres, pas dans des annonces.
Le niveau et le mouvement
Une économie peut encaisser les chocs tout en voyant sa marge fondre : la note dit où en est le pays, la flèche dit dans quel sens il va. La note économique repose sur les années complètes 2023 à 2025, pour qu’un mauvais trimestre ne suffise pas à la faire basculer ; les chiffres de 2026 disent l’état le plus récent. Le point de départ, 2020, est l’année de la pandémie, ce que chaque tendance rappelle. Un classement international inchangé peut aussi cacher des progrès sur un point et des reculs sur un autre ; c’est pourquoi chaque flèche s’appuie sur un fait daté, pas sur une impression.
Les devises et leur propriétaire
Un transfert appartient à la famille qui le reçoit, une exportation à l’entreprise qui vend, une réserve de change à la banque centrale. Additionner ces sommes n’aurait pas de sens. Un État riche en dollars peut rester serré dans son budget : c’est pourquoi les intérêts de la dette comptent, même quand les réserves sont abondantes. Les envois des expatriés soutiennent la consommation des familles ; ils ne remplissent pas les caisses publiques, sauf à travers la taxe sur ce que ces familles achètent.
Les rangs
Les rangs de PIB sont recalculés sur les données 2025 de la Banque mondiale, hors regroupements régionaux : 32e sur 186 pour la richesse produite, 30e sur 185 en parité de pouvoir d’achat. Les deux mesures ne servent pas à la même chose : seuls les vrais dollars paient une importation. La parité de pouvoir d’achat dit ce que la richesse permet d’acheter sur place ; le dollar courant dit ce qu’elle vaut sur le marché mondial.
Une filière, plusieurs produits
L’électronique couvre bien des produits différents, mais une baisse des commandes mondiales les frappe tous en même temps. C’est ce risque commun, et le poids des puces, qui vaut 2 sur 5 aux exportations, malgré des clients variés et des services en plein essor. Changer de clients ne suffirait pas : il faudrait vendre autre chose. C’est l’enjeu des bascules industrielles décrites plus haut.
L’allié et la souveraineté
Les bases ouvertes aux Américains restent philippines, et l’accord avec le Japon encadre seulement la présence de ses troupes. Ces alliances renforcent Manille, mais certaines missions dépendent d’elles : surveillance, renseignement, entretien. D’où un pilier VI tenu par un commandement national, et une note de sécurité faible dans le pilier IX. Acheter des armes en Corée ne remplace pas une alliance. Les exercices de 2026 montrent la force de ces liens ; ils montrent aussi qu’en cas de crise, la décision d’intervenir ne se prendrait pas à Manille seule.
L’énergie jusqu’à la prise
Une nouvelle centrale ne garantit pas le courant au bout du fil : il faut du combustible, de l’entretien, des lignes et des postes en état. Beaucoup d’entreprises paient des groupes électrogènes pour tenir, ce qui leur coûte cher. Les coupures déclarées par les entreprises disent le symptôme, pas la panne. La géothermie et les barrages offrent une base nationale ; le solaire progresse, mais une centrale annoncée ne compte qu’une fois raccordée.
Le riz et les autres achats essentiels
Le Vietnam et la Thaïlande fournissent presque tout le riz importé, ce qui expose le pays à leurs récoltes et à leurs décisions. Les médicaments, les engrais et les stocks de sécurité n’ont pas pu être chiffrés ici ; aucune dépendance n’est inventée faute de données.
La pauvreté
Le seuil international de 8,30 dollars par jour gomme les écarts de prix entre pays ; le seuil national sert la politique sociale philippine. Les deux chiffres de 2023 coexistent sans se contredire. Le développement humain progresse, mais l’école ne transmet pas encore les bases à tous. Faute de chiffre comparable pour 2020, aucune baisse de la pauvreté n’est affirmée. Le passage du pays au revenu intermédiaire supérieur, en août 2026, décrit une moyenne : il ne dit rien des quelque six habitants sur dix qui vivent encore avec moins de 8,30 dollars par jour.
Des contre-pouvoirs inégaux
Un tribunal qui tranche ne rend pas toute l’administration impartiale ; une presse qui publie ne protège pas chacun de ses journalistes ; des élections disputées n’effacent pas les grandes familles. La note reconnaît les contre-pouvoirs qui fonctionnent, sans tenir pour acceptables les menaces qui pèsent sur eux. La rivalité des clans Marcos et Duterte se joue désormais devant les juges, à Manille comme à La Haye : signe que les tribunaux comptent, mais aussi qu’ils sont devenus un champ de bataille politique.
L’investissement et ce qu’il laisse
Les montants par pays d’origine ne portent que sur les apports en capital, pas sur les bénéfices réinvestis ni les prêts entre filiales. On ne peut donc pas en déduire qui possède les usines. Un investissement se juge à ce qu’il laisse sur place : des équipes formées, des fournisseurs locaux, un savoir-faire entretenu. Le chantier de Subic, repris par un groupe coréen, en donne un exemple concret ; le pôle Pax Silica, encore sur le papier, devra faire la même preuve.
Les montants derrière les parts
| Flux | Partenaire | Valeur en dollars | Part calculée |
|---|---|---|---|
| Exportations | États-Unis | 13,534,522,484 | 16,0 % |
| Exportations | Hong Kong | 12,328,576,763 | 14,6 % |
| Exportations | Japon | 11,572,404,206 | 13,7 % |
| Exportations | Chine | 9,309,603,508 | 11,0 % |
| Exportations | Pays-Bas | 3,597,247,606 | 4,3 % |
| Exportations | France | 324,424,053 | 0,4 % |
| Importations | Chine | 40,269,248,003 | 28,4 % |
| Importations | Japon | 11,239,830,144 | 7,9 % |
| Importations | Corée du Sud | 11,202,719,578 | 7,9 % |
| Importations | Indonésie | 10,869,721,954 | 7,7 % |
| Importations | États-Unis | 8,859,074,017 | 6,2 % |
| Importations | France | 1,633,311,578 | 1,2 % |
Méthodologie et légende
Grille SAPERE v3. Les neuf piliers sont tous notés. Chaque note est un jugement argumenté, au dixième ; seul le pilier IX se calcule.
Comment on arrive à 2,9. Chaque note est multipliée par son poids, on additionne, puis on arrondit au dixième le plus proche. Les piliers I, II, VI et VIII pèsent chacun 13,5 %, III, IV, V et VII chacun 9 %, IX 10 %.
Pilier IX. A recettes publiques = 4 ; B exportations = 2 ; C sécurité = 2 ; D réserves = 4 ; E liberté de décision = 3. Moyenne : 3. Deux critères sont à 2 : la note est ramenée à 2,5. Note du pilier IX = 2,5/5. Règle commune aux fiches de la série : la note du pilier IX est la moyenne arithmétique des cinq sous-indicateurs, plafonnée à 2,5 dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins.
Pilier I. De 2023 à 2025, croissance, inflation et réserves atteignent le haut de l’échelle ; seule la dette manque. Un seul critère manquant place le pilier entre 3,0 et 3,9 ; la note de 3,4 tient compte du poids de la dette et des intérêts.
Comprendre l'échelle de robustesse, du plus solide au plus fragile+
- Solidement ancré4,0 à 5,0 · Capacités prouvées sur la durée. Le pays absorbe les chocs sans risque de basculement.
- Résilient sous contrainte3,0 à 3,9 · Forces et faiblesses en tension, mais le système tient par ses propres moyens.
- Sous tension structurelle2,5 à 2,9 · Le pilier tient grâce à une béquille : une rente, un partenaire, un corridor. Il cède si elle cède.
- Fragile et dépendant1,5 à 2,4 · Vulnérabilité profonde. La fonction est assurée, mais sans maîtrise réelle des moyens.
- Défaillance critique1,0 à 1,4 · Risque d'effondrement de la fonction. Autorité ou capacité contestée sur l'essentiel.
L'échelle mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni le potentiel. Le niveau de chaque pilier découle mécaniquement de son évaluation sur cinq points, selon les bornes ci-dessus.
Les neuf piliers, et ce que chacun pèse. Ils ne comptent pas à égalité : quatre d'entre eux portent à eux seuls 54 % de la note.
La pondération ne récompense pas le prestige d'un domaine, mais sa capacité à entraîner ou à fragiliser les autres : l'économie, l'industrie, la défense et la gouvernance conditionnent le reste. Elle est la même pour toutes les fiches de la série, ce qui rend les scores comparables entre eux.
| Pilier | Le domaine | Poids dans la note |
|---|---|---|
| I | Économie et finance | 13,5 % |
| II | Industrie et technologie | 13,5 % |
| III | Démographie et capital humain | 9 % |
| IV | Diplomatie, influence et information | 9 % |
| V | Énergie et ressources | 9 % |
| VI | Défense et sécurité | 13,5 % |
| VII | Innovation et savoir | 9 % |
| VIII | Gouvernance et institutions | 13,5 % |
| IX | Autonomie stratégique | 10 % |
Ce que mesure chaque pilier
Posséder du pétrole, une armée nombreuse ou une jeunesse abondante est un potentiel. Les neuf piliers regardent ce que le pays sait en faire, c'est-à-dire la différence entre ce qu'il possède et ce qu'il sait faire de ce qu'il possède.
I · Économie et finance
Ce qui est regardé : la croissance, l'inflation, la dette, les réserves, l'accès au crédit. Pourquoi : un État qui ne peut plus emprunter, payer ses fournisseurs ni honorer ses échéances encaisse mal le premier choc venu.
II · Industrie et technologie
Ce qui est regardé : ce que le pays fabrique, transforme et répare lui-même. Pourquoi : exporter une matière première et importer les machines, c'est laisser la valeur se créer ailleurs. L'industrie transforme une ressource en capacité.
III · Démographie et capital humain
Ce qui est regardé : l'école, la santé, l'accès à l'eau, l'emploi, la structure par âge, le départ des compétences. Pourquoi : une jeunesse nombreuse est une force si elle est formée et employée. Sinon elle devient une pression de plus sur l'État.
IV · Diplomatie, influence et information
Ce qui est regardé : les alliances, les médiations, le poids dans les organisations, l'image du pays et sa capacité à faire circuler une information crédible. Pourquoi : tout ne se règle pas par l'argent ou par les armes. Savoir convaincre, négocier et se faire entendre donne des marges qu'un poids économique ne donne pas.
V · Énergie et ressources
Ce qui est regardé : l'accès à l'électricité, la fiabilité du réseau, la dépendance aux carburants importés, le mix énergétique et la maîtrise des ressources stratégiques. Pourquoi : avoir une ressource et pouvoir s'en servir sont deux choses. Un pays peut produire du pétrole et importer son carburant, avoir des barrages et laisser des provinces sans courant.
VI · Défense et sécurité
Ce qui est regardé : le contrôle réel du territoire, y compris dans le cyberespace, l'état du matériel, la logistique, les dépendances extérieures. Pourquoi : une force qu'on ne peut ni ravitailler ni déployer ne protège pas. On mesure une capacité, pas un inventaire.
VII · Innovation et savoir
Ce qui est regardé : la recherche, les universités, les brevets, la formation, le maintien des talents. Pourquoi : acheter une technologie n'est pas la maîtriser. L'industrie sait produire, l'innovation sait inventer.
VIII · Gouvernance et institutions
Ce qui est regardé : l'efficacité de l'administration, l'état de droit, la corruption, les contre-pouvoirs, la continuité des règles, les inégalités et la cohésion sociale. Pourquoi : des ressources ne deviennent de la robustesse que si un État sait les administrer, si ses décisions survivent à ceux qui les prennent, et si la société qu'il gouverne n'est pas fracturée.
IX · Autonomie stratégique
Ce qui est regardé : d'où viennent les recettes publiques, à qui le pays vend, de qui dépend sa sécurité, combien de mois d'importations ses réserves couvrent, et s'il peut refuser une pression extérieure. Pourquoi : aucun pays n'est indépendant. La question est de savoir si ses dépendances se négocient, ou si elles décident à sa place.
Aucun pilier ne suffit seul, et c'est le principe : une économie solide finance une armée, une industrie réduit les importations, de bonnes institutions transforment une rente passagère en infrastructures. À l'inverse, deux ou trois faiblesses profondes peuvent annuler plusieurs atouts.
La tendance portée par chaque pilier ajoute la seconde information. Elle distingue un pays fragile qui se redresse d'un pays mieux noté qui commence à céder.
Le climat n'est pas un dixième pilier : il agit à travers les autres. Une sécheresse touche d'un coup l'agriculture, l'électricité, les comptes publics et la santé.
SAPERE ne demande donc pas « quel pays est le plus puissant ? », mais : si quelque chose se dérègle demain, qu'est-ce qui continue de fonctionner, qu'est-ce qui cède, et de quoi le pays dépend-il pour tenir ?
Les chiffres les plus récents datent de septembre 2026 ; les séries plus anciennes gardent leur date. Le stock d’investissements étrangers, la part goudronnée des routes, la longueur du rail exploité et celle des voies d’eau ne sont pas connus. Le rang régional compare les onze pays d’Asie du Sud-Est notés avec la même grille.
Comment lire la trajectoire depuis 2020. Trajectoire depuis 2020 : −37 · En dégradation. Le score de robustesse dit où en est le pays aujourd’hui. La trajectoire dit dans quel sens il évolue depuis 2020.
Pour chacun des neuf piliers, on compare la situation de 2020 à la dernière donnée disponible. Un pilier qui progresse compte +1, un pilier stable 0, un pilier qui recule −1.
Chaque pilier pèse autant que dans le score : l’économie, l’industrie, la défense et la gouvernance comptent davantage que les autres. On additionne, puis on ramène le total sur une échelle qui va de −100 (les neuf piliers reculent) à +100 (les neuf progressent).
Le chiffre indique une direction, pas une vitesse : une petite avancée et une transformation profonde comptent de la même façon. Un résultat proche de 0 peut vouloir dire que rien ne bouge, ou que des progrès et des reculs s’équilibrent ; les flèches de chaque pilier, dans la matrice, le précisent.
Les libellés : à partir de +50, en nette amélioration ; de +15 à +49, en amélioration ; de −14 à +14, stable, ou contrasté quand au moins deux piliers progressent et deux reculent ; de −15 à −49, en dégradation ; à partir de −50, en nette dégradation.
Ici : 1 pilier progresse, 4 sont stables, 4 reculent.
Calcul de la trajectoire. Chaque flèche vaut +1 si le pilier progresse depuis 2020, 0 s’il est stable, −1 s’il recule ; on la multiplie par le poids du pilier, on additionne, on rapporte au poids des flèches documentées, puis on multiplie par 100 et on arrondit à l’entier. Flèches retenues : I Économie et finance (13,5 %) en recul ; II Industrie et technologie (13,5 %) en recul ; III Démographie et capital humain (9 %) stable ; IV Diplomatie, influence et information (9 %) en progression ; V Énergie et ressources (9 %) en recul ; VI Défense et sécurité (13,5 %) stable ; VII Innovation et savoir (9 %) stable ; VIII Gouvernance et institutions (13,5 %) stable ; IX Autonomie stratégique (10 %) en recul.
Références consultées
PSA, recensement au 1er juillet 2024
Banque mondiale, PIB nominal 2025 et économies comparables
Banque mondiale, PIB en PPA 2025
Banque mondiale, croissance réelle, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, inflation moyenne, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, manufacture dans le PIB, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, transferts personnels reçus, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, transferts personnels rapportés au PIB, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, pauvreté à 8,30 dollars, PPA 2021, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, pauvreté au seuil national, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, intérêts rapportés aux recettes, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, fécondité, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, importations nettes d’énergie, série 2020 à la dernière observation
Banque mondiale, recherche et développement, série 2020 à la dernière observation
FMI DataMapper, dette des administrations publiques, extraction du 26 septembre 2026
FMI, consultation 2025, rapport 25/333
BSP, réserves internationales et couverture, septembre 2026, données provisoires
BSP, historique des réserves et de leur couverture
ONU Comtrade, marchandises 2025, exportations
ONU Comtrade, marchandises 2025, importations
ONU Comtrade, produits par client, 2025
ONU Comtrade, produits de Chine, Japon et Corée du Sud, 2025
ONU Comtrade, produits d’Indonésie, des États-Unis et de France, 2025
ONU Comtrade, exportations 2025 par chapitre du Système harmonisé
OMC, Global Trade Outlook, mars 2026, annexes 1 et 4
BSP, investissements directs étrangers, série révisée 2025 et premier semestre 2026
PNUD, Human Development Report 2025, série internationale 2020-2023
OCDE, PISA 2022, note Philippines
Banque mondiale, passage au revenu intermédiaire supérieur et réformes, 3 août 2026
PSA, comptes nationaux, deuxième trimestre 2026
Département de l’Énergie, Key Energy Statistics 2024, édition du 20 novembre 2025
Département de l’Énergie, historique électrique 2020-2023
Département américain de la Défense, quatre sites supplémentaires, 3 avril 2023
Sénat philippin, résolution 37 de 2020 sur l’accord militaire américain
ASEAN, déclaration du sommet de Cebu, 8 mai 2026
Garde côtière philippine, déclaration sur l’incident du 6 février 2023
GMA Network, assemblée 2025, distribution internationale des programmes
Cour permanente d’arbitrage, dossier et sentence du 12 juillet 2016
SIPRI, base des dépenses militaires 1949-2025, édition 2026
SIPRI, transferts internationaux d’armes 2021-2025, mars 2026
Philippine Information Agency, déclarations militaires sur l’insurrection, 2 octobre 2025
Human Rights Watch, bilan de 2020
Human Rights Watch, bilan 2026 sur les événements de 2025
Freedom House, Freedom in the World 2026
Cour suprême, décision du 29 janvier 2026
Transparency International, indice de perception de la corruption 2025
Transparency International, indice 2020
OMPI, Global Innovation Index 2025, profil Philippines
OMPI, Global Innovation Index 2020, profil Philippines
PSA OpenSTAT, routes nationales par surface, 2024
Light Rail Transit Authority, lignes exploitées
JICA Philippines, rapport annuel 2025, publié en avril 2026
Synergy Grid, prospectus 2021, actionnariat du réseau
MUFG, présentation du 15 juillet 2025, participation dans Mynt
Commission philippine de la concurrence, décision Mynt/ECPay, mai 2025
Agriculture et Agroalimentaire Canada, commerce agricole philippin 2024
Direction générale du Trésor, échanges franco-philippins, données 2024
Natural Earth, contours au 1:110 millions
Lowy Institute · Asia Power Index, édition 2025, influence diplomatique, séries 2020 et 2025
Commission européenne, accord substantiel dans les négociations, 22 septembre 2026
Département de l’Agriculture, matériel végétal d’ube et projet d’extension, 6 octobre 2026
Présidence philippine, présentation du projet Pax Silica, 23 juillet 2026
Présidence philippine, décret 110 du 24 mars 2026, bibliothèque juridique de la Cour suprême
PSA, inflation de septembre 2026 : 7,2 % sur un an, moyenne janvier-septembre 5,4 %
Gouvernement du Bangsamoro, premières élections parlementaires, 14 septembre 2026
OMPI, Global Innovation Index 2026, classement général : Philippines 52es
Agence publique philippine PNA, incident du 18 septembre 2026 et réactions diplomatiques
Ministère chinois des Affaires étrangères, position sur l’incident de Sabina, 18 septembre 2026
BCE, taux du 30 septembre 2026 publié au Journal officiel : 1 euro = 1,1355 dollar
Anadolu, Pékin sanctionne le ministre philippin de la Défense et sa famille, juin 2026
Naval News, le Japon tire un missile antinavire Type 88 lors de Balikatan 2026, mai 2026
Philstar, la Cour suprême refuse de bloquer l’arrestation de Ronald dela Rosa, 20 mai 2026
Corpus reçu : 183 briques datées du 11 janvier au 15 octobre 2026. Sélection thématique et vérification institutionnelle des ajouts ; les résumés de presse ne constituent pas des preuves autonomes. Notes et trajectoire maintenues après examen. Réserves de septembre et classement OMPI 2026 actualisés. La comparaison régionale conserve les autres fiches calibrées antérieurement. Les améliorations de présentation du 6 octobre sont conservées. Historique, décisions de tri et preuves de vérification séparés dans le dossier pays.
Relecture du 16 octobre 2026, validée par l’auteur : texte réécrit en langue claire, chiffres affichés au dixième, cinq faits ajoutés (sanctions contre Gilberto Teodoro, barrière de Scarborough, Balikatan 2026, discussions avec Pékin sur une exploration commune, refus de la Cour suprême de protéger Ronald dela Rosa), intertitres alignés sur la série. Notes et trajectoire inchangées ; somme pondérée 2,8645, arrondie à 2,9.
I · Économie et finance
Sur 2023-2025, la croissance, l’inflation et les réserves atteignent le haut de l’échelle ; seule la dette reste trop lourde. Un seul critère manquant place le pilier entre 3,0 et 3,9. La note de 3,4 salue une croissance solide et un coussin réel, et retient le poids de la dette et des intérêts.
Croissance annuelle : 5,5 %, 5,7 % et 4,4 % de 2023 à 2025 ; inflation : 6,0 %, 3,2 % et 1,7 % ; dette publique : 56,5 %, 56,3 % et 59,4 % du PIB, la dernière valeur étant une estimation du FMI. Les réserves couvraient 7,6, 7,3 puis 7,3 mois d’importations en fin d’année. Ce nombre de mois compte les importations de biens et de services et les revenus versés à l’étranger ; il ne dit pas combien de temps le pays tiendrait coupé du monde. Fin septembre 2026, les réserves tombent à 100 milliards de dollars, environ 88,1 milliards d’euros, soit 6,3 mois : leur plus bas niveau depuis 2023. Le niveau de 2020 était exceptionnel, les importations s’étant effondrées pendant la pandémie. L’inflation de septembre 2026 (7,2 % sur un an, 6,1 % en août, 5,4 % en moyenne depuis janvier) suit l’urgence énergétique décrétée le 24 mars. Ces chiffres de 2026 appellent la prudence ; ils ne suffisent pas à changer de classe, la note reposant sur les années complètes. Les transferts des expatriés se comparent en dollars entre 2020 et 2025, pour ne pas mêler l’effet du change.Banque mondiale, croissance réelle, série 2020 à la dernière observation · Banque mondiale, inflation moyenne, série 2020 à la dernière observation · FMI DataMapper, dette des administrations publiques, extraction du 26 septembre 2026 · Banque mondiale, intérêts rapportés aux recettes, série 2020 à la dernière observation · BSP, réserves internationales et couverture, septembre 2026, données provisoires · BSP, historique des réserves et de leur couverture · PSA, comptes nationaux, deuxième trimestre 2026 · PSA, inflation de septembre 2026 : 7,2 % sur un an, moyenne janvier-septembre 5,4 % · Présidence philippine, décret 110 du 24 mars 2026, bibliothèque juridique de la Cour suprême · BCE, taux du 30 septembre 2026 publié au Journal officiel : 1 euro = 1,1355 dollar
II · Industrie et technologie
Les usines existent, mais elles occupent surtout les étapes d’assemblage et de test de chaînes conçues ailleurs. Un pays qui dépend d’une seule grande filière se classe entre 2,5 et 2,9 ; la part élevée de haute technologie ne suffit pas à l’en sortir.
Les machines et appareils électriques et électroniques font 52,6 % des exportations de marchandises en 2025, et les circuits intégrés à eux seuls 34,4 % ; le second chiffre est compris dans le premier. Ces montants rémunèrent des composants et des opérations venus de plusieurs pays : ils ne mesurent pas la richesse créée aux Philippines. Le pays compte environ 35,500 kilomètres de routes nationales en 2024, sans les routes locales ni la part goudronnée, inconnues. Le rail se résume à des lignes urbaines à Manille ; la ligne nord-sud financée par le Japon est en chantier. Entre les îles, tout passe par les ports. À Subic, HD Hyundai lance le pétrolier Orion Jade le 28 juillet 2026 : un navire construit sur place, avec des composants en partie importés. À New Clark City, le pôle Pax Silica présenté le 23 juillet reste un projet ; ses emplois annoncés sont des objectifs. L’ube, igname violette, montre un autre défi : depuis le 6 octobre, seuls les tubercules crus non traités sont interdits à l’export, pour protéger les variétés ; les produits transformés restent exportables. Encore faut-il des plants, des entrepôts et des ateliers pour suivre la demande.Banque mondiale, manufacture dans le PIB, série 2020 à la dernière observation · Banque mondiale, haute technologie dans les exportations manufacturières, série 2020 à la dernière observation · ONU Comtrade, exportations 2025 par chapitre du Système harmonisé · PSA OpenSTAT, routes nationales par surface, 2024 · Light Rail Transit Authority, lignes exploitées · JICA Philippines, rapport annuel 2025, publié en avril 2026 · Subic Bay Metropolitan Authority, lancement de l’Orion Jade le 28 juillet, communiqué du 29 juillet 2026 · Présidence philippine, présentation du projet Pax Silica, 23 juillet 2026 · Département de l’Agriculture, matériel végétal d’ube et projet d’extension, 6 octobre 2026
III · Démographie et capital humain
Le capital humain est réel, mais il trouve trop peu d’emplois qualifiés sur place : un pays qui forme sans débouchés suffisants se classe entre 2,5 et 2,9.
Le recensement de juillet 2024 compte 112,7 millions d’habitants. La fécondité baisse de 2,1 enfants par femme en 2020 à 1,9 en 2024 : la main-d’œuvre ne sera pas éternellement abondante. Les transferts nourrissent les familles, mais ne disent pas combien d’infirmières ou d’ingénieurs partent ; ce bilan des compétences reste inconnu. Ils ne sont ni des impôts ni des exportations. Le passage du pays dans la catégorie du revenu intermédiaire supérieur, en août 2026, repose sur le revenu moyen : il ne signifie pas que la majorité des ménages a franchi le seuil de pauvreté. Faute de chiffre comparable pour 2020, la pauvreté n’entre pas dans la flèche.PNUD, Human Development Report 2025, série internationale 2020-2023 · OCDE, PISA 2022, note Philippines · Banque mondiale, pauvreté à 8,30 dollars, PPA 2021, série 2020 à la dernière observation · Banque mondiale, pauvreté au seuil national, série 2020 à la dernière observation · Banque mondiale, transferts personnels reçus, série 2020 à la dernière observation · Banque mondiale, transferts personnels rapportés au PIB, série 2020 à la dernière observation · Banque mondiale, fécondité, série 2020 à la dernière observation · Banque mondiale, passage au revenu intermédiaire supérieur et réformes, 3 août 2026 · PSA, recensement au 1er juillet 2024
IV · Diplomatie, influence et information
Manille pèse dans sa région, mobilise ses alliances et sait faire parler d’elle au-delà de ses frontières : c’est le profil d’un pilier entre 3,0 et 3,9. Elle n’impose pas pour autant son récit à l’échelle mondiale.
La chaîne GMA documente la diffusion de ses programmes à l’étranger ; ce relais existe, sans qu’on puisse en mesurer l’influence. La garde côtière publie images et récits des incidents : la pression chinoise devient visible et discutée. La déclaration du sommet de Cebu, en mai 2026, parle de sécurité maritime au nom de toute l’ASEAN, pas de Manille seule. La sentence arbitrale de 2016 donne raison aux Philippines sur leurs droits en mer, sans trancher la souveraineté des îles ; Pékin la rejette. Entre un droit reconnu et le moyen de le faire respecter, Manille mobilise ensemble diplomatie, alliances et garde côtière. L’accord avec l’Union européenne, conclu sur le fond le 22 septembre 2026, reste à signer et à ratifier. Les sanctions chinoises de juin 2026 contre le ministre de la Défense montrent le prix de cette visibilité. La flèche repose sur l’indice Lowy ; ces faits récents l’illustrent.Sénat philippin, résolution 37 de 2020 sur l’accord militaire américain · Département américain de la Défense, quatre sites supplémentaires, 3 avril 2023 · Ministère japonais des Affaires étrangères, entrée en vigueur de l’accord d’accès le 11 septembre 2025 · Naval News, le Japon tire un missile antinavire Type 88 lors de Balikatan 2026, mai 2026 · ASEAN, déclaration du sommet de Cebu, 8 mai 2026 · Commission européenne, accord substantiel dans les négociations, 22 septembre 2026 · GMA Network, assemblée 2025, distribution internationale des programmes · Anadolu, Pékin sanctionne le ministre philippin de la Défense et sa famille, juin 2026 · Garde côtière philippine, déclaration sur l’incident du 6 février 2023 · Cour permanente d’arbitrage, dossier et sentence du 12 juillet 2016 · Lowy Institute · Asia Power Index, édition 2025, influence diplomatique, séries 2020 et 2025
V · Énergie et ressources
Plus de la moitié de l’énergie vient de l’étranger, une seule source domine l’électricité et le courant manque souvent : un pilier entre 1,5 et 2,4.
Les trois chiffres ne mesurent pas la même chose : le charbon est une part de l’électricité produite, les importations portent sur toute l’énergie, les coupures sont déclarées par des entreprises. Pour que le courant arrive, il faut du combustible, des centrales disponibles, des lignes entre les îles et un réseau de distribution ; une seule défaillance suffit. Le gestionnaire du réseau à haute tension, NGCP, appartient à 40 % à State Grid of China selon un prospectus de 2021, ce qui ne prouve pas que Pékin puisse couper le courant à distance. Le décret 110 du 24 mars 2026 répond au blocage d’Ormuz : le pétrole renchérit transports, production et alimentation ; le réseau, lui, continue de fonctionner. Les projets solaires ou nucléaires annoncés ne comptent qu’une fois en service.Département de l’Énergie, historique électrique 2020-2023 · Département de l’Énergie, Key Energy Statistics 2024, édition du 20 novembre 2025 · Banque mondiale, importations nettes d’énergie, série 2020 à la dernière observation · Banque mondiale, entreprises confrontées à des coupures d’électricité, série 2020 à la dernière observation · Synergy Grid, prospectus 2021, actionnariat du réseau · Présidence philippine, décret 110 du 24 mars 2026, bibliothèque juridique de la Cour suprême
VI · Défense et sécurité
L’armée commande seule et l’État tient l’essentiel du territoire, malgré des violences locales : un pilier entre 3,0 et 3,9. La faiblesse en mer le place au plancher.
Le budget militaire passe de 4,7 milliards de dollars en 2020 à 6,4 en 2025 ; plus d’argent ne veut pas dire automatiquement plus de capacités. Aucune grande ville n’échappe à l’État. Protéger une zone maritime, tenir une ville et combattre un groupe armé sont trois métiers différents : perdre la bataille des récifs ne signifie pas perdre le pays, et tenir le territoire ne suffit pas à dissuader en mer. Les bases ouvertes aux Américains restent philippines. Acheter à plusieurs vendeurs ouvre des options, mais complique l’entretien. Les équipements commandés ne comptent qu’une fois livrés. Le scrutin du Bangsamoro, le 14 septembre 2026, avec une investiture prévue le 30 octobre, est une étape du processus de paix ; les groupes armés n’ont pas disparu. Pour la collision de Sabina, le 18 septembre, Manille et Pékin s’accusent mutuellement ; la fiche ne tranche pas. La barrière posée à Scarborough en avril 2026, visible sur les images satellites, ferme l’accès du récif aux pêcheurs philippins.Human Rights Watch, bilan de 2020 · Philippine Information Agency, déclarations militaires sur l’insurrection, 2 octobre 2025 · Freedom House, Freedom in the World 2026 · Département américain de la Défense, quatre sites supplémentaires, 3 avril 2023 · Ministère japonais des Affaires étrangères, entrée en vigueur de l’accord d’accès le 11 septembre 2025 · SIPRI, transferts internationaux d’armes 2021-2025, mars 2026 · SIPRI, base des dépenses militaires 1949-2025, édition 2026 · Garde côtière philippine, déclaration sur l’incident du 6 février 2023 · Reuters, via BusinessDay, la Chine bloque l’entrée du récif de Scarborough, images satellites, 16 avril 2026 · Gouvernement du Bangsamoro, premières élections parlementaires, 14 septembre 2026 · Agence publique philippine PNA, incident du 18 septembre 2026 et réactions diplomatiques · Ministère chinois des Affaires étrangères, position sur l’incident de Sabina, 18 septembre 2026
VII · Innovation et savoir
La recherche existe, mais elle reçoit trop peu et descend mal jusqu’aux usines : un pilier entre 2,5 et 2,9.
Entre 2020 et 2025, les Philippines gagnent des places pour les moyens consacrés à l’innovation (du 70e au 59e rang) mais en perdent pour les résultats (du 41e au 49e). La méthode et le nombre de pays changent d’une édition à l’autre ; on ne tire pas de pourcentage de ces rangs. La note mesure la capacité à produire et diffuser du savoir, pas la sophistication des produits exportés. Un investisseur étranger dans une application de paiement apporte de l’argent et des outils, pas forcément des brevets. Il manque des séries sur les publications, les brevets et le départ des chercheurs.OMPI, Global Innovation Index 2020, profil Philippines · OMPI, Global Innovation Index 2025, profil Philippines · Banque mondiale, recherche et développement, série 2020 à la dernière observation · MUFG, présentation du 15 juillet 2025, participation dans Mynt · Commission philippine de la concurrence, décision Mynt/ECPay, mai 2025 · OMPI, Global Innovation Index 2026, classement général : Philippines 52es
VIII · Gouvernance et institutions
La justice tient tête dans un espace politique qui se resserre : un pilier entre 2,5 et 2,9. La note ne découle pas de l’indice de corruption.
Quatre questions. La justice peut-elle trancher contre les puissants ? Oui, la Cour suprême l’a montré en janvier et en mai 2026. La presse peut-elle enquêter ? Oui, mais à ses risques. L’alternance est-elle possible ? Les élections restent disputées, sous le poids des grandes familles. L’administration sert-elle tout le monde également ? Non. Le pays n’est ni un État effondré ni une démocratie aux institutions solides. Deux procédures se côtoient sans se confondre. Rodrigo Duterte, ancien président, a été déclaré apte à être jugé par la Cour pénale internationale (décision rendue publique le 8 octobre 2026), son procès étant prévu le 30 novembre. Sa fille Sara, vice-présidente, fait face à une procédure de destitution : le 13 octobre, l’accusation abandonne trois chefs et maintient celui d’enrichissement inexpliqué. Aucune de ces procédures n’est encore un jugement.Human Rights Watch, bilan de 2020 · Human Rights Watch, bilan 2026 sur les événements de 2025 · Cour suprême, décision du 29 janvier 2026 · Philstar, la Cour suprême refuse de bloquer l’arrestation de Ronald dela Rosa, 20 mai 2026 · Freedom House, Freedom in the World 2026 · Transparency International, indice 2020 · Transparency International, indice de perception de la corruption 2025 · Banque mondiale, pauvreté à 8,30 dollars, PPA 2021, série 2020 à la dernière observation · Cour pénale internationale, aptitude de Rodrigo Duterte à être jugé, décision rendue publique le 8 octobre 2026 · Chambre des représentants, communiqué de l’accusation dans la procédure Sara Duterte, 13 octobre 2026
IX · Autonomie stratégique
Le pilier additionne cinq critères : recettes, exportations, sécurité, réserves, liberté de décision. Deux sont faibles, les exportations et la sécurité : la note ne peut dépasser 2,5.
Notes des cinq critères : recettes 4, exportations 2, sécurité 2, réserves 4, décision 3. Moyenne : 3, ramenée à 2,5 parce que deux critères sont à 2. Les services exportés, environ 46 milliards d’euros en 2025, diversifient les rentrées de devises sans effacer la concentration des marchandises. On peut garder son commandement et dépendre d’un allié pour certaines missions : c’est le cas ici. Une participation chinoise au capital du réseau électrique ne vaut pas tutelle sur l’État. L’accord européen et le projet Pax Silica ouvrent des options, pas encore des solutions de rechange. Les discussions avec Pékin sur une exploration commune, que Marcos jugeait le 14 août 2026 « une possibilité réelle », montrent la contrainte énergétique sur la décision. Avec 6,3 mois de réserves, le critère des réserves reste à 4.ONU Comtrade, exportations 2025 par chapitre du Système harmonisé · ONU Comtrade, marchandises 2025, exportations · OMC, Global Trade Outlook, mars 2026, annexes 1 et 4 · BSP, historique des réserves et de leur couverture · BSP, réserves internationales et couverture, septembre 2026, données provisoires · FMI, consultation 2025, rapport 25/333 · Département américain de la Défense, quatre sites supplémentaires, 3 avril 2023 · Ministère japonais des Affaires étrangères, entrée en vigueur de l’accord d’accès le 11 septembre 2025 · SIPRI, transferts internationaux d’armes 2021-2025, mars 2026 · Philstar, Marcos juge une exploration pétrolière commune avec la Chine « une possibilité réelle », 14 août 2026 · Commission européenne, accord substantiel dans les négociations, 22 septembre 2026 · Présidence philippine, présentation du projet Pax Silica, 23 juillet 2026
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