Les Forces et les Failles · Données arrêtées au 16 octobre 2026

Brunei

Asie du Sud-Est

Le pétrole et le gaz donnent à Brunei les moyens de protéger son niveau de vie. Son avenir dépend de sa capacité à faire grandir d’autres activités et à garder la maîtrise de ses choix.

2,7/5Sous tension structurelleTrajectoire depuis 2020+14Stable
Ce score mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni la qualité du pays.

458,600 habitants en 2025, sur la côte nord de Bornéo. Le pétrole et le gaz paient les écoles, les soins et les routes ; l’épargne en devises prend le relais quand les cours fléchissent. Les nouvelles usines fabriquent davantage, mais presque toutes à partir des mêmes hydrocarbures. Le pouvoir décide vite. Rien, ou presque, ne l’oblige à se corriger.1-4

Le diagnostic
Un pays qui peut financer ses services

Le pétrole, le gaz et l’épargne extérieure financent une grande partie de la vie quotidienne. Le pays dispose aussi d’usines, de routes et de forces armées en activité.

La dynamique
Produire davantage ne suffit pas à varier les revenus

Les usines fabriquent plus de produits qu’en 2020. Mais une baisse de la demande de pétrole ou de gaz peut encore toucher plusieurs activités en même temps.

Le point de bascule
Faire grandir d’autres sources de revenus

Les emplois, le budget et les projets futurs dépendent d’un petit nombre d’activités. Le pouvoir concentre aussi les décisions, avec peu de contrôles indépendants.

Transformer entre fournisseurs et débouchés

APPROVISIONNEMENTSMalaisie · autres paysBrut · biens · équipementsBRUNEIExtraction · transformationServices et recettesDÉBOUCHÉSAustralie · Chine · JaponSingapour · ThaïlandeFlèches : marchandises ; les paiements circulent en sens inverse.

Les flèches montrent le sens des échanges de marchandises. Leur taille ne mesure pas les volumes. Les autres liens, notamment la monnaie et la sécurité, sont expliqués plus bas.5-6

Le poids et les marges

Chaque chiffre indique son année et ce qu’il mesure.
Richesse produite · PIB · 2025
13,3 milliards €
Le produit intérieur brut mesure la richesse créée dans l’année. Brunei se classe au 141e rang parmi les 186 économies renseignées.7
Richesse corrigée des prix · 2025
43,1 milliards $ int.
La parité de pouvoir d’achat (PPA) tient compte des différences de prix entre pays. Brunei est 133e sur 185 économies. Cette unité sert à comparer les niveaux de vie ; ce ne sont pas des dollars échangeables.8
Part des exportations mondiales · 2025
Moins de 0,1 %
Brunei a vendu environ 9,1 milliards d’euros de marchandises à l’étranger. Sa place dans le commerce mondial reste petite, même si ces ventes sont essentielles à son économie.5,9
Part des importations mondiales · 2025
Moins de 0,1 %
Le pays a acheté environ 5,8 milliards d’euros de marchandises à l’étranger. Ces achats comprennent notamment les produits et les équipements nécessaires à son activité.6,9
Réserves officielles · fin 2025
4,7 milliards €
Cette épargne en monnaies étrangères aide à payer les importations. Elle est distincte du patrimoine du fonds d’investissement public.10
Recettes publiques liées au pétrole et au gaz · 2025/26
68,5 %
Près de sept dixièmes des recettes publiées viennent du pétrole et du gaz. Ce total provisoire exclut certains revenus de placements et transferts du fonds public.11
Entreprises touchées par des coupures · 2025
44,4 %
Plus de quatre entreprises interrogées sur dix ont subi des coupures d’électricité. L’enquête couvre des entreprises privées formelles, pas l’ensemble des ménages ou des activités.12

Des exportations transformées, toujours liées aux hydrocarbures

Marchandises échangées en 2025. Les montants sont exprimés en euros. Les parts sont calculées avant arrondi à partir des données Comtrade.
Les cinq premiers clients · montant et part du flux national
RangPaysCe qu’il achètePart
1Australie 2,1 milliards €Pétrole, gaz et autres combustibles ; Engrais23,4 %
2Chine 1,7 milliard €Produits de chimie organique ; Pétrole, gaz et autres combustibles18,6 %
3Japon 1,1 milliard €Pétrole, gaz et autres combustibles ; Produits de chimie organique12,6 %
4Singapour 977 millions €Pétrole, gaz et autres combustibles ; Machines et équipements mécaniques10,7 %
5Thaïlande 578 millions €Pétrole, gaz et autres combustibles ; Engrais6,4 %
Les parts du tableau sont calculées sur toutes les ventes de marchandises de Brunei à l’étranger en 2025, soit environ 9,1 milliards d’euros.13
La France est le 27e client. Elle achète environ 2,1 millions d’euros de marchandises à Brunei, soit moins de 0,1 % de ses ventes. Les appareils électriques et électroniques et les produits aéronautiques arrivent en tête.
La Malaisie est le 6e client, avec 5 % des ventes. Brunei lui fournit surtout des combustibles et des équipements mécaniques.
Les Émirats arabes unis sont le 32e client, avec moins de 0,1 % des ventes. Les équipements mécaniques et les instruments de précision arrivent en tête.
Les États-Unis sont le 14e client, avec 0,6 % des ventes. Ils achètent surtout des combustibles et des ouvrages en fer et en acier.
Pour chaque pays, le tableau indique les deux principales familles de produits échangées. Les petits flux peuvent beaucoup varier d’une année à l’autre.
Les cinq premiers fournisseurs · montant et part du flux national
RangPaysCe qu’il vendPart
1Malaisie 2,0 milliards €Pétrole, gaz et autres combustibles ; Instruments de précision35,0 %
2Russie 471 millions €Pétrole, gaz et autres combustibles ; Préparations alimentaires8,1 %
3Australie 421 millions €Pétrole, gaz et autres combustibles ; Viandes7,2 %
4Émirats arabes unis 413 millions €Pétrole, gaz et autres combustibles ; Produits de chimie organique7,1 %
5Chine 409 millions €Pétrole, gaz et autres combustibles ; Appareils électriques et électroniques7,0 %
Les parts du tableau sont calculées sur tous les achats de marchandises de Brunei à l’étranger en 2025, soit environ 5,8 milliards d’euros.14
La France est le 22e fournisseur, avec 37,9 millions d’euros de marchandises, soit 0,6 % des achats. Les appareils électriques et électroniques et les équipements mécaniques arrivent en tête.
Le Japon est le 18e fournisseur, avec 0,9 % des achats. Il vend surtout des véhicules et des pièces, puis des ouvrages en fer et en acier.
Singapour est le 6e fournisseur, avec 5,1 % des achats. Les combustibles et les équipements mécaniques arrivent en tête.
La Thaïlande est le 15e fournisseur, avec 1,5 % des achats. Brunei lui achète surtout des combustibles et des céréales.
Les États-Unis sont le 7e fournisseur, avec 2,9 % des achats. Les équipements mécaniques et les produits aéronautiques arrivent en tête.
Pour chaque pays, le tableau indique les deux principales familles de produits échangées. Les petits flux peuvent beaucoup varier d’une année à l’autre.
Les combustibles, les produits chimiques organiques et les engrais représentent près de 97 % des ventes de marchandises en 2025. Vendre à plusieurs pays ne suffit donc pas à varier les sources de revenus.15
La raffinerie utilise aussi du pétrole acheté à l’étranger. Une partie du prix de ses ventes sert à payer cette matière première. Tout le montant exporté ne reste donc pas dans l’économie brunéienne.
Ces tableaux décrivent les marchandises. Ils ne couvrent pas les services ni les revenus des placements à l’étranger.

Le 19 mai 2026, le gouvernement australien a annoncé avoir sécurisé l’achat de 38,500 tonnes d’urée agricole auprès de Brunei. Cet engrais illustre l’utilité régionale de ses usines. Il reste cependant lié à la transformation du gaz.16

Ce qui a changé depuis 2020

Quatre séries comparables ; le dernier millésime dépend de l’indicateur.
Brunei possède davantage de moyens pour produire. Ses revenus restent cependant concentrés. La pandémie et les variations des prix compliquent certaines comparaisons avec 2020.

Ce que le pays peut assurer dans la durée

La note mesure le niveau actuel ; la flèche apprécie le changement depuis 2020.
Vue d’ensemble : niveaux et tendances depuis 2020+
Niveau↘ En recul→ Stable↗ En progrès
Résilient sous contrainte3,0 à 3,9
Démographie et capital humain 3,2/5Défense et sécurité 3,2/5
Diplomatie, influence et information 3,0/5
Sous tension structurelle2,5 à 2,9
Économie et finance 2,8/5Gouvernance et institutions 2,6/5Autonomie stratégique 2,5/5
Fragile et dépendant1,5 à 2,4
Innovation et savoir 2,0/5
Énergie et ressources 2,4/5
Industrie et technologie 2,2/5

Niveaux sans pilier : Solidement ancré, Défaillance critique.

IÉconomie et financeSous tension structurelle→Une épargne protectrice, une croissance encore dépendante du pétrole.+
Pourquoi 2,8 ?
Ce qu’on observe

En 2025, l’économie progresse de 1 %.

Pour l’exercice 2025/26, le FMI estime le déficit public à près de 19 % de la richesse produite.

Fin 2025, les réserves couvrent plus de sept mois d’importations.

En 2025, la dette publique ne dépasse pas 1,5 % de la richesse produite.1-3,20-25

Ce que dit la règle

Une croissance inférieure à 2 % sur le dernier exercice conduit ici à une note comprise entre 2,5 et 2,9.

L’épargne disponible atténue la fragilité, sans faire disparaître la faiblesse de l’activité.

Le jugement SAPERE

2,8. Brunei dispose d’une réserve financière et d’une monnaie stable.

La croissance lente et le manque de recettes hors pétrole limitent sa solidité.

Ce qui tient
Le fonds souverain, géré par l’Agence d’investissement de Brunei, place à l’étranger une épargne accumulée depuis des décennies.
Le dollar brunéien, adossé à celui de Singapour, protège les prix des produits importés contre les fortes variations de change.
Ce qui fragilise
Une baisse du prix du pétrole ou du gaz réduit les recettes de l’État.
On ne sait pas combien la dette coûte chaque année au budget : la donnée n’est pas publiée.
Tendance depuis 2020. Les réserves officielles ont augmenté : environ 3,3 milliards d’euros fin 2020, contre 4,7 milliards fin 2025, dont une partie vient des taux de change. La croissance était déjà lente en 2020, à 1,1 % : l’épargne s’est renforcée, mais le moteur économique a peu changé, la flèche reste stable.
IIIndustrie et technologieFragile et dépendant↗Davantage de produits fabriqués, mais toujours les mêmes ressources au départ.+
Pourquoi 2,2 ?
Ce qu’on observe

Au quatrième trimestre 2025, le pétrole et le gaz fournissent encore environ 45 % de la valeur créée.

Les usines qui les transforment, raffinerie et engrais, en ajoutent 8 %, comptés à part par la statistique.

En 2024, les produits de haute technologie font à peine plus de 1 % des biens fabriqués vendus à l’étranger.1,26-32

Ce que dit la règle

Lorsque l’industrie repose surtout sur les ressources pétrolières et gazières et dépend de techniques venues de l’extérieur, la note reste comprise entre 1,5 et 2,4.

Le jugement SAPERE

2,2. Les raffineries et les usines chimiques sont de vraies capacités.

Elles n’offrent pas encore des revenus assez variés ni une maîtrise suffisante des techniques utilisées.

Ce qui tient
Les usines transforment une partie des ressources sur place. Elles créent des emplois et des besoins de maintenance.
Les routes et le port de Muara relient les villes, les installations industrielles et les marchés étrangers.
Ce qui fragilise
Les revenus industriels restent fortement liés au pétrole et au gaz, même lorsque les produits vendus portent d’autres noms.
Le raffinage utilise aussi du pétrole importé.
Les procédés et l’entretien de certaines installations dépendent de partenaires spécialisés.
Tendance depuis 2020. Les activités de fabrication ont pris plus de place dans l’économie : 6,8 % en 2020, contre 9,9 % en 2025.
Brunei transforme davantage sur place, surtout autour du pétrole et du gaz.
La tendance progresse, mais les sources de revenus restent peu variées.
IIIDémographie et capital humainRésilient sous contrainte→Des habitants formés et soignés, des emplois à développer.+
Pourquoi 3,2 ?
Ce qu’on observe

En 2024, l’espérance de vie atteint 75,5 ans.

En 2025, 5 % des actifs de 18 ans ou plus cherchent un emploi.

En 2025, 57 % des femmes travaillent ou cherchent un emploi, contre près de 75 % des hommes.1-2,33-35

Ce que dit la règle

Une population dont l’évolution reste maîtrisée, avec des investissements réels dans l’éducation et la santé, correspond à une note comprise entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,2. Brunei dispose de services et de formations.

Son petit marché du travail et le vieillissement progressif de la population limitent les possibilités offertes par ces acquis.

Ce qui tient
Les habitants bénéficient de services de santé et d’un accès à l’eau et à l’électricité presque généralisé.
Les universités et les formations techniques préparent des compétences utiles aux entreprises.
Ce qui fragilise
La population vieillit.
Certains diplômés peinent aussi à trouver un emploi privé correspondant à leur formation.
Tendance depuis 2020. En 2020, 5,6 % des habitants avaient 65 ans ou plus ; ils sont 7,2 % en 2025. L’espérance de vie a retrouvé son niveau après le choc de la pandémie. Les services restent présents, tandis que les besoins changent : la flèche reste stable.
IVDiplomatie, influence et informationRésilient sous contrainte↗Un petit pays qui a su faire avancer un projet régional.+
Pourquoi 3,0 ?
Ce qu’on observe

En 2021, pendant sa présidence de l’ASEAN, l’association des pays d’Asie du Sud-Est, Brunei propose un centre régional sur le changement climatique.

Le 10 février 2025, les dix pays membres signent l’accord qui le crée.

Le 20 avril 2026, Brunei le ratifie et promet environ 1,3 million d’euros pour ses trois premières années.

Le centre n’ouvrira qu’après la sixième ratification.36-4243

Ce que dit la règle

Faire adopter un sujet par d’autres États, avec un résultat daté et vérifiable, permet ici une note comprise entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,0. L’initiative climatique donne une preuve concrète d’influence.

Une seule réussite de cette nature est établie, et la portée des médias brunéiens à l’étranger reste mal connue.

Ce qui tient
Brunei a fait reprendre son initiative climatique par les autres membres de l’ASEAN.
Le pays entretient des relations avec plusieurs partenaires, dont la Chine, Singapour et le Royaume-Uni.
Ce qui fragilise
L’audience des médias brunéiens au-delà des frontières n’est pas mesurée dans les sources disponibles.
Faire accepter un projet ne garantit pas sa réalisation. Les résultats du centre climatique restent à suivre.
Tendance depuis 2020. L’influence diplomatique de Brunei dans l’indice Lowy est passée de 23,8 sur 100 à 33,5 en 2025.
L’initiative climatique lancée en 2021, signée par les dix membres en février 2025 et ratifiée par Brunei en avril 2026, illustre cette progression.
VÉnergie et ressourcesFragile et dépendant→Beaucoup d’énergie, mais encore des coupures d’électricité.+
Pourquoi 2,4 ?
Ce qu’on observe

En 2025, 44 % des entreprises interrogées subissent des coupures d’électricité.

En 2023, le gaz produit 79 % de l’électricité.

Depuis le 12 février 2026, la centrale solaire SINAR alimente la raffinerie Hengyi, et elle seule.1,30,44-48

Ce que dit la règle

Lorsque les coupures d’électricité touchent plus d’une entreprise sur quatre, la note reste comprise entre 1,5 et 2,4.

Produire beaucoup d’énergie ne suffit pas : il faut aussi l’acheminer régulièrement.

Le jugement SAPERE

2,4. Les ressources sont abondantes et le raccordement est presque généralisé.

Les coupures empêchent pourtant les entreprises de compter pleinement sur cette énergie.

Ce qui tient
Le pays produit plus d’énergie qu’il n’en consomme. Il peut en vendre à l’étranger.
La centrale solaire SINAR et ses batteries apportent une nouvelle source d’électricité à la raffinerie Hengyi.
Ce qui fragilise
L’enquête ne dit rien des ménages ni de la durée des pannes.
La production électrique repose surtout sur le gaz.
Un incident dans le transport du courant peut donc peser malgré l’abondance de combustible.
Tendance depuis 2020. Le gaz conserve une place dominante : 77,9 % de l’électricité en 2020, contre 78,8 % en 2023.
SINAR ajoute du solaire en 2026.
Mais près d’une entreprise sur deux subit encore des coupures en 2025, sans comparaison possible avec 2020.
L’amélioration de la continuité du courant n’est donc pas démontrée : tendance stable.
VIDéfense et sécuritéRésilient sous contrainte→Des forces organisées qui comptent aussi sur leurs partenaires.+
Pourquoi 3,2 ?
Ce qu’on observe

Aucune partie du territoire n’échappe au commandement national.

Le 19 décembre 2024, le Royaume-Uni renouvelle pour cinq ans l’accord qui maintient sa garnison.

Le 20 avril 2026, les deux derniers avions de transport C295 arrivent : la flotte en compte quatre.

Les 9 et 10 octobre 2026, Singapour et Brunei célèbrent cinquante ans de coopération militaire par une parade commune à Muara.36,41,49-5152

Ce que dit la règle

Le contrôle du territoire, sans conflit interne de haute intensité, et un commandement qui reste uni permettent ici une note comprise entre 3,0 et 3,9.

Le jugement SAPERE

3,2. Les forces sont organisées et équipées.

Leur taille limitée et le recours à des soutiens étrangers réduisent ce qu’elles peuvent assurer seules.

Ce qui tient
Les forces terrestres, navales et aériennes relèvent d’un commandement national. Elles tiennent les villes et les principaux axes.
Brunei accueille les entraînements en jungle des forces singapouriennes, ce qui resserre les liens militaires entre les deux pays.
Ce qui fragilise
Les équipements importés demandent des pièces, des formations et de l’entretien venus de l’étranger.
Les revendications chinoises en mer de Chine méridionale empiètent sur la zone économique de Brunei.
Les tensions maritimes régionales dépassent les moyens dont le pays dispose seul.
Tendance depuis 2020. Le commandement national et le partenariat britannique restent les bases de la sécurité. Les avions de transport livrés en 2024 puis en 2026 renouvellent une capacité déjà présente en 2020, sans changer la maîtrise du territoire ni la dépendance aux soutiens : la flèche reste stable.
VIIInnovation et savoirFragile et dépendant↘Des moyens de formation, encore peu de résultats en innovation.+
Pourquoi 2,0 ?
Ce qu’on observe

En 2025, Brunei est 88e sur 139 au classement mondial de l’innovation.

Il est 47e pour les moyens qu’il y consacre.

Il n’est que 134e pour les résultats.47,53-55

Ce que dit la règle

Lorsque la recherche reste limitée et débouche sur peu de résultats, la note est comprise entre 1,5 et 2,4.

Le jugement SAPERE

2,0. Les formations et les équipements constituent une base.

Les résultats restent trop faibles pour démontrer une capacité large à concevoir et à vendre des technologies propres au pays.

Ce qui tient
Les universités et les filières techniques forment des personnes dont les entreprises ont besoin.
Les réseaux de télécommunications relient le pays aux connaissances et aux partenaires étrangers.
Ce qui fragilise
Les entreprises utilisent largement des technologies conçues ailleurs.
Les dépenses récentes de recherche ne sont pas renseignées dans une série suffisamment comparable.
Tendance depuis 2020. En 2020, Brunei était 71e au classement de l’innovation et 113e pour les résultats ; il recule sur les deux. Le classement évolue, ce qui limite la comparaison, mais la difficulté persistante à transformer les moyens en résultats soutient une flèche en recul.
VIIIGouvernance et institutionsSous tension structurelle→Des services qui fonctionnent, un pouvoir peu contrôlé.+
Pourquoi 2,6 ?
Ce qu’on observe

Aucune élection nationale ne permet de changer les dirigeants.

La presse et les réunions publiques sont étroitement encadrées.

En 2026, Freedom House lui attribue 27 sur 100 pour les libertés politiques et civiles.

En 2025, Transparency International lui donne 63 sur 100 pour la perception de la corruption.1,4,56-58

Ce que dit la règle

Une administration qui fonctionne, mais dont le pouvoir est peu contrôlé par des institutions indépendantes, correspond ici à une note comprise entre 2,5 et 2,9.

Le jugement SAPERE

2,6. Les services rendent des prestations réelles aux habitants.

La concentration des décisions et les restrictions des libertés limitent les possibilités de corriger une mauvaise politique.

Ce qui tient
L’État conserve des administrations et des services en activité.
Il dispose de mécanismes de lutte contre la corruption.
Ce qui fragilise
Le code pénal fondé sur la charia, renforcé en 2019, suscite des critiques internationales.
La succession au trône se règle au sein de la famille royale, sans contrôle extérieur.
Tendance depuis 2020. Freedom House donnait 28 sur 100 au pays pour 2020. Le pouvoir reste concentré, sans alternance nationale possible : la flèche reste stable.
IXAutonomie stratégiqueSous tension structurelle→Plusieurs partenaires, mais peu de sources de revenus indépendantes.+
Pourquoi 2,5 ?
Ce qu’on observe

Pour l’exercice 2025/26, le pétrole et le gaz fournissent près de sept dixièmes des recettes publiques publiées.

En 2025, combustibles, chimie et engrais font près de 97 % des ventes de marchandises.

Depuis 1967, un dollar brunéien vaut un dollar de Singapour.1,3,5,15,21,36,39,49

Ce que dit la règle

La note combine cinq aspects : les recettes publiques, les exportations, la sécurité, les réserves et la liberté de décision.

Dès que deux de ces aspects reçoivent une note de 2 ou moins, le total ne peut pas dépasser 2,5.

Le jugement SAPERE

2,5. La moyenne des cinq aspects atteint 2,6.

La forte dépendance des recettes publiques et des exportations impose cependant le plafond de 2,5.

Ce qui tient
Les réserves financières donnent du temps pour réagir à un choc.
Brunei vend à plusieurs pays.
Le pays peut associer des partenaires différents pour l’industrie, la monnaie et la sécurité.
Ce qui fragilise
Les recettes publiques dépendent fortement du pétrole et du gaz ; le total publié exclut certains transferts et revenus de placements de l’État.
Tendance depuis 2020. Le lien monétaire avec Singapour et les grands partenariats énergétiques se sont maintenus jusqu’en 2026.
Les réserves ont augmenté, mais les revenus restent concentrés.
Les moyens de choisir progressent donc moins que les capacités matérielles : tendance stable.

Ce qui protège Brunei, ce qui le rend vulnérable

Quatre forces
FORCE 01 · Atout stratégique

Le pétrole et le gaz financent les services

Les recettes du pétrole et du gaz financent les écoles, les soins et les équipements. La petite population permet de répartir ces moyens entre relativement peu d’habitants. Pour conserver ces services, Brunei doit préparer des revenus qui résisteront à une baisse durable des ventes d’hydrocarbures.

FORCE 02 · Atout stratégique

Une épargne pour traverser les difficultés

Les réserves en monnaies étrangères permettent de continuer à payer des importations lorsque les ventes ralentissent. Elles donnent du temps pour réagir. Cette protection devient plus durable si l’argent finance aussi des entreprises capables de gagner leur vie hors du pétrole et du gaz.

FORCE 03 · Atout diplomatique

Un petit pays, plusieurs interlocuteurs

Brunei ne demande pas tout au même partenaire. La Chine intervient dans l’industrie, Singapour dans la monnaie et le Royaume-Uni dans la sécurité. Cette répartition donne davantage de choix, à condition de garder sur place les compétences nécessaires pour négocier les contrats et suivre leur exécution.

FORCE 04 · Atout en construction

Transformer sur place laisse des compétences

Faire fonctionner une raffinerie ou une centrale solaire demande des équipes formées. Ces salariés peuvent transmettre leur expérience à d’autres entreprises. L’effet dépend aussi des commandes données aux fournisseurs locaux et de l’accès aux techniques : détenir une part d’une usine ne suffit pas à savoir la faire fonctionner seul.

Quatre failles
FAILLE 01 · ●●●●● · Structurel

Plus de produits, un même moteur

Le gaz, les carburants, les produits chimiques et les engrais semblent former des activités différentes. Ils dépendent pourtant souvent des mêmes ressources, des mêmes installations et des mêmes marchés. Une baisse des prix ou un arrêt technique peut donc atteindre plusieurs revenus à la fois.

FAILLE 02 · ●●●●● · Structurel

Corriger dépend du sommet

Le sommet du pouvoir peut décider rapidement. Mais la presse, le parlement et la justice disposent de peu de moyens indépendants pour l’obliger à revenir sur un choix. Une politique coûteuse peut ainsi durer si ceux qui pourraient la contester dépendent des mêmes dirigeants.

FAILLE 03 · ●●●● · Moyen terme

Les emplois attendent la bonne activité

Les grands complexes industriels coûtent cher et produisent beaucoup, mais emploient relativement peu de personnes. Les formations doivent donc s’accompagner de la création d’entreprises capables de recruter. Sans cela, beaucoup de jeunes continuent d’attendre des emplois publics.

FAILLE 04 · ●●● · Structurel

Une richesse publique encore difficile à mesurer

La faible dette et les réserves officielles montrent une partie des moyens du pays. Elles ne permettent pas de savoir pendant combien de temps tout le système peut être financé. Il manque une vue complète des placements publics, des dépenses futures et des engagements de l’État.

Qui décide, qui peut peser

À l’intérieur

Un centre de décision concentré

Le sultan Hassanal Bolkiah exerce le pouvoir exécutif. Ministères, entreprises publiques et partenaires privés assurent la mise en œuvre. Les administrations fonctionnent dans un cadre sans alternance nationale électorale.

Décision rapideLe pouvoir peut engager rapidement une dépense ou un partenariat.
Décision lenteChanger les aides publiques et rendre les emplois privés plus attractifs prend du temps.
Qui peut corriger ?Les administrations et les conseils donnent des avis. Ils disposent de peu de moyens indépendants pour imposer une correction au sommet.
Le lien socialLa qualité des services et les possibilités d’emploi entretiennent l’adhésion ; les droits et protections varient selon les statuts.
1-2,4
À l’extérieur

Des partenaires répartis par fonction

Les clients asiatiques achètent les produits brunéiens. Les industriels étrangers apportent des techniques, et Singapour soutient la stabilité de la monnaie. Remplacer un partenaire essentiel demande du temps, des compétences et des solutions déjà prêtes.

Choc externe actifPrix énergétiques, coûts du transport et évolutions de la demande mondiale.
Ce que Brunei peut opposerSes ressources, son épargne et l’accès à plusieurs interlocuteurs.
De quoi dépend le pays ?Brunei dépend des clients qui achètent ses produits, des techniques industrielles et des livraisons de nourriture et de pièces.
Quelles alternatives ?Il faut pouvoir vendre à d’autres clients, commander à d’autres fournisseurs et entretenir davantage sur place. Ces solutions doivent être réellement disponibles.
2-3,15,39
Dépendances extérieures · appréciation SAPERE, de 1 à 5 points
Dépendances extérieures de Brunei, de 1 à 5 points : plus un acteur est proche du centre, plus la dépendance envers lui est forte.Chine, dépendance 4 sur 5 (forte), domaines : Industrie · port ; Singapour, dépendance 4 sur 5 (forte), domaines : Monnaie · finance ; Shell, dépendance 4 sur 5 (forte), domaines : Pétrole · gaz · exploitation ; Royaume-Uni, dépendance 3 sur 5 (notable), domaines : Sécurité · formation ; Malaisie, dépendance 3 sur 5 (notable), domaines : Approvisionnement · frontière ; Espagne / Airbus Defence and Space, dépendance 2 sur 5 (modérée), domaines : Transport militaire · soutien ; France, dépendance 1 sur 5 (marginale), domaines : Diplomatie · coopération de défense.Brunei4🇨🇳 Chine4🇸🇬 Singapour4 Shell3🇬🇧 Royaume-Uni3🇲🇾 Malaisie2 Espagne / Airbus Defence and Space1🇫🇷 France

Plus un acteur est proche du centre, plus la dépendance envers lui est forte ; l’épaisseur du trait suit le nombre de points.

  1. Chineforte
    • Industrie · port

    Hengyi apporte l’argent, les techniques et des clients pour l’industrie. Le partenariat de Muara contribue aussi au fonctionnement du port.

    Limite L’État brunéien détient une participation dans ces activités. Il doit néanmoins compter sur le savoir-faire de ses partenaires.

    29-31
  2. Singapourforte
    • Monnaie · finance · défense

    Un dollar brunéien vaut un dollar de Singapour. Ce lien apporte de la stabilité, mais réduit la liberté de mener une politique monétaire différente. Les soldats singapouriens s’entraînent aussi à Brunei : en octobre 2026, les deux pays ont fêté cinquante ans de coopération de défense.

    3
  3. Royaume-Uninotable
    • Sécurité · formation

    Garnison maintenue à la demande du sultan et renouvelée pour cinq ans en 2024. Les forces armées brunéiennes gardent leur commandement.

    49
  4. Shellforte
    • Pétrole · gaz · exploitation

    Coentreprise pétrolière détenue à parts égales avec l’État selon la documentation de l’opérateur. Le savoir-faire et l’exploitation comptent davantage que le drapeau du siège.

    59
  5. Malaisienotable
    • Approvisionnement · frontière

    La Malaisie est le premier fournisseur de marchandises en 2025. Les routes frontalières permettent les échanges quotidiens et les approvisionnements.

    Limite L’importance du commerce ne signifie pas que la Malaisie décide à la place de Brunei.

    6,40
  6. Espagne / Airbus Defence and Spacemodérée
    • Transport militaire · soutien

    Les quatre avions de transport C295 sont achetés à Airbus Defence and Space en Espagne. Leur entretien demande des pièces et un soutien technique.

    Limite Les missions restent décidées par les autorités brunéiennes.

    50-51
  7. Francemarginale
    • Diplomatie · coopération de défense

    Relations de défense actives et échanges modestes.

    Limite Le contrat des C295 est espagnol. Il ne suffit pas à établir une dépendance militaire envers la France.

    51,60

Ces niveaux indiquent à quel point Brunei dépend de chaque partenaire pour une fonction importante. Ils tiennent compte de la difficulté à remplacer ses techniques, son financement ou ses services. Ce sont des appréciations SAPERE, pas des parts de marché.

L’enquête ISEAS publiée en avril 2026 montre l’importance de garder plusieurs options diplomatiques. Parmi les participants brunéiens, 53,5 % choisiraient la Chine si un choix entre Pékin et Washington leur était imposé. Ces réponses viennent de personnes sélectionnées pour leur intérêt pour les affaires régionales. Elles ne représentent ni l’ensemble de la population ni la position officielle de l’État.61

La route et les ports portent les échanges

Petit pays côtier, Brunei vit de quelques réseaux essentiels : la route, le port, le câble, le courant et le système de paiement.

  • Routes
    86,8 %des 3,841 km de routes revêtus en 2025

    Des routes largement revêtues

    Les routes desservent les villes côtières, les usines et les passages vers la Malaisie. Aucune liaison ferroviaire commerciale transfrontalière en service n’est établie dans les sources consultées.

    1
  • Port

    Muara, un port exploité avec un partenaire chinois

    L’entreprise publique Darussalam Assets et le groupe chinois Guangxi Beibu Gulf exploitent le port ensemble. L’extension annoncée en mars 2026 reste un projet.

    31,62
  • Câbles

    Des réseaux de télécommunications publics

    L’opérateur UNN appartient à l’État. Ses liaisons sous-marines relient le pays à l’extérieur. La liste des câbles et des routes de secours décrite en 2020 doit encore être actualisée.

    55,63
  • Paiements

    La banque centrale organise les paiements entre banques

    Les paiements nationaux passent par des infrastructures de la banque centrale. Le lien avec la monnaie de Singapour stabilise le change, sans déplacer ces comptes à l’étranger.

    3,64
  • Électricité
    44,4 %des entreprises enquêtées ont subi des coupures en 2025

    Être raccordé ne garantit pas un courant continu

    Le raccordement est presque généralisé. Les coupures d’électricité restent pourtant fréquentes chez les entreprises interrogées.

    1,48
  • Fonction critique
    4avions de transport C295 livrés, les derniers en avril 2026

    Des avions dont l’entretien dépend de l’étranger

    Les C295 ont été livrés. Leur présence ne dit pas combien peuvent voler à tout moment : cela dépend des pièces, de l’entretien et des équipes disponibles.

    50-51

L’argent venu d’ailleurs ne donne pas toujours le contrôle

En 2025, Brunei a reçu environ 149 millions d’euros d’investissements directs étrangers. À la fin de l’année, la valeur de l’ensemble des investissements étrangers déjà présents atteignait environ 6 milliards d’euros. Le premier chiffre décrit l’année écoulée ; le second, les capitaux accumulés.

Hong Kong et le Royaume-Uni sont les premières origines déclarées de ces investissements. Le pays où une société est enregistrée ne révèle toutefois pas toujours qui la contrôle.

L’apport durable de cet argent dépend des compétences transmises aux salariés et des commandes confiées aux entreprises locales.

À l’inverse, un pays qui dépend de quelques grands investisseurs dans un seul secteur voit ses choix limités si ceux-ci changent de stratégie.1,3,24,65

Bornéo, la frontière et les liens maritimes

BRUNEIMALAISIEINDONÉSIEPHILIPPINESSINGAPOURBrunei, repère situé dans le pays

Carte en projection Equal Earth, fond Natural Earth. Brunei apparaît en bordeaux et son voisinage en gris. Ces couleurs servent à se repérer.

Malaisie, seul voisin terrestre

Les frontières avec le Sarawak encadrent les deux parties du territoire brunéien.

Les approvisionnements et les échanges de proximité rendent leur continuité importante.

La rencontre entre les deux pays d’août 2026 confirme leur coopération. La circulation des biens et le partage des ressources restent des sujets à négocier.

Indonésie, voisin de Bornéo

L’Indonésie occupe la plus grande partie de Bornéo. Elle appartient au voisinage immédiat de Brunei sur l’île.

Les projets de liaison peuvent faciliter les échanges. Un projet annoncé n’est toutefois pas une liaison déjà utilisable.

Singapour, partenaire monétaire

Sans frontière terrestre avec Brunei, Singapour tient une place structurante dans la monnaie et la finance.

Le taux de change fixe facilite les échanges avec Singapour. Il lie aussi une partie des choix monétaires brunéiens à ceux de son partenaire.

Philippines, voisin maritime régional

Les relations régionales et les missions humanitaires donnent un usage concret aux capacités de transport.

Les tensions maritimes de la région affectent la sécurité des routes ; les différends philippins ne sont pas attribués au Brunei.

3,36,40,50

En mer de Chine méridionale, le droit et les moyens de le faire respecter restent deux questions distinctes. La sentence arbitrale du 12 juillet 2016 concerne les Philippines et la Chine. Elle éclaire le droit maritime régional, sans attribuer à Brunei un territoire ou une frontière maritime. Les incidents sino-philippins ne prouvent donc pas une perte de contrôle du territoire brunéien.66

Les bascules à observer

Le budget gagne un autre moteur

Des recettes durables issues d’activités différentes des hydrocarbures financent une plus grande part des services, sans seulement déplacer la rente entre catégories comptables.

Les usines diffusent leurs compétences

Les contrats industriels font grandir des fournisseurs locaux capables de concevoir, entretenir et vendre au-delà d’un seul grand client.

Les jeunes trouvent des carrières privées

La formation débouche sur des emplois stables et attractifs ; la croissance de l’activité se traduit en possibilités professionnelles plus diverses.

La fourniture électrique devient plus fiable

La réduction mesurée des coupures, l’entretien du transport et les solutions de secours améliorent la continuité. Le solaire industriel doit encore prouver son effet au-delà du site desservi.

Les décisions peuvent être corrigées de façon indépendante

L’information budgétaire, l’enquête journalistique et les garanties judiciaires permettent de contester un choix et d’en obtenir la révision.

Les routes vitales ont des solutions de secours

Aliments, médicaments, pièces et communications disposent d’itinéraires et de fournisseurs alternatifs réellement utilisables.

Trois chemins conditionnels

Consolidation

L’épargne devient une base plus large

Si les revenus énergétiques financent des compétences diffusées, des entreprises moins liées au pétrole et des décisions mieux contrôlées, les réserves accompagnent une transformation durable. Les services reposent alors sur plusieurs activités et les jeunes disposent de choix professionnels plus étendus.

Prolongation

Les produits changent, la dépendance demeure

Si les nouvelles usines restent concentrées dans les dérivés énergétiques, la production se transforme sans changer profondément son exposition. L’État conserve ses moyens d’action et ses services, tandis que le budget et les emplois restent dépendants des mêmes arbitrages et du même cycle.

Dégradation

Les contraintes se cumulent

Si prix défavorables, arrêts techniques et perturbations logistiques se combinent, les recettes baissent pendant que les dépenses restent difficiles à ajuster. Les actifs amortissent le choc, mais une diversification lente et des mécanismes de correction faibles rendent le redressement plus coûteux.

Comprendre l'échelle de robustesse, du plus solide au plus fragile
  1. Solidement ancré4,0 à 5,0 · Capacités prouvées sur la durée. Le pays absorbe les chocs sans risque de basculement.
  2. Résilient sous contrainte3,0 à 3,9 · Forces et faiblesses en tension, mais le système tient par ses propres moyens.
  3. Sous tension structurelle2,5 à 2,9 · Le pilier tient grâce à une béquille : une rente, un partenaire, un corridor. Il cède si elle cède.
  4. Fragile et dépendant1,5 à 2,4 · Vulnérabilité profonde. La fonction est assurée, mais sans maîtrise réelle des moyens.
  5. Défaillance critique1,0 à 1,4 · Risque d'effondrement de la fonction. Autorité ou capacité contestée sur l'essentiel.

L'échelle mesure la capacité à encaisser un choc, pas la richesse ni le potentiel. Le niveau de chaque pilier découle mécaniquement de son évaluation sur cinq points, selon les bornes ci-dessus.

Méthodologie et sources+

Ce que le score mesure. Il répond à une seule question : dans quelle mesure le pays peut-il encaisser un choc ? Ni la richesse, ni la croissance, ni la qualité du gouvernement, prises séparément, ne donnent la réponse.

Un pays riche peut avoir un score bas s'il ne tient que par une rente ; un pays moins riche, un score honorable s'il dispose de capacités propres et de dépendances qu'il maîtrise. Une note ne bouge pas sur une impression : il faut un fait daté et vérifiable sur l'un des neuf piliers.

L'échelle, de 1 à 5. De 4,0 à 5,0, solidement ancré : le pays absorbe un choc sans vaciller. De 3,0 à 3,9, résilient sous contrainte. De 2,5 à 2,9, sous tension structurelle : le pays tient par une béquille, et cède si elle cède. De 1,5 à 2,4, fragile et dépendant : la fonction est assurée, mais sans maîtrise des moyens. De 1,0 à 1,4, défaillance critique.

Les notes de pilier. Chaque pilier reçoit une appréciation documentée, posée directement au dixième sur une échelle de cinq : un jugement argumenté, et non le produit d'une formule, sauf pour le pilier IX, dont la note est la moyenne de cinq sous-indicateurs, ramenée à 2,5 au plus dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins. Le calcul du score ne commence qu'ensuite.

Quand une donnée manque. Un pilier qu'aucune source primaire ne documente n'est pas noté, et la fiche le dit. Le total est alors rapporté au poids des piliers réellement notés : une note absente ne compte ni pour ni contre le pays.

Le score perd en couverture, donc en degré de confiance, mais il reste sur la même échelle et avec les mêmes poids que les autres. Au-delà de trois piliers sans note, aucun score n'est calculé. La règle vaut pour toutes les fiches de la série.

Comment on arrive à 2,7. La Grille SAPERE v3 examine les neuf piliers. Chacun est noté et compte selon un poids commun à toute la série. L’économie, l’industrie, la défense et la gouvernance pèsent davantage, car leurs difficultés peuvent toucher de nombreux autres domaines. La somme est arrondie au dixième.

Règle commune aux fiches de la série : la note du pilier IX est la moyenne arithmétique des cinq sous-indicateurs, plafonnée à 2,5 dès que deux d'entre eux au moins sont à 2 ou moins.

Pour Brunei, les cinq aspects de l’autonomie sont : A recettes = 1 ; B exportations = 2 ; C sécurité = 3 ; D réserves = 4 ; E décision = 3. Moyenne : 2,6. Deux notes sont à 2 ou moins : le plafond s’applique et ramène le résultat à 2,5. Les autres notes de pilier sont des appréciations motivées par les faits.

Comment lire la trajectoire depuis 2020. Trajectoire depuis 2020 : +14 · Stable. Deux piliers progressent, six restent stables et un recule. Les avancées concernent l’industrie et l’influence diplomatique. L’innovation recule. Le résultat traduit ces mouvements et leur poids dans l’évaluation. Il indique une direction, sans mesurer la vitesse du changement.

L’échelle va de −100 lorsque tous les piliers reculent à +100 lorsque tous progressent. Chaque pilier conserve le même poids que dans la robustesse. Une petite avancée et une transformation profonde comptent de la même façon. Un résultat proche de zéro peut traduire une stabilité générale ou des mouvements qui se compensent.

Lire les montants. Les montants courants sont exprimés en euros, à partir des taux de la Banque centrale européenne. Les revenus d’une année utilisent un taux moyen ; les réserves à une date donnée utilisent le taux de cette date. Les dollars internationaux PPA servent à comparer les prix et les niveaux de vie : ils restent dans leur unité.

Les limites. Chaque donnée garde son année. La durée des coupures, certains stocks de produits essentiels et le patrimoine complet du fonds public restent mal connus. Une information absente ne signifie pas que le problème est inexistant. Les projets annoncés restent distingués des installations déjà en service. Le classement régional compare les onze fiches de l’Asie du Sud-Est sous la même grille.

Les neuf piliers, et ce que chacun pèse. Ils ne comptent pas à égalité : quatre d'entre eux portent à eux seuls 54 % de la note.

La pondération ne récompense pas le prestige d'un domaine, mais sa capacité à entraîner ou à fragiliser les autres : l'économie, l'industrie, la défense et la gouvernance conditionnent le reste. Elle est la même pour toutes les fiches de la série, ce qui rend les scores comparables entre eux.

PilierLe domainePoids dans la note
IÉconomie et finance13,5 %
IIIndustrie et technologie13,5 %
IIIDémographie et capital humain9 %
IVDiplomatie, influence et information9 %
VÉnergie et ressources9 %
VIDéfense et sécurité13,5 %
VIIInnovation et savoir9 %
VIIIGouvernance et institutions13,5 %
IXAutonomie stratégique10 %

Ce que mesure chaque pilier

Posséder du pétrole, une armée nombreuse ou une jeunesse abondante est un potentiel. Les neuf piliers regardent ce que le pays sait en faire, c'est-à-dire la différence entre ce qu'il possède et ce qu'il sait faire de ce qu'il possède.

I · Économie et finance

Ce qui est regardé : la croissance, l'inflation, la dette, les réserves, l'accès au crédit. Pourquoi : un État qui ne peut plus emprunter, payer ses fournisseurs ni honorer ses échéances encaisse mal le premier choc venu.

II · Industrie et technologie

Ce qui est regardé : ce que le pays fabrique, transforme et répare lui-même. Pourquoi : exporter une matière première et importer les machines, c'est laisser la valeur se créer ailleurs. L'industrie transforme une ressource en capacité.

III · Démographie et capital humain

Ce qui est regardé : l'école, la santé, l'accès à l'eau, l'emploi, la structure par âge, le départ des compétences. Pourquoi : une jeunesse nombreuse est une force si elle est formée et employée. Sinon elle devient une pression de plus sur l'État.

IV · Diplomatie, influence et information

Ce qui est regardé : les alliances, les médiations, le poids dans les organisations, l'image du pays et sa capacité à faire circuler une information crédible. Pourquoi : tout ne se règle pas par l'argent ou par les armes. Savoir convaincre, négocier et se faire entendre donne des marges qu'un poids économique ne donne pas.

V · Énergie et ressources

Ce qui est regardé : l'accès à l'électricité, la fiabilité du réseau, la dépendance aux carburants importés, le mix énergétique et la maîtrise des ressources stratégiques. Pourquoi : avoir une ressource et pouvoir s'en servir sont deux choses. Un pays peut produire du pétrole et importer son carburant, avoir des barrages et laisser des provinces sans courant.

VI · Défense et sécurité

Ce qui est regardé : le contrôle réel du territoire, y compris dans le cyberespace, l'état du matériel, la logistique, les dépendances extérieures. Pourquoi : une force qu'on ne peut ni ravitailler ni déployer ne protège pas. On mesure une capacité, pas un inventaire.

VII · Innovation et savoir

Ce qui est regardé : la recherche, les universités, les brevets, la formation, le maintien des talents. Pourquoi : acheter une technologie n'est pas la maîtriser. L'industrie sait produire, l'innovation sait inventer.

VIII · Gouvernance et institutions

Ce qui est regardé : l'efficacité de l'administration, l'état de droit, la corruption, les contre-pouvoirs, la continuité des règles, les inégalités et la cohésion sociale. Pourquoi : des ressources ne deviennent de la robustesse que si un État sait les administrer, si ses décisions survivent à ceux qui les prennent, et si la société qu'il gouverne n'est pas fracturée.

IX · Autonomie stratégique

Ce qui est regardé : d'où viennent les recettes publiques, à qui le pays vend, de qui dépend sa sécurité, combien de mois d'importations ses réserves couvrent, et s'il peut refuser une pression extérieure. Pourquoi : aucun pays n'est indépendant. La question est de savoir si ses dépendances se négocient, ou si elles décident à sa place.

Aucun pilier ne suffit seul, et c'est le principe : une économie solide finance une armée, une industrie réduit les importations, de bonnes institutions transforment une rente passagère en infrastructures. À l'inverse, deux ou trois faiblesses profondes peuvent annuler plusieurs atouts.

La tendance portée par chaque pilier ajoute la seconde information. Elle distingue un pays fragile qui se redresse d'un pays mieux noté qui commence à céder.

Le climat n'est pas un dixième pilier : il agit à travers les autres. Une sécheresse touche d'un coup l'agriculture, l'électricité, les comptes publics et la santé.

SAPERE ne demande donc pas « quel pays est le plus puissant ? », mais : si quelque chose se dérègle demain, qu'est-ce qui continue de fonctionner, qu'est-ce qui cède, et de quoi le pays dépend-il pour tenir ?

Les références, dans l’ordre du texte

  1. DEPS · annuaire 2025, publié en 2026
  2. FMI · consultation du 23 septembre 2026
  3. Banque centrale · accord monétaire avec Singapour
  4. Freedom House · édition 2026
  5. Comtrade · marchandises 2025, X
  6. Comtrade · marchandises 2025, M
  7. Banque mondiale ; rang recalculé
  8. Banque mondiale ; rang recalculé
  9. OMC · perspectives et statistiques du commerce mondial
  10. Banque mondiale
  11. DEPS · annuaire 2025, tableau 12.2
  12. Banque mondiale
  13. Comtrade
  14. Comtrade
  15. Comtrade · produits 2025
  16. Gouvernement australien · approvisionnement en engrais, 19 mai 2026
  17. Banque mondiale
  18. Banque mondiale
  19. Banque mondiale
  20. FMI · dette publique, WEO
  21. Banque mondiale · FI.RES.TOTL.CD
  22. Banque mondiale · NY.GDP.MKTP.KD.ZG
  23. Banque mondiale · GC.XPN.INTP.RV.ZS
  24. BCE · taux du 31 décembre 2025
  25. BCE · taux du 31 décembre 2020
  26. Banque mondiale · NV.IND.MANF.ZS
  27. Banque mondiale · TX.VAL.TECH.MF.ZS
  28. Banque mondiale · TX.VAL.MANF.ZS.UN
  29. Gouvernement du Hunan · actionnariat Hengyi, 2023
  30. Ministère des Finances · solaire SINAR en service, février 2026
  31. Agence d’investissement · exploitation de Muara, septembre 2024
  32. DEPS · PIB du quatrième trimestre 2025
  33. Banque mondiale · SP.POP.65UP.TO.ZS
  34. Banque mondiale · SP.DYN.LE00.IN
  35. Banque mondiale · SP.DYN.TFRT.IN
  36. Affaires étrangères · mer de Chine méridionale, juillet 2020
  37. ASEAN · initiative climatique, 21 avril 2025
  38. Conseil législatif · centre climatique, 18 mars 2026
  39. Affaires étrangères · déclaration avec la Chine, février 2025
  40. Affaires étrangères · consultation avec la Malaisie, août 2026
  41. Gouvernement britannique · accord de garnison, décembre 2024
  42. Lowy Institute · Asia Power Index, édition 2025, influence diplomatique, séries 2020 et 2025
  43. Asia News Network · ratification brunéienne, 20 mai 2026
  44. Banque mondiale · EG.ELC.NGAS.ZS
  45. Banque mondiale · EG.IMP.CONS.ZS
  46. Services électriques · coupure du 17 octobre 2023
  47. Département de l’énergie · chantier de Belimbing, janvier 2026
  48. Banque mondiale · entreprises subissant des coupures, 2025
  49. Parlement britannique · renouvellement pour cinq ans, février 2025
  50. Défense · livraison des deux derniers C295, avril 2026
  51. Défense · contrat C295 avec Airbus Espagne, décembre 2022
  52. Ministère singapourien des Affaires étrangères · visite des 9 et 10 octobre 2026
  53. OMPI · innovation 2025 et historique
  54. Banque mondiale · GB.XPD.RSDV.GD.ZS
  55. UNN · propriété publique et infrastructures
  56. Freedom House · édition 2021, faits de 2020
  57. Freedom House · analyse institutionnelle 2024
  58. Transparency International · IPC corruption 2025
  59. Brunei Shell Petroleum · capital et activités
  60. France Diplomatie · relations avec Brunei, avril 2026
  61. ISEAS · enquête 2026, méthode et question 31
  62. Conseil législatif · extension du port, mars 2026
  63. UNN · câbles et maintenance, repère de 2020
  64. Banque centrale · systèmes de paiement
  65. BCE · moyennes annuelles USD et SGD, 2025
  66. Cour permanente d’arbitrage · affaire Philippines-Chine, sentence de 2016

Asie du Sud-Est : les onze fiches. Cambodge · Laos · Vietnam · Thaïlande · Myanmar · Malaisie · Singapour · Brunei · Indonésie · Philippines · Timor oriental

SAPERE · Les Forces et les Failles · Asie du Sud-EstCadre d'évaluation SAPERE 2.2, grille v3

En savoir plus sur SAPERE

Subscribe to get the latest posts sent to your email.

Laisser un commentaire

Défiler vers le haut