Xi Jinping, conférence mondiale de l’IA, Shanghai, 17 juillet 2026
Xi Jinping demande que le développement de l’intelligence artificielle cesse d’être le solo d’un seul pays pour devenir une symphonie de coopération internationale. Le diagnostic est juste : aucun cadre unique ne s’est imposé. Mais cette coopération existe déjà dans plusieurs cadres, dont trois examinés ici, distincts et partiellement superposés, et la bataille porte moins sur les textes que sur les instruments.
Le constat est exact. L’appel à coopérer suit d’un jour la signature du cadre.
Le 17 juillet 2026, Xi Jinping ouvre la conférence mondiale de l’IA et demande qu’elle ne soit pas l’œuvre d’un seul pays, mais une symphonie de coopération.
Le diagnostic tient sur le plan institutionnel : depuis 2023, les enceintes se multiplient, de Bletchley à New Delhi. Sur le plan technique, phénomène parallèle : au classement Chatbot Arena, l’avance du meilleur modèle américain est tombée de 9,3 % en janvier 2024 à 1,7 % un an plus tard, avant de remonter à 2,7 % en mars 20261.
La veille du discours, vingt-neuf États signaient à Shanghai l’acte fondateur d’une organisation que la Chine proposait depuis un an.
L’acte fondateur crée un siège, un conseil et un secrétariat. Vingt-neuf États le premier jour, sans le G7 ni l’Union européenne.
L’organisation mondiale de coopération en matière d’IA, la WAICO, naît le 16 juillet. Le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi, signe pour la Chine, en présence du secrétaire général des Nations unies2.
L’ossature est là ; budget, programme et règles communes ne le sont pas encore. Beaucoup d’institutions pèsent sans contraindre, par l’expertise ou la norme : celle-ci n’en a produit aucune à ce jour.
Ils sont vingt-neuf le premier jour, trente-sept à la fin du mois, et pour l’essentiel africains ou asiatiques. Le qualificatif « mondiale » dit une ambition, pas encore un périmètre : hors de ce cercle, on peut employer les outils chinois sans adhérer, ou bâtir ses propres capacités.
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État fondateur, acte signé le 16 juillet 2026
État ayant rejoint l’organisation fin juillet 2026
Situation au 31 juillet 2026 : 29 fondateurs, 8 adhésions ultérieures. Répartition des fondateurs : 12 en Asie, dont Oman, 10 en Afrique, 4 en Amérique latine, 2 en Europe, la Russie étant comptée à part. Ni le G7, ni l’Union européenne, ni l’Inde n’y figurent, fondateurs comme adhérents. Fondateurs : listes publiées par les gouvernements signataires, ministère malaisien des Affaires étrangères, ministère indonésien de l’Économie et gouvernement mozambicain, 16 au 20 juillet 2026. Adhésions : signatures des 30 et 31 juillet 2026, d’après une notice encyclopédique qui nomme chaque signataire12. La Dominique, huitième adhérent, est figurée par un point : le fond employé n’inclut pas les plus petits États insulaires. Le dénominateur de 193 renvoie aux États membres des Nations unies ; le fond de carte peut afficher des entités ou territoires dont le statut international diffère. Projection de Robinson, Antarctique retiré.
La coopération annoncée passe d’abord par des outils. Reste à savoir qui en tient l’architecture.
Le discours annonce 5,000 formations, six centres régionaux et l’extension de MAZU à trente pays de plus3, plateforme d’alerte météorologique chinoise réunissant satellites, modèles de prévision et outils d’alerte4, ajustable aux observations locales5.
Au Pakistan, une version conjointe suit depuis 2025 les crues glaciaires et la mousson8 : la chaîne d’alerte nationale s’appuie en partie sur une infrastructure chinoise. Les textes cités ne précisent pas la gouvernance des données échangées.
Un cadre concurrent existait déjà. Quatre-vingt-onze signataires à New Delhi, et aucune obligation.
Cinq mois plus tôt, cent dix-huit pays se retrouvaient à New Delhi pour le quatrième sommet mondial sur l’IA, après celui de Paris7. Quatre-vingt-huit États et organisations y souscrivaient à la clôture, quatre-vingt-onze quatre jours après6.
Ce texte défend une IA accessible, des ressources ouvertes, la formation des populations. Mais il n’oblige à rien : il rappelle à plusieurs reprises le caractère volontaire et non contraignant des initiatives dont il prend acte9.
Dix-sept des vingt-neuf fondateurs de Shanghai l’avaient signée.
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État signataire de la déclaration de New Delhi
Signataire de New Delhi et fondateur à Shanghai
Liste officielle indienne, reprise nominative du 22 février 2026, et communiqués des trois adhésions postérieures. En rouge, les pays qui ont aussi fondé l’organisation de Shanghai : croisement des deux listes, calcul SAPERE. L’Union européenne et le FIDA, signataires, n’apparaissent pas comme tels sur la carte. Six États absents du fond employé sont figurés par un point à leurs coordonnées : Liechtenstein, Maldives, Malte, Maurice, Singapour et Seychelles. Projection de Robinson, Antarctique retiré.
Un troisième cadre a pour centre de gravité l’approvisionnement plutôt que la doctrine. Vingt-quatre signataires en six mois.
Lancée à Washington en décembre 2025 par sept pays, la Pax Silica organise l’accès aux puces et aux minerais. L’Inde l’a rejointe en février, la semaine où elle recevait le monde10. L’Union européenne a signé en juin, après l’opposition française au mandat de négociation en mars11, Paris y voyant, selon Euronews, une « colonisation de l’Europe ». Aucun pays africain n’y figure.
Trois cadres au moins, plutôt que deux camps : une déclaration que nul n’est tenu de suivre, un pacte d’approvisionnement, une organisation avec un siège.
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État fondateur, 12 décembre 2025
Signataire en son nom propre
État membre de l’Union européenne
Vingt-quatre signataires au 25 juin 2026, dont sept fondateurs le 12 décembre 2025, selon le Département d’État des États-Unis. L’Union européenne est signataire en tant qu’organisation : ses États membres figurent en hachuré, sauf l’Allemagne, la Finlande, la Grèce, les Pays-Bas et la Suède, qui ont aussi signé en leur nom propre. Singapour et Malte sont figurés par un point. Taïwan a approuvé les principes de la déclaration par un texte conjoint distinct, sans en être signataire. Projection de Robinson, Antarctique retiré.
En résumé
L’affirmation« Une symphonie de coopération internationale »
La réalitéAucun cadre unique ne s’est imposé : les enceintes se multiplient, et l’écart entre les meilleurs modèles reste très inférieur à celui de 2024, malgré une remontée récente.
Le texteL’organisation fondée à Shanghai crée un siège, pas une obligation.
Les cadresTrois au moins coexistent, New Delhi, Shanghai et la Pax Silica : dix-sept des vingt-neuf fondateurs de Shanghai avaient signé le texte de New Delhi, et l’Union européenne a signé la Pax Silica.
Le mot de la fin
Une symphonie suppose une partition commune et des instruments répartis. Ici, un pays fournit la salle, convoque l’orchestre et apporte plusieurs des instruments, puis invite les autres à s’asseoir. Personne ne tient encore l’orchestre. Rien dans cette opération n’est illégitime, et l’invitation est réelle. Un seul État joue ces trois partitions, le Kazakhstan. Parmi ceux qui cumulent, plusieurs n’en prennent que deux, et pas les mêmes : l’Inde et l’Union européenne à New Delhi et dans la Pax Silica, le Brésil à New Delhi et à Shanghai. La question n’est plus de savoir qui rassemble le plus de signatures, mais qui fournira durablement la partition et les instruments.
La coopération se mesure moins aux textes qu’on signe qu’aux instruments qu’on adopte.
Shanghai a produit un secrétariat, New Delhi une déclaration sans obligation, la Pax Silica un pacte d’approvisionnement.
Les sources de cette page · 12 référencesAfficher ▾Masquer ▴
1Stanford HAI, AI Index Report 2026, avril 2026. hai.stanford.edu
2Portail du gouvernement chinois, signature de l’acte fondateur par 29 pays, 16 juillet 2026. english.www.gov.cn
3Texte intégral du discours d’ouverture, Shanghai, 17 juillet 2026. eurasiatimes.org
4Centre météorologique mondial de Pékin, présentation de la solution MAZU. wmc-bj.net
5Administration météorologique chinoise, MAZU-Urban et remise aux représentants de Djibouti et de Mongolie, novembre 2025. cma.gov.cn
6Ministère indien des Affaires extérieures, adoption de la déclaration de New Delhi, février 2026. mea.gov.in
7Présidence de la République, déplacement en Inde et sommet sur l’IA, 19 février 2026. elysee.fr
8Gouvernement de la province du Henan, déploiement de MAZU et cas pakistanais, janvier 2026. english.henan.gov.cn
9Conseil de l’Union européenne, texte de la déclaration du sommet transmis aux délégations, 10 février 2026. data.consilium.europa.eu
10Département d’État des États-Unis, résultats du deuxième sommet Pax Silica et liste des vingt-quatre signataires, 26 juin 2026. state.gov
11Agence Europe, blocage français du mandat de négociation européen sur la Pax Silica, 27 mars 2026. agenceurope.eu
12Baidu Baike, notice consacrée à la WAICO, détaillant les cérémonies de signature des 30 et 31 juillet 2026 et leurs signataires. baike.baidu.com
Les références privilégient les documents institutionnels, complétés lorsqu’il faut documenter une déclaration ou une position publique. Les déclarations et les positions citées dans le texte sont attribuées sur place, telles qu’elles ont été rapportées publiquement.